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samedi 27 juin 2026

Un an après l'Accord de paix de Washington, seuls 35 % des engagements ont été mis en œuvre, selon un rapport indépendant

Une année après la signature de l'Accord de paix de Washington entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, le Baromètre des Accords de Paix en Afrique dresse un bilan mitigé. Dans son rapport annuel couvrant la période du 27 juin 2025 au 27 juin 2026, l'initiative indépendante estime que des progrès ont été accomplis, mais qu'ils restent insuffisants pour garantir une paix durable entre les deux pays.

Selon le rapport, 22 des 30 tâches prévues par l'accord ont connu un début d'exécution, à des niveaux variables. Cela représente un taux global de mise en œuvre de 35 %, soit 105 points sur 300.

22 tâches engagées sur 30, mais des avancées encore limitées

L'évaluation montre que la RDC a amorcé l'exécution de 18 des 26 tâches qui lui incombent, pour un taux de mise en œuvre de 31,7 % (82,5 points sur 260). De son côté, le Rwanda a enregistré des avancées sur 15 des 22 tâches qui lui sont attribuées, atteignant 30,6 % (67,5 points sur 220).

La communauté internationale, notamment les États-Unis, le Qatar, l'Union africaine et d'autres partenaires, affiche les résultats les plus élevés. Les sept engagements qui lui sont confiés ont tous connu un début d'exécution, pour un taux de mise en œuvre de 53,5 % (37,5 points sur 70).

Une première année marquée par des rythmes contrastés

Le rapport distingue plusieurs phases dans l'application de l'accord. Après un démarrage rapide entre juillet et août 2025, le taux global est passé de 9 % à 19 %. La progression s'est ensuite ralentie entre septembre et novembre avant une longue période de stagnation de décembre 2025 à février 2026, où le taux est resté figé à 23,3 %.

Une reprise modérée est intervenue entre mars et avril 2026, suivie d'une consolidation progressive en mai et juin 2026, permettant d'atteindre le niveau actuel de 35 %.

Les volets sécuritaire et humanitaire restent à la traîne

Le Baromètre relève que les engagements institutionnels et normatifs, notamment la mise en place des mécanismes conjoints de coordination, sont les seuls à avoir été pleinement exécutés.

En revanche, les engagements sécuritaires, tels que le démantèlement des FDLR et la levée des mesures défensives rwandaises, accusent un retard important, leur niveau d'exécution restant inférieur ou égal à 5 points sur 10.

Le constat est encore plus préoccupant sur le plan humanitaire. La protection des civils, l'assistance aux populations vulnérables ainsi que le retour des déplacés internes et des réfugiés demeurent les engagements les moins avancés, chacun n'obtenant qu'un score de 2,5 points sur 10.

Le manque de confiance et les combats freinent le processus

Le rapport attribue ces résultats à plusieurs facteurs. Il évoque notamment un déséquilibre dans les priorités des parties, davantage tournées vers les aspects institutionnels, diplomatiques et économiques que vers les engagements sécuritaires.

Le déficit de confiance entre Kinshasa et Kigali continue également de ralentir l'application des obligations les plus sensibles, notamment les opérations de neutralisation des FDLR, dont l'exécution n'a véritablement débuté qu'à la fin du mois de mars 2026.

Le maintien des affrontements entre les FARDC et l'AFC/M23, que le rapport présente comme soutenu par le Rwanda, ainsi que les difficultés d'opérationnalisation de l'EJVM+, ont également freiné la mise en œuvre de plusieurs dispositions. À cela s'ajoute une situation humanitaire toujours préoccupante dans l'est de la RDC.

Des recommandations pour la deuxième année

Le Baromètre des Accords de Paix en Afrique formule plusieurs recommandations destinées à la RDC, au Rwanda et aux partenaires internationaux afin d'accélérer l'application de l'accord au cours de sa deuxième année. 

L'initiative rappelle que sa mission est d'assurer un suivi indépendant, transparent et factuel des accords de paix en Afrique grâce à son Outil de Mesure de la Mise en Œuvre de l'Accord de Paix (OMMAP). Son objectif est de renforcer la redevabilité des parties et de fournir aux décideurs, à la société civile et aux partenaires internationaux des informations fiables sur l'évolution du processus de paix.


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