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vendredi 18 septembre 2026

RDC : Judith Suminwa dépose un projet de budget 2027 de 56.929 milliards de FC

La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a déposé le 25 septembre 2026 au Bureau de l’Assemblée nationale le projet de loi de finances pour l’exercice 2027, accompagné du projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice 2025.

Le budget 2027 est chiffré à 56.929 milliards de francs congolais, soit environ 24,8 milliards de dollars américains. Le Gouvernement présente cette programmation comme un « budget d’action et de souveraineté », destiné à traduire en ressources financières les engagements contenus dans le programme d’actions du Gouvernement et les priorités du Président de la République.

Sécurité et défense au premier plan

À l’issue du dépôt, Judith Suminwa a souligné que la sécurité et la défense occupent une place importante dans les prévisions budgétaires.

Le Gouvernement entend notamment consacrer des moyens supplémentaires à la restauration de la paix, particulièrement dans l’Est de la République Démocratique du Congo, confronté depuis plusieurs années à l’insécurité et aux violences armées.

« Nous avons travaillé sur un budget qui regarde les questions de sécurité et de défense parce que nous devons vraiment travailler sur le retour de la paix dans notre pays et particulièrement à l’est du pays ».

Agriculture, pouvoir d’achat et rémunération des agents

L’amélioration du pouvoir d’achat constitue également l’un des axes annoncés du projet de budget.

Le Gouvernement mise notamment sur le renforcement des investissements dans l’agriculture afin d’accroître la production locale et de contribuer à réduire la dépendance aux importations.

La rémunération des agents et fonctionnaires de l’État fait également partie des préoccupations prises en compte dans les prévisions, en lien avec les engagements pris dans le cadre des accords conclus avec les organisations syndicales.

Routes, aéroports et universités parmi les priorités

Le projet de loi de finances 2027 accorde par ailleurs une place importante aux infrastructures. Judith Suminwa a cité notamment les routes, les aéroports et les universités, qui devraient bénéficier d’efforts d’investissement public.

L’objectif affiché est de poursuivre le développement des infrastructures essentielles tout en améliorant les conditions d’accès aux services publics et aux équipements de base.

Le Gouvernement veut accroître la mobilisation des recettes

Pour financer ces différentes priorités, l’exécutif entend renforcer la mobilisation des recettes publiques. La Première ministre a notamment évoqué la poursuite de la digitalisation des services d’assiette, ainsi que le suivi de la facture normalisée et de la TVA.

Cette stratégie vise à améliorer la collecte des ressources publiques, à limiter les déperditions et à rapprocher les recettes effectivement mobilisées des besoins croissants de l’État.

Des crédits pour les élections, l’identification et le dialogue national

Le contexte politique et institutionnel est également intégré dans les prévisions budgétaires de 2027. Selon Judith Suminwa, le Gouvernement a prévu des crédits pour accompagner les élections et l’identification de la population.

Le projet de budget prend également en compte le dialogue national convoqué par le Président de la République, afin de permettre au Gouvernement de disposer des moyens nécessaires à la mise en œuvre des engagements qui en découleraient.

« Le dialogue national convoqué par le Président de la République a été pris en charge. Notamment aussi des crédits budgétaires pour les élections, pour l’identification de la population », a précisé la Première ministre.

Une étape majeure avant l’examen parlementaire

Pour le dépôt de ces textes, Judith Suminwa était accompagnée de plusieurs membres du Gouvernement, notamment les vice-Premiers ministres Daniel Mukoko Samba, chargé de l’Économie nationale, et Adolphe Muzito, en charge du Budget, ainsi que du ministre d’État chargé des Relations avec le Parlement, Guy Loando, du ministre des Finances, Doudou Fwamba, du ministre du Travail, Massamba Wa Massamba, et du ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya.

Le dépôt du projet de loi de finances 2027 ouvre désormais la phase d’examen parlementaire. Les députés nationaux devront analyser les prévisions de recettes et de dépenses, ainsi que les différentes priorités retenues par l’exécutif.

Parallèlement, le projet de reddition des comptes de l’exercice 2025 permettra au Parlement d’examiner l’exécution effective du budget précédent et de comparer les prévisions initiales aux réalisations.

Avec cette nouvelle programmation budgétaire, le Gouvernement entend ainsi articuler sécurité, pouvoir d’achat, investissements, mobilisation des recettes et préparation des échéances politiques, dans un contexte marqué par d’importants défis économiques, sociaux et sécuritaires.


Maniema : une ONG lance la campagne « Stop à la drogue en pharmacie »

Dans la ville de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema, l’Action Communautaire de Développement et Encadrement Social des Personnes Vulnérables et des Enfants (ACODSPVE) dénonce avec force la vente illicite de médicaments assimilés à des drogues dans les officines locales.

Lors du lancement officiel de sa campagne de sensibilisation, Me Aristote Albati Bendera, coordonnateur national de l'ONG, a alerté la population, la société civile et les autorités sur ce qu’il qualifie de « danger mortel qui tue silencieusement nos enfants, nos jeunes et nos vieux ».

Une prolifération de drogues vendues sans ordonnance

Selon les constats dressés par l'organisation, des substances psychotropes et antalgiques puissants, notamment le Tramadol, la Morphine et le Valium (communément appelé diazépam), sont vendus en toute libre circulation dans la ville de Kindu et à travers la province.

Proposés « comme des bonbons » pour des sommes dérisoires variant entre 2.000 et 5.000 francs congolais, ces produits classés comme stupéfiants par la législation congolaise sont accessibles sans moindre contrôle ni ordonnance médicale, y compris aux mineurs dès l'âge de 15 ans.

Cette accessibilité incontrôlée entraîne des conséquences dévastatrices sur la jeunesse avec l'accroissement de la dépendance et de la criminalité (vols, déscolarisation) ; de troubles de la santé mentale (dépressions sévères, cas de folie) ; de surdoses mortelles enregistrées au sein de la communauté.

Pharmacies clandestines et corruption dans le corps médical

L'ACODSPVE pointe également du doigt la prolifération anarchique des « pharmacies de secours » dans les quartiers périphériques et les territoires de la province. Ces échoppes non autorisées commercialisent des produits périmés ou hors de tout contrôle de la Division provinciale de la Santé, violant l'ordonnance-loi 72-046 du 14 septembre 1972 régissant l'exercice de la pharmacie.

Plus grave encore, l'ONG accuse certaines firmes pharmaceutiques de corrompre des professionnels de santé à Kindu. En échange de primes, des médecins prescriraient des médicaments inadaptés au détriment des besoins réels des patients, plaçant leur intérêt financier avant la vie humaine.

L'association dénonce une pratique où des praticiens « détiennent désormais une pharmacie dans leur poche ou leur mallette », un acte passible de poursuites pour mise en danger de la vie d'autrui au regard du Code pénal congolais.

Saisine de la justice et actions sur le terrain

Face à cette crise sanitaire, l'ACODSPVE a pris des mesures concrètes. Saisine de la justice : dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile auprès du Procureur Général près la Cour d’Appel du Maniema. L'ONG exige l'ouverture d'une inspection générale, la fermeture immédiate de toutes les officines clandestines et des poursuites judiciaires contre les responsables.

Il est prévu une sensibilisation communautaire avec le lancement de la campagne "Stop à la drogue en pharmacie" (Tulinde Vijana Wetu), accompagnée de la distribution de dépliants pédagogiques rédigés en français et en swahili.

Un appel pressant a été lancé au gouverneur de province, aux responsables de la santé, ainsi qu'aux journalistes pour relayer ce message de prévention et interpeller les citoyens sur les dangers de l'automédication.

« Ne consommez jamais ces produits sans avis médical », a martelé Me Aristote Albati Bendera, réaffirmant la détermination de l'ACODSPVE à défendre les personnes vulnérables et à sauver la jeunesse du Maniema.


RDC : l’ONIP réaffirme son engagement pour une identité accessible, sécurisée et inclusive

La République Démocratique du Congo célèbre le 16 septembre 2026 la Journée internationale de l’Identité (ID DAY). À cette occasion, le directeur général de l’Office national d’identification de la population (ONIP), Marcellin Mukolo Basengezi, a réaffirmé l’engagement de l’institution à faire de l’identité un outil de protection des droits, d’inclusion et de développement.

Placée cette année sous le thème « Mon Identité. Mon Ombre. Jamais Séparés ! », cette journée met l’accent sur l’importance de l’identité juridique dans la vie de chaque individu.

L’identité, un droit fondamental

Dans son message, Marcellin Mukolo Basengezi souligne qu’à l’image de l’ombre qui accompagne chaque personne tout au long de son existence, l’identité doit être établie dès la naissance et permettre à chacun d’exercer pleinement ses droits.

Pour le directeur général de l’ONIP, aucun enfant congolais ne devrait être privé de son identité juridique dès sa naissance. De même, aucun citoyen ne devrait rencontrer des obstacles pour faire reconnaître son existence légale ou accéder aux services auxquels il a droit.

L’identité dépasse désormais le seul cadre d’un document administratif. Elle constitue, selon l’ONIP, une porte d’accès à plusieurs services et opportunités, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, des services publics, de l’activité économique et de la protection sociale.

Vers le lancement du Système national d’identification

Cette célébration intervient alors que l’ONIP annonce être dans la phase finale des préparatifs du lancement du Système national d’identification de la population.

Selon Marcellin Mukolo Basengezi, le démarrage des opérations de collecte des données est prévu à partir du mois de décembre 2026.

Cette étape doit contribuer à la constitution progressive du Fichier général de la population et à la mise en place d’un système national d’identification présenté comme moderne, fiable et sécurisé.

La protection des données au cœur des préoccupations

L’ONIP insiste également sur la nécessité de construire la confiance autour du futur système d’identification. Marcellin Mukolo Basengezi estime que l’amélioration des systèmes d’identification et leur interconnexion doivent aller de pair avec des garanties en matière de sécurité des données, de protection de la vie privée et de transparence dans leur utilisation.

L’institution dit ainsi miser sur des institutions solides, des règles claires et une gouvernance responsable pour instaurer cette confiance auprès de la population.

Une priorité qui s’inscrit dans les orientations nationales

La célébration de cette Journée internationale de l’Identité intervient quelques heures après le dépôt du projet de loi de finances 2027 au Parlement par la Première ministre Judith Suminwa. À cette occasion, le processus d’identification de la population a été présenté parmi les priorités retenues par le gouvernement.

Cette convergence entre les annonces budgétaires et le calendrier de l’ONIP traduit l’importance accordée à la construction d’un système national d’identification dans le processus de modernisation de l’État.

L’ONIP salue l’engagement du chef de l’État

Marcellin Mukolo Basengezi a par ailleurs adressé les remerciements de l’ONIP au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour son soutien à la modernisation de l’État et à la construction d’un système national d’identification.

À travers cette journée, l’ONIP appelle ainsi à un engagement collectif afin de faire de l’identité un instrument au service des droits, de l’inclusion et du développement de chaque Congolais.

« Ensemble, bâtissons une identité de confiance pour tous », a conclu Marcellin Mukolo Basengezi.


Masisi : des combats intenses provoquent un afflux de déplacés vers Walikale

Des combats intenses sont signalés depuis mardi 15 jusqu’au mercredi 16 septembre 2026 dans plusieurs zones du territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Selon Faustin Ombeni, coordonnateur territorial du Mouvement de la société civile à Walikale, ces affrontements ont entraîné de nouveaux mouvements de populations vers le territoire voisin de Walikale.

Des affrontements signalés dans plusieurs zones

D’après les informations rapportées par la société civile locale, des combattants rebelles ont tenté d’attaquer des positions des FARDC, appuyées par les Wazalendo. Ces derniers auraient riposté, donnant lieu à d’intenses affrontements.

Toujours selon les sources locales citées par Faustin Ombeni, les forces engagées dans la contre-attaque auraient réussi à repousser les assaillants et à reprendre le contrôle de plusieurs positions considérées comme stratégiques, notamment dans la zone comprise entre Miko et Kasaki.

La société civile fait également état de pertes importantes dans les rangs des combattants rebelles, notamment en hommes, en armes et en munitions. Ces informations, provenant de sources locales, restent toutefois à confirmer par des sources militaires indépendantes.

Plusieurs groupes armés impliqués

Faustin Ombeni évoque également la participation de plusieurs groupes de combattants locaux dans ces opérations. Il cite notamment des éléments placés sous les ordres de différents chefs autoproclamés.

Ces éléments seraient présentés comme relevant du dispositif opérationnel du général autoproclamé Koferanse Mulindi Korea, au sein du mouvement Union des jeunes patriotes Raia Mutomboki rénové.

Un nouvel afflux de déplacés vers Walikale

La reprise des affrontements dans le territoire de Masisi provoque parallèlement un déplacement de populations civiles.

Selon le coordonnateur territorial de la société civile, un flux important de déplacés de guerre est actuellement observé en direction du territoire de Walikale. Ces familles fuient les zones affectées par les combats dans l'espoir de trouver refuge et de mettre leurs vies à l'abri.

Faustin Ombeni affirme que ces personnes arrivent dans des conditions particulièrement difficiles et manquent de plusieurs besoins essentiels.

Appel à l’aide humanitaire

Face à cette situation, la société civile de Walikale lance un appel au gouvernement congolais, aux autorités compétentes, aux organisations humanitaires et aux personnes de bonne foi afin qu'une assistance soit apportée aux populations déplacées.

L'appel porte sur l'accès à la nourriture, aux soins de santé, à l'eau, aux abris et aux autres besoins essentiels des familles contraintes de quitter leurs milieux de vie en raison des affrontements.

La population appelée à la vigilance

Dans ce contexte sécuritaire tendu, Faustin Ombeni appelle également la population de Walikale à renforcer sa vigilance et à maintenir une collaboration étroite avec les FARDC et les Wazalendo, afin de signaler tout mouvement suspect et de contribuer à la prévention d'éventuelles infiltrations de combattants dans le territoire.

Il insiste toutefois sur la nécessité de préserver la cohésion sociale et d'éviter toute stigmatisation des personnes déplacées.

Un appel à l’hospitalité

La société civile invite enfin la population de Walikale à faire preuve d'hospitalité et de solidarité envers les familles déplacées.

Pour Faustin Ombeni, ces personnes ne quittent pas leurs villages par choix, mais cherchent avant tout à échapper aux violences et à protéger leur vie.

Faustin Ombeni appelle donc les communautés d'accueil à leur réserver un traitement digne et à faciliter leur intégration temporaire, dans l'attente d'une amélioration de la situation sécuritaire permettant, lorsque les conditions seront réunies, leur éventuel retour dans leurs zones d'origine.


RDC : Olivier Kamitatu exige des explications à Ensemble pour la République sur une campagne présumée de dénigrement

Une procédure de notification par exploit d’huissier a été engagée, mercredi 16 septembre 2026 à Kinshasa, à la demande d’Olivier Kamitatu et de Me Hervé Diakiese Kyungu wa Kumwanza. Les deux cadres d’Ensemble pour la République dénoncent une série de publications qu’ils considèrent comme injurieuses, diffamatoires et attentatoires à leur réputation.

La démarche vise directement Dieudonné Bolengetenge, secrétaire général d’Ensemble pour la République. Dans une correspondance de Me Alain Amundala, dont une copie a été remise par huissier, le parti est appelé à s’expliquer sur l’origine, la nature et l’éventuelle prise en charge de cette campagne sur les réseaux sociaux.

Une notification officielle par huissier

L’exploit établi par l’étude d’huissiers de justice Maîtres Ingombe et Muadi fait état de la notification, le 16 septembre 2026, d'une correspondance référencée 075/CAB/AMA/Septembre/2026.

Le document a été remis au secrétaire général du parti, avec copie de la lettre adressée par Me Alain Amundala, conseil d’Olivier Kamitatu.

La notification est présentée comme une démarche préalable avant l’éventuelle mise en œuvre d’autres voies de droit.

L’avocat accorde à Ensemble pour la République un délai de 48 heures pour répondre aux demandes formulées.

57 publications versées dans une « matrice probatoire »

Selon la correspondance, Olivier Kamitatu et Me Hervé Diakiese auraient été visés, entre le 26 juillet et le 24 août 2026, par une série de publications diffusées sur les réseaux sociaux.

Le conseil affirme avoir constitué un dossier comprenant 57 publications, répertoriées dans une « matrice probatoire ». Il évoque une campagne qu'il décrit comme « convergente et répétée ».

Les publications dénoncées comporteraient notamment, selon la lettre, des injures, des attaques concernant la filiation ainsi que des accusations de trahison, corruption, rapprochement rémunéré avec le pouvoir en place et détournement de dons.

La lettre précise également que certaines publications auraient appelé à la radiation des deux intéressés du parti.

Ces accusations sont rapportées ici comme celles formulées par le conseil d’Olivier Kamitatu et de Me Hervé Diakiese ; elles ne constituent pas, à ce stade, des faits judiciairement établis.

Huit comptes et personnes identifiés

Le cabinet d’avocats cite huit personnes ou comptes qui figureraient dans le dossier transmis à la direction d’Ensemble pour la République. Il s'agit de

Christophe Kaffeke, @ChrisKaffeke ;

Youri Miteu, @YouriMiteu ;

Pascal Kasema, @Kasema Pascal ;

Andy Ledia, @7edia7 ;

Luhembwe Mango, @MangoLuhembwe ;

Sony Djeka, @NdjekaSony ;

Trésor Yuma, @Bonny_Yuma ;

Kilosho Museme, @Kilosho03.

La correspondance précise toutefois que cette liste n’est pas nécessairement exhaustive et que d’autres éléments pourraient encore être versés au dossier.

Surtout, l’avocat ne demande pas seulement des explications sur les contenus publiés.

Il cherche à déterminer le statut exact de ces personnes au sein du parti et l’existence éventuelle d'un lien entre leurs publications et la communication officielle d’Ensemble pour la République.

Cinq questions adressées à la direction du parti

Me Alain Amundala demande à Dieudonné Bolengetenge de préciser si les personnes citées sont des communicateurs officiellement mandatés par Ensemble pour la République.

Dans le cas contraire, il demande au parti d’indiquer à quel titre elles figurent éventuellement dans son organisation.

Pour les personnes reconnues comme communicateurs officiels, l’avocat veut également savoir si des responsables du parti leur auraient transmis des éléments de langage repris ensuite dans leurs publications.

La lettre demande par ailleurs à Ensemble pour la République d’expliquer la convergence et la répétition des publications dénoncées, ainsi que les éventuelles mesures prises pour s’en désolidariser.

Enfin, le parti est appelé à préciser si des mesures disciplinaires ou autres ont été engagées contre les personnes identifiées.

Le fondement juridique invoqué

La démarche s’appuie sur les articles 74 et 75 du Code pénal congolais, Livre II, relatifs aux imputations dommageables et aux injures publiques. Dans le droit congolais, l’imputation dommageable concerne l’attribution publique d’un fait précis susceptible de porter atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne.

La jurisprudence congolaise souligne également l’importance de l’élément de publicité dans l’application de ces dispositions. L’avocat invoque également plusieurs dispositions de la loi n°23/010 du 13 mars 2023 portant Code du numérique.

Il estime que certaines publications pourraient relever de dispositions concernant la diffusion de contenus à caractère tribaliste, raciste ou xénophobe, le harcèlement par communication électronique et la diffusion de fausses informations visant une personne.

Il appartiendra toutefois aux autorités judiciaires, si elles sont saisies, de déterminer si les faits dénoncés remplissent effectivement les éléments constitutifs des infractions invoquées.

Le silence du parti au cœur de la démarche

Le conseil affirme avoir déjà saisi le Directoire d’Ensemble pour la République à travers un dossier intitulé « Ensemble pour la République : crise interne, communication et responsabilités », complété par des éléments factuels transmis le 20 août 2026.

Selon lui, l’absence de réponse du parti depuis près d’un mois justifie désormais cette notification formelle.

Me Amundala demande ainsi au secrétaire général de répondre dans les 48 heures à compter de la notification.

Des poursuites envisagées en cas d’absence de réponse

La correspondance ne constitue pas, en elle-même, une décision judiciaire ni une condamnation des personnes citées. Elle constitue une mise en demeure et une demande formelle d’explications, adressée à la direction du parti par le conseil des personnes qui s’estiment lésées.

L’avocat indique qu’en l’absence d’une réponse jugée satisfaisante dans le délai imparti, il se réserve « l’ensemble des voies de droit utiles », compte tenu de la nature des propos dénoncés et de la qualité des personnes visées.

L’affaire place ainsi la direction d’Ensemble pour la République devant deux questions distinctes : déterminer le statut réel des auteurs présumés des publications et préciser si leurs prises de position relevaient d’initiatives individuelles ou d’une communication liée au parti.

À ce stade, le document fourni ne contient pas la réponse de Dieudonné Bolengetenge ou de la direction d’Ensemble pour la République. Il ne permet donc pas d’établir leur position sur les accusations formulées par le conseil d’Olivier Kamitatu et de Me Hervé Diakiese.


RDC : la CNDH ouvre deux jours de consultations avec la société civile à Kinshasa

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC) annonce l’organisation de deux journées de consultations avec différentes organisations et composantes de la société civile, les vendredi 18 et samedi 19 septembre 2026 à son siège à Kinshasa.

L’initiative vise à renforcer la collaboration entre la Commission et les acteurs engagés dans la promotion et la protection des droits humains en République Démocratique du Congo.

Deux journées consacrées à l’écoute et au dialogue

Selon le communiqué signé le 17 septembre 2026 par le président de la CNDH-RDC, Paul Nsapu Mukulu, ces consultations doivent offrir un cadre d’écoute, de dialogue et d’échanges directs avec les différents acteurs de la société civile.

La Commission entend recueillir leurs expériences, leurs préoccupations, leurs attentes ainsi que leurs propositions dans le domaine des droits humains.

La première journée, prévue vendredi 18 septembre 2026 à partir de 9 heures, réunira l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ), l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), la Nouvelle Société civile congolaise (NSCC), ainsi que différentes composantes de la société civile ayant porté les candidatures des neuf commissaires de la CNDH.

Une attention particulière aux défenseurs des droits humains de l’Est

La deuxième journée, prévue samedi 19 septembre 2026 à partir de 9 heures, sera consacrée aux associations de la société civile et aux défenseurs des droits de l’homme de l’Est de la RDC.

La CNDH souligne que plusieurs de ces acteurs se trouvent actuellement à Kinshasa, en raison de la situation de guerre dans leurs zones d’intervention.

La Commission indique vouloir accorder une attention particulière à ces organisations et défenseurs qui, malgré les difficultés liées au contexte sécuritaire, poursuivent leur travail en faveur de la défense et de la promotion des droits humains ainsi que de la protection des populations affectées par les conflits.

Une conférence prévue le 24 septembre

À l’issue de ces deux journées, la CNDH organisera une conférence avec l’ensemble des organisations et composantes de la société civile, le jeudi 24 septembre 2026 à l’hôtel Golden Tulip, dans le quartier Kin-Oasis, avenue Kasa-Vubu.

Cette rencontre doit permettre d’élargir le dialogue entre la Commission et la société civile et de poursuivre les échanges amorcés lors des consultations des 18 et 19 septembre 2026.

La CNDH mise sur une collaboration permanente

À travers cette démarche, la CNDH réaffirme sa volonté de maintenir un dialogue permanent avec les organisations de la société civile, autour notamment de l’écoute, de la confiance, de la complémentarité et de l’engagement commun en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’homme.

La Commission invite ainsi les acteurs concernés à faire de ces consultations et de la conférence du 24 septembre des espaces de dialogue constructif, d’écoute mutuelle et de formulation de propositions au service des droits et libertés fondamentaux.


Rentrée économique de la FEC : l’État et le secteur privé appelés à accélérer les réformes

À l’occasion de la rentrée économique de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), organisée le 17 septembre 2026 à Kinshasa, le président de la FEC, Robert Malumba Kalombo, a appelé à rendre plus opérationnel le partenariat entre l’État et le secteur privé. La rencontre, placée sous le thème « RDC 2027 : pouvoirs publics et secteur privé – évaluer les réformes, consolider les engagements et accélérer la transformation de l’économie », a réuni la Première ministre Judith Suminwa Tuluka et plusieurs membres du gouvernement.

La FEC veut un cadre de concertation plus opérationnel

Robert Malumba Kalombo a salué la mise en place du cadre permanent de concertation entre l’État et le secteur privé. Pour la FEC, ce mécanisme doit dépasser le simple dialogue et devenir un véritable outil de résolution des difficultés rencontrées par les entreprises et de suivi des engagements pris.

Le président de la FEC insiste notamment sur la nécessité de garantir la stabilité, la prévisibilité des règles, la sécurité juridique et l’efficacité dans l’exécution des décisions pour renforcer la confiance des investisseurs.

Huit préoccupations majeures du secteur privé

Tout en reconnaissant certaines avancées, notamment sur le SMIG, le péage de Kanyaka et la facture normalisée, la FEC a identifié plusieurs blocages qui nécessitent des réponses rapides.

Dans l’agro-industrie, elle demande une clarification de la fiscalité applicable à l’huile de palme produite localement et l’opérationnalisation, dans le système douanier Sydonia, du taux réduit de TVA à l’importation prévu par les textes.

La Fédération plaide également pour la mise en place d’une commission conjointe Ministère des Finances–FEC afin d’examiner les créances des entreprises sur l’État. Elle dénonce par ailleurs la lenteur dans le remboursement des crédits de TVA, qui affecte la trésorerie des sociétés.

D’autres préoccupations concernent la fiscalité sociale, l’accès des PME et startups au financement ainsi que le secteur minier, notamment le calcul de l’impôt sur les bénéfices en fonction des variations des taux de change, la détermination de certaines bases imposables et la sécurisation des périmètres miniers.

La FEC exprime enfin ses inquiétudes face à la hausse de la TVA sur certains produits de première nécessité, qu’elle estime susceptible de peser sur le pouvoir d’achat et la compétitivité.

Suminwa défend un « pacte de résultats »

De son côté, Judith Suminwa Tuluka a plaidé pour un partenariat fondé sur des engagements réciproques entre l’État et les opérateurs économiques. La Première ministre a mis en avant la réforme foncière, consacrée par la nouvelle loi foncière, ainsi que la réforme du système fiscal destinée à rendre le cadre plus attractif et performant.

Elle a également souligné les efforts engagés pour améliorer le climat des affaires, notamment à travers la digitalisation et la simplification des procédures.

Cap sur 2027

La cheffe du gouvernement a appelé les entreprises à renforcer la transformation locale des ressources, le civisme fiscal et la création d’emplois décents.

L’exécutif entend, de son côté, poursuivre la sécurisation du cadre juridique, la simplification administrative et la levée des obstacles à l’investissement.

Cette rentrée économique de la FEC se veut ainsi un point de départ vers un « pacte de résultats », avec l’objectif affiché de transformer les échanges entre pouvoirs publics et secteur privé en actions concrètes au service de l’économie congolaise.