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mardi 23 juin 2026

SCPT : les travailleurs en grève exigent le paiement des arriérés de salaires et le départ du comité de gestion

Une grève déclenchée après plusieurs mois de négociations infructueuses et la crise sociale s'aggrave à la Société congolaise des postes et télécommunications (SCPT). Depuis le 22 juin 2026, les agents et cadres observent un mouvement de grève pour réclamer le paiement de 17 mois d'arriérés de salaires, l'amélioration des conditions de travail ainsi que le respect des engagements contenus dans le protocole d'accord signé en février 2026.

Selon les responsables syndicaux, cette décision intervient après plusieurs mois de négociations avec la direction générale, le ministère de tutelle et l'Inspection générale du travail, sans résultats concrets.

« Nous ne savons pas combien de temps la grève va durer. Elle se poursuivra jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée », a déclaré Jeanne Kajangu, présidente de la délégation syndicale.

Le départ du comité de gestion réclamé

Au-delà des revendications salariales, les travailleurs exigent le départ du comité de gestion qu'ils accusent de mauvaise gouvernance et de manque de transparence dans la gestion du patrimoine de l'entreprise.

Le président de l'intersyndicale, Jean Makayanga, demande notamment la publication des résultats de l'enquête annoncée sur la vente de plusieurs parcelles appartenant à la SCPT ainsi que l'élaboration d'un calendrier de paiement des arriérés accumulés sous l'actuelle gestion.

Les syndicats estiment que la direction n'a pas apporté de réponses satisfaisantes à leurs préoccupations malgré les multiples démarches entreprises.

Le dossier Yozma au cœur des tensions

Parmi les griefs soulevés figure également le partenariat entre la SCPT et la société Yozma. Les représentants des travailleurs dénoncent un dossier qu'ils jugent opaque et demandent sa suspension immédiate.

Selon Jean Makayanga, ce partenariat n'aurait pas reçu l'aval préalable du conseil d'administration. 

Le vice-président de l'Intersyndicale évoque également les conclusions de certaines discussions internes faisant état d'un possible conflit d'intérêts.

Les syndicalistes réclament l'exécution des recommandations contenues dans le mémorandum qu'ils ont déposé auprès du conseil d'administration.

Une entreprise jugée viable malgré les difficultés

Contrairement à la direction générale qui invoque des difficultés financières, les syndicats affirment que la SCPT dispose d'un potentiel économique important grâce à son positionnement dans le secteur des télécommunications.

Ils soutiennent que les difficultés actuelles résultent principalement de problèmes de gestion et du faible recouvrement des recettes.

Les représentants des travailleurs rappellent également que l'État congolais demeure débiteur de l'entreprise à hauteur d'environ 56 millions de dollars américains. Selon eux, plusieurs démarches ont été engagées depuis plus d'une année auprès de la Présidence de la République et des services chargés de la gestion de la dette publique afin d'obtenir le remboursement de cette créance.

Des travailleurs confrontés à une précarité croissante

Les syndicats décrivent une situation sociale de plus en plus difficile pour les agents de la SCPT. Ils affirment que de nombreux travailleurs peinent à assurer leurs déplacements quotidiens faute de moyens financiers.

« Lorsque les salaires ne sont pas payés, il devient impossible de couvrir les frais de transport », explique Jeanne Kajangu.

Les responsables syndicaux dénoncent également des retenues opérées sur certains salaires alors que les travailleurs continuent d'accumuler des mois d'impayés.

La direction conteste la légalité de la grève

De son côté, la direction générale considère le mouvement comme « irrégulier » et a saisi l'Inspection générale du travail afin d'obtenir un arbitrage dans ce conflit social.

Malgré cette démarche, les syndicats restent déterminés à poursuivre leur mouvement. 

Ils annoncent qu'il n'y aura pas de service minimum tout en attendant des mesures concrètes des autorités et de la direction générale pour sortir l'entreprise de l'impasse.

À défaut d'un accord rapide, le bras de fer entre les travailleurs et la direction de la SCPT pourrait encore se prolonger dans les prochains jours.

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