Un
défenseur des droits humains dénonce le blocage des salaires de 115 infirmiers
affectés dans plusieurs zones de santé du Nord-Kivu, notamment Binza, Oicha,
Mutwanga, Karisimbi et Beni-Ville.
Selon
Aimé Mukanda Mbusa, notable et défenseur des droits humains, ces agents
auraient été recrutés et régulièrement rémunérés par l'État pendant près de
vingt ans, avant de voir leurs salaires bloqués à partir de 2025.
Le
blocage serait lié, selon les explications rapportées aux intéressés, à des
doutes sur l'authenticité d'un arrêté de 2005 attribué à l'ancien ministre de
la Fonction publique, Athanase Matenda Kyelu.
Le
défenseur des droits humains affirme toutefois qu'aucune décision judiciaire
déclarant cet arrêté faux ne leur aurait été présentée.
Une
contestation de la procédure administrative
Aimé
Mukanda Mbusa estime qu'un simple doute administratif ne devrait pas, à lui
seul, entraîner la suspension du paiement des salaires des agents concernés.
Il
demande aux autorités compétentes de produire les éléments permettant d'établir
l'authenticité ou non de l'arrêté incriminé et, en cas de contestation
persistante, de recourir aux procédures administratives et judiciaires prévues
par la loi.
« On
ne bloque pas 20 ans de carrière d'un infirmier qui a risqué sa vie dans des
zones affectées par les conflits et les épidémies avec de simples mots. On va
devant le juge », soutient-il.
Les
infirmiers concernés travaillent dans des zones du Nord-Kivu confrontées à des
conditions sécuritaires difficiles.
Le
dossier des numéros matricules en doublon
À cette situation s'ajoute, selon le même défenseur des droits humains, celle d'autres agents dont les salaires seraient bloqués en raison de numéros matricules considérés comme des doublons. Des cas seraient signalés à Rutshuru et dans d'autres territoires du Nord-Kivu.
Pour
Aimé Mukanda Mbusa, les agents ne devraient pas être tenus responsables d'une
éventuelle anomalie dans le fichier administratif de la Fonction publique,
puisque les numéros matricules sont attribués par l'administration.
Il
plaide ainsi pour une procédure de dédoublonnage, permettant de vérifier
l'identité, l'ancienneté et les pièces administratives des agents concernés,
plutôt que de maintenir leurs rémunérations bloquées.
Appel
à une vérification administrative
Le
défenseur des droits humains demande aux services compétents de procéder
rapidement à l'examen des dossiers concernés, de corriger les éventuelles
anomalies dans le fichier de la Fonction publique et de rétablir les salaires
lorsque les droits des agents sont établis.
Il
réclame également le paiement des arriérés correspondant, selon lui, aux mois
durant lesquels les infirmiers auraient travaillé sans percevoir leur
rémunération.
Trois
demandes principales
Les
revendications formulées portent sur le déblocage des salaires des infirmiers
concernés lorsque leur situation administrative est régulière ; la vérification
et le dédoublonnage des numéros matricules litigieux ; l'ouverture, si
nécessaire, d'une procédure administrative ou judiciaire formelle pour établir
l'authenticité de l'arrêté de 2005.
Aimé
Mukanda Mbusa appelle enfin les autorités de la Fonction publique et les autres
services concernés à traiter ces dossiers avec diligence, afin d'éviter que les
agents affectés dans des zones à haut risque ne restent durablement privés de
leur rémunération.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire