L'arrivée le 27 novembre 2018 à Kinshasa de Félix Tshisekedi et de Vital Kamerhé. Des milliers de militants et des sympathisants leur ont réservé un acceuil chaleureux malgré la pluie qui a arrosé la ville de Kinshasa durant une bonne partie de la journée.
APO
mardi 27 novembre 2018
jeudi 22 novembre 2018
RD Congo : le processus électoral en chiffres
A l’occasion de la dernière réunion du Comité de liaison
Céni - Partis et regroupements politiques du 21 novembre 2018 en la Salle de
Spectacle du Palais du peuple, rencontre qui a coïncidé avec l’annonce du
lancement officiel de la campagne électorale sur l’ensemble du territoire
national pour ce 22 novembre 2018, le Président de la Céni a livré quelques
données chiffrées du processus électoral en cours.
Quelques agrégats liés aux électeurs, candidats, agents
électoraux et matériel électoral :
-
46.862.243
électeurs inscrits après l’enrôlement ;
-
6.837.526
radiés après traitement qualitatif du fichier ;
-
40.024.897
électeurs après radiation ;
-
21
candidats à la présidentielle pour 1 siège ;
-
15.358
candidats à la députation nationale pour 500 sièges ;
-
19.640
candidats à la députation provinciale pour 715 sièges ;
-
75.563
Bureaux de vote ;
-
21.699
Centres de Vote ;
-
179
Centres Locaux de Compilation des Résultats (CLCR) ;
-
452.520
Membres des Bureaux de Vote et de Dépouillement ;
-
105.257
Machines à voter ;
-
49.871.580
Bulletins de vote ;
-
1.662.386
fiches, PV de vote et de dépouillement ;
-
200 kits
CLCR ;
-
85.700
Urnes ;
-
87.500
Isoloirs ;
-
485.700
Kits bureautiques de Bureaux de Vote et de Dépouillement ;
-
600
Maximum d’électeurs par Bureau de Vote en province ;
-
511.901
agents opérationnels ;
-
239
sites de formation.
Quelques
agrégats liés aux poids en Kg et rotations pour le déploiement
-
Poids
des Bulletins de vote : 498.715 ;
-
Poids
des machines à voter : 1.908.000 ;
-
Poids
des fiches, PV de vote et PV de dépouillement : 166.239 ;
-
Poids
des urnes : 764.698 ;
-
Poids
des isoloirs : 581.835 ;
-
Poids
des kits bureautiques BVD : 1.496.147 ;
-
Poids
des autres matériels et documents (formation, sensibilisation, télécoms) :
3.022.520 ;
-
Poids
total des matériels et documents à déployer en Kg : 8.438.154 ;
-
Poids
total des matériels et documents à déployer en Tonnes : 8.438 ;
Quelques
agrégats de l’appui logistique récent du gouvernement au processus électoral
1.
Matériel roulant
- 150 camions militaires adaptés au terrain reçus à
Kinshasa pour couvrir la partie Ouest du pays ;
- 135 camions à recevoir dans les villes de la partie Est
du pays à Mombasa ;
- 171 Pick-up ;
- 1800 motos.
2.
Avions et hélicoptères
- Avions Cargos : 1 Iliouchine-76 ; 1
DC-8 ; 3 Boeings 727 ; 1 Boeing-737 ; 2 Antonovs-26; 2
Antonovs-72
(Ces deux types d’Antonov sont particulièrement adaptés à
des pistes d’accès difficile)
- Avions passagers : 1 Boeing-737
- 5 Hélicoptères d’une capacité de 1,5 Tonne
- 2 Hélicoptères de supervision
Pour le Président de la Céni, à ce jour, 70 % des Kits et
matériels électoraux ont atteint leurs destinations et au plus tard le 7
décembre, le 30 % restants atteindront aussi les leurs. Cette avancée notable
des préparatifs des élections a permis à Corneille Nangaa Yobeluo de réaffirmer
la tenue des scrutins combinés présidentiel, législatifs national et provincial
pour ce 23 décembre 2018.
La campagne électorale qui commence le 22 novembre 2018
se termine le vendredi 21 décembre 2018, à minuit.
Top départ
de la campagne électorale
La Céni précise
les dispositions légales
Dans son communiqué de presse N°031/CENI-RDC/18, daté du
21 novembre 2018 et signé par son Rapporteur Jean-Pierre Kalamba Mulumba N’galula,
la Commission électorale a porté à la connaissance de l’opinion nationale et internationale
que la campagne électorale pour l’élection présidentielle, les législatives et
provinciales commence ce jeudi 22 novembre sur toute l’étendue de la République
Démocratique du Congo. Elle se termine le vendredi 21 décembre 2018, à minuit.
De la
tenue des réunions électorales
Dans ce communiqué la Centrale électorale souligne que
seules sont habilités à organiser des réunions électorales sur l’ensemble du
territoire, les partis politiques, les regroupements politiques et les
candidats indépendants ou leurs délégués.
Si ce communiqué rappelle le droit et la liberté de
réunion, il responsabilise les organisateurs des manifestations et
rassemblements électoraux quant à leur bon déroulement, notamment en ce qui
concerne le maintien de l’ordre public et le respect de la loi.
De
l’affichage électoral
Concernant l’apposition d’affiches, de photos et autres
effigies de propagande électorale pendant la campagne électorale, l’organe en
charge de la gestion des élections met en exergue les conditions reprises dans
l’Article 39 des Mesures d’application de la Loi électorale qui indique
notamment que :
1. Chaque candidat indépendant, parti ou regroupement
politique ne peut installer, à ses frais, à proximité du Centre de vote qu’un
seul panneau d’affichage ;
2. Tout affichage est interdit sur les édifices publics.
De
l’appel à la responsabilité au rappel des interdictions légales
Tout en rappelant la libre expression en période de
campagne électorale, la Céni a invité les candidats au sens de responsabilité
et à la retenue. Cet appel s’est traduit, dans ce Communiqué de presse N°031/CENI-RDC/18
par quelques mises en garde sous la forme d’interdictions suivantes :
1. Tenir des propos injurieux ou diffamations ;
2. Tenir des propos susceptibles d’inciter au mépris
envers les tiers, à la haine, au racisme, au tribalisme ou à tout autre fait
prévu et réprimé par les lois de la République ;
3. Inciter quiconque à commettre un acte de nature à
entraîner des violences, des menaces ou à priver d’autres personnes de
l’exercice de leurs droits ou libertés constitutionnellement garantis.
Par ailleurs, il est interdit aux candidats, aux partis
politiques ou regroupements politiques d’utiliser à des fins de propagande
électorale, les biens, les finances et le personnel de l’Etat, des
établissements et organismes publics et des sociétés d’économie mixte.
La Céni a rappelé dans son communiqué de presse que
l’abus des biens sociaux confirmé par un jugement irrévocable entraîne la
radiation de la candidature de son auteur ou l’annulation de la liste du parti
ou du regroupement politique incriminé (Article 41 des Mesures d’application de
la Loi électorale).
De la
clôture de la campagne électorale
Le communiqué de la Céni fixe dispositions à prendre par
les candidats, partis politiques ou regroupements politiques à la clôture de la
campagne électorale :
1. Enlever, vingt-quatre heures avant le jour du scrutin,
toutes leurs affiches dans un rayon de 100 mètres du Centre de vote ;
2. Ne pas distribuer, le jour du scrutin, les manifestes,
les circulaires ou documents de propagande ;
3. Ne pas porter des habits avec motif, couleur ou logo
des partis politiques ou regroupements politiques et effigies de leurs présidents ou candidats sur les
lieux de vote.
RD Congo : Répression pré-électorale contre des activistes (HRW)
Il faut élargir la portée des sanctions internationales à tous ceux qui
bafouent les droits humains
À l’approche de l’élection présidentielle prévue pour le 23 décembre, le gouvernement de la République démocratique du Congo a procédé à de nouvelles arrestations d’activistes pro-démocratie au cours du mois de novembre 2018, a déclaré le 22 novembre 2018 Human Rights Watch. Les autorités congolaises devraient immédiatement mettre un terme à la répression et, avec l’appui de la mission de maintien de la paix des Nations Unies en RD Congo, enquêter et exiger des comptes de ceux qui se sont rendu responsables d’arrestations et de détentions arbitraires, de tortures et autres maltraitances.
En novembre, la police a arrêté sans fondement le journaliste Peter Tiani et 17 jeunes activistes pro-démocratie dans la capitale, Kinshasa. Beaucoup d’entre eux ont été battus pendant leur détention. Dans la ville de Goma, à l’est du pays, des assaillants non identifiés ont enlevé et torturé un jeune activiste, Trésor Kambere, pendant trois jours, avant de le libérer. La police de Goma a arrêté quatre autres jeunes activistes pendant une manifestation pacifique de faible ampleur réclamant la libération de Trésor Kambere. Les activistes arrêtés en novembre ont été libérés mais Peter Tiani reste en détention.
« Les autorités congolaises sapent le processus électoral en arrêtant et en maltraitant des activistes, journalistes et autres dissidents qui expriment pacifiquement leurs opinions ou font simplement leur travail », a déclaré Ida Sawyer, directrice adjointe de la division Afrique à Human Rights Watch. « Il est crucial que les Congolais puissent librement exercer leurs libertés civiles élémentaires à l’occasion des élections longuement attendues qui doivent se dérouler d’ici un mois. ».
Des dizaines d’activistes pro-démocratie, de chefs et partisans de partis politiques d’opposition arrêtés de manière arbitraire dans le passé pour leurs activités pacifiques demeurent en détention. Parmi eux se trouvent sept activistes du mouvement citoyen Les Congolais Debout que les services d’intelligence de Kinshasa détiennent illégalement et sans chef d’accusation depuis le 11 septembre et quatre jeunes activistes du mouvement Filimbi détenus depuis le 30 décembre 2017.
Le 1er novembre, la police a interpelé 16 activistes, dont trois jeunes femmes, du mouvement Vigilance Citoyenne (VICI) alors qu’ils participaient à des actions d’éducation civique et électorale sur un marché public de Kinshasa. La police a frappé et arrêté un autre activiste de VICI, Benjamin Kabemba, alors qu’il rendait visite aux personnes arrêtées au poste de police de Kasavubu. Les autorités les ont transférés à la prison centrale de Kinshasa le 8 novembre et les ont accusés d’incitation à la désobéissance civile avant de les libérer à titre provisoire le 18 novembre.
Gloria Senga, coordinatrice de VICI, a confié à Human Rights Watch que la police avait battu Benjamin Kabemba au poste de Kasavubu :
« Nous
avons tenté d’intervenir mais d’autres policiers ont commencé à nous frapper.
L’un deux a touché mes parties intimes. Lorsque j’ai résisté, il m’a déclaré
qu’il n’était pas le premier homme à le faire. J’ai ressenti une profonde
humiliation. Puis, l’un des policiers est monté sur Rose [Kabala, autre
activiste] et l’a violemment piétinée. »
Rose Kabala a été hospitalisée pour une fracture d’une jambe et du
pelvis.
Le 7 novembre, la police a arrêté Peter Tiani, directeur de l’organe de presse en ligne populaire et de la chaîne YouTube Le Vrai Journal, à son bureau de Kinshasa. L’avocat de M. Tiani a déclaré qu’il avait été accusé d’imputations dommageables concernant la famille du Premier ministre Bruno Tshibala, pour avoir repris une information diffusée sur un autre site congolais faisant état de la disparition d’une forte somme d’argent au domicile de M. Tshibala. Peter Tiani est détenu à la prison centrale de Kinshasa. Ses émissions sur les manifestations politiques, la répression gouvernementale et les atteintes aux droits humains ont un large auditoire. Selon Human Rights Watch, son arrestation semble avoir pour but de réduire au silence ce journaliste qui s’exprime sur des sujets critiques.
À Goma, le 10 novembre, quatre hommes en tenue civile ont appréhendé Trésor Kambere, dit « Lumumba », activiste bien connu du mouvement Lutte pour le Changement ou LUCHA, alors qu’il marchait dans la rue en compagnie d’un ami. Les hommes l’ont frappé et l’ont fait monter de force dans leur jeep, en laissant son ami sur place. Juste avant minuit le 13 novembre, les assaillants l’ont jeté au bord de la route dans un quartier reculé de la ville.
Trésor Kambere a déclaré à Human Rights Watch depuis l’hôpital où il recevait des soins, que les assaillants l’ont emmené dans une maison, lui ont bandé les yeux avec un foulard, attaché les pieds et les mains à une chaise et enfoncé des mouchoirs en papier dans la bouche. « Celui qui semblait être leur chef a commencé à me parler de LUCHA » a indiqué Kambere. « Il m’a dit : “Je peux décider de ton avenir, de ta vie ou de ta mort. Tu ne peux pas continuer à déstabiliser les institutions de la République. Tu n’as qu’un choix à l’heure actuelle. ” »
Selon Trésor Kambere, les assaillants lui ont ensuite posé un seau d’eau sur les cuisses. « Ils m’ont pris par le cou et plongé la tête dans l’eau pendant 15 à 25 secondes à plusieurs reprises », a-t-il dit. « Au bout de quelques heures, ils sont revenus avec un cercueil. Ils m’ont retiré le bandeau, détaché et ordonné de m’étendre à l’intérieur. Ils me posaient des questions et me torturaient si je ne répondais pas. Ils m’ont injecté un produit dans la cuisse gauche ; je ne sais pas ce que c’était mais cela a occasionné une vive douleur. Ils m’ont aussi frappé à coups de couteau, me blessant les cuisses et le dos. Je ne comprends pas comment je suis encore en vie. »
La police a arrêté quatre activistes, dont un de LUCHA et trois étudiants pendant une manifestation de faible ampleur à Goma, le 12 novembre réclamant la libération de Trésor Kambere. Ils ont été libérés le lendemain soir.
Les récentes arrestations semblent faire partie d’un plus large dispositif répressif dirigé contre les opposants aux efforts du Président Joseph Kabila visant à prolonger sa présidence au-delà de la limite constitutionnelle de deux mandats, dont le second a pris fin en décembre 2016. Au moins 2.000 personnes environ – des dirigeants de partis d’opposition, leur partisans et des activistes pour la démocratie – ont été arbitrairement arrêtés depuis le début des manifestations en 2015. La plupart ont été relâchés, souvent après des semaines ou des mois de détention illégale et de maltraitances.
Le président Kabila a déclaré qu’il ne serait pas candidat aux prochaines élections, principalement, semble-t-il, en raison des pressions intérieures, régionales et internationales exercées sur lui pour lui faire quitter le pouvoir conformément à la constitution. Cependant, de nombreux activistes et chefs de l’opposition s’inquiètent de l’absence de crédibilité du processus électoral qui donne un avantage injuste à Shadary Ramazani, le candidat jouissant du soutien du Président Kabila. Ils font valoir la répression contre l’opposition et les activistes, le manque d’indépendance des tribunaux et de la commission électorale et les irrégularités entachant les listes électorales qui pourraient comporter six millions de possibles « électeurs fantômes » selon un audit de l’Organisation internationale de la Francophonie. Certains chefs de l’opposition ont été arbitrairement exclus de la liste des candidats et le gouvernement utilise des machines à voter prêtant à la controverse qui, selon les craintes de certains, faciliteront la fraude et créeront de graves problèmes logistiques.
L’Union européenne, les États-Unis et le Conseil de sécurité de l’ONU imposent depuis 2016 des sanctions ciblées à l’encontre des dirigeants congolais, des responsables des forces de sécurité et d’autres qui ont d’étroits liens financiers avec la présidence. Les sanctions sont fondées sur leur participation présumée à de graves atteintes aux droits humains, à la répression gouvernementale et à la corruption à grande échelle dont une bonne partie est directement liée aux efforts de Kabila pour se maintenir au pouvoir. L’UE doit décider lors de la réunion du conseil des affaires étrangères du11 décembre, si elle doit renouveler les sanctions existantes et ajouter à sa liste de nouvelles personnes.
Vu l’échec du gouvernement de faire rendre des comptes aux responsables pour les graves abus commis, l’UE, les USA et le Conseil de sécurité devraient maintenir les sanctions actuelles et envisager de les élargir afin de les appliquer à ceux qui portent le plus de responsabilité pour les abus incessants.
« La tenue d’élections sans la candidature de Joseph Kabila ne garantit pas la fin de la violence ou la crédibilité des élections », a déclaré Ida Sawyer. « Les partenaires internationaux de la RD Congo devraient exercer des pressions sur le gouvernement jusqu’à ce que cessent la répression et les graves violences, des comptes soient exigés de ceux qui les perpétuent et que les Congolais puissent librement et justement élire leurs gouvernants. »
Le 7 novembre, la police a arrêté Peter Tiani, directeur de l’organe de presse en ligne populaire et de la chaîne YouTube Le Vrai Journal, à son bureau de Kinshasa. L’avocat de M. Tiani a déclaré qu’il avait été accusé d’imputations dommageables concernant la famille du Premier ministre Bruno Tshibala, pour avoir repris une information diffusée sur un autre site congolais faisant état de la disparition d’une forte somme d’argent au domicile de M. Tshibala. Peter Tiani est détenu à la prison centrale de Kinshasa. Ses émissions sur les manifestations politiques, la répression gouvernementale et les atteintes aux droits humains ont un large auditoire. Selon Human Rights Watch, son arrestation semble avoir pour but de réduire au silence ce journaliste qui s’exprime sur des sujets critiques.
À Goma, le 10 novembre, quatre hommes en tenue civile ont appréhendé Trésor Kambere, dit « Lumumba », activiste bien connu du mouvement Lutte pour le Changement ou LUCHA, alors qu’il marchait dans la rue en compagnie d’un ami. Les hommes l’ont frappé et l’ont fait monter de force dans leur jeep, en laissant son ami sur place. Juste avant minuit le 13 novembre, les assaillants l’ont jeté au bord de la route dans un quartier reculé de la ville.
Trésor Kambere a déclaré à Human Rights Watch depuis l’hôpital où il recevait des soins, que les assaillants l’ont emmené dans une maison, lui ont bandé les yeux avec un foulard, attaché les pieds et les mains à une chaise et enfoncé des mouchoirs en papier dans la bouche. « Celui qui semblait être leur chef a commencé à me parler de LUCHA » a indiqué Kambere. « Il m’a dit : “Je peux décider de ton avenir, de ta vie ou de ta mort. Tu ne peux pas continuer à déstabiliser les institutions de la République. Tu n’as qu’un choix à l’heure actuelle. ” »
Selon Trésor Kambere, les assaillants lui ont ensuite posé un seau d’eau sur les cuisses. « Ils m’ont pris par le cou et plongé la tête dans l’eau pendant 15 à 25 secondes à plusieurs reprises », a-t-il dit. « Au bout de quelques heures, ils sont revenus avec un cercueil. Ils m’ont retiré le bandeau, détaché et ordonné de m’étendre à l’intérieur. Ils me posaient des questions et me torturaient si je ne répondais pas. Ils m’ont injecté un produit dans la cuisse gauche ; je ne sais pas ce que c’était mais cela a occasionné une vive douleur. Ils m’ont aussi frappé à coups de couteau, me blessant les cuisses et le dos. Je ne comprends pas comment je suis encore en vie. »
La police a arrêté quatre activistes, dont un de LUCHA et trois étudiants pendant une manifestation de faible ampleur à Goma, le 12 novembre réclamant la libération de Trésor Kambere. Ils ont été libérés le lendemain soir.
Les récentes arrestations semblent faire partie d’un plus large dispositif répressif dirigé contre les opposants aux efforts du Président Joseph Kabila visant à prolonger sa présidence au-delà de la limite constitutionnelle de deux mandats, dont le second a pris fin en décembre 2016. Au moins 2.000 personnes environ – des dirigeants de partis d’opposition, leur partisans et des activistes pour la démocratie – ont été arbitrairement arrêtés depuis le début des manifestations en 2015. La plupart ont été relâchés, souvent après des semaines ou des mois de détention illégale et de maltraitances.
Le président Kabila a déclaré qu’il ne serait pas candidat aux prochaines élections, principalement, semble-t-il, en raison des pressions intérieures, régionales et internationales exercées sur lui pour lui faire quitter le pouvoir conformément à la constitution. Cependant, de nombreux activistes et chefs de l’opposition s’inquiètent de l’absence de crédibilité du processus électoral qui donne un avantage injuste à Shadary Ramazani, le candidat jouissant du soutien du Président Kabila. Ils font valoir la répression contre l’opposition et les activistes, le manque d’indépendance des tribunaux et de la commission électorale et les irrégularités entachant les listes électorales qui pourraient comporter six millions de possibles « électeurs fantômes » selon un audit de l’Organisation internationale de la Francophonie. Certains chefs de l’opposition ont été arbitrairement exclus de la liste des candidats et le gouvernement utilise des machines à voter prêtant à la controverse qui, selon les craintes de certains, faciliteront la fraude et créeront de graves problèmes logistiques.
L’Union européenne, les États-Unis et le Conseil de sécurité de l’ONU imposent depuis 2016 des sanctions ciblées à l’encontre des dirigeants congolais, des responsables des forces de sécurité et d’autres qui ont d’étroits liens financiers avec la présidence. Les sanctions sont fondées sur leur participation présumée à de graves atteintes aux droits humains, à la répression gouvernementale et à la corruption à grande échelle dont une bonne partie est directement liée aux efforts de Kabila pour se maintenir au pouvoir. L’UE doit décider lors de la réunion du conseil des affaires étrangères du11 décembre, si elle doit renouveler les sanctions existantes et ajouter à sa liste de nouvelles personnes.
Vu l’échec du gouvernement de faire rendre des comptes aux responsables pour les graves abus commis, l’UE, les USA et le Conseil de sécurité devraient maintenir les sanctions actuelles et envisager de les élargir afin de les appliquer à ceux qui portent le plus de responsabilité pour les abus incessants.
« La tenue d’élections sans la candidature de Joseph Kabila ne garantit pas la fin de la violence ou la crédibilité des élections », a déclaré Ida Sawyer. « Les partenaires internationaux de la RD Congo devraient exercer des pressions sur le gouvernement jusqu’à ce que cessent la répression et les graves violences, des comptes soient exigés de ceux qui les perpétuent et que les Congolais puissent librement et justement élire leurs gouvernants. »
mardi 20 novembre 2018
Déplacement d’environ 17.000 personnes dans les Hauts-Plateaux de Kalehe dans le Sud-Kivu
Des affrontements violents ont eu lieu entre deux groupes
armés actifs dans le groupement de Ziralo (Hauts Plateaux de Kalehe) du 1er au
3 novembre 2018. En plus des morts et des blessés parmi les protagonistes, il a
été rapporté le déplacement massif des populations des localités de Tushunguti,
Bunje, Nyalugusha et Kusisa, ainsi que le pillage systématique de plusieurs
maisons (biens de valeur, petit bétail et stocks de semences) par les
belligérants au cours des affrontements. Les habitants n’ayant eu que quelques
minutes pour s’enfuir de leurs villages à l’approche des combats. Toutefois,
les sources humanitaires dans la zone signalent le début du mouvement de retour
avec environ 10.000 retournés déjà répertoriés depuis le 7 novembre, à la
faveur de l’accalmie observée dans la région. Les activités scolaires et médicales
ont aussi repris. Ces tensions se sont produites au moment où les habitants
préparaient leurs champs pour le semis.
Dans la période du 2 au 3 novembre, une détérioration de
la situation humanitaire a été observée dans les Moyens Plateaux d’Uvira (territoire
d’Uvira). Des affrontements violents ont opposé différents groupes armés de la
zone, conduisant au déplacement de près de 12 000 personnes des localités de
Kageregere et Kahololo (groupement de Kigoma) vers les villages des groupements
de Runingu et de Lemera. En raison de la fragilité du climat sécuritaire, les
populations déplacées hésiteraient encore à retourner dans leurs villages
d’origine craignant des nouvelles violences. De leur côté, les acteurs
humanitaires ont réduit leurs activités dans la Plaine de la Ruzizi et les
Moyens-Plateaux, préférant observer l’amélioration des conditions sécuritaires
avant la reprise de leurs programmes. Aussi, il est à craindre que l’élan de
retour des déplacés, observé dans les villages des Hauts Plateaux de Bijombo,
soit affecté par les violences entre groupes armés. Après une accalmie observée
dans le groupement de Bizalugulu (territoire de Mwenga) au cours des derniers
mois, des incursions récurrentes des individus armés dans les villages,
auraient conduit au déplacement de près de 6.500 personnes vers les villages
voisins du groupement Bashimwenda Mayo entre mi-octobre et début novembre,
rapportent les sources humanitaires de la zone. Ces personnes n’envisagent pas
de retourner dans leurs villages en raison du climat d’insécurité qui y
prévaut.
Besoins
et réponses humanitaires
Education
Dans le cadre de son projet financé par Education Cannot
Wait dans la sous-division éducationnelle de Wamaza (territoire de
Kabambare/province du Maniema), Danish Church Aid (DCA) a organisé, du 1er au
05 novembre, une série de formations en soutien psycho-social des directeurs et
enseignants (110 hommes et 50 femmes), ainsi que des inspecteurs itinérants du
pool primaire de Wamaza. Pour les mêmes bénéficiaires, DCA a réalisé une
formation sur l’éducation aux risques des mines et les restes de guerre et
engins explosifs ; sur la bonne gouvernance en milieu scolaire en faveur 16
directeurs et 96 représentants de 16 comités de parents. Du 29 octobre au 5
novembre, en plus de 150 kits pour enseignants, 7.616 élèves (3.722 filles et
3.894 garçons) ont bénéficié d’une distribution des kits scolaires. Au cours de
la même période, et grâce à l’appui financier d’ECHO, 14 écoles de Kilembwe
(territoire de Fizi) ont reçu les fonds pour l’exécution du plan d’amélioration
de l’école (PAE), 8 écoles ont reçu du financement pour leur réhabilitation
avec les matériaux de construction. Cette assistance répond aux besoins nés de
la crise humanitaire dans les zones de santé de Kimbi-Lulenge et de Salamabila
suite aux affrontements armés qui s’y étaient produits entre juillet et
novembre 2017.
Multisectoriel
L’Agence de Coopération Technique et de Développement
(ACTED) a distribué du 3 au 4 novembre 2018, des Articles Ménagers Essentiels
(AME) à 4.000 personnes retournées à Kazimia (territoire de Fizi). Ces
personnes s’étaient déplacées entre mars et juillet de cette année fuyant les
affrontements armés du mois de janvier dernier. Parmi ces bénéficiaires, 2.790
ont reçu une ration complète en vivres et 640 femmes ont été assistées en kits
hygiéniques. Cette distribution vient en complément de celle en intrants
agricoles (semences vivrières et maraîchères) octroyée précédemment à 400
ménages de la même localité. Dans la série des réponses aux mouvements de
populations liés à la crise de Bijombo (territoire d’Uvira), Danish Refugee
Council (DRC), a organisé, du 2 au 5 novembre, une foire Articles Ménagers
Essentiels en faveur des 10.000 personnes déplacées identifiées dans les Moyens
Plateaux, la cité d’Uvira et ses environs, avec le soutien financier du RRMP.
Cette assistance est intervenue en complément de celle conduite par la CARITAS
avec les vivres du Programme Alimentaire Mondial (PAM) entre août et septembre.
Par ailleurs, en réponse à la crise humanitaire liée à la présence de près de
14.000 personnes déplacées venues de la région de Nindja (territoire de Kabare)
au cours de la première quinzaine du mois d’octobre, ACTED a conduit du 31
octobre au 5 novembre, une évaluation des besoins multisectoriels dans les
villages de Chaminunu, Mutale, Bisisi, Mule, Mukaba, Kakunda et Kachuba, dans
le groupement de Kalonge (territoire de Kalehe). Le rapport d’évaluation
recommande une réponse urgente en vivres ainsi que le soutien aux activités
scolaires et à l’amélioration des conditions d’hygiène des ménages déplacés, en
complément de l’assistance médicale et nutritionnelle délivrée par un acteur
humanitaire international dans les zones d’accueil.
Ce rapport a été produit par OCHA Sud-Kivu en collaboration
avec les partenaires humanitaires. Il est publié par OCHA et couvre la période
du 29 octobre au 12 novembre.
mercredi 14 novembre 2018
Pour utilisation des services publics et du personnel de l'Etat au service de la propagande électorale, des candidats président pour la radiation de Ramazani Shadary et de la liste du Fcc
Des candidats président de la République et des chefs des partis et
regroupements politiques de l'opposition ont saisi mercredi la Céni à Kinshasa
par requête en radiation de la candidature d'Emmanuel Ramazani Shadary et de
tous les candidats du Fcc.
Emmanuel Ramazani a publié le 3 novembre 2018 les membres de son équipe de
campagne du président de l'Assemblée nationale, du Premier ministre, du
directeur de cabinet du chef de l'Etat, des animateurs d'appui à la démocratie,
des officiers de l'armée et de la police. Alors que la loi électorale en son
article 36 l'interdit. Leur présence dans l'équipe de campagne porte
atteinte au cadre légal et réglementaires de l'organisation de la bonne tenue
des élections libres, transparentes, démocratiques, crédibles, inclusives et
apaisées, ont-ils soutenu.
La loi électorale en son article 36 dispose que tout candidat ou toute
personne intéressée peut saisir la Commission électorale nationale indépendante
aux fins d'obtenir la radiation de la candidature ou l'annulation de la liste
du parti politique ou du regroupement politique qui utilisent à des fins de
propagande électorale des biens, des finances et du personnel de l'Etat, des
établissements et organismes publics et des sociétés d'économie mixte.
Les requérants ont fait savoir que la Céni, aux termes de cette loi est
compétente pour procéder à la radiation de la candidature d'un candidat qui
utilise à des fins de propagande électorale des biens de l'Etat... L'article 97
de la Constitution dispose que l s fonctions de membre du gouvernement sont
incompatibles avec toute responsabilité au sein d'un parti politique.
Aux termes des dispositions de l'article 25, dernier alinéa de la loi
portant organisation et fonctionnement des partis politiques, aucun parti politique
ne peut user des biens ou du personnel de l'Etat sous peine de dissolution.
Le Décret-loi du 3 octobre 2002 portant Code de conduite de l'agent public
de l'Etat dispose que toute personne qui exerce une activité publique de l'Etat
et/ou rémunéré par ce dernier est agent public de l'Etat (Président de la
République-chef de l'Etat, membres du parlement, membres du gouvernement,
magistrats des cours et tribunaux, ambassadeurs et envoyés extraordinaires,
autorités chargées de l'administration des circonscriptions territoriales et
membres des assemblées et entités administratives décentralisées, personnel
politique et administratif des services de la présidence de la République,
personnel administratif et politique des cabinets des ministères, agents de
l'administration de tous les ministères, magistrats et personnel administratif
de la Cour des comptes, personnel de l'administration des services de sécurité,
personnel civil et militaire œuvrant au sein des forces armées congolaises,
agents de la police nationale, mandataires actifs et non actifs dans les
institutions de droit public, les entreprises et organismes publics
personnalisés, employés des entreprises privées ou d'économie mixte exerçant
une activité publique pour le compte de l'Etat).
En conséquence, l'article 10 de ce Décret-loi souligne qu'en raison de sa
position ou de la nature de ses fonctions, l'agent public de l'Etat est tenu de
se conformer à toute restriction imposée par la loi en ce qui concerne l'exerce
d'une activité politique.
Les signataires de cette requêtes (le professeur Tryphon Kin-Kiey Mulumba,
Théodore Ngoy, Sylvain Maurice Masheke, Marie-Josée Ifuku représentée, Jean
Mabaya, Jean-Pierre Bemba représenté par Fidèle Babala, Jean-Bertrand Ewanga
Représentant Ensemble de Moise Katumbi, Martin Fayulu représenté et Adolphe
Muzito représenté) estiment que pour avoir nommé dans son équipe de campagne,
des agents publics de l'Etat, autrement dit les personnels de l'Etat, Emmanuel
Ramazani Shadary a, délibérément, violé le cadre légal et réglementaire qui
fonde l'organisation de l'élection présidentielle.
Les requérants ont saisi la Céni pour qu'elle constate la violation des
dispositions de l'article 36 de la loi électorale qui interdisent l'utilisation
à des fins de propagande électorale des biens, des finances publiques t du
personnel de l'Etat, des établissements et des organismes publics et des
sociétés d'économie mixte et d'appliquer la mesure idoine de radiation du
candidat président de la République, Emmanuel Ramazani Shadary et d'annuler la
liste de tous les candidats du Fcc à toutes les élections.
lundi 12 novembre 2018
Province de l’Ituri : De nouveaux déplacements enregistrés dans le Territoire de Djugu suite aux nouvelles violences dans la zone
Un nouveau cas d’Ebola a été confirmé dans le Territoire
de Mambasa, dans la province de l’Ituri. Ocha, l’une des agences du Système des
Nations Unies a fait un aperçu de la situation dans la période du 3 au 5
novembre 2018. Il est à signaler que des attaques perpétrées à répétition par
des hommes en armes dans les villages de Muganga et Musekere, riverains du Lac
Albert en Territoire de Djugu, ont fait 30 morts et 8 blessés ; au moins 30
civils sont portés disparus.
Suite à ces incidents sécuritaires, les populations de
plus d’une quinzaine de villages ont été contraintes au déplacement, notamment
vers les localités lacustres de la Chefferie de Mokambo, Mahagi Port
(Territoire de Mahagi), Tchomia (63 km de Bunia) et Kasenyi (53 km de Bunia).
Selon la Direction Générale de Migration (DGM) et les autorités locales de
Mokambo (Territoire de Mahagi), plus de 47.000 personnes déplacées sont
enregistrées à la date du 6 novembre dans la Chefferie de Mokambo.
Ces nouveaux déplacés sont dans des familles d’accueil,
qui hébergent déjà d’anciens ménages de déplacés. Ils sont confrontés
principalement aux besoins en vivres, en articles ménagers essentiels et soins
médicaux. Cependant, la plupart des localités d’accueil se trouvent dans des
zones difficiles d’accès. A partir du 12 novembre, la communauté humanitaire a
prévu une mission d’évaluation à Mokambo, Ramogi, Tchomia et Kasenyi en vue
d’une assistance humanitaire urgente.
Depuis près d’un mois, la région de Byakato (Territoire
de Mambasa) accueille massivement les déplacés en provenance de la Province du
Nord-Kivu. Au 28 octobre, plus de 11.000 déplacés ont été recensés par les
autorités locales dans les villages de Bela, Makeke et Djapanda. Ces personnes
avaient fui les exactions des éléments ADF et des miliciens Mayi-Mayi opérant
dans le Nord-Kivu. Des déplacés continuent d’affluer dans cette région de
Byakato, difficile d’accès à partir de Bunia à cause du mauvais état des
routes.
Le contexte d’insécurité dans la région du Grand Nord de
Beni (Nord-Kivu) affecte le Territoire de Mambasa, province de l’Ituri, qui
accueille de nombreuses personnes déplacées. Cette situation constitue un grand
défi pour les activités de riposte à l’épidémie de la maladie à virus Ebola
(MVE). Cet afflux pourrait faciliter la propagation de la MVE, vu la difficulté
de contrôler ces mouvements trans provinciaux. La Province de l’Ituri a
enregistré un cas confirmé de MVE en date du 28 octobre à Byakato (Territoire
de Mambasa), après avoir passé 31 jours sans enregistrer de nouveaux cas. Le
malade qui avait été pris en charge à dans un hôpital à Byakato est décédé à
Beni. Avant d’atteindre Beni, il était passé par Mambasa centre. Les autorités
sanitaires ont lancé deux équipes pour procéder au suivi des personnes
contacts, notamment les membres de sa famille, le personnel soignant, le
transporteur, à Byakato et Mambasa centre.
Besoins et réponses humanitaires
Dans le cadre du fonds Reflex d’ECHO, l’ONG Solidarités
International organise, du 5 au 10 novembre, une foire aux articles ménagers
essentiels et de vivres en faveur d’au moins 20.500 personnes déplacées
affectés par la crise de Djugu sur les axes Gobi – Budu et Logo – Takpa
(Territoire de Djugu). En rapport avec l’arrivée des déplacés à Mokambo, le
programme de Réponse rapide aux mouvements de population (PRRMP) est déjà dans
la zone avec des interventions notamment dans le volet santé avec Save The
Children. Cette organisation se déploie dans quatre centres de santé et un
dispensaire avancé dans le site de Chawa pour faciliter l’accès aux soins de
santé à ces déplacés. De même, près de 20 000 personnes ont été assistées en
Articles ménagers essentiels (AME) à travers la foire organisée par Solidarités
International du 29 octobre au 4 novembre à Mokambo.
La Division Provinciale de la Santé a lancé, le 26
octobre, la campagne de réparation de fistules obstétricales à l’Hôpital
général de Bunia. Cette intervention, qui s’étende sur une période de 10 jours,
a ciblé 50 femmes. Au 26 octobre, on compte déjà 22 femmes en provenance de
Linga, Jiba, Mangala, Bambu, Katonie (Territoire de Djugu) pour bénéficier de
ces soins. Sur Fonds ECHO et dans le cadre des interventions d’assistance aux
populations vulnérables de l’Ituri, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) en
coordination avec ses partenaires de mise en œuvre prévoit mener des
interventions de cash multisectoriels à Komanda (Territoire d’Irumu) dans les
prochaines semaines pour plus de 41.000 personnes.
Ce rapport a été produit par OCHA en collaboration avec
les partenaires humanitaires. Il couvre la période du 1er au 7 novembre 2018.
Le prochain rapport sera publié vers le 15 novembre 2018.
samedi 3 novembre 2018
Après la levée de suspension de son portefeuille en Rdc, le Fida se positionne pour un nouveau départ
Dans
le cadre de la reprise d’activités du programme d’appui aux pôles
d’approvisionnement de Kinshasa en produits maraichers et vivriers (PAPAKIN), une
grande mission d’accompagnement du FIDA effectue une mission de travail du 5 au 17 novembre 2018 en RDC.
Cette
mission sera conduite par Abdelhaq
HANAFI, Directeur Pays du FIDA en RDC et se déroulera d’abord
au niveau de la coordination nationale à Kinshasa, ensuite au niveau de deux
antennes, à Kikwit dans la province du Kwilu et à Mbanza-Ngungu dans la
province du Kongo Central.
L’objectif
principal de cette mission est de soutenir le PAPAKIN dans l’analyse et la
validation des plans de travail et des budgets pluriannuels, d’appuyer
techniquement pour finaliser les stratégies d’interventions sectorielles, ainsi
que l’établissement des modalités techniques, fiduciaires et financières
concrètes pour une mise en œuvre rapide, efficace, efficience et conforme aux
procédures en vue d’atteindre un niveau de performances élevé et satisfaisant
qui conditionne la prorogation du programme et l’achèvement tel que convenu au
31 décembre 2020.
La
mission du FIDA s’occupera à analyser de
manière spécifique à l'état des lieux et proposer des modalités adaptées pour
l'exécution des contrats en cours et prévus avec les différents partenaires de
mise en œuvre, prestataires de services et fournisseurs des biens et des
travaux ; de proposer et valider la demande de réallocation budgétaire ;
de proposer des éléments du contenu des composantes appropriées en simplifiant
la stratégie de mise en œuvre et en proposant les ressources financières
pertinentes nécessaires.
A la fin de cette mission, les résultats attendus sont
entre autres la planification et le budget pluriannuel (2018-2020) du
PAPAKIN qui sont validés et prêts à être opérationnalisés ; un plan
de passation de marché, un plan de décaissement, un plan de suivi-évaluation et
un plan de communication et gestion des savoirs pour la période de prorogation
sont en place et prêts à être opérationnalisés ; 100 % des ressources
budgétisés pour le PTBA 2019 sont engagées et prêtes à être décaissées ; de poser les jalons de mesure de la
performance du projet pour les 6 et 12 mois après prorogation sont intégrés de
manière lisible et visible dans la planification et le budget pluriannuels, et
les dispositions pour les atteindre et les dépasser sont effectivement mises en
place
Le FIDA déterminé à
accompagner la RDC
Un
mois après la levée de la suspension de son
portefeuille en RDC, le FIDA tient à consolider ses interventions. C’est
dans ce cadre que son Directeur de la
Division Afrique de l’Ouest et Centrale, Martin Lisandro, a effectué une visite à Kinshasa du 15 au 18
octobre 2018.
Il a
eu une séance de travail le 16 octobre 2018 avec le Programme d’appui aux pôles
d’approvisionnement de Kinshasa en produits maraichers et vivriers (PAPAKIN). L’état
des lieux, défis et perspectives était au centre des discussions.
Le
Directeur Martin Lisandro n’a pas manqué de rappeler le contexte difficile de
la levée de la suspension pour PAPAKIN au regard des résultats non satisfaisants
réalisés par l’UGP, Unitité de gestion du portefeuille.
Selon
lui, vu la durée de 2 ans et 6 mois
accordés à PAPAKIN pour l’achèvement de la première phase avec une
enveloppe de 53 millions de dollars
américains, il faut préparer un programme de décaissement de toutes les
activités prévues dans le PTBA et une implémentation rapide.
En
outre, parlant de la composante suivi-évaluation, Il a indiqué que le FIDA a
prévu une politique pouvant permettre de faire des changements, pour des
projets qui ne marchent pas ou ne fonctionnement pas normalement et il existe
un training avec certification à la fin pour le secteur rural.
Pour
ce qui est de la communication, Conscient de son rôle non négligeable dans la
société, Martin Lisandro s’est focalisé
sur les activités qui pourraient apporter une visibilité sur le FIDA aussi bien
à Kinshasa que dans les zones d’interventions.
Le
Coordonnateur National de PAPAKIN, Popaul KIZUNGU, a remercié le Bureau Pays
pour son soutien sans faille et tous les efforts consentis, lesquels ont abouti
à la levée de la suspension du
portefeuille. C’est sous cet angle qu’il compte relever les différents défis de
l’UGP avec des résultats qui feront gagner à la RDC la deuxième phase.
Un
état des lieux de PAPAKIN a été présenté de
manière lapidaire par l’Assistante en Suivi-évaluation notamment les
réalisations, les défis ainsi que les perspectives.
A la
question posée par le Directeur de Division, celle de savoir les points ou
domaines pour lesquels l’UGP souhaiterait voir des améliorations ou changements
de la part de son bailleur, des propositions et suggestions ont été formulées, notamment la
dématérialisation de la DRF, le recrutement d’un assistant en passation des
marchés compte tenu du volume de travail et appui au responsable de passation
des marchés, en vue de la célérité dans le traitement des différents dossiers,
ainsi que la réduction du délai de traitement de demandes de non objection.
Le
Directeur de la Division Afrique de l’Ouest et Centrale du FIDA a rencontré
quelques autorités de la RDC notamment
les ministres des Finances et de
l’Agriculture.
Levée
de la suspension de son portefeuille en RDC
Le FIDA
a levé la suspension de son portefeuille de la République Démocratique du Congo.
Il s’agit d’une levée qui intervient après plus de 21 mois d’arrêt,
c’est-à-dire depuis le 7 décembre 2016 et dont l’impact est d’une importance
capitale pour la relance du secteur agricole.
Le
FIDA avait conditionné cette levée par la réalisation des quelques
recommandations par le Gouvernement de la RDC, notamment le remboursement de la
totalité des dépenses non autorisées sur les programmes cofinancés par le FIDA en RDC, la soumission du rapport d’audit
final 2015 acceptable, la réception et la mise en œuvre d’un plan d’action
acceptable, visant l’amélioration du contrôle interne et de la passation des
marchés ; ainsi que la tenue d’une revue conjointe du portefeuille entre
le deux parties pour convenir des
orientations stratégiques en matière de gestion du portefeuille et de mise en
œuvre des projets en cours.
Le
Gouvernement de la RDC qui fait du secteur agricole son cheval de bataille, par
la recherche des solutions appropriées en vue réduire la pauvreté de sa population par la production
locale, a répondu à toutes les
recommandations du FIDA.
Pour FIDA,
l’heure est à de grandes réalisations du terrain à impact visible et immédiat
pour ce qui concerne les trois projets à savoir : programme d’appui aux
pôles d’approvisionnement de Kinshasa en produits vivriers et maraichers
(PAPAKIN), Programme intégré de réhabilitation de l’agriculture dans la
Province du Maniema (PIRAM) et du Projet d’appui au secteur agricole dans la
Province du Nord Kivu (PASA- NK).
C’est
dans cette optique qu’il est prévu dans
un avenir proche la visite du Directeur Régional d’Afrique Centrale et de
l’Ouest du FIDA en RDC. Au cours de ce voyage de deux jours, des rencontres
avec les autorités congolaises pour des échanges approfondies sont programmées.
Le
financement du FIDA en RDC est évalué à plus de 216 millions de dollars
américains, répartis en 3 projets : PAPAKIN 75,88 millions de dollars
américains, PIRAM 49 millions et PASA- NK 52,97 millions.
Concernant
le PAPAKIN, le financement est de 114 millions, réparti en 2 phases avec une durée de 5 ans pour chacune de ces
dernières. La 1ere phase est de 75,8 millions de dollars américains et
la 2ème est de 39 millions de dollars américains. Sur cette
enveloppe, le FIDA apporte 68, 38 millions, le gouvernement de la RDC 5,4
millions, l’INADES 0,260 millions et 1,8 millions les bénéficiaires.
Le
passage à la deuxième phase pour PAPAKIN est conditionné par l’atteinte des
résultats visés à la 1ere phase.
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