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dimanche 14 juin 2026

Human Rights Watch accuse le Rwanda et le M23 de recrutements forcés et de détentions abusives en RDC

L’organisation Human Rights Watch (HRW) accuse les forces rwandaises et les rebelles du M23 d’avoir mené une vaste campagne de recrutement forcé et de détention arbitraire dans l’est de la République Démocratique du Congo. Dans un rapport de 87 pages publié le 10 juin 2026, l’ONG documente de graves violations des droits humains commises entre mi-2024 et décembre 2025 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Selon HRW, des milliers de civils, policiers, militaires congolais et combattants Wazalendo ont été arrêtés ou enrôlés de force, parfois avec la participation directe de militaires rwandais. Des enfants âgés d’à peine 12 ans figureraient également parmi les victimes.

Des camps de formation transformés en lieux de sévices

L’enquête met particulièrement en cause les camps militaires de Rumangabo et de Tshanzu, situés au Nord-Kivu. D’après les témoignages recueillis auprès de 102 anciens détenus, les recrues y ont subi des passages à tabac, des actes de torture, des privations de nourriture et de soins, ainsi que des travaux forcés.

Les personnes interrogées rapportent également des exécutions sommaires contre ceux qui tentaient de s’évader ou enfreignaient les règles imposées dans les camps. Plusieurs témoins évoquent des centaines de décès liés aux mauvais traitements, aux conditions de détention et aux exécutions. « La mort était partout », résume le titre du rapport de HRW.

Le rôle présumé des forces rwandaises

Selon l’organisation, de nombreux anciens détenus ont identifié des soldats rwandais lors des rafles et au sein de la chaîne de commandement des camps. Ces témoignages sont corroborés par des sources militaires, des services de renseignement et des responsables des Nations unies.

HRW estime que l’ampleur de la présence militaire rwandaise et son influence sur les opérations du M23 pourraient répondre aux critères d’une occupation belligérante au regard du droit international humanitaire, engageant ainsi la responsabilité des autorités rwandaises.

Des appels à des enquêtes et à des sanctions

L’organisation appelle les autorités congolaises à préserver les preuves des crimes présumés commis dans les camps de Rumangabo et de Tshanzu et à engager des poursuites judiciaires. Elle exhorte également le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale à enquêter sur ces faits en tant que possibles crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Human Rights Watch demande par ailleurs aux Nations unies, à l’Union africaine, à l’Union européenne et aux États-Unis de renforcer la pression sur Kigali et d’envisager de nouvelles sanctions ciblées contre les responsables du M23 et des forces rwandaises impliqués dans ces abus.

La situation des ex-recrues détenues à Kinshasa

L’ONG s’inquiète également du sort de dizaines de personnes recrutées de force par le M23 puis arrêtées après leur reddition aux forces congolaises. Lors d’une mission menée en mai 2026 à la prison de Makala, à Kinshasa, HRW affirme avoir rencontré 34 détenus, dont 14 enfants, qui disent avoir été interrogés et détenus par les services de renseignement militaires avant leur transfert en prison.


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