Mme
Jodelle Libya contrainte de payer 150 dollars pour récupérer sa voiture et la
controverse autour des opérations de mise en fourrière menées à Kinshasa refait
surface après l'enlèvement d'un véhicule devant une résidence privée sur
l'avenue l'avenue Kasa-Vubu, direction Shaba-Gambela) dans la commune de
Kasa-Vubu.
Selon
le témoignage de la propriétaire, les faits se sont produits le 10 juin 2026
entre 13 et 14 heures. Son chauffeur venait de ramener les enfants de l'école
et avait stationné le véhicule devant le portail de l'immeuble le temps de les
accompagner à l'intérieur.
À son
retour, il découvre que les agents de la fourrière, à bord du camion
communément appelé « Kikalungu », étaient déjà en train d'embarquer la voiture.
« Il
leur a expliqué que nous habitons ici et qu'il venait simplement de déposer les
enfants. Ils n'ont rien voulu entendre », affirme Jodelle Libya.
Alertée
quelques instants plus tard, la propriétaire n'a pas eu le temps d'intervenir.
Le véhicule avait déjà quitté les lieux.
Une
facture jugée injustifiée
Après
avoir retrouvé le lieu où la voiture avait été conduite, la famille s'est vu
réclamer 150 dollars américains pour sa restitution. Une somme que la
propriétaire conteste vigoureusement.
« Sur
quelle base devons-nous payer 150 dollars ? Le véhicule était devant notre
propre portail. Nous n'avons commis aucune contravention et nous ne gênions pas
la circulation », dénonce-t-elle.
Elle
estime d'autant plus incompréhensible cette mesure que de nombreux véhicules
restent stationnés pendant des jours, voire des semaines, sur certaines avenues
de la capitale sans être inquiétés.
Une
série de plaintes récurrentes à Kinshasa
Ce
n'est pas la première fois que les services de fourrière font l'objet de
critiques à Kinshasa. Au cours des dernières années, plusieurs automobilistes
ont dénoncé des enlèvements jugés abusifs de véhicules stationnés devant des
habitations, des commerces ou des bureaux.
Dans
certains cas, les propriétaires avaient affirmé ne pas avoir bénéficié
d'explications claires sur l'infraction reprochée ni sur la grille tarifaire
appliquée pour récupérer leurs véhicules.
Des
organisations de défense des droits des usagers de la route et des mouvements
citoyens ont également, à plusieurs reprises, appelé les autorités à mieux
encadrer les opérations de remorquage afin de prévenir les abus et de garantir
le respect des procédures.
Les
critiques portent notamment sur l'absence de sensibilisation préalable, le
manque de transparence concernant les amendes réclamées ainsi que le caractère
parfois sélectif des opérations de contrôle.
Des
questions sur la légalité et la transparence des opérations
Cette
nouvelle affaire relance le débat sur les conditions dans lesquelles les
véhicules sont mis en fourrière dans la capitale.
Pour
de nombreux automobilistes, la lutte contre le stationnement anarchique ne
devrait pas se traduire par des mesures perçues comme arbitraires ou
disproportionnées.
Face
à la multiplication des plaintes, plusieurs observateurs estiment qu'une
clarification des règles de mise en fourrière, des montants exigés et des voies
de recours s'impose afin d'éviter que ces opérations ne continuent d'alimenter
les tensions entre les usagers et les services chargés de la circulation
routière.
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