Le
Conseil d’État a rejeté la requête en référé-liberté introduite par Déogratias
Namegabe Mwegekwa contre la rectrice de l’Université des Sciences de
l’Information et de la Communication (UNISIC) ainsi que l’État congolais
représenté par le ministre de la Justice.
Dans
sa requête déposée le 15 avril 2026, le demandeur sollicitait la suspension de
la décision n°018/2026 du 2 février 2026 portant retrait de sa charge horaire.
Il réclamait également la régularisation de l’ensemble des primes et émoluments
qui auraient été retenus durant cette période, sous peine d’une astreinte
équivalente à 100 dollars américains par jour de retard.
L’affaire
a été examinée lors de l’audience du 6 mai 2026 avant d’être prise en délibéré.
Le
travail reconnu comme un droit, mais pas comme une liberté fondamentale
Dans
son ordonnance rendue le 28 mai 2026, le juge des référés du Conseil d’État
rappelle que l’article 36 de la Constitution congolaise reconnaît le travail
comme un droit et un devoir sacré pour chaque Congolais.
Toutefois,
la juridiction administrative souligne que si ce droit bénéficie d’une
protection constitutionnelle, il relève de la catégorie des droits sociaux et
non de celle des libertés fondamentales.
Le
Conseil d’État estime dès lors que la condition essentielle permettant
d’obtenir un référé-liberté n’est pas remplie. Selon la jurisprudence constante
de la haute juridiction administrative, les conditions d’octroi d’un
référé-liberté étant cumulatives, l’absence d’atteinte à une liberté
fondamentale suffit à écarter la demande, sans qu’il soit nécessaire d’examiner
les autres critères.
Une
requête déclarée recevable mais non fondée
Après
examen du dossier, le juge des référés a rejeté les moyens préalables soulevés
par les défendeurs, les déclarant non fondés.
En
revanche, la requête de Déogratias Namegabe Mwegekwa a été jugée recevable dans
sa forme mais non fondée sur le fond. Le Conseil d’État a donc décidé de la
rejeter.
L’ordonnance
précise que cette décision prend effet à compter de sa notification aux parties
et qu’elle sera publiée au Journal officiel de la République Démocratique du
Congo ainsi que dans les bulletins des arrêts et avis du Conseil d’État.
Une
décision rendue en chambre du conseil
L’ordonnance
a été rendue en chambre du conseil le 28 mai 2026 par le magistrat Mongu
Nkanga, juge des référés, assisté du greffier Mite Kabamba Franck. Cette
décision réaffirme la distinction opérée par le droit congolais entre les
droits sociaux et les libertés fondamentales, distinction déterminante dans
l’appréciation des recours introduits en référé-liberté devant le Conseil
d’État.
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