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mardi 23 juin 2026

Un an après la béatification de Floribert Bwana Chui : un modèle d’intégrité toujours d’actualité

L’Église catholique élevait Floribert Bwana Chui Bin Kositi le 15 juin 2025 au rang de bienheureux, reconnaissant le sacrifice de cet agent de l’Office congolais de contrôle (OCC) qui avait refusé de céder à la corruption au prix de sa vie. Un an après cet événement historique pour la RDC, l’ancien député national Juvénal Munubo estime que son témoignage demeure une source d’inspiration pour la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance.

Une grâce pour la RDC

Pour Juvénal Munubo, la béatification de Floribert Bwana Chui constitue avant tout une grâce pour la République Démocratique du Congo. Il rappelle qu’après la béatification de la Bienheureuse Anuarite Nengapeta, celle de Floribert Bwana Chui est venue consacrer un homme qui a choisi l’intégrité plutôt que les avantages de la corruption.

« Floribert était un fonctionnaire de l’OCC qui a refusé de laisser entrer des produits avariés sur le territoire national. Il a dit non à la corruption et en a payé le prix. C’est une grâce pour notre pays de compter parmi ses fils de tels exemples », souligne-t-il.

Un héritage difficile à mesurer

Interrogé sur l’impact concret de cette béatification dans la société congolaise, Juvénal Munubo reconnaît qu’il est difficile d’en faire immédiatement l’évaluation. Il estime que c’est à travers les comportements des dirigeants, des élus, des fonctionnaires et des gestionnaires des entreprises publiques que l’on pourra apprécier si le message porté par Floribert Bwana Chui a réellement fait progresser la lutte contre la corruption.

Juvénal Munubo est d'avis également que les organisations de la société civile ont un rôle important à jouer dans cette évaluation en observant l’évolution des pratiques de gouvernance et de gestion des ressources publiques.

Dire non à la corruption pour construire le pays

Pour l’ancien parlementaire, l’exemple de Floribert Bwana Chui rappelle qu’il est possible de servir l’État avec honnêteté et de vivre de son salaire sans céder à la corruption.

« Avec la corruption, ce sont souvent quelques individus qui s’enrichissent tandis que la population demeure pauvre. La RDC est un pays potentiellement riche, mais la corruption empêche cette richesse de profiter à tous », explique-t-il.

L'ancien député du Nord-Kivu considère que la lutte contre ce fléau est indispensable pour assurer une meilleure répartition des richesses, renforcer la classe moyenne, réduire la criminalité et offrir davantage de perspectives à la jeunesse.

Un message porté auprès des responsables publics

Juvénal Munubo affirme qu’il ne manque aucune occasion de rappeler l’exemple de Floribert Bwana Chui dans ses échanges avec les responsables publics. Tout en s’interrogeant sur son propre parcours lorsqu’il était député national, il insiste sur la responsabilité de chaque détenteur d’un mandat public ou d’une fonction de gestion de l’État.

« Les Congolais comptent sur ceux qui gèrent les affaires publiques. Chacun doit faire sa part pour combattre la corruption et contribuer au développement du pays », plaide-t-il.

Floribert n’est pas mort pour rien

Face aux nombreux scandales de détournement des deniers publics qui continuent de défrayer la chronique, certains s’interrogent sur l’utilité du sacrifice de Floribert Bwana Chui. Pour Juvénal Munubo, cette lecture est erronée. 

Munubo compare son témoignage à une semence appelée à produire ses fruits avec le temps.

« On ne peut pas dire qu’il est mort pour rien. Le témoignage d’un martyr est comme une graine semée. Certaines tombent sur un sol fertile et finissent par porter du fruit », affirme-t-il.

Il établit également un parallèle avec Patrice Lumumba, dont le combat pour l’unité et l’intégrité territoriale de du Congo continue d’inspirer plusieurs générations de Congolais.

Un appel permanent à la conscience collective

Un an après sa béatification, Floribert Bwana Chui demeure ainsi, selon Juvénal Munubo, un symbole vivant de l’intégrité morale et du refus de la corruption.

Si les résultats de son héritage ne sont pas toujours immédiatement visibles, son exemple continue d’interpeller les responsables publics, les fonctionnaires et l’ensemble des citoyens sur leur devoir de servir l’intérêt général avec probité et responsabilité.


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