La
Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a déposé le 25 septembre 2026 au
Bureau de l’Assemblée nationale le projet de loi de finances pour l’exercice
2027, accompagné du projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice
2025.
Le
budget 2027 est chiffré à 56.929 milliards de francs congolais, soit environ
24,8 milliards de dollars américains. Le Gouvernement présente cette
programmation comme un « budget d’action et de souveraineté », destiné à
traduire en ressources financières les engagements contenus dans le programme
d’actions du Gouvernement et les priorités du Président de la République.
Sécurité
et défense au premier plan
À
l’issue du dépôt, Judith Suminwa a souligné que la sécurité et la défense
occupent une place importante dans les prévisions budgétaires.
Le
Gouvernement entend notamment consacrer des moyens supplémentaires à la
restauration de la paix, particulièrement dans l’Est de la République
Démocratique du Congo, confronté depuis plusieurs années à l’insécurité et aux
violences armées.
«
Nous avons travaillé sur un budget qui regarde les questions de sécurité et de
défense parce que nous devons vraiment travailler sur le retour de la paix dans
notre pays et particulièrement à l’est du pays ».
Agriculture,
pouvoir d’achat et rémunération des agents
L’amélioration
du pouvoir d’achat constitue également l’un des axes annoncés du projet de
budget.
Le
Gouvernement mise notamment sur le renforcement des investissements dans
l’agriculture afin d’accroître la production locale et de contribuer à réduire
la dépendance aux importations.
La
rémunération des agents et fonctionnaires de l’État fait également partie des
préoccupations prises en compte dans les prévisions, en lien avec les
engagements pris dans le cadre des accords conclus avec les organisations
syndicales.
Routes,
aéroports et universités parmi les priorités
Le projet de loi de finances 2027 accorde par ailleurs une place importante aux infrastructures. Judith Suminwa a cité notamment les routes, les aéroports et les universités, qui devraient bénéficier d’efforts d’investissement public.
L’objectif
affiché est de poursuivre le développement des infrastructures essentielles
tout en améliorant les conditions d’accès aux services publics et aux
équipements de base.
Le
Gouvernement veut accroître la mobilisation des recettes
Pour financer ces différentes priorités, l’exécutif entend renforcer la mobilisation des recettes publiques. La Première ministre a notamment évoqué la poursuite de la digitalisation des services d’assiette, ainsi que le suivi de la facture normalisée et de la TVA.
Cette
stratégie vise à améliorer la collecte des ressources publiques, à limiter les
déperditions et à rapprocher les recettes effectivement mobilisées des besoins
croissants de l’État.
Des
crédits pour les élections, l’identification et le dialogue national
Le contexte politique et institutionnel est également intégré dans les prévisions budgétaires de 2027. Selon Judith Suminwa, le Gouvernement a prévu des crédits pour accompagner les élections et l’identification de la population.
Le
projet de budget prend également en compte le dialogue national convoqué par le
Président de la République, afin de permettre au Gouvernement de disposer des
moyens nécessaires à la mise en œuvre des engagements qui en découleraient.
« Le
dialogue national convoqué par le Président de la République a été pris en
charge. Notamment aussi des crédits budgétaires pour les élections, pour
l’identification de la population », a précisé la Première ministre.
Une
étape majeure avant l’examen parlementaire
Pour
le dépôt de ces textes, Judith Suminwa était accompagnée de plusieurs membres
du Gouvernement, notamment les vice-Premiers ministres Daniel Mukoko Samba,
chargé de l’Économie nationale, et Adolphe Muzito, en charge du Budget, ainsi
que du ministre d’État chargé des Relations avec le Parlement, Guy Loando, du
ministre des Finances, Doudou Fwamba, du ministre du Travail, Massamba Wa
Massamba, et du ministre de la Communication et Médias, porte-parole du
Gouvernement, Patrick Muyaya.
Le
dépôt du projet de loi de finances 2027 ouvre désormais la phase d’examen
parlementaire. Les députés nationaux devront analyser les prévisions de
recettes et de dépenses, ainsi que les différentes priorités retenues par
l’exécutif.
Parallèlement,
le projet de reddition des comptes de l’exercice 2025 permettra au Parlement
d’examiner l’exécution effective du budget précédent et de comparer les
prévisions initiales aux réalisations.
Avec
cette nouvelle programmation budgétaire, le Gouvernement entend ainsi articuler
sécurité, pouvoir d’achat, investissements, mobilisation des recettes et
préparation des échéances politiques, dans un contexte marqué par d’importants
défis économiques, sociaux et sécuritaires.