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dimanche 14 juin 2026

RDC : le BCNUDH alerte sur une hausse des violations des droits humains en mars 2026

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a enregistré 524 violations et atteintes aux droits humains en République Démocratique du Congo au cours du mois de mars 2026, soit une hausse de 13 % par rapport aux 478 cas documentés en février 2026.

Selon le BCNUDH, cette augmentation reflète une détérioration continue de la situation sécuritaire et humanitaire, alimentée par l’intensification des affrontements armés dans l’est du pays et la persistance d’abus dans d’autres zones sous contrôle de l’État.

Les provinces touchées par les conflits concentrent l’essentiel des cas recensés, avec 451 violations, soit 83 % du total. Le Nord-Kivu arrive en tête avec 287 cas, suivi du Sud-Kivu (98), de l’Ituri (60) et du Maniema (6).

Les violences sexuelles restent préoccupantes

Le BCNUDH a documenté 46 cas de violences sexuelles liées aux conflits ayant affecté 70 victimes, dont 53 femmes et 17 filles. Bien que ce chiffre soit inférieur aux 101 victimes recensées en février 2026, le Bureau met en garde contre toute interprétation hâtive. Les restrictions d’accès humanitaire et la dégradation de la sécurité limitent considérablement la capacité à identifier et documenter les survivantes.

Le Nord-Kivu concentre 43 % des victimes enregistrées, devant l’Ituri (24 %), le Sud-Kivu (23 %) et le Maniema (10 %). Les groupes armés demeurent les principaux responsables de ces violences avec 63 % des victimes documentées. Les acteurs étatiques sont quant à eux impliqués dans 37 % des cas, soit 26 victimes, dont 19 femmes et 7 filles.

Une pression croissante sur l’espace civique

Le rapport fait également état d’une dégradation de l’espace civique. Vingt-et-une violations des droits humains liées aux libertés publiques ont été recensées en mars 2026, contre 13 le mois précédent.

Ces atteintes ont concerné 19 victimes, toutes de sexe masculin, dans un contexte marqué par la montée des tensions sécuritaires et politiques, le renforcement du contrôle de l’information et une sensibilité accrue des autorités et des groupes armés aux voix critiques.

Défenseurs des droits humains et journalistes accompagnés

Dans le cadre de ses activités de protection, le BCNUDH a documenté huit cas individuels de menaces ou d’atteintes impliquant l’AFC/M23, des agents de la Police nationale congolaise (PNC), des militaires des FARDC ainsi que des services de renseignement.

À la suite de ces interventions, 19 personnes, dont deux femmes, ont bénéficié d’un accompagnement comprenant des conseils en autoprotection, un appui en plaidoyer et un suivi individualisé. Parmi elles figurent 17 défenseurs des droits humains et deux journalistes.

Des condamnations et des actions de sensibilisation

Au cours de la même période, quatre procédures judiciaires visant trois militaires des FARDC et un policier ont abouti à trois condamnations, tandis qu’un militaire a été acquitté.

Par ailleurs, le BCNUDH a organisé neuf sessions de formation et de sensibilisation à travers le pays au profit de 778 participants, dont 221 femmes.

Ces activités ont réuni des membres de la société civile, des magistrats, des défenseurs des droits humains, des agents de l’État, des étudiants ainsi que des membres des forces de défense et de sécurité.

Selon le Bureau, ces actions visent à renforcer la prévention des violations des droits humains en améliorant la connaissance des normes et des mécanismes de protection par les différents acteurs concernés.


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