Une
grève déclenchée après plusieurs mois de négociations infructueuses et la crise
sociale s'aggrave à la Société congolaise des postes et télécommunications
(SCPT). Depuis le 22 juin 2026, les agents et cadres observent un mouvement de
grève pour réclamer le paiement de 17 mois d'arriérés de salaires,
l'amélioration des conditions de travail ainsi que le respect des engagements
contenus dans le protocole d'accord signé en février 2026.
Selon
les responsables syndicaux, cette décision intervient après plusieurs mois de
négociations avec la direction générale, le ministère de tutelle et
l'Inspection générale du travail, sans résultats concrets.
«
Nous ne savons pas combien de temps la grève va durer. Elle se poursuivra
jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée », a déclaré Jeanne Kajangu, présidente
de la délégation syndicale.
Le
départ du comité de gestion réclamé
Au-delà
des revendications salariales, les travailleurs exigent le départ du comité de
gestion qu'ils accusent de mauvaise gouvernance et de manque de transparence
dans la gestion du patrimoine de l'entreprise.
Le
président de l'intersyndicale, Jean Makayanga, demande notamment la publication
des résultats de l'enquête annoncée sur la vente de plusieurs parcelles
appartenant à la SCPT ainsi que l'élaboration d'un calendrier de paiement des
arriérés accumulés sous l'actuelle gestion.
Les
syndicats estiment que la direction n'a pas apporté de réponses satisfaisantes
à leurs préoccupations malgré les multiples démarches entreprises.
Le
dossier Yozma au cœur des tensions
Parmi
les griefs soulevés figure également le partenariat entre la SCPT et la société
Yozma. Les représentants des travailleurs dénoncent un dossier qu'ils jugent
opaque et demandent sa suspension immédiate.
Selon
Jean Makayanga, ce partenariat n'aurait pas reçu l'aval préalable du conseil
d'administration.
Le
vice-président de l'Intersyndicale évoque également les conclusions de
certaines discussions internes faisant état d'un possible conflit d'intérêts.
Les
syndicalistes réclament l'exécution des recommandations contenues dans le
mémorandum qu'ils ont déposé auprès du conseil d'administration.
Une
entreprise jugée viable malgré les difficultés
Contrairement
à la direction générale qui invoque des difficultés financières, les syndicats
affirment que la SCPT dispose d'un potentiel économique important grâce à son
positionnement dans le secteur des télécommunications.
Ils
soutiennent que les difficultés actuelles résultent principalement de problèmes
de gestion et du faible recouvrement des recettes.
Les
représentants des travailleurs rappellent également que l'État congolais
demeure débiteur de l'entreprise à hauteur d'environ 56 millions de dollars
américains. Selon eux, plusieurs démarches ont été engagées depuis plus d'une
année auprès de la Présidence de la République et des services chargés de la
gestion de la dette publique afin d'obtenir le remboursement de cette créance.
Des
travailleurs confrontés à une précarité croissante
Les
syndicats décrivent une situation sociale de plus en plus difficile pour les
agents de la SCPT. Ils affirment que de nombreux travailleurs peinent à assurer
leurs déplacements quotidiens faute de moyens financiers.
«
Lorsque les salaires ne sont pas payés, il devient impossible de couvrir les
frais de transport », explique Jeanne Kajangu.
Les
responsables syndicaux dénoncent également des retenues opérées sur certains
salaires alors que les travailleurs continuent d'accumuler des mois d'impayés.
La
direction conteste la légalité de la grève
De
son côté, la direction générale considère le mouvement comme « irrégulier » et
a saisi l'Inspection générale du travail afin d'obtenir un arbitrage dans ce
conflit social.
Malgré
cette démarche, les syndicats restent déterminés à poursuivre leur
mouvement.
Ils
annoncent qu'il n'y aura pas de service minimum tout en attendant des mesures
concrètes des autorités et de la direction générale pour sortir l'entreprise de
l'impasse.
À
défaut d'un accord rapide, le bras de fer entre les travailleurs et la
direction de la SCPT pourrait encore se prolonger dans les prochains jours.
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