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samedi 27 juin 2026

Conseil de sécurité de l'ONU : la RDC exige l'application des résolutions et annonce une plainte contre le Rwanda devant la CIJ

La République Démocratique du Congo a renouvelé ses accusations contre le Rwanda devant le Conseil de sécurité des Nations unies, réuni le 26 juin 2026 pour examiner la situation dans l'est du pays.

Intervenant au nom de Kinshasa, l'ambassadeur Zénon Mukongo Ngoy a appelé à une mise en œuvre « intégrale et sans condition » des décisions du Conseil, tout en annonçant le dépôt d'une requête contre Kigali devant la Cour internationale de Justice (CIJ).

S'exprimant lors de la 10185ème séance du Conseil de sécurité, le diplomate congolais a rappelé que le dernier rapport du Secrétaire général des Nations unies confirme que les offensives de l'AFC/M23 se poursuivent avec le soutien des Forces de défense rwandaises (RDF). 

Selon Zénon Mukongo, cette situation constitue une violation grave de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la RDC.

Kinshasa réclame le retrait des troupes rwandaises

Le représentant congolais a dénoncé la poursuite de l'occupation de plusieurs localités par la coalition AFC/M23-RDF, l'installation d'administrations parallèles et les nombreuses exactions commises contre les populations civiles.

Face à cette situation, la RDC demande l'application de la résolution 2763 (2025), notamment le retrait immédiat et sans condition des Forces de défense rwandaises du territoire congolais ainsi que la cessation des hostilités par le M23.

Kinshasa a également insisté sur le rôle essentiel de la MONUSCO, appelant à la levée de toutes les restrictions entravant sa liberté de mouvement dans les zones contrôlées par le M23 et à un renforcement des moyens mis à sa disposition. 

Pour la RDC, la transition de la mission onusienne doit rester conditionnée à l'évolution de la situation sécuritaire.

Respect des processus de Washington et de Doha

La délégation congolaise a réaffirmé son engagement dans les processus de paix de Washington et de Doha, ainsi que dans les initiatives conduites par l'Union africaine. Elle a salué les efforts du médiateur togolais et de l'ensemble des partenaires internationaux impliqués dans la recherche d'une solution durable.

Toutefois, Kinshasa estime que les engagements pris dans ces différents processus doivent être respectés par toutes les parties et appelle la communauté internationale à maintenir la pression sur les acteurs qui continuent de les violer.

Les sanctions américaines saluées

L'ambassadeur congolais a également salué les récentes sanctions imposées par les États-Unis contre une raffinerie d'or rwandaise et plusieurs entités accusées de participer au commerce illicite des minerais provenant de l'est de la RDC.

Pour Zénon Mukongo, ces mesures confirment les dénonciations répétées de Kinshasa concernant le financement du conflit par le pillage des ressources minières. 

Il a notamment cité les chiffres faisant état de plus de 120 tonnes de coltan transférées chaque mois vers le Rwanda entre mai et octobre 2024, générant environ 800.000 dollars américains mensuels au profit du M23.

Pour la RDC, cette économie de guerre nécessite une réponse internationale plus ferme, avec des mécanismes renforcés de traçabilité, de sanctions et de responsabilité.

Une plainte déposée devant la Cour internationale de Justice

L'ambassadeur a annoncé que la République Démocratique du Congo a officiellement saisi la Cour internationale de Justice contre le Rwanda.

Par cette procédure, Kinshasa demande à la Cour de reconnaître la responsabilité internationale du Rwanda pour plusieurs violations du droit international, notamment de la Convention sur le génocide, de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes ainsi que de la Convention contre la torture.

La RDC sollicite également la cessation des actes qu'elle juge illicites, des garanties de non-répétition ainsi qu'une réparation intégrale au profit de l'État congolais et des victimes.

En conclusion, la délégation congolaise a réaffirmé que seule une restauration complète de l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire national permettra d'instaurer une paix durable.  

« Le moment n'est plus aux déclarations d'intention. Il est à l'action », a conclu l'ambassadeur, appelant le Conseil de sécurité à faire appliquer ses propres décisions.


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