APO

dimanche 6 décembre 2020

Tshisekedi à la Nation : « J’ai décidé de nommer un INFORMATEUR, conformément aux dispositions de l’article 78, alinéa 2, de la Constitution »

DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT, A L’ISSUE DES CONSULTATIONS PRESIDENTIELLES DE NOVEMBRE 2020

 

Congolaises, Congolais, mes Très Chers Compatriotes,

Comme je vous l’ai promis le 23 octobre dernier, Me voici devant vous pour vous rendre compte du résultat des consultations que j’ai engagées depuis le 2 novembre dernier, ainsi que des décisions qui en découlent.

Près de trois semaines durant, avec les représentants des différentes forces politiques et sociales du pays, j’ai eu le privilège d’aborder les sujets les plus préoccupants pour l’avenir de notre pays. J’ai recueilli des mémorandums, cahiers de charges, notes, projets et autres courriers aussi bien individuels que collectifs.

J’ai été impressionné par la clarté des analyses et recommandations de mes différents interlocuteurs.

Une fois de plus, j’ai ressenti l’immense douleur, doublée de révolte, de mes compatriotes face à la situation d’instabilité et de guerre larvée qui perdure dans une partie du pays ; j’ai été anéanti par les témoignages renouvelés des victimes d’atrocités ; j’ai mesuré la soif, exprimée par tous, d’une démocratie exemplaire et d’un véritable État de droit; j’ai compris que notre peuple et la majorité de ses élites, ne supportent plus d’être pris en otage par le cancer de la corruption, des traitements discriminatoires, des discours creux et démagogiques ; J’ai ressenti la lassitude de nombre d’entre vous, toujours plus impatients de voir des résultats concrets sur le front socioéconomique changer leur quotidien et celui de leurs enfants. J’ai pris bonne note des attentes précises de chaque catégorie consultée, ainsi que celles spécifiques aux différentes provinces.

J’ai aussi été marqué par votre reconnaissance des efforts consentis pour trouver des solutions aux multiples problèmes auxquels nous faisons face. J’en suis d’ailleurs ragaillardi.

À tous ceux que j’ai eu l’honneur de rencontrer, j’adresse mes remerciements les plus patriotiques. Je remercie également chacun d’entre vous qui n’avez pas pu participer directement à ces consultations, mais qui avez manifesté un grand enthousiasme pour cet exercice démocratique.

Je suis très fier de constater que les uns et les autres partagent largement avec moi les mêmes aspirations pour notre pays ; tous veulent voir émerger un Congolais nouveau pour un Congo debout, entamant résolument sa marche vers le progrès.

Mes chers compatriotes,

La responsabilité qui est la mienne est de rassembler tous les Congolais et de les faire progresser. Le devoir constitutionnel qui m’incombe est celui d’être le garant de la Nation et d’assurer le bon fonctionnement des institutions de la République.

Nous traversons en cette période un tournant décisif de notre construction démocratique. Ce moment nous confère un devoir collectif ; celui du sursaut ! Un vrai sursaut démocratique, que nous devons porter partout sur notre territoire, pour anéantir les desseins des cyniques, pour réveiller les somnambules, et pour barrer le passage à celles et ceux qui portent la haine et la honte dans notre pays. Je veux le faire avec vous, autour de valeurs, de principes et d’actions. Actions pour le redressement moral de notre Nation, pour sa réhabilitation sécuritaire, économique et sociale. Pour atteindre chaque Congolais dans son vécu quotidien, et que, in fine, personne ne soit laissé pour compte.

Mes chers compatriotes,

Je vous ai consulté et vous m’avez parlé.

De tout ce qui m’a été rapporté, individuellement ou collectivement, il se dégage une large convergence des vues au niveau national sur les questions essentielles.

Vous m’avez parlé de la paix et de la sécurité, j’ai retenu comme propositions :

-        Etablir une administration appropriée dans les zones en proie à l’instabilité et aux conflits (Cas de Beni et Butembo notamment) ;

-        Impliquer davantage les communautés des zones affectées dans les processus de pacification ;

-        Proscrire strictement l’incorporation des rebelles au sein de l’armée régulière ;

-        Appliquer rigoureusement les dispositions pénales contre le viol ;

-        Lancer dans les meilleurs délais la campagne tolérance zéro contre les violences basées sur le genre ;

-        Consacrer plus de ressources à la prise en charge des victimes d’atrocités ;

-        Exercer notre devoir de mémoire par des symboles, actes et initiatives pérennes, afin que de telles calamités ne se reproduisent plus ;

-        Recourir aux instruments de justice transitionnelle pour bâtir le chemin de la réconciliation et de la paix ;

-        Obtenir de la communauté internationale et des Nations unies en particulier, le soutien à l’initiative visant l’établissement d’un tribunal pénal international et de chambres spécialisées mixtes en RDC ;

-        Poursuivre la réforme de l’armée, de la police et des services spécialisés ;

-        Obtenir la levée de l’embargo contre la RDC en matière d’achat d’armes et autres équipements militaires ;

-        Revoir les lois qui tendent à protéger tous ceux qui ont commis des crimes graves se rapportant aux droits de l’homme et autres crimes économiques ;

-        Accroitre les programmes de stabilisation visant l’orientation des démobilisés vers des activités économiques et d’intérêt public, loin du métier des armes ;

-        Réorganiser les marchés locaux des minerais afin de réduire le lien entre conflits armés et exploitation minière ;

-        Elaborer et mettre en œuvre un plan de rapatriement urgent des Mbororo dans leur pays d’origine ;

Sur le renforcement de la démocratie et l’État de droit, j’ai noté qu’il faut :

-        Mettre fin à l’Accord de coalition CACH-FCC, considéré comme la raison principale à la base du blocage actuel ;

-        Assurer et pérenniser l’alternance démocratique au sommet de l’Etat ;

-        Opérer, sur la base d’un large consensus, des réformes constitutionnelles portant sur le mode de scrutin ou le seuil minimum aux élections législatives nationales, la rétrocession aux provinces afin de rendre effective la décentralisation, la loi sur la nationalité afin de permettre aux nombreux concitoyens de la diaspora de conserver, selon le cas, la nationalité congolaise d’origine ;

-        Ouvrir un débat en vue de la réintroduction de l’élection présidentielle au suffrage universel direct à la majorité absolue (2 tours) et, le cas échéant, verrouiller ces dispositions dans une révision constitutionnelle ;

-        Réhabiliter les partis politiques dans leur rôle de principaux moteurs de la démocratie et acteurs de la vie parlementaire, en lieu et place des regroupements politiques, conformément à l’esprit et à lettre de la Constitution, notamment son article 6 ;

-        Réduire la taille du gouvernement ;

-        Accorder à chaque groupe parlementaire constitué au sein des 2 chambres, des plages horaires gratuites et équitables au sein de la chaine de télévision publique parlementaire, pour y défendre ses opinions, idées ou activités ;

-        En 2023, organiser les premières élections locales en même temps que les élections nationales ;

-        Changer le mode de scrutin des Gouverneurs de provinces et des Sénateurs ;

-        Accélérer la désignation du porte-parole de l’opposition ;

-        Supprimer le Ministère de la Décentralisation et réintégrer sa fonction au sein du Ministère de l’Intérieur ;

-        Dépolitiser l’Administration du territoire en privilégiant les critères d’ancienneté et de compétence dans les nominations des administrateurs des territoires, ainsi que la promotion des non originaires ;

-        Procéder à l’identification des citoyens congolais et étrangers résidents, et délivrer les nouvelles cartes d’identité sécurisées avant fin 2022 ;

-        Assurer le vote pour les congolais de l’étranger aux prochaines élections nationales ;

-        Créer des sièges pour les congolais de l’étranger à l’Assemblée nationale ;

Pour organiser des élections crédibles dans le délai constitutionnel, vous avez souligné l’urgence de :

-        Réaliser le recensement de la population dans des délais raisonnables ;

-        Réformer la loi électorale et la CENI avant la désignation de ses membres ;

-        Constituer des provisions budgétaires annuelles pour le financement de la CENI.

Sur l’indépendance et la bonne administration de la justice, vous avez relevé qu’il faut :

-        Mettre en place un programme de recrutement de nouveaux magistrats et de formation continue intensive pour les magistrats en fonction ;

-        Améliorer les conditions de vie et de travail des magistrats et sanctionner sévèrement les magistrats qui abuseraient de leur position ;

-        Renforcer le respect de la loi, intensifier la lutte contre la corruption et autres antivaleurs, ainsi que la lutte contre la criminalité économique, notamment par la création d’un parquet financier ;

-        Protéger, par une loi, les lanceurs d’alerte, en vue de juguler l’enrichissement sans cause ;

-        Procéder à la mise en place des responsables de la Cour des comptes et à la prestation de serment de ses magistrats ;

-        Initier et poursuivre les enquêtes judiciaires sur différents dossiers.

Parlant de l’amélioration des finances publiques et du climat des affaires, vous avez suggéré qu’il faut :

-        Intensifier les efforts visant une meilleure cohérence fiscale et traquer tous les abus préjudiciables à l’efficacité et au climat des affaires ;

-        Mettre fin à l’impunité et renforcer la législation pénale afin que tout détournement en bande organisée de la paie des fonctionnaires, civils ou militaires, soit assimilé à un acte de haute trahison et sévèrement puni ;

-        Réduire le nombre et le volume de nos représentations diplomatiques à l’étranger et les renforcer en capacités humaines en matière de coopération économique et partenariats.

-        Réduire le train de vie des institutions politiques et interdire strictement toute augmentation des salaires en leur sein, jusqu’à la réalisation intégrale du Contrat social de l’innovation, dit Accord de Mbudi, qui tarde à se matérialiser depuis sa signature en 2004 ;

-        Mettre en place un système de déclaration annuelle d’impôts pour les personnes physiques ;

-        Réformer les lois et règlements sur les exonérations et les compensations fiscales et parafiscales ;

-        Opérationnaliser effectivement l’identifiant fiscal unique pour les personnes physiques et morales ;

-        Renforcer la synergie entre les régies financières, et accroitre le recours à la digitalisation, en vue de mieux maitriser la base fiscale et mieux combattre la fraude ;

-        Sécuriser les contrats et le droit de propriété, en particulier en ce qui concerne les titres fonciers et immobiliers ;

-        Combattre l’évasion des primes d’assurance et instaurer un système de pénalités dissuasif ;

-        Renforcer le contrôle des structures des prix des produits de base et sanctionner toutes les formes d’abus conduisant à des hausses injustifiées des prix au consommateur ou un manque à gagner à l’État ;

-        Créer une véritable banque nationale de développement ;

-        Créer une banque agricole en vue de répondre aux besoins spécifiques de financement de ce secteur ;

-        Créer une banque de l’habitat en vue de promouvoir le crédit hypothécaire en RDC ;

-        Accélérer la mise en place de dispositifs de contrôle en vue de mettre fin au coulage des recettes à nos différentes frontières ;

-        Faire émerger au budget de l’État certaines catégories de recettes, notamment les bonus, réalisés par les entreprises étatiques ;

-        Poursuivre la politique de stabilité du cadre macroéconomique.

Pour mieux planifier notre développement et bâtir nos infrastructures, vous avez souligné la nécessité de :

-        Procéder sans délais à la revue du Plan National Stratégique de Développement (PNSD) afin de l’actualiser, le rendre plus centré, plus opérationnel et l’assortir d’une liste de projets et actions prioritaires ;

-        Doter chaque province d’un Plan de développement provincial cohérent, en phase avec les priorités nationales et assorti des capacités pour sa mise en œuvre ;

-        Réécrire la loi sur le petit commerce, afin de garantir l’exclusivité aux nationaux ;

-        Valoriser et protéger nos actifs miniers, grâce à un programme de certification minière, en vue de mieux soutenir le financement de nos infrastructures et la mise en valeur de notre économie ;

-        Construire davantage de logements sociaux ;

-        Renforcer les règles de construction et d’urbanisation ;

-        Renforcer la lutte anti érosions sur l’ensemble du territoire ;

-        Réformer la loi sur les marchés publics pour la rendre mieux adaptée aux contraintes et spécificités nationales et faciliter l’exécution rapide et fiable des projets ;

-        Finaliser le cadre légal de mise en œuvre des Partenariats Public Privé pour permettre l’accélération des réformes et des grands projets de développement du pays ;

-        Renforcer la culture et la pratique de l’évaluation à tous les niveaux, y compris pour les membres du gouvernement central, les gouvernements provinciaux et les mandataires publics ;

-        Fixer des objectifs précis de desserte des populations en eau potable, en énergie électrique, en infrastructures de transport, et en assurer un suivi rapproché au plus haut niveau du Gouvernement ;

-        Promouvoir l’écologie et la protection de l’environnement ; 

-        Organiser dans les tous prochains mois, dans un format à définir, une conférence des bailleurs de fonds publics et investisseurs privés, pour la mise en œuvre rapide et efficace des priorités nationales.

Afin de promouvoir l’émergence d’un congolais nouveau en investissant davantage dans le capital humain vous avez proposé de :

-        Concrétiser la promesse de la couverture santé universelle par sa mise en œuvre immédiate et progressive ;

-        Construire et réhabiliter les hôpitaux et les centres de santé ;

-        Financer les recherches médicales et médicinales, promouvoir l’industrie pharmaceutique locale et le recours aux médicaments génériques ;

-        Assurer un suivi plus rigoureux de la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire et la suppression de la prise en charge par les parents et en rendre régulièrement compte ; traquer et punir sévèrement tous les abus et actes de sabotage dans ce domaine ;

-        Combattre la corruption dans les écoles, instituts supérieurs et universités ;

-        Rendre efficace le cadre déontologique des enseignants ;

-        Améliorer la condition de l’enseignant ;

-        Promouvoir l’enseignement technique et professionnel par un dialogue renforcé et des actions concertées avec les acteurs du secteur privé et de la société civile ;

-        Redynamiser le système de gestion des bourses d’études nationales et internationales ;

-        Réviser les programmes scolaires de l’enseignement national ;

-        Promouvoir la culture, les arts et les sports comme vecteur de modélisation d’un homme congolais nouveau en investissant notamment dans les infrastructures et la réhabilitation de l’économie culturelle.

Pour donner de l’emploi et une vraie perspective de vie à la jeunesse, vous avez suggéré de :

-        Combattre l’exclusion, l’extrême pauvreté et la vulnérabilité partout où elles se manifestent, car les enfants et les jeunes en sont les principales victimes ;

-        Mettre en place, avec les autorités provinciales et locales, une véritable politique multidimensionnelle de lutte contre le désœuvrement des jeunes et le phénomène des enfants des rues ;

-        Mettre en place, conjointement avec le secteur privé, un programme visant la mise à niveau, la diversification et le développement de l’offre de formation professionnelle (y compris l’entrepreneuriat) sur toute l’étendue du territoire national ;

-        Accélérer la mise en place du Fonds de garantie pour les jeunes entrepreneurs ;

-        Garantir, par la loi, un quota de participation des jeunes entrepreneurs aux grands marchés publics ;

-        Adopter, sans délais, le projet de loi révisant la loi agricole de 2013 ;

-        Faciliter l’accès au foncier agricole pour les jeunes producteurs ruraux ;

-        Faciliter aux jeunes l’accès aux différentes formes de crédit à des conditions avantageuses.

Quant à la promotion des droits de la femme, vous avez insisté sur la nécessité de :

-        Renforcer les incitations en faveur d’une plus grande participation des femmes aux compétitions électorales ;

-        Veiller à une meilleure représentation des femmes au sein des instances dirigeantes des entreprises et institutions publiques ;

-        Promouvoir, par des initiatives spécifiques, l’entreprenariat des femmes.

Mes chers compatriotes,

L’engouement suscité par les consultations ayant dépassé toutes les prévisions, je ne saurai être exhaustif dans cette énumération. Qu’à cela ne tienne, toutes ces attentes, ces interrogations, ces inquiétudes, cette lassitude, cette colère exprimée, mais aussi les sujets de satisfaction, ont été pris en compte et ont fait l’objet de ma profonde réflexion. J’en ai retenu que d’une part, le Gouvernement de coalition institué au lendemain de l’alternance politique intervenue en janvier 2019 n’a pas permis de mettre en œuvre le programme pour lequel vous m’aviez porté à la magistrature suprême, et que d’autre part, il n'a pas été capable de répondre aux attentes et aux aspirations de notre peuple.

Vous avez un rôle immense pour aider à corriger les excès du passé, et veiller à ce que nous ayons un Congo plus efficace, plus démocratique. Nous y œuvrerons ensemble.

Aussi devons-nous cultiver chaque jour et à chaque instant le vivre ensemble sur des valeurs d’égalité de traitement entre les citoyens, d’équité et de solidarité dans le partage des richesses nationales, ainsi que de justice pour tous.

Nous devons également renforcer les piliers de la cohésion sociale et la législation, en réprimant plus sévèrement les actes et propos incitant à la haine tribale, aux discriminations en tout genre et au séparatisme.

Mes Très Chers Compatriotes,

Cela dit, vos contributions devront conduire ainsi à de profondes réformes.

La femme, la jeunesse et le monde de la culture doivent y jouer un rôle intense.

La culture et l’éducation, sont les piliers sur lesquels se construit le développement et le progrès, la création et l’innovation.

L’implication et la responsabilité des femmes dans ce combat vaut son pesant d'or. Ne dit-on pas que partout où l'homme a dégradé la femme, il s'est dégradé lui-même.

Nous avons à construire la société que notre jeunesse mérite.

Mes Très Chers Compatriotes,

Au-delà du large consensus sur les objectifs de la gouvernance ainsi plébiscités par les forces vives de la Nation et par de nombreux élus, ces consultations ont également mis en évidence, à une écrasante majorité, le rejet de la coalition entre le Front Commun pour le Congo et le Cap pour le Changement.

Cette triste conclusion intervient après deux années d’efforts inlassables pour préserver l’essentiel au sein de la coalition. Deux années de grâce qui n’auront malheureusement pas réussi à éviter une situation de crise persistante et de défiance inacceptable entre les institutions de la République dont je suis le seul garant.

Ba ndeko ba bolingo, bana mboka,

Lisanga ya bana Congo ekatisi ba mbula mpe makambo ebele. Lelo tokomi na tango ya mbela !

Bitumba oyo ezali ya ko bimisa ekolo na biso na bowumbu ya bobola na ya bozangi, ya bokabuani, bitumba na liwa oyo toyebela tina te, bitumba ya moyibi, ya kaniaka na nkita na biso.

Na sengi na bino banso tosangana mpo to bimisa mboka ya ba koko na biso na etumbu oyo.

Mes Très Chers Compatriotes,

Ceci n'est pas seulement un discours, c'est un appel à la mobilisation générale face à la dégradation de la situation de notre pays, voulue et orchestrée par les fossoyeurs de la République.

Mes Très Chers Compatriotes,

Comme j’ai eu à vous le dire le 23 octobre dernier, nous n’avons pas le droit de prendre en otage le devenir de notre Nation à cause de querelles politiciennes et de repositionnement. Je ne peux en conséquence me résoudre à demeurer dans le statu quo et l’immobilisme. Le temps n’est plus propice aux atermoiements, ni aux discussions stériles, ni encore aux intérêts partisans. Les replis tactiques et les combats d’arrière-garde n’ont plus aucun sens. Ce moment historique nous impose de prendre nos responsabilités, en vue d’instaurer un État de droit et de démocratie conformément à la mission que vous m’avez confiée, et dont je mesure la grandeur.

C’est pourquoi j’ai décidé de faire porter le grand projet de refondation du pays par l’ensemble des forces vives politiques et sociales que compte notre pays, au sein d’une Union Sacrée de la Nation.

Par Union Sacrée, j’entends une nouvelle conception de la gouvernance basée sur les résultats dans l’intérêt supérieur de la Nation. Il s’agit d’adhérer aux valeurs, principes et cadre programmatique dont je viens de fixer ici les grandes lignes.

Ainsi pour rendre effectives et concrétiser les réformes envisagées, la majorité parlementaire actuelle s’étant effritée, une nouvelle majorité est nécessaire.

En conséquence, j’ai décidé de nommer un INFORMATEUR, conformément aux dispositions de l’article 78, alinéa 2, de la Constitution. Il sera chargé d’identifier une nouvelle coalition réunissant la majorité absolue des membres au sein de l’Assemblée Nationale.

C’est avec cette nouvelle coalition que le Gouvernement qui sera mis en place au plus vite, conduira son action durant le reste du quinquennat, suivant Ma vision, dans le but de répondre aux aspirations du peuple.

Au cas contraire, fort de ce que les raisons de dissolution sont réunies en ce qu’il existe effectivement une crise persistante cristallisée notamment par le refus du parlement de soutenir certaines initiatives du Gouvernement comme ce fut le cas lors de la prestation du serment des membres de la Cour Constitutionnelle, j’userai des prérogatives constitutionnelles qui me sont reconnues, pour revenir vers vous, peuple souverain, et vous demander une majorité.

Mes Très Chers Compatriotes ;

Forces vives de la nation ;

Députés nationaux et Sénateurs,

Le moment est ainsi venu de réunir toutes les bonnes volontés pour donner un nouvel élan à notre destin national dans l’union sacrée de la nation, et que le Congo, notre cher et beau pays, dont le peuple est le bouclier et la force de dissuasion, cesse d’être un problème pour nous-mêmes et pour le monde.

Mes Très Chers Compatriotes,

Wandugu wapenzi musimame, kazi ya inchi ina anza !

Ba mpangi ya luzolo beno telama, kisalu me banda !

Bana betu basuibue jukayi, mudimu wa bangi !

Bandeko babolingo bana mboka bino banso botelema, mosala ebandi !

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo !

Je vous remercie.

Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO 

mercredi 21 octobre 2020

La VSV pour la révocation du Premier ministre pour son absence à la prestation de serment des juges de la Cour constitutionnelle

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) salue la prestation de serment de trois nouveaux membres de la Cour Constitutionnelle devant le Chef de l’Etat congolais. Elle demande par ailleurs au chef de l’Etat de révoquer le Premier ministre trop attaché aux mots d’ordre de sa famille politique (FCC) alors qu’il est appelé à collaborer étroitement avec le Président de la République.

« Cette prestation de serment permet à la Cour Constitutionnelle de disposer désormais du quorum nécessaire pour siéger valablement afin de remplir correctement sa mission », ajoute ce communiqué.

Cependant, malgré les controverses suscitées et entretenues par la plateforme politique Front Commun pour le Congo (FCC) de l’ancien Président Joseph KABILA autour des ordonnances nommant les trois nouveaux juges de la Cour Constitutionnelle, la VSV pense « qu’au nom de l’intérêt supérieur du pays, de la paix et de la cohésion nationale, rien ne pouvait justifier l’absence très remarquable des présidents de deux chambres du ainsi que du Premier ministre à cette cérémonie.

« Leur absence prouve à suffisance la crise permanente et ouverte entre les alliés au pouvoir qui ne jurent que par leurs propres intérêts en lieu et place de privilégier ceux de la population congolaise.

La VSV saisit cette occasion pour dénoncer avec la dernière énergie, « la poursuite de la prise en otage du pays par le FCC qui tient coûte que coûte à imposer dans tous les secteurs de la vie nationale, sa volonté politique sans tenir compte des aspirations profondes de la population congolaise ».

Ainsi, la VSV demande au chef de l’Etat de tirer toutes les conséquences de la crise politique susceptible de mettre en péril toute la République Démocratique du Congo et d’occasionner les violations massives des droits humains.  La VSV demande au Président de la République de « faire preuve de courage en mettant fin à la vraie fausse coalition politique FCC-CACH pour sauver le pays et de dissoudre l’Assemblée nationale qui est à la base de plusieurs crises politiques.

mercredi 14 octobre 2020

Le double enjeu de Minembwe

(Une chronique du Professeur Adolphe Voto)

L’installation de la commune rurale de Minembwe dans lag province du Sud-Kivu a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Chacun y est allé selon sa passion, selon ses intérêts. Des déclarations des acteurs sociaux et politiques ont fait couler de l’eau sur le pont au point qu’il y a lieu de se demander pourquoi ce projet de Minembwe suscite tant d'agitation.

Réagissant à tous ces discours, Me Azarias Ruberwa, même s’il soutient qu’il n’est pour rien dans l’installation contestée du bourgmestre,  répond dans un audio adressé au député provincial du Sud Kivu, le docteur Bulakari: ‘’Les Banyamulenge n’ont pas affiché un triomphalisme. Ils sont simplement courageux, vaillant et avec Dieu, avec la raison, avec la cause sublime, ils avancent avec l’histoire. Minembwe est devenu célèbre et il y a là une communauté qui est en train de subir un génocide et cela attire la communauté internationale. Et personne au monde ne peut et ne va empêcher la progression normale de Minembwe. On dit que Minembwe a englouti Baraka, Uvira , Sange,etc. Mais Minembwe avance, avec la prophétie, avec les prières, Minembwe avance. ‘’Cette déclaration de Me Ruberwa traduit en effet tout l’esprit qui motive le projet de Minembwe. 

L’installation du bourgmestre de la commune de Minembwe qui marque concrètement l’effectivité de cette commune rurale comporte deux enjeux majeurs : cet acte venait octroyer deux éléments essentiels au projet de la création d’un nouvel Etat dans les Grands Lacs et partant donner un fondement juridique à ce processus qui relevait jusque-là de la fiction. Il s’agit de la reconnaissance d’un territoire des  Banyamulenge et de la reconnaissance d’un pouvoir politique organisé sur les Banyamulenge qui se revendiquent cette commune. C’est en cela que Minembwe avance.

 

L’existence d’un Etat se définit par des éléments constitutifs qui sont au nombre de trois : une population, un territoire et un pouvoir politique organisé. A ces trois éléments fondamentaux, il faut en ajouter un quatrième: la reconnaissance internationale.

1. UNE POPULATION

La notion de la population ici rime avec celle d’une nation. Aussi cette population doit avoir quelque chose en commun dont elle se reconnait. Le projet de la création d’un Tutsiland dans les Grands Lacs qui n’est plus un secret rempli valablement cette condition. Les Banyamulenge, hier Banyarwanda,  constituent  une communauté identifiable et se considèrent comme des Congolais entièrement à part et non des congolais à part entière. Aussi se revendiquent-ils d’une minorité au sein de la population congolaise, alors que toutes les ethnies et tribus congolaises sont minoritaires. Cette façon de s'identifier inspirée de la situation des Tutsis minoritaires au Rwanda face aux Hutus majoritaires, ne tient pas debout au Congo constitué des plusieurs  peuples : les Bantous, les Soudanais, les Nilotiques et les Pygmées. S’il y a des peuples minoritaires au Congo et qu’il faut protéger pour craindre leur disparition, ce sont les Pygmées et non les Tutsis qui dépassent de loin  en nombre, plusieurs autres tribus du Congo. Mais les Banyamulenge préfèrent s’identifier non seulement  comme une communauté à part mais une communauté minoritaire pour attirer l’attention sur eux et pouvoir capitaliser cette position à des fins politiques.

2. UN TERRITOIRE

Avec la création de la commune rurale de Minembwe, la communauté Banyamulenge veut s’octroyer un territoire qu’il attend revendiquer comme terre d’origine. Et pour accréditer cette thèse, les Banyamulenge qui se disaient hier de la montagne de Mulenge (d'où le nom Banyamulenge), dans le territoire d’Uvira affirment aujourd’hui habiter Minembwe qui est dans le territoire de Fizi  depuis 400 ans. Alors que ni les archives coloniales, ni aucun historien n’accrédite cette thèse.  Le Rcd avait tenté  la création du  territoire de Minembwe pendant la rébellion en découpant d’autres territoires de la province et attiré par le fort potentiel en minerais du sous sol de  Minembwe, selon des prospections sérieuses. Mais  le gouvernement a rappelé  au Rcd en 2007 que cette démarche était illégale. Avec la création dans l’opacité et la ruse de la commune rurale de Minembwe, Me Ruberwa et Me Nyarugabo qui sont des juristes avertis, tiennent à ajouter une pièce importante du puzzle qui pourra aider à la revendication, non seulement d’une terre d’origine, mais d’un territoire propre aux Banyamulenge, un territoire où les Banyamulenge seront majoritaires et où les autres ethnies seront minoritaires. Parce que dans la configuration actuelle, les Banyamulenge sont minoritaires dans tous les territoires de la province et ne peuvent se revendiquer en propre  aucun territoire.

3. UN POUVOIR ORGANISE

Avec l’installation d’un bourgmestre, il s’organise désormais sur cette population identifiable comme une communauté à part, un pouvoir politique organisé et reconnu. Si pour tout autre commune de la République, un bourgmestre ne représente pas grande chose dans la structure de l’Etat, pour Minembwe, c’est un pas important par ce que, non seulement ce bourgmestre a un pouvoir reconnu par l’Etat congolais, c’est-à-dire qu’il pourra désormais poser des actes juridiques et administratifs.  Par exemple s’investir pour que, comme par le passé, des populations Tutsis préviennent des pays voisins pour s’installer à Minembwe, en leur octroyant les documents légaux, afin que la majorité des Banyamulenge sur ce territoire soit incontestable. Mais aussi en tant que représentant des Banyamulenge, reconnu par l’Etat congolais et par la communauté internationale, il peut légalement s’engager dans un processus d’autodétermination du peuple Banyamulenge sur le territoire de Minembwe qui constituera  un microcosme d’un Tutsiland dans les Grands Lacs.

4. LA RECONNAISSANCE INTERNATIONALE

A entendre Me Ruberwa, la reconnaissance internationale est déjà acquise avant même que Minembwe puisse s’autoproclamer Etat indépendant.  La recette qui a marché au Rwanda ne peut pas ne pas marcher au Congo. La rhétorique, c’est se réclamer minoritaire, c’est crier au génocide et en appeler à la communauté internationale qui ne voudra plus se culpabiliser d’un autre génocide des Tutsis au Congo après celui du Rwanda.  Ce n’est donc pas anodin que Ruberwa a associé à la cérémonie d’installation du bourgmestre de Minembwe une délégation des Nations Unies et des Etats Unis d’Amérique, pour qu’ils prennent acte de cette consécration.

Pourtant, plus de six millions des congolais sont morts depuis près d’un quart de siècle par une guerre leur imposée par les Banyamulenge. Malheureusement, à cause de la  faiblesse de la diplomatie du gouvernement congolais, les Banyamulenge sillonnent le monde entier avec le passeport congolais et ont investi le système des Nations Unies pour plaider en défaveur du Congo.

LA STRATEGIE DE LA GUERRE

Hier, la révolte des Banyamulenge qui a déclenché la guerre de l'Afdl, c’était pour revendiquer la nationalité. Aujourd’hui, c’est pour réclamer un territoire. La stratégie, c’est la guerre, et encore la guerre. Depuis 1996, les Banyamulenge ont entrainé le Congo dans un cycle de guerres interminables avec des leaders et des mouvements Banyamulenge qui se  succèdent : AFDL avec Deogras Bugera, Masasu Nindaga, sous le commandement de James Kabarebe et qui ont embarqué Laurent Désiré Kabila à la dernière minute.  Le CNDP avec Laurent Nkunda, Jules Mutebusi ainsi que  Bosco Ntagada et le M 23 avec Makenga Sultani. Ce que  tous ces chefs de guerre ont  en commun, ce qu’ils sont tous Banyamulenge, au départ, Rwandais et  soldats du Front Patriotiques Rwandais et par la suite, on ne sait par quelle magie, Congolais et membres du Rcd.  Leurs  expéditions militaires en République Démocratique du Congo ont permis aux Banyamulenge de déverser dans l’armée congolaise à la suite des négociations,  des miliciens Banyamulenge avec des grades d’officiers supérieurs et généraux au point que l’ethnie des Banyamulenge seule a au moins le tiers des officiers des FARDC occupant des postes stratégiques. Des officiers semi-lettrés et autoproclamés, qui n’ont été dans aucune école militaire et qui n’ont comme actif que d’avoir appris à tuer les Congolais. Pourtant, avec le régime de Mobutu où le service militaire était libre pour tous, aucun Munyamulenge n’était général dans l’armée. Aujourd’hui encore, le colonel Makanika qui a le même parcours que ses prédécesseurs a fait défection pour rejoindre les Ngumino, une autre rébellion Banyamulenge qui  se prépare à attaquer le Congo pour faire du chantage. Toujours le même scénario depuis plus de vingt ans : APR-RCD-FARDC-Rébellion-Exil. Résultat : des millions des congolais tués.

MENSONGES ET ILLUMINATIONS

La plupart de ces chefs des guerres se disent pasteurs. C’est le cas de Ruberwa et de Laurent Kunda qui fondent leur lutte sur des thèses métaphysiques.

La première thèse  est que les Banyamulenge, en tant que Tutsis se croient supérieurs aux Bantous. Se fondant sur les écris coloniaux de l’anthropologue belge, le Père Tempels au Rwanda qui affirmait la supériorité des Tutsis nilotiques qu’il décrit comme un peuple éveillé et entreprenant sur les Hutus bantous. Aussi, les Banyamulenge assimilent les Congolais qui sont pour la plupart des Bantous aux Hutus décrits par Tempels comme un peuple naïf et fainéant.

La deuxième thèse, ce que en tant que Tutsis, les Banyamulenge se disent appartenir à la descendance de Salomon et seraient en marche vers la terre promise qui serait le Congo, du moins sa partie orientale. D’où le projet de créer un empire Hima-Tutsi  dans l’Est du Congo, un nouveau pays  qui s’appellerait la  République de Volcan ou la République du Kivu où les Tutsis seraient majoritaires, se fondant faussement sur le texte biblique de Esaie 18.

Minembwe serait donc  le microcosme qui est appelé à se développer pour voir ce projet se réaliser. D’où l’affirmation de Ruberwa : Minembwe avance. C’est ce qui explique aussi le  triomphalisme et les festivités dans les milieux des Tutsis à travers le monde après l’installation du bourgmestre de Minembwe.

Mais tout ceci  est fondé sur une histoire falsifiée de toute pièce. Tout le monde sait qu’il existe qu’une seule terre promise pour les Juifs qui est la Palestine et que la nation d'Israël demande à tous les Juifs du monde de rentrer en Palestine pour reconstruire le Temple en attente du Messie. Si les Tutsis sont donc des enfants de Salomon, pourquoi ne rentrent-ils pas en Palestine comme les Falasha ? Pourquoi falsifient-ils l’histoire du Congo au lieu de s’intégrer simplement dans la communauté congolaise qui les a si bien accueilli? Malheureusement, les firmes internationales, avides de gain,  préfèrent composer avec les différentes rébellions Banyamulenge pour l’exploitation illégale des minerais du Congo et qui  continue à alimenter la guerre. Mais tant que l’armée congolaise sera aussi faible et infiltrée, ce cycle aura difficile à s’arrêter. 


Pas de levée de sanctions ciblées contre les hauts responsables congolais impliqués dans les violations graves des droits humains sans garantie de justice

122 Organisations de défense de droits de l'homme encouragent l’Union Européenne à maintenir les sanctions ciblées pour donner un espoir de justice aux victimes de la répression politique en RDC.

Elles encouragent à nouveau les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'Union Européenne, de soutenir le maintien des sanctions ciblées à l'encontre de 11 officiels congolais impliqués dans des violations graves des droits de l'homme, notamment celles liées au dernier processus électoral en République Démocratique du Congo.

Les victimes dont nous nous faisons le porte-parole n'ont pas oublié les nombreux abus graves qu'elles ont subis pendant les années de répression politique au cours desquelles ces hauts responsables étaient impliqués et pour lesquels elles attendent encore une justice qui tarde à venir malgré les promesses faites par les autorités en place, notent ces organisations des droits humains. Elles constatent que malgré la déclaration du Président Félix-Antoine Tshisekedi de faire de cette année 2020 une « année de l’action», rien n’est mis en œuvre pour obliger les personnes responsables à rendre des comptes pour les crimes du passé.  

A ce jour aucun des individus sanctionnés n'a fait l'objet d'une enquête judiciaire pour être entendu sur les faits qui leur sont imputés. Bien que la majorité de ces hauts responsables ciblés n’aient plus de fonction officielle, certains d’entre eux continuent à occuper des postes de responsabilité alors que d’autres ont été nommés – et même promus pour certains – à de nouvelles fonctions dans l’armée et dans l’administration au courant de cette année 2020. C’est le cas notamment du Général John Numbi qui a été relevé de ses fonctions mais demeure libre alors qu’impliqué dans plusieurs violations graves de droits de l’homme ainsi que le Général Gabriel Amisi qui a été quant à lui promu. Cette situation fait naître un doute dans le cœur des victimes de voir un jour leurs bourreaux répondre de leurs actes et fait dissiper un espoir d'une justice en leur faveur.

Comme vous pouvez le remarquer, la situation politique dans le pays demeure encore tendue. Les derniers développements politiques nous font croire que des manœuvres sont mises en place pour empêcher toute initiative pouvant conduire à une redevabilité des alliés, entres autres, au pouvoir du Président Tshisekedi pour les abus qu’ils ont commis.

Qu’ils soient encore en fonction ou passés dans l’ombre, les hauts responsables sanctionnés par l’Union Européenne demeurent influents sur la scène politique au sein du Front Commun pour le Congo, famille politique de l’ancien Président Joseph Kabila, malgré le changement survenu au sommet de l’Etat. A ce titre, leur capacité de nuisance reste indéniable. Ce camp politique qui semble préparer son retour au pouvoir a tenté de s'assurer un contrôle de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), l’organe organisateur des élections en RDC, par la nomination d'une personnalité qui est impliquée dans la fraude électorale décriée qui avait émaillé les élections de 2018.

Deux députés influents de cette même famille politique ont initié et déposé au bureau du parlement une proposition de réforme de la loi du secteur de la justice pour accorder au ministre de la justice – membre de leur camp politique- un contrôle sur les poursuites judiciaires lancées par les magistrats, ce qui mettrait en danger un système judiciaire déjà affaibli par un manque d’indépendance à cause de l’ingérence politique et de la corruption.

Les manifestations contre ces initiatives à travers certaines villes du pays ont été violemment réprimées par les forces de sécurité causant ainsi mort d’hommes à Kinshasa et Lubumbashi.   

Les sanctions ciblées restent un moyen dissuasif alors que beaucoup ont déjà les yeux rivés sur les prochaines élections et rappellent aux auteurs des crimes graves qu’il y a un prix à payer pour les actes dont ils se rendent coupables. Elles contribuent aussi à empêcher les personnalités ciblées de commettre de nouveaux abus et pour certains de s’effacer de la scène politique espérant la levée de ces sanctions.

Alors que le besoin d’une vraie justice vient d’être exprimé à nouveau par des milliers de congolais en marge de la célébration ce 1er octobre des dix ans du rapport Mapping - ce rapport des Nations Unies qui a décrit les violations les plus graves des droits humains et du droit international humanitaire commises en RD Congo entre mars 1993 et juin 2003, et qui peuvent être qualifiés de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre - lever les sanctions contre ne serait-ce qu’un seul de ces officiels, sans qu’ils n’aient répondu des allégations des crimes graves devant les juridictions compétentes serait un affront aux victimes. 

C’est pour ces raisons que nous invitons les gouvernements de l’Union Européenne à maintenir les sanctions ciblées contre toutes ces 11 hautes personnalités tant qu’il n’y aurait pas des progrès significatifs dans le processus de rétablissement de la justice à l’égard de toutes les victimes de la violente répression politique de ces dernières années et plus loin encore des crimes documentés dans le rapport mapping des Nations Unies.

Nous joignons notre voix à celle des milliers des Congolais qui demandent l’établissement d’un Tribunal pénal international pour la RD Congo ou des chambres spécialisées mixtes pour juger ces crimes car il ne peut y avoir de paix durable sans justice, comme le répète le prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege. 

samedi 3 octobre 2020

Le Coordonnateur du FCC invité de mettre fin à l’influence négative des ressortissants du Haut-Lomami appartenant au FCC

Sept organisations de défense des droits de l’homme basées dans le Haut-Lomami et la province du Lualaba, dénoncent la prise en otage du développement de la province du Haut-Lomami par un groupe de femmes et d'hommes politiques, appartenant au Front Commun pour le Congo et tous basés à Kinshasa. Il est regrettable que ces hommes et femmes politiques abusent de leurs positions au sein du FCC pour bloquer le développement et le bien-être de la Province du Haut-Lomami au nom de leurs intérêts personnels et égoïstes.

Les Organisations signataires du présent communiqué, constatent que ça fait déjà onze mois que le Gouverneur élu, a été illégalement mis à l’écart et se demandent comment peut-on expliquer que la province soit dirigée par des personnes sans légitimité ni redevabilité, pour autant qu’il s’agit d’une équipe dont l’animateur est le vice-gouverneur dont le tutélaire est mis à l’écart et d’une équipe dont les ministres appartiennent au gouvernement qui a déjà perdu le mandat.

Cette gestion innommée et illégale de la province est l’œuvre des femmes et des hommes politiques se trouvant à Kinshasa alors qu’il s’agit des filles et fils du Haut-Lomami dont le bagage intellectuel et politique devrait positivement bouster le développement rapide de la province. Les organisations signataires du présent communiqué, soulignent le fait que la province du Haut-Lomami prend trop de retards sur le train du développement alors que le découpage territorial intervenu en 2015, avait pour but d’impulser le développement à la base.

Par contre, le Haut-Lomami est victime d’un groupe de soi-disant hommes-forts, se trouvant à Kinshasa, lesquels ont choisi d’abuser de leur positionnements politiques pour leurs intérêts personnels au détriment de la bonne gouvernance et du bien-être de la population. Ainsi, les organisations signataires du présent communiqué, pensent que le comportement desdits politiciens constitue la cause de la misère du peuple, qui dénonce notamment le manque d’infrastructures de bases, l’absence des routes, le manque d’accès à l’eau potable et à l’énergie, le manque des moyens de transports et l’absence des répondants vis-à-vis des revendications populaires.

Pour ce faire, les organisations signataires du présent communiqué mettent en garde ces hommes et femmes qui bloquent la province et formulent des recommandations suivantes :

A son excellence Monsieur le Président de la République :

- De réhabiliter le gouverneur élu et mis à l’écart par un groupe de personnes manipulées à partir de Kinshasa ;

- D’encourager la réconciliation entre l’Assemblée Provinciale et le Gouvernement Provincial

A Monsieur le Coordonnateur National du FCC :

- De mettre fin à l’influence négative des hommes et filles forts tous ressortissants du Haut-Lomami et appartenant tous au FCC ;

- De rétablir l’harmonie entre l’Assemblée Provinciale et le Gouvernement Provincial ; - De sauver l’image du FCC qui est la seule force politique gérant la Province du Haut-Lomami.

A l’Honorable Président de l’Assemblée Provinciale du Haut-Lomami :

- D’inscrire à l’ordre du jour de la cession en cours, le rétablissement du gouverneur mis à l’écart ;

- De se réconcilier avec le Gouverneur élu et accepté par la population ;

- De se montrer attentif à la misère du peuple Aux Honorables députés provinciaux du Haut-Lomami :

- De faire inscrire à l’ordre du jour le rétablissement du Gouverneur élu et attendu par le peuple, souverain primaire ;

- D’adopter sans tarder le programme quinquennal du Gouverneur ;

- De servir les intérêts et attentes du peuple plutôt que d’obéir à l’influence négative des femmes et hommes forts basés à Kinshasa.

Au Gouverneur du Haut-Lomami

- De se réconcilier avec les autres institutions provinciales ;

- De présenter son programme de développement devant l’Assemblée provinciale.

A la population et à la société civile du Haut-Lomami :

 - De se prendre en charge et exiger le rétablissement du gouverneur élu ;

- De dénoncer l’influence négative de certains hommes et femmes politiques qui bloquent la province à partir de Kinshasa ;

- De rester vigilant et de multiplier les actions citoyennes,

- D’encourager le vivre commun et l’harmonie sociale.


mardi 29 septembre 2020

À l'occasion de Huawei Connet 2020, l’entreprise a lancé la plateforme d'AI ModelArts 3.0, ainsi qu'un ensemble de suites de développement destinées à une base croissante de quelques 1,8 million de développeurs. Pour aider à cultiver les talents pour l'industrie informatique. Huawei s'est associé à 72 universités pour assurer une base de futurs talents pour l'innovation informatique.

Lors de son discours, M. Zheng Yelai, Président de Huawei Cloud, rejoint par M. Deng Taihua, Président de la ligne de produits Huawei Computing, a présenté 20 développeurs qui font partie du programme Huawei Developer Program 2.0 pour l’année 2020. La plateforme a pour ambition de devenir l'un des principaux outils pour le développement d'applications. En effet, Huawei fournit aux développeurs les capacités nécessaires à la création d'applications en s'appuyant sur des technologies les plus poussées.

La clé du succès pour les développeurs est le déploiement rapide, la promotion et la monétisation des applications spécifiques aux différents contextes. Pour cela, Huawei propose deux grandes plateformes de distribution d'applications : Huawei Cloud Marketplace et Huawei AppGallery. Celles-ci permettront aux applications d'atteindre rapidement des clients et des utilisateurs potentiels dans le monde entier. Elles offrent de solides programmes de soutien aux entreprises.

M. Zheng Yelai a déclaré lors de l’événement : « Huawei Cloud s'engage à libérer la puissance de l'IA, des données et des applications pour créer la meilleure plateforme de l'industrie pour le développement d'applications. Cette solution permettra aux développeurs de travailler dans les meilleures conditions, et nous attendons avec impatience l'occasion de servir de partenaire de confiance pour les développeurs du monde entier. »

Dans l’objectif de continuer à innover, Huawei dévoile la carte mère Kunpeng 2.0 sous forme de carte de base + carte d'extension + BIOS/BMC. Ce nouveau modèle d'ouverture matérielle aide les partenaires à innover et à répondre à des exigences différenciées. Huawei souhaite également intensifier des efforts d'innovation en matière de logiciels à source ouverte en lançant la version OpenEuler 20.09 LTS qui combine une puissance de calcul diversifiée aux performances optimales, une sécurité et une fiabilité sans égales.

M. Deng Taihua a conclu son discours en soulignant : « Huawei continuera à travailler avec des partenaires et des développeurs pour faire progresser l'écosystème de l'industrie informatique. Nous souhaitons nous joindre à chaque développeur et ouvrir la voie, en favorisant ensemble un écosystème inclusif pour une informatique diversifiée. »

La culture des talents à l'ère numérique est basée sur des théories de base et doit tenir compte des dernières tendances technologiques et des exigences du marché de l'industrie. La culture des talents nécessite la collaboration de plusieurs parties pour créer un écosystème de talents de premier ordre, où chaque partie tire parti de ses avantages respectifs pour dynamiser l'éducation de base et promouvoir des pratiques spécifiques à l'industrie. Pour Huawei, le développement des talents a toujours été la priorité dans le développement de l'industrie informatique.

À propos de Huawei

Huawei est l'un des principaux fournisseurs mondiaux d'infrastructures et d'appareils intelligents dans le domaine des technologies de l'information et des communications (TIC). Avec des solutions intégrées dans quatre domaines clés - réseaux de télécommunications, IT, dispositifs intelligents et services Cloud - nous nous engageons à apporter le numérique à chaque personne, foyer et organisation pour un monde entièrement connecté et intelligent. Le portefeuille de produits, de solutions et de services de bout en bout de Huawei est à la fois compétitif et sécurisé. Grâce à une collaboration ouverte avec des partenaires de l'écosystème numérique, nous créons une valeur durable pour nos clients, en travaillant à responsabiliser les individus, à enrichir la vie familiale et à inspirer l'innovation dans les organisations de toutes tailles et de toutes formes. Chez Huawei, l'innovation se concentre sur les besoins des clients. Nous investissons massivement dans la recherche fondamentale, en nous concentrant sur les percées technologiques qui font avancer le monde. Nous comptons plus de 194 000 employés et nous sommes présents dans plus de 170 pays et régions. Fondée en 1987, Huawei est une société privée entièrement détenue par ses employés.

À propos de Huawei Connect 2020

Huawei Connect 2020 est un événement annuel phare organisé par Huawei pour l'industrie mondiale des TIC. Il se tiendra à Shanghai du 23 au 26 septembre2020. Huawei Connect est une plateforme ouverte conçue dans le but d'aider nos clients et partenaires à s'adapter à ces changements, à partager leur expérience et à travailler ensemble afin de créer une nouvelle valeur. Lors de l'événement de cette année, nous explorerons les tendances et les opportunités dans le domaine de la numérisation industrielle ; nous présenterons des technologies, des produits et des solutions TIC avancés ; nous vous donnerons un aperçu des fruits de l'innovation conjointe ; et nous partagerons les meilleures pratiques en matière de transformation numérique. Notre objectif ultime est de créer un écosystème industriel ouvert et sain qui profitera à toutes les parties prenantes et créera une nouvelle valeur pour toutes les industries.