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mercredi 2 septembre 2026

RDC : Judith Suminwa engage une stratégie nationale de lutte contre les érosions sur dix ans

À l’approche de la saison des pluies, le Gouvernement congolais renforce son dispositif de prévention contre les érosions et les inondations qui menacent plusieurs villes et provinces de la République Démocratique du Congo.

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé le 31 août 2026 une réunion stratégique consacrée aux mesures urgentes à prendre à Kinshasa et dans d’autres régions du pays. Autour de la cheffe du Gouvernement étaient notamment présents les vice-Premiers ministres en charge de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, et du Budget, Adolphe Muzito, ainsi que les ministres des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, et des Finances, Doudou Fwamba.

Cette réunion fait suite aux orientations données par Judith Suminwa lors du Conseil des ministres du 28 août 2026. La Première ministre avait alors insisté sur la nécessité d’anticiper les effets de la saison des pluies, notamment à l’approche de la rentrée scolaire.

Une réponse gouvernementale structurée sur trois horizons

Les travaux ont notamment porté sur les mesures à mettre en œuvre pour protéger les populations, sécuriser les infrastructures et préserver la mobilité urbaine.

À l’issue de la réunion, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, a annoncé une stratégie nationale organisée autour de trois échéances : l’urgence, le moyen terme et le long terme.

« Nous avons passé en revue les différents aspects de la question, comment nous allons procéder en termes très clairs sur le plan technique, comment nous allons nous préparer à l’arrivée de la saison des pluies ».

La première phase, prévue sur une période allant de zéro à un an, concernera les interventions d’extrême urgence. Les sites déjà identifiés comme présentant les risques les plus importants pour les populations et les infrastructures seront traités en priorité.

La deuxième phase, comprise entre un et cinq ans, sera consacrée notamment aux études techniques ainsi qu’à l’élaboration ou à la mise à jour des plans directeurs de plusieurs grandes villes du pays.

La troisième phase, qui s’étendra jusqu’à dix ans, vise à apporter une réponse structurelle et durable au phénomène des érosions. Elle devrait notamment reposer sur une meilleure planification urbaine et une occupation plus rationnelle de l’espace.

« Nous avons un schéma très clair maintenant et nous allons le mettre en œuvre », a assuré John Banza.

La Première ministre veut coordonner les interventions

Le Gouvernement entend adapter ses interventions aux ressources disponibles et aux caractéristiques techniques de chaque site menacé.

Le ministre des Infrastructures et Travaux publics a souligné la complexité des travaux anti-érosifs. Selon lui, une intervention engagée sur un site doit être menée jusqu’à son achèvement afin d’éviter que les ouvrages réalisés ne soient fragilisés ou détruits par les eaux.

« La question de la lutte anti-érosive est complexe. Effectivement, le Gouvernement a mobilisé des montants, des moyens importants ».

Malgré l’ampleur des besoins, le Gouvernement entend renforcer la coordination des actions sous le pilotage direct de la Première ministre.

« Comme Madame la Première ministre pilote en personne ces travaux, je crois que nous allons arriver à trouver la meilleure approche possible pour protéger notre population ».

Cette démarche s’inscrit dans le prolongement des orientations arrêtées au Conseil des ministres sous la conduite du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Plusieurs villes confrontées au phénomène

La problématique des érosions dépasse largement le cadre de Kinshasa. Plusieurs villes et cités du pays sont confrontées à la multiplication des têtes d’érosion, avec des conséquences parfois importantes sur les habitations, les routes et les infrastructures publiques.

Le ministre John Banza a notamment cité la ville de Kikwit parmi les zones nécessitant une attention particulière. D’autres agglomérations sont également concernées, selon leurs réalités géographiques et climatiques.

Pour l’exécutif, la réponse ne devra donc plus se limiter au traitement ponctuel des têtes d’érosion. Le Gouvernement veut également s’attaquer aux causes structurelles du phénomène, notamment à travers une meilleure organisation de l’urbanisation et une occupation plus rationnelle des espaces.

À Kinshasa, un collecteur de six kilomètres contre l’érosion Bolikango

Dans la capitale, plusieurs ouvrages destinés à lutter contre les érosions et les inondations sont déjà en cours. Sur instruction de Judith Suminwa Tuluka, une délégation de la Primature conduite par Gérard Ntumba, directeur de cabinet adjoint, a récemment inspecté les travaux de construction d’un important collecteur dans la commune de Ngaliema.

L’ouvrage doit permettre de canaliser les eaux provenant de la zone de l’érosion Bolikango sur un parcours d’environ six kilomètres, jusqu’à la baie de Ngaliema, avant leur déversement dans le fleuve Congo.

Entièrement financé par le Gouvernement central, le projet est exécuté par l’Entreprise Aaron Sefu (EAS), pour une durée contractuelle de quatre ans.

Protéger les populations et préserver l’économie

Au-delà des travaux d’infrastructures, l’enjeu de cette stratégie est avant tout humain, social et économique. Il s’agit de protéger les populations et les habitations exposées, de préserver les routes et les équipements publics, mais aussi de maintenir la mobilité des personnes et des biens.

À travers cette stratégie nationale, le Gouvernement Suminwa entend ainsi passer d’interventions ponctuelles à une approche davantage structurée et durable. L’objectif affiché est de réduire progressivement l’impact des érosions et des inondations qui, chaque année, fragilisent des quartiers entiers et perturbent les activités économiques dans plusieurs régions de la RDC.


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