La
Prison militaire d'Angenga est historique et est confrontée à une forte
population carcérale. L’ONG Action des jeunes pour le bien-être social (AJBS),
basée à Lisala, dans la province de la Mongala, a publié le 18 juin 2026 son
rapport de monitoring sur la situation carcérale de la Prison militaire
d’Angenga.
Située
à environ 25 kilomètres de Lisala, au cœur de la forêt équatoriale, cette
prison construite en 1959 dispose d’une capacité d’accueil de 1.500 détenus.
Selon l’AJBS, elle héberge actuellement plus de 1.500 pensionnaires provenant
de plusieurs provinces de la République Démocratique du Congo ainsi que de pays
étrangers.
Plus
de 370 détenus en attente de jugement
Le
rapport fait état de 74 inculpés, dont une majorité de civils détenus depuis
plus de douze mois sans jugement définitif.
Par
ailleurs, la prison compte 297 prévenus, répartis entre les juridictions de
premier et de second degré. Parmi eux figurent plusieurs détenus, civils,
militaires et étrangers, en détention préventive depuis plus d’une année, une
situation qui soulève des préoccupations quant à la célérité du traitement des
dossiers judiciaires.
Plus
d’un millier de condamnés, dont 342 à la peine de mort
La
catégorie des condamnés demeure la plus importante au sein de l’établissement
pénitentiaire. Elle regroupe des militaires, policiers, civils et
ressortissants étrangers purgeant des peines allant de quelques années de
servitude pénale à la prison à perpétuité.
Selon
les statistiques de l’AJBS, la prison d’Angenga compte 342 condamnés à mort,
dont 134 militaires, 30 policiers, 167 civils et 11 étrangers. L’organisation
affirme qu’il s’agit du nombre le plus élevé de condamnés à mort recensé dans
une prison de la RDC.
Le
rapport relève également la présence de 211 détenus condamnés à perpétuité,
parmi lesquels des militaires, policiers, civils et ressortissants étrangers.
Des
détenus étrangers également concernés
Parmi
les condamnés à perpétuité figurent six étrangers, dont quatre Rwandais, un
Ougandais et un Tanzanien. Onze autres étrangers sont condamnés à mort,
notamment des ressortissants rwandais, ougandais et tanzaniens.
L’AJBS
signale également la présence de femmes parmi certains détenus étrangers et
civils condamnés à de longues peines.
L’AJBS
plaide pour la commutation des peines de mort
Face
à cette situation, l’Action des jeunes pour le bien-être social appelle les
partenaires internationaux et les organisations de défense des droits humains à
plaider auprès des autorités congolaises pour la commutation des peines de mort
en peines de servitude pénale à perpétuité, voire en peines de vingt ans de
prison.
L’organisation
estime qu’une telle mesure contribuerait à améliorer les conditions de
détention et à renforcer le respect des droits fondamentaux des personnes
privées de liberté au sein de cette prison militaire considérée comme l’une des
plus importantes du pays.
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