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jeudi 18 janvier 2024

Ohada : La RDC cède la présidence en exercice au Sénégal pour un mandat d’une année

Après une année de mandat à la tête de l’Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada), la RDC a passé le commandement de cette institution au Sénégal. La cérémonie de passation de pouvoir s’est déroulée le 16 janvier 2024 à Dakar au Sénégal. Ainsi, la présidente du conseil des ministres, la ministre d’Etat, ministre de la Justice et Garde des Seaux, Rose Mutombo Kiese a cédé sa place o la Garde des Seaux et ministre de la Justice du Sénégal Aissata Tall Sall. La présidence en exercice de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Ohada était présidée par le président de la RDC, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Rose Mutombo Kiese, ministre d'Etat, ministre de la Justice

Le mandat de la RDC a été confronté dès le départ à un énorme défi. Elle a hérité de la présidence d’une Organisation en pleine crise de gouvernance imputable essentiellement à une gestion controversée des ressources humaines et financières. Le climat social délétère et la méfiance des bailleurs de fonds qui en ont résulté, compromettaient gravement le fonctionnement normal de l’Organisation. Dans ce contexte, La République Démocratique du Congo s’est attelée, avant tout, à régler les questions de gouvernance.

En sa qualité de Président du Conseil des ministres et conformément aux textes pertinents, elle a présidé à Kinshasa, trois sessions du Conseil des ministres successivement, les 27 et 28 février, les 29 et 30 août, puis les 16 et 17 octobre 2023. Ces sessions ont notamment permis de résoudre la crise de gouvernance que traversait l’Organisation.

« Mandatée par le Conseil des ministres, j’ai sélectionné un cabinet international chargé d’appuyer l’évaluation du personnel exécutif en fin mandat et de recruter pour postes internationaux ouverts. Ce processus a permis de nommer un nouveau Secrétaire Permanent mettant ainsi un terme aux innombrables vacances de postes et ou intérims qui entravaient le fonctionnement optimal de l’Organisation ».


Rose Mutombo Kiese en audience chez le président Macky Sall

D’autres actions d’importance capitale ont été parallèlement menées au cours de la mandature de la RDC. Au titre des activités normatives, la mandature de la République Démocratique du Congo a permis de voir aboutir le chantier de révision de l’Acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution.

Ainsi, le 17 octobre 2023, le nouveau texte sur la matière a été adopté à Kinshasa et le même jour, le Conseil des ministres a approuvé le nouveau Règlement intérieur de la Cour commune de justice et d'arbitrage de l'Ohada (CCJA) en matière d’arbitrage ; texte phare dans la stratégie de redynamisation du système d’arbitrage de la CCJA. Parmi les réalisations, la République Démocratique du Congo a organisé et abrité les festivités marquant la célébration du 30e anniversaire de l’Ohada.

« C’est donc avec un sentiment de satisfaction que je peux me permettre de dire avec modestie que les actions décisives réalisées sous la mandature de la République Démocratique du Congo ont permis d’assainir le climat social et de remettre l’Ohada en ordre de marche. Ce nouvel élan mérite d’être consolidé, dans une logique de continuation, par d’autres actions importantes. Quant à moi, Je reste disposée pour les échanges sur la bonne marche de l’Ohada et demeure confiante que la République du Sénégal préservera sans aucun doute, les acquis afin de conduire notre Organisation Commune dans cette bonne direction ».

Aujourd'hui 31 ans après voilà que le Sénégal revient pour la deuxième fois à la tête de cette organisation, a déclaré la Garde des Sceaux et ministre de la Justice du Sénégal, Aïssata Tall Sall. Alors quels sont les défis ? Madame la ministre d'État, ministre de la Justice de la RDC qui m'a précédé dans ses éminentes fonctions a dit tout à l'heure et en même temps que le secrétaire permanent de l'Ohada de ce qui est attendu de la présidence du Sénégal. 

"Je crois que c'est un vaste chantier qui est attendu du Sénégal. Il est attendu du Sénégal que nous puissions faire vivre plus qu'auparavant, plus que ce qui a été fait par la RDC et ce qui a été fait par la RDC est remarquable. Il est donc attendu du Sénégal que nous redynamisons davantage l'Ohada. Il est attendu du Sénégal que nous puissions mobiliser les contributions des États membres avant de nous en ouvrir à la sollicitation de nos partenaires. Il est attendu du Sénégal de pouvoir finaliser un Acte uniforme extrêmement importante sur le droit international privé qui est en chantier et que le Sénégal doit mettre en œuvre. Il est attendu du Sénégal la tenue de la Conférence des chefs d'État membres de l'Ohada qui ne s'est pas réuni depuis plus de 10 ans. 

Il est attendu du Sénégal de pouvoir poursuivre mais surtout terminer les réformes institutionnelles qui ont déjà été engagées, celles de la Cour commune de justice et d'arbitrage et celles portant statut du personnel et d'autres réformes encore. Donc, il est attendu du Sénégal beaucoup mais l'espérance ne peut porter que sur cela vers qui on se tourne et l'Ohada se tourne vers le Sénégal. Le Sénégal ne faillira pas à cette responsabilité imminente. Il portera les reformes, il terminera les actes et réunira les instances et les institutions pour que sa présidence soit marquée du seau de la pérennité et de la conviction que nous avons en cette institution d'intégration".

 10 ans sans une rencontre des chefs d'Etat

Ce n'est pas à la volonté qui manque au chef d'État encore moins aux ministres qui exécutent les tâches, a souligné la Garde des Sceaux et ministre de la Justice du Sénégal. Selon ce qui a été décidé et défini par les chefs d'État, c'est souvent des problèmes d'agenda qui font que on y arrive difficilement. On finira par arriver. Le président de la République Démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, qui est le président sortant a dû convier les chefs d'État en RDC à Kinshasa. "Nous étions tous prêts à aller répondre à cette grande invitation qui nous honorait pour enfin que ce sommet puisse se tenir. Malheureusement, les différents calendriers n'ont pas pu concorder et ma sœur Mme la ministre d'Etat Rose Mutombo le rappelait tout à l'heure et nous avons reporté. Qu'à cela ne tienne, ce n'est qu'un report. Les chefs d'État y arriveront parce que le plus important, c'est la conviction et la foi que les présidents successifs à la tête de cette organisation ont et le cœur qu'ils mettent à ce que cette instance des chefs d'Etat puisse se réunir."


Le SG Ohada, Rose Mutombo et Aïssata Tall Sall

Et d'ajouter que "10 ans oui, on peut penser que c'est trop, mais 10 ans pour aussi une organisation qui marche dans toutes ces autres instances disons que c'est encore et c'est toujours le moment de pouvoir le faire. Il n'est jamais trop tard. Le président Macky Sall s'engage à cela. Le connaissant, je sais qu'il va contacter ses pairs et il va tout faire de lui-même pour que cette instance au sommet puisque se réunir à l'image de ce qu'a voulu faire le président Tshisekedi pour la Rdc.

mardi 16 janvier 2024

Assassinat de Laurent-Désiré Kabila : Stupéfaction de la délégation congolaise à la suite de l’observance d’une minute de silence en mémoire du défunt au Somment France-Afrique à Yaoundé

Laurent-Désiré Kabila est assassiné un jour avant sa participation au 21ème sommet France-Afrique du 18 au 19 janvier 2001 à Yaoundé au Cameroun. Dans la capitale camerounaise où se trouvait déjà la délégation de la RDC qui participait à la conférence ministérielle de ce sommet. L'ambassadeur Isabel Machik Tshombe, à l'époque vice-ministre à la Coopération régionale revient sur les circonstances dans lesquelles la délégation congolaise a vécu cette disparition.

« Le 16 janvier 2001 en tant que vice-ministre à la Coopération régionale, j'étais à Yaoundé au Cameroun. Je faisais en effet partie de la délégation congolaise qui devait accompagner le chef de l'État, Laurent-Désiré Kabila au sommet France-Afrique »se rappelle Isabelle Machik Tshombe. La délégation congolaise avait précédé le chef de l’Etat parce qu’elle prenait part à une réunion ministérielle qui avait lieu deux jours auparavant. C’est ainsi que la délégation congolaise conduite par le ministre des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu.

« Nous étions le 16 en train de participer à la Conférence ministérielle qui précédait donc le sommet qui était prévu le 17 et le 18 janvier 2001. C'est au cours de cette Conférence ministérielle que tout à coup j'ai vu le ministre notre ministre des Affaires étrangères, Monsieur Léonard She Okitundu qui s'est levé pour répondre au téléphone ». 

Léonard She Okitundu a demandé à Isabelle Tshombe de prendre sa place. « Je me suis mise à sa place à la Conférence ministérielle sur le siège de la RDC. Ensuite, je l'ai vu revenir. J'estimais qu'il avait pris un visage fermé. Il paraissait inquiet et pâle. Je lui ai demandé ce qu'il avait. Le ministre m'a dit bon je t'en parlerai plus tard ». 

Etant donné que Isabelle Tshombe lui avait laissé le siège, elle a décidé aussi de sortir de la salle où se tenait la conférence ministérielle. Elle s’était retrouvée dans le corridor. C'est là qu’elle a croisé un de ses collègues qui lui lui a tout de suite interpellé en disant « Isabelle, il se passe des choses terribles dans ton pays. Qu'est-ce que c'est ? Il semblerait qu’il y a eu des coups de feu autour de la présidence de la République et que bon Kinshasa est sens dessus dessous. Alors, qu'est-ce que vous pensez de cela ? » 

Évidemment, Isabelle Machik Tshombe n'était pas informée de ce qui se passait à Kinshasa. « Donc, j'ai suggéré à mon collègue d'attendre notre position officielle. C'est ainsi que j'ai commencé moi-même à appeler Kinshasa. Je n'arrivais pas à joindre Kinshasa. Je suis revenue alors voir notre chef de délégation. Je lui ai dit que je venais d'apprendre des choses terribles. Il semblerait qu'on a tiré à la présidence de la République. Il a dit oui justement mais nous ne pouvons plus rester dans cette réunion. Il va falloir d’abord se renseigner au pays exactement pour savoir ce qui se passe ». 

Toute la délégation essayait de prendre une position commune pour établir ensemble le modus operandi  pour pouvoir répondre au questionnement des uns et des autres. « Nous nous sommes retrouvés chez le chef de délégation dans son appartement à l'hôtel où nous étions logés. Ensuite, nous avons décidé de ne pas prendre de position officielle en attendant de joindre Kinshasa. Nous avons essayé évidemment chacun de joindre les siens à Kinshasa, de joindre un collègue ou de joindre un service mais visiblement on a coupé les lignes téléphoniques ». 

La délégation congolaise sera informée par la mission diplomatique de la RDC à New York (Etats-Unis). « C’est elle qui va nous informer qu'effectivement qu’on a tiré du côté du Palais de marbre. Le président Laurent-Désiré Kabila serait touché mais on l'a amené à l'hôpital.  Les autorités congolaises étaient en train de préparer son transfert pour le Zimbabwe. Donc, nous sommes inquiets mais plus ou moins rassurés puisque le président est en vie. Nous restons groupés et nous essayons de garder la tête froide et de ne pas nous laisser aller. Nous évitons évidemment de répondre au questionnement de la presse et puis c'est comme ça que nous allons suivre dans la chambre de notre chef de délégation les informations qui commencent effectivement à expliquer ce qui est en train de se passer ».

La délégation congolaise à Yaoundé attendait bien sûr l'appel du général Eddy Kapend (à l'époque il était colonel). « Nous entendons son appel et nous sommes rassurés en disant bon ben il semble avoir les choses en mains. et bien sûr retour de nous c'est beaucoup de spéculations. Le lendemain, quand commence le sommet France-Afrique. Ce fut le président Gnassingbé Eyadéma qui était le doyen des présidents Francophones qui va prendre la parole. Le président togolais commence par nous demander une minute de silence en mémoire de son frère, le président de la République Démocratique du Congo, Laurent désiré Kabila ». 

C’est le choc pour la délégation congolaise, se souvient Isabelle Machik Tshombe. « Nous sommes choqués pas parce que nous imaginons que c'est la réalité. Nous sommes en train de dire mais ils veulent l'enterrer déjà. Ça nous paraît tout à fait indélicat parce que bien sûr la RDC n'a pas encore annoncé le décès du chef de l'État. Pour sa part, le président français Jacques Chirac prendra la parole à la suite de la déclaration du président Eyadéma. Le président Chirac demandera simplement qu’on puisse soutenir la RDC qui est en train de vivre une épreuve. Il ne suggérait pas que le président de la République était décédé. 

La délégation congolaise a pris part au sommet en essayant d'entrer en contact avec le pays mais surtout en essayant alors maintenant d'organiser un départ pour le pays.« Nous sommes repartis en quittant Yaoundé le 18 janvier 2001. Nous sommes rentrés chez nous par le premier vol que nous avions trouvé juste après le sommet. C'est le 18 janvier 2001 que les autorités congolaises ont annoncé la mort officielle de Laurent-Désiré Kabila le 16 janvier 2001 ».


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mercredi 3 janvier 2024

Moise Katumbi : « Un régime issu de la fraude de la tricherie et du fait accompli veut s'imposer à nous »

« À l'aube d'une nouvelle année, je vous souhaite à chacun de vous une bonne et heureuse année 2024. Qui dit année nouvelle, dit résolutions personnelles. Nous venons de vivre ensemble une histoire qui nous lie à jamais. Je vous remercie tous pour la grande confiance que vous m'avez manifestée tout au long de la campagne où nous avons pu nous parler et dresser de plans d'avenir. Je remercie tous mes alliés pour leur soutien ». C’est ainsi que s’est exprimé le président du parti politique de l’opposition Moïse Katumbi Chapwe.

Le leader D’ensemble pour la République a tenu à remercier tous ses partisans pour le vote massif qu’il lui ont accordé au cours de leurs rencontres. Il a constaté que tous les Congolais veulent tous un avenir meilleur pour leurs familles, leurs enfants, la sécurité pour tous, la santé, les écoles, l'eau, l'électricité, des routes, des ponts, des bacs, de l'emploi, le salaire décent, un logement...

« Toutes ces choses simples qui devraient faire la dignité de tout Congolais nous en rêvons. Je n'ai pas oublié les espoirs que vous avez placés en moi. Je n'ai pas oublié non plus vos exigences sur les qualités de celui qui doit gouverner notre pays. Vous me l'avez clairement exprimé. Vous voulez que le pays soit dirigé par des hommes intègres ayant le sens de la justice et du bien commun. vous exigez qu'on vous rende compte et qu’on vous associe plus étroitement à la gestion du pays tant au niveau national, provincial que local ». 

Lors de la campagne électorale, Moïse Katumbi a pris vis-à-vis des Congolais un engagement, celui de changer le Congo. Il n'entend pas le trahir depuis le braquage électoral du 20 décembre dont « nous sommes tous victimes. Nous vivons une énième usurpation de notre souveraineté. De partout, j'entends monter des cris d'indignation des cris, de contestation, des cris de colère, des cris d'exaspération au mépris de l'expression populaire. Un régime issu de la fraude, de la tricherie et du fait accompli veut s'imposer à nous. Il n’en sera jamais question absolument jamais à l'aube de cette année nouvelle au cours de laquelle nous aspirons à la paix, à la sécurité, à la stabilité et au développement ».

Et d’ajouter que « nous savons tous que nous ne pouvons jamais bâtir une nation apaisée et tisser le lien du vivre ensemble sur le mensonge, la fraude et la tricherie. Nous ne pouvons jamais bâtir un pays, un Etat une nation sans retrouver notre fierté qui appelle à pouvoir choisir librement nos dirigeants. Le serment de liberté que nous ont légués les pères fondateurs repose sur le lien sacré qui doit exister entre le peuple congolais et ses représentants. Tromper notre peuple ne fait qu'aggraver la lancinante crise de légitimité qui perdure dans notre pays et nous fait passer à côté de grands espoirs ».

A tous ceux qui avaient porté leurs suffrages sur Moïse Katumbi, à tous ceux qui savaient qu'ensemble un nouveau Congo est possible, il fait le serment de ne jamais leur abandonner. « Nous entrons aujourd'hui dans une autre phase de notre quête pour la liberté. Nous devons ensemble soustraire notre pays des mains de la prédation, de la corruption, de la gabegie et de toutes les injustices. C'est pourquoi avec d'autres compatriotes, avec les forces sociales et politiques éprises de liberté, Moïse Katumbi pense qu’un sursaut citoyen est nécessaire. Sauver la démocratie congolaise est devenu plus qu'une priorité. C'est un devoir et il ne faillira pas à son devoir citoyen.

Raison pour laquelle, Katumbi demande au peuple congolais de ne pas baisser le bras, de ne pas céder au découragement ou au pessimisme mais bien au contraire de reprendre la marche qu’ils ont engagée ensemble parce que rien n'est fini. « Tout est encore possible et ce nouveau Congo nous y avons droit et nous ne laisserons à personne le droit de briser le rêve que nous avons de le bâtir ensemble ».  

Il rappelle que la Constitution « nous invite à nous opposer à tout groupe d'individus qui veut prendre le pouvoir et s’y maintenir en dehors de la volonté du peuple congolais pour notre dignité et l'avenir de nos enfants. « Nous sommes tenus de souscrire à tous les moyens qu'elle met à notre disposition pour refuser la fraude et l'installation de la dictature. Peuple le congolais, tenons bon, restons mobiliser, le temps de l'action est venu. Par des actions pacifiques démocratiques, nous allons résister et reconquérir notre droit le plus légitime, celui de faire échec à la fraude et de reprendre en main notre destin avec les dirigeants de notre choix ». 

Personne ne peut s’ériger en complice de cette fraude électorale que nous n’accepterons jamais, a conclu Moïse Katumbi dans une vidéo de 7:41. 

mardi 2 janvier 2024

L'ex-Commissaire du District de l'Ituri honorée pour sa bravoure pour la paix par un organisme américain

L’Institut américain pour la paix (USIP) a annoncé le 9 décembre 2023 à Kinshasa la désignation de Mme Pétronille Vaweka comme lauréate du prix des femmes architectes de la paix 2023. C’est un prestigieux prix international, décerné annuellement, pour honorer les femmes dont l’engagement, le leadership et l’impact sont extraordinaires, qui travaillent à consolider la paix et à résoudre les conflits violents dans leurs communautés.

« Quelle belle façon de clôturer la semaine avec une réception pour reconnaître et honorer une partisane de la paix, Mme Pétronille Vaweka. Cette Congolaise est parmi les 4 finalistes au monde pour le prix 2023 des femmes pour la construction de la paix. Depuis que l’Institut américain pour la paix a lancé ce prix il y a à peine 4 ans, deux autres femmes congolaises ont été honorées en tant que finalistes de ce prestigieux international (Mme Julienne Lusenge et Mme Tatiana Mukanire) », a déclaré l’ambassadrice des Etats-Unis en RDC, Lucy Tamlyn.


Mme Pétronille Vaweka

Alors que le monde célèbre les 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre, il s’agit d’une campagne internationale annuelle qui a débuté le 26 novembre 2023, journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et qui se poursuivra jusqu’au 10 décembre 2023 dédiée à la journée des Droits de l’homme.

« Aucun pays d’Afrique n’a connu le niveau de violences, le nombre de morts et les bouleversements internes de la population de l’Est de la RD Congo a subi au cours de ces trois dernières décennies. Comme vous les savez, les femmes et les filles congolaises ont été particulièrement touchées. Nous notons la grave préoccupation suscitée par la résurgence de la violence dans la province du Nord-Kivu à l’Est de la RDC cette année et cette semaine surtout ».

Lucy Tamlyn espère que ce prix et les efforts de l’USIP vont partager l’histoire de Mme Pétronille Vaweka et l’impact de son travail se verront en mettre en lumière et à recentrer l’attention de la communauté internationale sur ce qui se passe  dans la partie orientale de la RDC.

Puis viennent des hommes sont arrivés pour l’argent

« De tel moment, on est remplie d’émotion mais nous sommes habitués d’aller au-delà de nos émotions. Ce prix est également une chance et un cadeau pour la RDC qui peine encore sur la chemin de la paix et qui compte encore des morts tous les jours. Ce prix, je le dédie à mon mari, à mes enfants et à tous ceux qui sont présent dans ce lieu qui ont été à mes côtés à m’encourager et surtout m’accompagner sur le chemin de la paix », s’est réjouie Pétronille Vaweka.

Elle était habillée en noire parce que ce prix n’est pas pour un match de tennis ou de football mais c’est prix pour sauver des vies humaine, a-t-elle lancé à l’assistance. « Nous avons beaucoup de compatriotes qui nous ont quittés. Spécialement aujourd’hui, je pense à 12 personnes qui ont été tuées à ma place. Le chemin de la paix n’est pas un chemin de la joie. Il est un chemin difficile ».

Pour Vaweka, les ennemis de la paix qui sont souvent nos frères n’acceptent pas que les gens épris de paix aillent à l’encontre de leurs intérêts parce qu’ils se nourrissent de sang de leurs frères. Lorsqu’une personne travaille pour la paix, ils ne le supportent pas. Raison pour laquelle toute personne qui travaille pour la paix est la cible de ces ennemis.

« Les 12 personnes avaient pris place dans le véhicule que j’utilisais pour concilier les communautés Hema et les Lendu. Ce jour-là, je n’étais pas dans le véhicule. Ceux qui voulaient ma mort étaient certains que j’étais tuée. Le véhicule partait pour Fataki dans le territoire de Djugu. Ils étaient sûrs que ce jour-là, ils allaient m’avoir. En attaquant ce véhicule, ils avaient sauvagement les 12 personnes qui étaient à bord et leurs corps calcinés ».

Après l’attaque de mon véhicule, le commanditaire voulait lui-même aller annoncer sa mort à ses enfants. « Il était étonné qu’en voulant venir annoncer ma mort, c’est moi qui était sortie de la maison. Imaginez dans quel état il était. C’est pour cette raison que je dédie ce prix à ces personnes innocentes. J’ai voulu travailler pour la paix. Ce n’est pas par passion mais par devoir parce que nous devons travailler pour notre pays. Nous devons sauver la vie de nos frères et sœurs ».

Mmes Pétronille Vaweka et Lucy Tamlyn


Les conflits n’ont pas duré 25 ans puisqu’il y a eu un temps d’accalmie. Les conflits reviennent parce qu’en RDC les gens n’ont pas la culture de la mémoire et de la méritocratie. Ceux qui travaillent ne sont pas reconnus. « Ce n’est pas normal que ce prix je puisse l’avoir des États-Unis. C’est mon pays qui aurait dû m’honorer il y a bien longtemps parce que j’ai gravi tous les échelons ».

Pendant la guerre, elle a travaillé comme humanitaire et pour la défense des droits humains. Elle a été ensuite élue présidente de l’Assemblée spéciale intérimaire de l’Ituri. « Les Congolais oublient que notre pays a été balkanisé. Depuis la guerre de 1998, le Congo a été divisé. Nous, nous avons subi la balkanisation. Nous étions sous l’occupation ougandaise en Ituri. Les gens l’ont oublié. C’est à ce moment que je m’étais levée à les faire partir. Il y avait aussi des Rwandais. Prendre cette responsabilité de demander à nos frères et sœurs avec une équipe à côté de moi que cette guerre ne nous mènera nulle part. Nous sommes Congolais et nous devrions rentrer dans le giron national. Je suis parvenue à le faire. J’ai présenté l’Ituri au Congo sur un plateau d’or. Pas de prix, je n’en avais pas besoin bien sûr ».

Pétronille Vaweka été députée de la transition (1+4 de 2004 à 2008) et ne pense pas qu’il a eu beaucoup de gens qui ont eu cette chance d’être président de l’Assemblée dans une province et député au niveau national. Elle assumé les deux rôles en plus de lobbying qu’elle menait à l’étranger. « Ensuite, on m’a demandé de quitter le Parlement pour devenir commissaire de District de l’Ituri (disons que je jouais le rôle de gouverneur aujourd’hui pendant 4 ans). Je suis partie puisqu’une fois la paix revenue. Les hommes se sont précipités sur l’argent. J’étais la personne qui ne devrait pas être à cette place ».

Si elle travaille pour la paix, pour elle, c’est un devoir et une responsabilité parce qu’elle ne pouvait pas rester les bras croisés pendant que « nos frères et sœurs perdent leur vie. Je m’étais engagée il y a près de 25 ans et je continue mon travail ». Elle a dit à Mme l’ambassadrice des États-Unis en RDC que la diplomatie est une arme puissante et qui va très loin. « Qu’elle nous aide par sa diplomatie à ce que cette guerre de l’Est de la RDC cesse. Elle le peut parce qu’elle a le cœur des femmes. « Elle a la sensibilité des femmes. Je suis très heureuse d’avoir en face de moi une femme qui peut nous aider dans cette diplomatie. Mme l’ambassadrice, je compte sur vous que d’ici là, vous allez mettre ensemble ceux qui ne le veulent pas pour que cesse cette guerre pour que les femmes, les hommes et les enfants ne meurent plus. Chacun d’entre nous dans ce qu’il fait a la capacité, il faut se sentir responsable, ne vous sentez pas loin de de l’Est du pays, nous sommes tous Congolais. Nous devons être interpellés par ce qui se passe dans les trois provinces martyres. Vous pouvez le faire aussi ».

Pétronille Vaweka est fière d’avoir ce prix après Mme Julienne Lusenge. Elle pense qu’il y en aura d’autres femmes qui vont les suivre. « Nous sommes là pour les aider ». «La morte et la destruction règnent dans l’Est de la RDC », ont déclaré les présidentes du Conseil Marcia Carlucci et Megan Beyer. « Pétronille est une femme extraordinairement courageuse qui a travaillé avec acharnement au cours de 30 dernières années pour le changement dans une culture de violence dominée par les hommes ». 

samedi 9 décembre 2023

Le Département du Trésor cible des auteurs de violations des droits de l’Homme et commémore le 75ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme

Le 10 décembre 2023 marque le 75ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme (UDHR), le document historique consacrant les droits de l’homme et les libertés fondamentales pour toutes les personnes. Avant cet anniversaire historique et la Journée internationale des droits de l’homme, le département du Trésor (Trésor) réaffirme son engagement ferme à promouvoir le respect des droits de l’homme et la responsabilité imputable aux auteurs de violations des droits de l’homme.

« Notre engagement à faire respecter et défendre les droits de l’homme est sacro-saint », a déclaré la secrétaire au Trésor, Janet L. Yellen. « Les violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales—où qu’elles se produisent dans le monde—touchent au cœur notre humanité partagée et notre conscience collective. Les sanctions ciblées du Trésor annoncées aujourd’hui et au cours de l’année écoulée soulignent le sérieux de notre engagement à promouvoir l’obligation de rendre des comptes pour les atteintes aux droits de l’homme et à protéger le système financier des États-Unis de ceux qui commettent ces actions inqualifiables.

Au cours de l’année écoulée, comprenant les mesures prises aujourd’hui, le Trésor a ciblé plus de 150 personnes et entités dans une douzaine de pays au sujet de questions liées aux atteintes aux droits de l’homme. Ces désignations ont tiré parti de nombreuses autorités chargées des sanctions et ont ciblé un éventail d’activités qui violent ou portent atteinte aux droits de l’homme et trahissent la vision exposée dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. Les désignations du département du Trésor ont aussi ciblé les cas d’atteintes aux droits de l’homme liées aux organisations terroristes, aux activités criminelles, à la répression des membres de la communauté LGBTQI+, à la répression transnationale, ainsi qu’aux crimes environnementaux et à la dégradation. Le Trésor continuera de tirer parti de toutes les autorités compétentes chargées des sanctions pour promouvoir le respect des droits de l’homme et la responsabilisation des auteurs de violations et d’atteintes aux droits de l’homme. Elles comprennent des violations et des atteintes comprenant la répression de membres de la société civile, de manifestants et de journalistes ; des violences contre des civils ; des détentions arbitraires et des enlèvements ; et des violences basées sur le genre comprenant des Violences sexuelles liées aux conflits (CRSV) que le président a identifié comme étant prioritaires à travers la publication du Mémorandum présidentiel sur la promotion de la responsabilité pour les CRSV.

La promotion de la responsabilité pour la violence sexuelle liée aux conflits est une priorité absolue pour le président Biden qui a signé l’an dernier un Mémorandum présidentiel instruisant le gouvernement des Etats-Unis à renforcer notre usage des outils financiers, diplomatiques et légaux contre ce fléau—menant à la toute première imposition de sanctions résultant d’efforts soutenus à l’égard des violences sexuelles liées aux conflits. Les sanctions d’aujourd’hui incluent 13 cibles qui ont été identifiées aux fins d’une désignation par les Etats-Unis, et plusieurs autres en coordination avec des alliés et des partenaires siégeant au Conseil de sécurité des Nations Unies, pour leur rôle dans la perpétration ou le cautionnement de la perpétration de viols et d’autres formes de violence sexuelles, poursuivant de ce fait la mise en œuvre du Mémorandum présidentiel et soulignant l’engagement de l’administration Biden à reconnaitre ces abus odieux et à promouvoir la responsabilité.

Aujourd’hui, le Bureau de contrôle des actifs étrangers (OFAC) a sanctionné 20 personnes pour leurs liens avec des atteintes aux droits de l’homme dans neuf pays. Deux personnes supplémentaires ont été sanctionnées par l’autorité antiterroriste du Département d’État. En outre, le Département d’État a également ciblé des personnes en Russie, en Indonésie et en République populaire de Chine (RPC) pour des restrictions de visas en application de la section 7031(c) de la Loi de crédits annuels. Ces actions sont entreprises de concert avec des mesures imposées par des partenaires au Royaume Uni et au Canada, qui ont similairement pris des mesures économiques pour dissuader les atteintes aux droits de l’homme à l’échelle mondiale. Comme nos partenaires, nous promouvons le respect des idéaux internationaux.

République Démocratique du Congo

Aujourd’hui, l’OFAC a ciblé trois personnes qui contribuent à l’instabilité actuelle en République démocratique du Congo (RDC). William Yakutumba (Yakutumba), ressortissant congolais, est le fondateur, le commandant militaire et le leader politique de la milice Mai-Mai Yakutumba et de la Coalition nationale du peuple pour la souveraineté du Congo (CNPSC), une alliance de plusieurs groupes armés dans la province du Sud Kivu en RDC qui a attaqué des civils et des acteurs humanitaires. De par son rôle de leader de la milice des Mai-Mai Yakutumba et du CNSPC, Yakutumba a été impliqué dans la perpétration de viols, de viols collectifs et dans d’autres formes de violences sexuelles et de violences basées sur le genre. Willy Ngoma (Ngoma) est le porte-parole militaire du Mouvement du 23 Mars (M23), un groupe armé qui commet des violations des droits de l’homme, comprenant des meurtres, des attaques et des violences sexuelles contre des civils. Le 29 novembre 2022, le M23 a commis une série de meurtres dans la ville de Kisheshe dans la province du Nord-Kivu, en RDC, où des combattants du M23 ont systématiquement pillé des biens appartenant à des civils et violé plusieurs femmes.

Michel Rukunda (Rukunda), ressortissant congolais, est le commandant et le chef de fil militaire du groupe armé Twirwaneho. Sous la direction de Rukunda, Twirwaneho a recruté des enfants qui n’avaient parfois que 12 ans pour garder des positions militaires, mener des patrouilles, collecter des renseignements, participer à des combats, agir en tant qu’escorte personnelle ou travailler en tant que domestiques dans des camps militaires. Twirwaneho a mené des attaques contre des civils, y compris dans un camp de déplacés internes, et a pillé et brûlé plusieurs maisons et un centre médical.

Yakutumba et Rukunda sont ciblés en vertu du décret exécutif 13413 tel que modifié par le décret exécutif 13671, pour leur rôles à la tête d’entités, comprenant tout groupe armé, qui ont ou dont les membres sont responsables de ou complice de, ou se sont engagés, directement ou indirectement, dans le ciblage de femmes, d’enfants ou de tout civil par la commission d’actes de violence (y compris des meurtres, des mutilations, des tortures ou des viols ou d’autres violences sexuelles), d’enlèvements, de déplacements forcés ou d’attaques contre des écoles, des hôpitaux, des sites religieux ou des lieux où les civils cherchent refuge, ou par une conduite qui constituerait une sérieuse atteinte ou violation des droits de l’homme ou une violation du droit humanitaire international, en RDC ou en rapport avec la RDC. Ngoma est ciblé pour avoir agi ou prétendu agir pour le ou au nom de, directement ou indirectement, du M23, une entité dont les avoirs et les intérêts perçus sur les avoirs sont bloqués conformément au décret exécutif 13413, tel que modifié par le décret exécutif 13671.

En outre, le Département d’État a ciblé deux personnes aujourd’hui en vertu du décret exécutif 13224, tel que modifié, pour leur rôle de leadership au sein de DAESCH-RDC. DAESCH-RDC, une Organisation terroriste étrangère désignée par les États-Unis et Terroriste mondial expressément désigné, a commis de nombreuses violations des droits de l’homme et des violations du droit humanitaire international contre des femmes et des enfants, comprenant des meurtres, des mutilations et des violences sexuelles. Mohamed Ali Nkalubo (Nkalubo), ressortissant ougandais, est un conseiller principal de DAESCH-RDC et l’adjoint du chef de file de DAESCH-RDC, Musa Baluku. Nkalubo a servi de canal de communication auprès des principaux responsables de DAESCH-Core et il est responsable de la diffusion de la propagande de DAESCH en Afrique centrale. Nkalubo supervise la planification des attaques et les

formations de DAESCH-RDC et a participé personnellement à plusieurs attaques. Ahmed Mahamud Hassan Aliyani (Hassan Aliyani), ressortissant tanzanien, est un commandant de DAESCH-RDC. Hassan Aliyani supervise la facilitation de combattants étrangers voyageant en RDC pour rejoindre ce groupe. Il a aussi supervisé la planification d’attaques pour DAESCH-RDC, y compris l’attaque du 16 juin 2023 contre l’école secondaire Lhubiriha en Ouganda et l’attaque du 15 janvier 2023 contre une église pentecôtiste à Kasindi en RDC. Le 4 décembre, les États-Unis ont aussi nommé ces personnes pour qu’elles soient ciblées par les Nations Unies conformément à la résolution 1807 (2008) concernant la République démocratique du Congo.

Implications des sanctions

Par suite des mesures prises aujourd’hui, tous les avoirs et les intérêts perçus sur les avoirs des personnes ciblées décrites ci-dessus se trouvant aux États-Unis ou en possession ou sous le contrôle de ressortissants américains sont bloqués et doivent être signalés à l’OFAC. En outre, toute entité possédée, directement ou indirectement, individuellement ou collectivement, à hauteur de 50 pour cents ou plus par une ou plusieurs personnes bloquées est aussi bloquée. Sauf autorisation par une licence générale ou spécifique délivrée par l’OFAC, ou sauf exemption, les règles de l’OFAC interdisent généralement toute transaction par des ressortissants américains aux (ou transitant par) les États-Unis qui implique tout avoir ou intérêt perçu sur les avoirs des personnes désignées ou bloquées.

De plus, les institutions financières et autres personnes qui effectuent certaines transactions ou activités avec les entités et personnes sanctionnées peuvent s’exposer à des sanctions ou faire l’objet d’une action coercive. Les interdictions incluent la réalisation de toute contribution ou fourniture de fonds, de bien ou de services par, à ou au bénéfice de toute personne désignée, ou la perception de toute contribution ou fourniture de fonds, de bien ou de services auprès de ces personnes.

Le pouvoir et l’intégrité des sanctions de l’OFAC proviennent non seulement de la capacité de l’OFAC de cibler et d’ajouter des personnes à la Liste des ressortissants spécialement désignés et des personnes bloquées (SDN), mais aussi de sa volonté d’ôter des personnes de la Liste SDN conformément a la loi. Le but ultime des sanctions n’est pas de punir, mais plutôt de susciter un changement positif de comportement.

vendredi 8 décembre 2023

L’Observation électorale en RDC : la souveraineté de l’État d’abord !

Le mercredi 29 novembre 2023, les Congolais ont été surpris d’apprendre que l’Union européenne avait décidé d’annuler sa mission d’observation électorale en République Démocratique du Congo. « En raison de contraintes techniques échappant au contrôle de l’UE, nous sommes contraints d’annuler la mission d’observation électorale de l’UE en République démocratique du Congo (RDC) », avait annoncé cette organisation politico-économique sui generis qui regroupe à ce jour vingt-sept Etats européens dont la création remonte au début de la décennie 90. Dans le même communiqué, il a été rappelé que la mission de l’UE avait prévu de déployer des observateurs à long terme dans la plupart des provinces de la RDC, mais « cela n’est désormais plus possible ».

Même si l’UE s’était aussitôt empressée d’encourager les autorités congolaises et toutes les parties prenantes « à poursuivre leurs efforts pour faire en sorte que le peuple congolais puisse exercer pleinement ses droits politiques et civils légitimes lors des prochaines élections », promettant même qu’elle « étudie d’autres options avec les autorités congolaises, y compris la possibilité de maintenir une mission d’experts électoraux afin d’observer le processus électoral depuis la capitale », le fait pour elle d’avoir annulé sa mission d’observation des prochaines élections a suscité des réactions de toute part. Une carte blanche pour l’opposition politique congolaise et toutes les forces obscures qui parlent même déjà, « d’une guerre civile ».

Avant de revenir sur cette décision et l’impact qu’elle pourrait avoir sur la suite du processus électoral ainsi que l’état de santé de la démocratie en RDC, qui est agressée dans la partie Est de son territoire par le Rwanda et les terroristes du M23, il est important de relever que c’est en réponse à une invitation du ministère des Affaires étrangères congolais que l’UE avait levé l’option de déployer une mission d'observation électorale (MOE) de l'UE pour les élections générales prévues le 20 décembre 2023.

On se rappellera de la déclaration faite par la Suédoise Malin Björk, observatrice en chef de la MOE/UE à ce sujet. « Je suis honorée de diriger la MOE de l'UE en RDC, la première dans ce pays depuis 2011. Tout doit être fait pour que les élections puissent se dérouler dans un climat compétitif, apaisé, inclusif et transparent. Mon souhait est d’apporter une contribution positive au processus. La MOE de l’UE observera et évaluera l'ensemble du processus électoral à la lumière des normes internationales et régionales que la RDC a souscrites », avait-elle affirmé.

De manière pratique, cette MOE/UE envisageait le déploiement d’au moins une quarantaine d’observateurs à travers le pays pour suivre la campagne électorale et prévoyait de rester en RDC jusqu'à la conclusion du processus électoral. Conformément à sa méthodologie d'observation électorale, cette MOEUE devait publier une déclaration préliminaire et tenir une conférence de presse à Kinshasa après les élections. In fine, elle devait publier un rapport final avec un ensemble de recommandations pour les prochains processus électoraux.

Nul ne peut nier le fait que les multiples processus de démocratisation lancés dans de nombreuses régions du monde, particulièrement en Afrique, il y a quelques décennies ont été à la base d’une demande croissante de missions d'observation électorale internationale, qui se sont très vite positionnées comme gage d’une évaluation impartiale et indépendante des processus électoraux. Réduction des niveaux de fraude, renforcement du climat de confiance des électeurs au processus électoral, atténuation des conflits, valeur de témoignage, renforcer les institutions et améliorer l’organisation des processus électoraux par le biais des recommandations sont là quelques avantages qu’on reconnaît généralement aux missions d’observation électorale. En réalité, une MOE ne devrait agir que dans le strict respect des instruments du droit international, des bonnes pratiques et de la législation nationale en termes de réalisation d'élections démocratiques.

Éviter toute posture destinée à accroître la méfiance entre parties

Alors que la CENI et le Gouvernement congolais s’efforcent sans arrêt, surtout dans un contexte où le pays est agressé par le Rwanda, pour un processus inclusif, transparent et crédible, ce retrait de la MOEUE a eu pour premier bénéficiaire l’opposition politique qui, en mal de positionnement, est prête à tout pour décrédibiliser Denis Kadima et son équipe. Le parti politique de Moïse Katumbi, candidat à l’élection présidentielle du 20 décembre prochain et principal challenger du Chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, est le premier à avoir réagi concernant cette annonce de l’UE. En effet, Ensemble pour la République accusait ouvertement le gouvernement congolais.

« Nous dénonçons les manœuvres du gouvernement qui ont contraint l’Union européenne à annuler sa mission d’une importance capitale pour la crédibilité du scrutin. Les entraves mises par les services de sécurité visant à empêcher la mission de disposer du matériel indispensable à la conduite de l’observation des élections à travers le pays préfigurent une fraude électorale massive préparée de longue date. Les signes annonciateurs de cette fraude se caractérisant notamment par le refus de l’audit indépendant du fichier électoral », déclarait son porte-parole, l’avocat Hervé Diakiese, lors d’un point de presse organisé à Kinshasa le vendredi 1er décembre 2023.

Il est vrai qu’un État confirme sa souveraineté entre autres par l'organisation des élections démocratiques, libres et transparentes. Même si les démocraties africaines se retrouvent encore dans une dynamique qui justifient, pour la plupart, la mise en place et le fonctionnement des institutions d’appui telles que les Commissions nationales dites « Indépendantes » pour dépasser la crise de confiance entre parties prenantes et autres forces vives dans ces nations, la question de la souveraineté ne pourrait s'accommoder avec immixtion, imposition, interférences et ingérence. Toute mission d’observation électorale, peu importe son origine, sa méthodologie et sa composition, est tenue de se conformer aussi aux lois et règlements propres au pays où elle entend évaluer la qualité des scrutins organisés. « On ne vient pas choisir sa chambre à coucher quand on est invité par autrui chez lui ! », dit une sagesse africaine.

Pour se référer aux us et coutumes en la matière, il est évident que la qualité d'observateur international ne lui confère aucune immunité particulière, à moins que le pays hôte le prévoie. Tout équipement, incluant des dispositifs de télécommunication, dont pourrait avoir besoin une MOE et qu’elle compterait déployer doit être non seulement compatible avec les éléments de souveraineté du pays organisateur des élections, mais aussi et surtout identifié préalablement par ses services compétents. Dans l’hypothèse selon laquelle les équipements voulus par la MOE/UE aurait représenté des risques importants pour la souveraineté ou la sécurité du pays, les services congolais n’étant d’ailleurs pas tenus de s’expliquer sauf si la condescendance est érigée en valeur, il est tout à fait admissible qu’une telle requête n’aboutisse pas.

Entre l’observation électorale et la sécurité du pays, il n’y a pas débat. C’est ainsi que des personnes avisées s’interrogent encore jusqu’à ce jour sur cette attitude, qu’on pourrait à la limite qualifier de « peu loyale », de l'UE. Ils n’ont pas tort ceux qui pensent que ce refus de se conformer aux exigences de la RDC traduit les intentions obscures de cette mission.

En outre, dans un pays agressé dont une partie est le théâtre des affrontements sanglants et meurtriers, vouloir à tout prix « déployer partout » ses observateurs apparaît comme une irresponsabilité impardonnable. Surtout que, c’est important de le préciser, il nous revient de constater que la même Communauté Internationale n'a jamais eu le courage de sanctionner le Rwanda de Paul Kagame qui décime des populations entières en RDC. On n’a vu jusque-là que des chapelets d’intentions sous la forme des mesures sans impact sur quelques individus. Même l’UE, qui veut donner des leçons en matière électorale, n’a pas fait mieux sur la question du M23 et du régime belliqueux et terroriste rwandais. Cependant, elle se montre très active en matière d'observation électorale et comme juge de l’intégrité électorale en RDC.

L’Afrique se demande d’ailleurs pourquoi les observateurs africains ne sont jamais invités à évaluer la qualité des scrutins organisés par les Occidentaux, dont les pays de l'UE. Pourtant, les dernières élections américaines ont fait couler beaucoup d’encre et de salive, surtout quand on voit comment aujourd’hui, un ancien président des Etats-Unis d’Amérique est malmené par la justice de son pays suite à ses actes durant cette période cruciale.

La décision de l’UE pourrait impacter négativement la suite du processus électoral en RDC, à condition qu’elle ressaisisse à temps et nous épargne toute posture pouvant amplifier la méfiance entre acteurs et parties prenantes. C’est le Gouvernement congolais qui l’avait invité à faire de l’observation électorale en décembre 2023. Ce n’était pas pour sous-traiter les obligations et les responsabilités constitutionnelles du Gouvernement de la RDC. Étant donné qu’elle a décidé d’étudier la possibilité d’organiser une surveillance électorale à Kinshasa, le peuple congolais invite l’UE et toute autre organisation partenaire désirant observer les prochains scrutins de se réserver toute ingérence et ne pas perdre de vue que la CENI et la Cour constitutionnelle sont et restent, au terme de la loi congolaise, les seuls organes institutionnels habilités respectivement pour organiser les élections, proclamer les résultats et valider l’issue desdits scrutins. Toute posture ou conduite contraire serait considérée comme une attitude condescendante de la communauté internationale vis-à-vis du peuple congolais et, même de l’Afrique.

C’est aussi le lieu d’interpeller les organisations africaines à tout mettre en œuvre pour donner à notre continent des mécanismes électoraux que nul ne peut contester. Il est grand temps d’ailleurs de sonner le glas sur les Commissions nationales indépendantes, pour redonner aux Gouvernements africains leur pouvoir régalien d’organiser les élections en toute transparence, crédibilité et souveraineté. Les CENI ont donné aux partenaires occidentaux les moyens de faire pression sur les États et Gouvernements africains. Ce temps est révolu. Il faut tourner cette page politique et cette vision institutionnelle qui humilient chaque jour nos pères des indépendances et ceux qui se sont sacrifiés pour une Afrique forte et prospère. L’observation électorale n’est pas une raison pour vendre la souveraineté de nos pays africains.

samedi 2 décembre 2023

Mort depuis le 18 octobre 2023, aucune date n’est communiquée pour l’organisation des obsèques de Ne Muanda Nsemi

L’enterrement de Ne Muanda Nsemi décédé le 18 octobre 2023 à Kinshasa n’est pas encore à l’ordre du jour. Pour le moment, aucune date n'a été fixée. Une équipe d’architectes a été dépêchée dans son village de Nsuku Malombo, dans le secteur de Mongo Luala dans le territoire de Luozi pour étudier les conditions de rapatriement de sa dépouille mortelle. L’annonce a été faite le 2 décembre 2023 par son dernier directeur de cabinet. Selon Me Mabaku Malueki, il reste quelques préalables à remplir notamment l’ouverture de la voie qui mène au lieu de son inhumation.

Me Mabaku Malueki a indiqué que « le patriarche Ne Muanda Nsemi était une grande personnalité politique de la République Démocratique du Congo. Ses obsèques ne peuvent être organisées comme celles d’un simple citoyen. Cela a nécessité l’implication du plus grand nombre. Il était partenaire politique du régime actuel du chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi et membre de l’Union sacrée pour la nation. Il faut que des obsèques dignes lui soient réservées. L’implication du pouvoir en place a fait retarder la procédure jusqu’à ce qu’on réunisse certaines conditions ».

Au moment où je vous parle a déclaré Me Mabaku Malueki, le régime en place a débloqué un acompte qui a fait que les architectes soient dépêchés dans son village natal à Nsuku Malombo, dans le secteur de Mongo Luala pour l’étude du milieu et la faisabilité de la construction du mausolée. C’est à leur à Kinshasa qu’un programme pourrait être élaboré. « Nous attendons leur retour à Kinshasa. Nous tiendrons les Congolais au courant de la suite du programme de l’organisation des obsèques ».

Les conditions à remplir sont entre autres procéder à la réouverture de la route de plus de 13 Km qui est impraticable. « Vous savez que nos routes de desserte agricole au fin fond de nos villages sont dans un mauvais état partout à travers le pays. C’est la même situation dans le territoire de Luozi. A Nsuku Malombo, il y a 13 km de route qui sont impraticables. Il faut aussi qu’on débute les travaux de construction du mausolée du patriarche et créer un petit quartier pour que le lieu de son enterrement devienne touristique ».

Ses partisans considèrent que leur leader Ne Muanda Nsemi était une grande personnalité qui a atteint une dimension mondiale. Il avait cessé d’être une personnalité ordinaire à la dimension communautaire ou nationale. C’est pourquoi, l’aménagement du lieu s’impose où son corps sera déposé. Le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi a intimé l’ordre à ses services de débloquer les fonds nécessaires pour la réalisation de ces obsèques.

L’organisation des obsèques de Ne Muanda Nsemi sera une longue procédure, a précisé Me Mabaku Malueki. Les obsèques seront organisées à Kinshasa et dans les grandes villes et agglomérations de la province du Kongo Central dont il portait l’étendard de leader maximo. Ils ont estimé que les obsèques soient organisées à Kinshasa. Le recueillement sera organisé au Palais du peuple. La dépouille va effectuer une tournée dans la province du Kongo Central avant d’atteindre son village natal.

« L’itinéraire provisoire est Matadi et peut-être la ville de Muanda. Nous allons étudier la faisabilité de ce programme parce que nous sommes durant la saison des pluies. A défaut, nous allons nous limiter à Matadi et à Boma, retourner le corps à Kimpese et enfin l’amener pour Luozi. Le cortège funèbre va s’arrêter pendant un moment dans la cité de Luozi (une demi-journée ou une journée) avant de poursuivre la route pour son village natal où le corps sera inhumé.

Les habitants n’étant plus nombreux dans son village, le chef de l’Etat a instruit ses services de débloquer un montant considérable pour y créer un petit quartier et rendre ce coin en lieu touristique. La personne qui nous a quittés n’est pas la moindre. Il y aura des touristes qui vont commencer à y effectuer des tours. C’est pour cette raison qu’il faut envisager de créer un petit quartier pour rendre ce milieu habitable par un plus grand nombre de personnes.