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dimanche 22 avril 2012

Atelier d’évaluation a mi-parcours du processus électoral 2011-2013


Synthèse du Rapport Général
19 avril 2012 Atelier d’évaluation du processus électoral- Synthèse du Rapport général
La Commission électorale nationale indépendante - Céni - a organisé du 10 au 19 avril 2012 en son siège sis boulevard du 30 juin à Kinshasa-Gombe, avec l’appui de la Division électorale de la Monusco et du Projet Pnud/Pace, l’atelier d’évaluation du processus électoral ayant abouti à l’organisation des scrutins combinés présidentiel et législatifs du 28 novembre 2011.
Cet atelier a connu la participation des délégués de toutes les parties prenantes au processus électoral, notamment :
- les missions d’observation nationales ;
- les missions d’observation internationales ;
- la Société Civile - Confessions religieuses, Organisations d’éducation civique et de défense des droits humains - ;
- les partis politiques - Usc, Pprd et Palu - ;
- les bailleurs de fonds et les partenaires internationaux - Ue, Ifes, Eisa - ;
- les forces de sécurité - Pnc, Un/Pol, etc. - ;
- l’Assistance électorale internationale - De/Monusco et Pnud/Pace - ;
- la Céni - Bureau, Secrétariat Exécutif National et Secrétariats exécutifs provinciaux -.

L’objectif principal de l’atelier était de faire le point sur les activités déjà menées dans l’exécution du processus électoral 2011-2013 en vue d’améliorer la gouvernance électorale globale.
Pour y arriver, les participants ont :
- identifié les points forts et les points faibles par activité, les zones géographiques à problèmes, les ressources humaines, logistiques, techniques et financières ainsi que les secteurs ayant besoin d’un renforcement de capacité ;
- défini les stratégies en vue d’une meilleure organisation des scrutins à venir ; et
- formulé des recommandations pertinentes.
Les travaux se sont déroulés en séances plénières et en commissions.

Les séances plénières ont permis : 

1. d’entendre les parties prenantes au processus : Société Civile, missions d’observation, bailleurs de fonds, assistance électorale internationale et secrétaires exécutifs provinciaux ;
2. d’échanger sans complaisance sur les principaux points abordés.

Toutes les interventions ont relevés les points forts et les points faibles et émis des recommandations pertinentes.
Les participants se sont répartis en cinq commissions, à savoir :
1. Commission 1 : Aspects juridiques, financiers, administratifs et budgétaires ;
2. Commission 2 : Logistique, sécurisation et archivage ;
3. Commission 3 : Recrutement, formation, sensibilisation et communication ;
4. Commission 4 : Opérations électorales et traitement des données ;
5. Commission 5 : Management et relations avec les porteurs d’intérêt.

A l’issue des travaux en commission, un débat général s’en est suivi. Le tout fait l’objet d’un rapport général dont nous dégageons ici quelques éléments saillants portant sur les principaux constats, les recommandations et leurs destinataires ainsi que les délais d’exécution.

I. Constats

- Calendrier contraignant fruit d’un consensus politique ne tenant pas compte des exigences opérationnelles ;
- Difficultés inhérentes à la transition Céi-Céni ;
- Faible communication à tous les niveaux ;
- Inadéquation de la cartographie des sites et bureau de vote;
- Nombre élevé des omis ;
- Insuffisance/faiblesse des concertations avec les porteurs d’intérêt - partis politiques, société civile, médias, les jeunes, les bailleurs de fonds, le gouvernement, les femmes, etc. - consécutive aux contraintes de temps.
- Faible exécution du plan de communication ;
- Faiblesse de l’éducation civique et électorale ;
- Questionnement sur le fichier électoral ;
- Faiblesse de stratégies de concertation avec les missions d’observation nationales et internationales ;
- Risques d’ordre politique, institutionnel et juridique, administratif, financier, technique, logistique et sécuritaire, notamment :
- Tenue de deux scrutins combinés dans un délai très court, dans un contexte politique tendu ;
- Absence de consensus sur le fichier électoral ;
- Retard dans l’adoption des textes légaux ;
- Inadéquation dans le décaissement du budget destiné aux élections et modicité des fonds destinés à cette opération ;
- Recours aux agents temporaires dans les Clcr ;
- Menaces et risques sécuritaires.
- Diminution relative des femmes dans le fichier électoral et de leur participation en tant que candidates ;
- Un cadre n’offrant pas toujours la possibilité d’une mise en œuvre efficace et efficiente des activités électorales ;
- Non actualisation du cadre légal de sécurisation ;
- Quasi inexécution du budget lié à la sécurisation du processus électoral.

II. Recommandations générales

- Elaborer le calendrier électoral en privilégiant les exigences techniques et opérationnelles dans le respect, si possible, des délais constitutionnels des étapes du cycle électoral en concertation avec la classe politique et les partenaires au processus ;
- Maitriser les paramètres et les éléments qui rentrent dans l’élaboration du budget électoral en vue d’en assurer une mise en œuvre adéquate;
- Mener des plaidoyers avec l’Etat et l’ensemble des partenaires pour la réaffectation des recettes aux dépenses nouvelles dictées par les besoins opérationnels.
- Etudier la possibilité de faire évoluer le document du projet d’appui pour tenir compte de nouveaux besoins opérationnels ;
- Imprimer une vision stratégique globale ;
- Renforcer la régularité des échanges pour un pilotage à temps réel permettant un partage périodique des avancées et des contraintes afin de trouver ensemble les moyens de les résoudre.
- Définir la vision et intensifier les cadres de concertation avec les porteurs d’intérêt - médias, partis politiques, Ane, partenaire… - ;
- Actualiser, adopter et publier le plan stratégique national de communication ;
- Améliorer la perception et restaurer la confiance avec les porteurs intérêt,
- Renforcer les capacités pour les Membres du Bureau et les autres Membres du personnel ;
- Tenir des réunions hebdomadaires entre le Bureau, le SEN et l’assistance électorale internationale en vue d’harmoniser les plans de travail ;
- Favoriser la tenue régulière des réunions avec les partenaires au niveau des comités techniques et de partenariat.
- Redynamiser et/ou créer les cadres de concertation avec les autres porteurs d’intérêts ;
- Appuyer et responsabiliser la société civile congolaise de l’éducation civique, la sensibilisation et les mécanismes d’observations.
- Organiser une conférence gouvernementale sur les élections
- Revisiter le chronogramme en binôme ;
- Fiabiliser et stabiliser le fichier électoral en y intégrant les omis;
- Réouverture du dialogue avec la classe politique sur le fichier électoral ;
- Actualiser la cartographie des bureaux de vote et de dépouillement en partenariat avec tous les acteurs de terrain - chefs coutumiers, administrateur de territoire, chef d’antenne…-
- Prendre en compte toutes les contraintes tant géographiques que sociopolitiques… ;
- Prendre en compte sur la base d’un plan d’action les recommandations pertinentes pour améliorer la suite des opérations électorales ;
- Organiser un séminaire international sur l’observation électorale en République Démocratique Congo ;
- Renforcer la concertation avec les missions d’observations nationale et internationale;
- Elaborer un calendrier réaliste qui tienne compte des délais légaux et de tous les paramètres liés au contexte financier, logistique et technique ;
- Planifier à temps les opérations en minimisant considérablement les risques ainsi que les menaces avec la participation de tous les acteurs - y compris de ceux de la sécurisation du processus - a travers les contacts permanents ;
- Renforcer les conditions de recrutement et de formation des agents électoraux et plus spécifiquement ceux commis aux bureaux de vote et aux centres locaux de compilation des résultats ;
- Donner l’impulsion pour que le genre soit intégrer dans l’institution et les opérations électorales à tous les niveaux ;
- Réviser la loi portant identification des électeurs ainsi que la loi électorale pour corriger ses insuffisantes et prendre en compte des nouvelles préoccupations ;
- Améliorer la stratégie de recrutement et de formation du personnel permanent et temporaire ;
- Eriger la sécurisation du processus parmi les priorités ;
- Actualiser le cadre légal et rendre opérationnelles les structures du plan de sécurisation - un projet ad hoc existe - ;
- Exécuter le budget de sécurisation du processus suivant le plan de décaissement proposé.

III. Destinataires des recommandations

L’ensemble des recommandations émises sont destinées :
- à la Commission électorale nationale indépendante,
- à l’Assemblée Nationale,
- au Gouvernement,
- à l’assistance électorale internationale, et
- aux bailleurs de fonds et autres parties prenantes au processus électoral.

IV. Délais d'exécution

La plupart de ces recommandations doivent être mises en œuvre à court terme, entre avril et juin 2012, pour celles destinées à la Céni.

Fait à Kinshasa, le 19 avril 2012
Le Rapporteur Général,
Prof. Kabamba Kabata

samedi 21 avril 2012

République centrafricaine : Les attaques de la LRA s’intensifient


Il faut renforcer les mesures pour protéger les civils
(Nairobi, le 20 avril 2012) – Les attaques du groupe rebelle ougandais Armée de résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army, LRA) se sont intensifiées en République centrafricaine (RCA) depuis le début de l’année 2012, plaçant les civils des zones affectées dans une situation de nécessité urgente de protection, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Les attaques se poursuivent également en République démocratique du Congo.
Entre janvier et mars 2012, la LRA a mené au moins 53 nouvelles attaques en RD Congo et en RCA, au cours desquelles elle a enlevé 90 civils et en a tué neuf autres, d’après les dernières recherches de Human Rights Watch en RCA et des informations publiées par les Nations Unies. Le nombre d’attaques dans le sud-est de la RCA a considérablement augmenté par rapport aux attaques signalées en 2011.
« L’intensification des attaques de la LRA montre que le groupe rebelle n’est pas affaibli et qu’il constitue toujours une menace sérieuse pour les civils », a expliqué Anneke Van Woudenberg, chercheuse senior pour la division Afrique à Human Rights Watch. « L’Union africaine, les Nations Unies et les gouvernements de la région doivent prendre des dispositions urgentes pour mettre en œuvre des mesures complètes de protection des civils et s’impliquer véritablement pour qu’elles portent leurs fruits. »
Au cours d’une mission de recherche de trois semaines en République centrafricaine et en Ouganda en mars et en avril 2012, Human Rights Watch s’est entretenu avec 23 victimes et témoins des attaques, ainsi qu’avec des dirigeants locaux, des représentants de la société civile, des responsables militaires et des représentants de l’ONU et de l’Union africaine (UA).
Deux sœurs de la ville d’Agoumar, âgées de 43 et 62 ans, ont raconté à Human Rights Watch qu’elles étaient parties pêcher le 27 février dernier lorsque la LRA les a enlevées. Elles ont été capturées par un groupe de trois combattants, qui les ont forcées à transporter du miel, des cacahouètes et de lourds sacs de farine qui avaient été volés dans un grenier à céréales voisin.
« Nous étions totalement chargées de marchandises et nous avons dû marcher dans la forêt pendant trois jours et trois nuits sans nous arrêter », a raconté l’une des femmes. « Ils nous ont battues de manière atroce, et lorsque ma sœur est tombée gravement malade après la troisième nuit, les soldats ont décidé de nous laisser partir. Notre frère et notre neveu qui ont aussi été enlevés le même jour sont toujours portés disparus et nous craignons qu’ils n’aient été tués. »
Les civils dans la région visitée par Human Rights Watch ont expliqué qu’ils vivaient dans la peur de la prochaine attaque de la LRA. Plus de 400 000 personnes sont toujours déplacées du fait des attaques de la LRA, dont au moins 2 000 personnes récemment déplacées en 2012. De nombreux civils ont indiqué à Human Rights Watch qu’ils ont désespérément besoin de protection.

Dans la région voisine de Ngouyo, un village à 30 kilomètres au sud de Djema, la LRA a mené 12 attaques au cours des deux dernières années, y compris deux attaques en décembre 2011 et trois en mars 2012. Seuls deux soldats des forces armées de la RCA sont basés à Ngouyo. Depuis les attaques de décembre, l’armée ougandaise a déployé des soldats à Ngouyo, mais les villageois ont peur de quitter le village et craignent le possible départ prochain des soldats ougandais, qui les laisserait à la merci de la LRA.
« Il est très difficile pour nous de cultiver nos terres et maintenant les villageois souffrent de la faim », a expliqué un dirigeant local de Ngouyo à Human Rights Watch. « Depuis que les attaques ont commencé, nous nous rendons dans nos champs uniquement en groupes et seulement dans les fermes à moins de cinq kilomètres du centre du village. Mais depuis les récentes attaques dans la région, personne n’a quitté le village pour aller dans les champs depuis deux semaines. »
Il n’y a pas de réseau téléphonique à Ngouyo ni de communication par radio. Les villageois n’ont donc aucun moyen de signaler les attaques de la LRA.
Le 8 mars, des soldats soupçonnés d’appartenir à la LRA ont attaqué un groupe de sept personnes de Ngouyo qui était en train de pêcher dans la rivière Ouara, à environ 15 kilomètres au nord du village. Une femme âgée, mère de 10 enfants, qui a été témoin de l’attaque a décrit à Human Rights Watch ce qu’il s’est passé : « Ils ont dit à mon fils de s’allonger sur le sol, ils lui ont lié les mains derrière le dos. Ils ont pillé tous nos biens et sont partis avec mon fils et les biens volés. Lorsque j’ai crié pour protester, ils m’ont frappée au bras avec une baïonnette et m’ont dit de ne pas les suivre. » Son fils, âgé de 29 ans, est toujours porté disparu.
Human Rights Watch a documenté d’autres attaques dans la région qui ont peut-être été menées par la LRA, notamment le massacre de 13 chercheurs d’or artisanaux dans la zone du camp Cawa Safari autour du 20 mars. Des recherches plus approfondies sont nécessaires pour déterminer si l’attaque a été réalisée par la LRA ou par d’autres acteurs, bien que le massacre présente des similitudes avec les précédentes attaques de la LRA en RD Congo. Les victimes ont été battues à mort avec des machettes et des bouts de bois. Certaines ont été attachées ou déshabillées avant d’être tuées. La LRA est le seul groupe armé soupçonné d’avoir été actif dans la zone du camp dernièrement. Les autorités judiciaires de la République centrafricaine enquêtent actuellement sur le massacre.

Localisations des dirigeants de la LRA
Joseph Kony, le dirigeant de la LRA, est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis entre 2002 et 2004 en Ouganda. L’armée ougandaise a indiqué qu’elle suspecte Joseph Kony de se cacher dans la région du Darfour au Soudan avec environ 100 à 150 combattants, des membres de sa famille, ainsi que des enfants et adultes que la LRA a enlevés. Deux autres dirigeants de la LRA également visés par des mandats d’arrêt de la CPI, Dominic Ongwen et Okot Odhiambo, se cacheraient, selon l’armée ougandaise, dans des forêts reculées, autour des rivières Vovodo et Chinko en RCA avec environ 100 combattants divisés en petits groupes. Joseph Kony et les autres dirigeants de la LRA détiennent par la force un nombre inconnu d’enfants et d’adultes enlevés.
Le colonel Binansio Okumu (également connu sous le nom de Binany) et un autre commandant de la LRA connu sous le nom d’Obol sont soupçonnés d’être en RD Congo, vraisemblablement près du Parc national de la Garamba, où la LRA était auparavant basée. Ces commandants sont responsables du
massacre de Makombo en décembre 2009, qui a fait 345 victimes et plus de 250 captifs.
« Aucun gouvernement ne doit offrir un refuge sûr ni apporter une aide à Joseph Kony ou aux autres dirigeants de la LRA recherchés pour atrocités de masse », a déclaré Anneke Van Woudenberg. « Si Joseph Kony se trouve au Darfour, le gouvernement soudanais doit s’allier aux efforts régionaux pour l’appréhender et le transférer à La Haye. »
Dans les récents mois, la LRA a principalement opéré par petits groupes, menant des raids dans les champs et enlevant des civils pour transporter les biens volés. Certains des captifs qui ont réussi à s’échapper ont raconté à Human Rights Watch que Joseph Kony et les autres hauts dirigeants de la LRA ont peut-être ordonné à leurs combattants d’éviter les massacres à grande échelle afin de ne pas révéler leur localisation aux forces armées qui les poursuivent.
Human Rights Watch a recueilli le témoignage d’une jeune femme de 19 ans du sud-est de la RCA, qui a passé plus d’un an avec la LRA avant de s’échapper en janvier. Elle a expliqué que la stratégie actuelle de la LRA vise à piller lorsque des approvisionnements sont nécessaires, mais à ne pas tuer puisque la LRA subit la pression constante de l’armée ougandaise et que ses dirigeants ne veulent pas révéler la localisation des groupes.
Mais la violence de la LRA à l’encontre des personnes enlevées n’a pas cessé, a déclaré Human Rights Watch. « Dès que j’ai été capturée, la LRA nous a appris sa langue, l’acholi, et nous a exposé ses règles », a raconté la jeune femme à Human Rights Watch. « Nous devions nous laver trois fois par jour, bien préparer des repas pour les combattants, laver leurs vêtements, et en cas de tentative d’évasion, nous serions tués. Deux personnes qui ont été enlevées à Agoumar ont tenté de s’échapper et la LRA nous a forcés, nous les autres enfants, à les battre à mort avec des bâtons lourds. Les combattants de la LRA nous ont traités de manière horrible. Si nous commettions une erreur, ils nous frappaient violemment et nous risquions même d’être tués. C’est pourquoi je devais m’échapper. J’ai réussi à m’enfuir alors qu’ils m’avaient envoyée chercher de l’eau. »
D’autres groupes armés, des gardiens de troupeaux armés et des bandits opèrent aussi dans cette région de la RCA, ce qui accroît l’insécurité dans la région et ne permet pas toujours aux résidents d’identifier les auteurs des attaques. Par exemple, depuis le début de l’année 2012, le Front populaire pour le redressement (FPR), un groupe rebelle tchadien dirigé par Baba Laddé et précédemment basé dans le nord de la RCA, s’est déplacé vers le sud, d’après les rapports des autorités militaires en RCA, vers des zones dans lesquelles la LRA mène également des opérations.
Manque de protection des civils
Les forces armées de la région et les Nations Unies ont adopté quelques mesures pour protéger les civils qui vivent dans les zones d’action de la LRA, principalement en RCA. Seule une centaine de soldats de la RCA est déployée dans la vaste région orientale. Dans de nombreuses villes, il n’y a que deux à cinq soldats peu équipés avec des moyens de transport et de communication limités. Dans certains villages et villes, aucun soldat n’est présent.
L’armée ougandaise compte environ 600 à 800 soldats déployés en RCA dans le cadre d’une opération commune contre la LRA, mais peu d’entre eux sont déployés dans les zones peuplées pour protéger les civils et, au lieu de cela, ils s’attachent à suivre la trace des dirigeants de la LRA. À la fin de l’année 2011, les États-Unis ont déployé 100 agents des forces spéciales dans la région affectée par la LRA en tant que conseillers militaires auprès des forces armées menant des opérations contre la LRA. En RCA, ces conseillers sont basés à Djema et à Obo. Le déploiement américain a aidé à améliorer les relations entre les civils et les militaires, la coordination entre les armées des différents pays et le comportement des soldats ougandais, qui ont été précédemment accusés d’inconduite en état d’ébriété et de quelques cas d’agressions sexuelles. Les officiers de l’armée ougandaise ont indiqué à Human Rights Watch que les renseignements collectés récemment à partir de la surveillance aérienne américaine ont aussi permis de déployer les troupes plus précisément dans les zones de présence de la LRA, et que ces renseignements sont désormais partagés avec les Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) de manière plus efficace.

L’impact des conseillers militaires américains sur la protection des civils a cependant été limité par l’absence d’autorisation du ministère américain de la Défense de quitter les villes où ils sont déployés pour évaluer l’impact des attaques de la LRA sur les communautés, faciliter l’assistance humanitaire, élargir les activités de démobilisation et accompagner les forces régionales en patrouille.

Human Rights Watch a appelé les conseillers américains à développer, dans le cadre de la planification militaire commune, des mesures concrètes pour protéger les civils contre les attaques en représailles de la LRA. « Malgré la présence d’armées étrangères en République centrafricaine et des propres forces de sécurité de ce pays, il est choquant de voir que les civils de la RCA ne bénéficient que d’une protection limitée contre les attaques brutales de la LRA », a déclaré Anneke Van Woudenberg. « Il est urgent de remédier à ce manque de protection et d’appréhender les dirigeants de la LRA sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI pour mettre un terme aux abus de la LRA. »
Les Nations Unies mènent une mission de consolidation de la paix en RCA, connue sous le nom de BINUCA, qui a été mandatée par le Conseil de sécurité des Nations Unies en décembre pour établir des rapports sur les attaques de la LRA et soutenir les activités de démobilisation et de désarmement des combattants de la LRA. Mais aucun personnel du BINUCA n’a été déployé dans les zones affectées par la LRA jusqu’à présent.
En mars, l’Union africaine a annoncé une initiative de coopération régionale pour renforcer les efforts de lutte contre la LRA, y compris le déploiement d’une force d’intervention régionale (Regional Task Force, RTF) de 5 000 personnes, regroupant des soldats de l’Ouganda, de la RD Congo, de la RCA et du Soudan du Sud qui sont, pour la plupart, déjà déployés dans la région. L’Union européenne et les autres donateurs ont indiqué qu’ils soutiendraient cette initiative.

On ne sait pas encore clairement comment les forces militaires actuelles menant des opérations contre la LRA passeront le relais à une nouvelle structure de commandement commune, ni si cette structure aura la capacité de déployer les troupes nécessaires pour protéger les civils de manière appropriée. Même si des efforts ont été réalisés pour améliorer la coordination et le partage d’informations entre les forces armées, ils sont loin d’être adaptés, notamment en ce qui concerne l’organisation de la protection des civils. Les tensions entre les armées congolaise et ougandaise ont entravé les opérations. À la fin de l’année 2011, avant les élections nationales en RD Congo, le gouvernement congolais avait ordonné à tous les soldats ougandais de quitter ce pays. Ils n’ont toujours pas eu l’autorisation d’y retourner.
Human Rights Watch a également appelé l’UA et ses partenaires à améliorer les infrastructures de communication et de transport, et à accroître les efforts de démobilisation des combattants de la LRA, notamment en RCA. « Ce sont les civils qui paient le prix lorsque les gouvernements de la région ne sont pas capables de résoudre leurs différends ou de coordonner leurs efforts », a expliqué Anneke Van Woudenberg. « Les promesses de l’UA et de l’ONU d’aider à coordonner et renforcer ces efforts doivent se concrétiser sans plus attendre. »

vendredi 20 avril 2012

Une réunion de haut niveau sur le SIDA conclut que «La clé pour l'arrêt de la transmission du VIH de la mère à l'enfant sont les innovations"


WASHINGTON DC / KINSHASA, 20 Avril, 2012 - Les experts du VIH, les chefs d'entreprises, les organismes d'aide au développement et les ambassadeurs des 22 pays de priorité, car abritant 90 % des nouvelles infections au VIH chez les enfants, sont convenus aujourd'hui que le moyen le plus sûr pour enrayer la propagation du virus mortel de la mère à l'enfant étaient les innovations stratégiques.
La Réunion de haut niveau sur l'innovation pour l'élimination de la transmission mère-enfant (PTME) du VIH vient en amont de la XIXe Conférence internationale sur le SIDA prévue en juillet de cette année, et dans le contexte des réductions dramatiques des nouvelles infections au VIH chez les enfants.
Globalement, les nouvelles infections ont chuté de 550.000 en 2001 à 390.000 en 2010. Près de la moitié des femmes enceintes vivant avec le VIH à travers le monde reçoivent maintenant des traitements antirétroviraux (ARV) pour prévenir la transmission du virus à leurs enfants à naître.
S'exprimant lors de la réunion, le Directeur de l'UNICEF, Anthony Lake, a déclaré que plus encore doit être fait. "Les coûts de la prévention sont relativement faibles, et les coûts de l'inaction sont infiniment élevés," a déclaré Lake. "Pour parvenir à une génération sans SIDA, nous devons atteindre chaque enfant et chaque mère."
Le taux de la transmission mère-enfant du VIH - qui se produit quand une femme passe le virus à son bébé pendant la grossesse, pendant l'accouchement ou l'allaitement - est progressivement réduit en raison des approches novatrices dans un pays après l’autre. Dans ses remarques, Dr Paul De Lay, Directeur Exécutif adjoint du Programme commun des Nations Unies sur le VIH / SIDA (ONUSIDA), a souligné les réussites obtenues à ce jour pour inverser la propagation de l'épidémie, tout en déclarant que la lutte n'est pas terminée.
"Les nouvelles infections au VIH chez les enfants ont été réduites de 30 % depuis 2002 et nous pensons que d'ici à 2015 tous les enfants peuvent être nés libres du VIH," a déclaré De Lay. "Ce nouveau plan mondial est réaliste, il est réalisable et il est promu par les pays les plus touchés."
La réunion a présenté plusieurs approches novatrices, y compris le projet ‘Mwana’ en Zambie, une collaboration entre le Ministère de la Santé, l'UNICEF et d'autres partenaires, utilisant les technologies mobiles pour réduire de moitié le temps nécessaire pour recevoir les résultats du test VIH.
Dans les 22 pays prioritaires, le nombre de mères et de bébés qui reçoivent un traitement ARV est en croissance constante. Toutefois, des obstacles tels que la stigmatisation et la distance géographique continuent d'empêcher beaucoup de personnes à accéder aux tests et au traitement nécessaire.
En République Démocratique du Congo (RDC), seulement huit pourcent des enfants de moins de 15 ans affectés par le VIH avaient accès au traitement antirétroviral en 2010. Moins d'un tiers des femmes enceintes ont accès au dépistage du VIH et seulement un pourcent des femmes enceintes vivant avec le VIH ont reçu des antirétroviraux pour la PTME en 2010. Le manque de fonds pour des services de VIH à grande échelle et les grandes distances géographiques de ce pays, qui abrite près de 80 millions d'habitants répartis sur plus de 2,3 millions de kilomètres carrés, sont les principaux obstacles à surmonter. Avec l’ajournement des fonds pour la RDC attendus du Fonds Mondial, cette situation dramatique risque de se détériorer davantage - mettant en danger en premier lieu les plus vulnérables, les femmes enceintes et leurs enfants à naître.
Parmi les participants de la Réunion de haut niveau étaient présents les représentants de l'ONUSIDA et du PEPFAR, le Plan d'Urgence du Président Américain pour la Lutte contre le SIDA, qui, ensemble, co-président le Groupe Directeur Mondial sur la PTME. Outre Anthony Lake de l’UNICEF, d'autres chefs d'agences de l'équipe inter agence des Nations Unies pour l'élimination de la transmission mère-enfant étaient également présents, ainsi que les membres du Conseil de Business Leadership pour une génération Née libre du HIV [Born HIV Free (BLC)], un organisme privé créé afin de soutenir le "Plan d'action mondial de l’ONUSIDA pour l'élimination de nouvelles infections à VIH chez les enfants d'ici à 2015".
John Megrue s'exprimant au nom de la BLC a noté: "Le BLC est impatient de faire en sorte que le secteur privé puisse contribuer de manière nouvelle et innovante." La réunion d’avril doit être suivie par un forum sur le leadership sur "l'innovation pour l'élimination de la transmission mère-enfant" le 22 Juillet à Washington DC, qui présentera des technologies et des approches des différents pays pour accélérer les résultats, en particulier dans les communautés les plus défavorisées.
Il est connu que le savoir-faire existe. Le défi consiste à le rendre accessible dans tous les pays. La réunion de haut niveau s’est clôturée avec un accord visant à promouvoir le partage d'expériences entre les pays afin de mettre à l’échelle les innovations.
Charles Lyons, président et chef de la direction d'Elizabeth Glaser Pédiatrique AIDS Fondation, a déclaré: "Avec un leadership au niveau des pays, une priorisation politique et des ressources dédiées, et dévouées, nous pouvons faire avancer la poussée vers l'élimination des nouveaux cas de VIH et du SIDA pour nos enfants."
À propos de l’UNICEF
L'UNICEF intervient dans 190 pays et territoires pour aider les enfants à survivre et à s'épanouir, de leur plus jeune âge jusqu'à la fin de l'adolescence. Premier fournisseur mondial de vaccins aux pays en développement, l'UNICEF soutient la santé et la nutrition des enfants, l'accès à de l'eau potable et à des moyens d'assainissement, une éducation de base de qualité pour tous les garçons et toutes les filles et la protection des enfants contre la violence, l'exploitation sous toutes ses formes et le SIDA. L'UNICEF est entièrement financé par des contributions volontaires de particuliers, d'entreprises, de fondations et de gouvernements.