Alors
que le débat sur une éventuelle révision ou un changement de la Constitution
continue de polariser la classe politique congolaise, la Voix des Sans Voix
(VSV) tire la sonnette d’alarme. L’organisation de défense des droits humains
craint une aggravation des tensions et appelle le président Félix-Antoine
Tshisekedi à prendre des mesures d’apaisement pour préserver l’unité nationale
et prévenir de nouvelles violations des droits humains.
Un
climat politique explosif sur fond de guerre dans l’Est
La
VSV se dit profondément préoccupée par la détérioration du climat politique
depuis l’annonce par certains partis membres de l’Union sacrée de leur volonté
de modifier ou de changer la Constitution de la République démocratique du
Congo.
Selon
l’organisation, cette controverse intervient dans un contexte particulièrement
sensible marqué par l’occupation de Goma, Bukavu et de plusieurs territoires du
Nord-Kivu et du Sud-Kivu par des groupes soutenus par le Rwanda. Une situation
qui fragilise davantage la cohésion nationale alors que le pays est confronté à
une menace sécuritaire majeure.
Le
spectre des crises de 2015 et 2016
Pour
la VSV, les divisions actuelles rappellent les tensions qui avaient précédé la
fin du mandat de l’ancien président Joseph Kabila. L’organisation évoque
notamment les graves violations des droits humains enregistrées à cette
période, notamment les assassinats d’activistes pro-démocratie, les atteintes
aux libertés publiques ainsi que les violences commises contre des responsables
religieux.
La
VSV estime que le débat constitutionnel risque aujourd’hui de devenir un
facteur de fracture supplémentaire dans un pays déjà fortement divisé.
Des
acquis reconnus, mais des défis persistants
L’organisation
reconnaît toutefois plusieurs réalisations enregistrées sous la présidence de
Félix-Antoine Tshisekedi, notamment dans les domaines des infrastructures
routières, aéroportuaires, sanitaires, universitaires et scolaires. Elle
souligne également les efforts consentis pour l’amélioration des rémunérations
des policiers et militaires.
Cependant,
la VSV rappelle que de nombreux défis demeurent, notamment l’accès à l’eau
potable et l’amélioration des conditions de vie des populations dans plusieurs
provinces du pays.
L’intolérance
politique et le rétrécissement de l’espace civique dénoncés
La
VSV s’inquiète de la montée de l’intolérance politique qu’elle juge
préoccupante. Selon elle, l’espace civique est de plus en plus menacé et
plusieurs acteurs de la société civile préfèrent désormais s’autocensurer par
crainte de représailles.
L’organisation
dénonce également les agissements de personnes se réclamant de la Force du
progrès, structure considérée comme proche de l’UDPS, accusées de commettre des
actes portant atteinte aux droits humains sans être inquiétées par les services
de sécurité.
La
VSV affirme avoir reçu des informations faisant état de menaces visant des
opposants politiques ainsi que des responsables religieux.
Un
appel à l’apaisement adressé au chef de l’État
Face
à cette situation, la VSV appelle les autorités à multiplier les messages de
rassemblement et à décourager tout discours susceptible d’exacerber les
divisions entre Congolais.
L’organisation
invite également le pouvoir à se méfier des « flatteurs » qui, selon elle,
encouragent les tensions dans l’espoir d’obtenir ou de conserver des avantages
politiques et financiers.
L’unité
nationale doit primer sur toutes les divergences
En
conclusion, la VSV estime que le président Félix Tshisekedi demeure l’acteur le
mieux placé pour décrisper le climat politique et favoriser un dialogue
susceptible de préserver la stabilité du pays.
L’organisation
appelle l’ensemble des acteurs politiques, toutes tendances confondues, à faire
preuve de retenue afin d’éviter que la RDC ne bascule dans une nouvelle
crise.
Elle
rappelle que l’unité et la cohésion nationales doivent prévaloir sur les
considérations partisanes, tribales ou ethniques, particulièrement dans le
contexte actuel d’agression et d’occupation de certaines parties du territoire
national.
La
VSV met enfin en garde contre les conséquences que pourraient entraîner des
atteintes aux libertés fondamentales et au processus démocratique, rappelant
que de telles dérives peuvent exposer leurs auteurs à des sanctions nationales
ou internationales.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire