APO

mercredi 23 août 2023

Aperçu de la situation humanitaire dans la province du Nord-Kivu

Ce rapport est produit par OCHA RDC en collaboration avec les partenaires humanitaires. Il couvre la période du 1er au 15 août 2023 sur l’intensification de la réponse humanitaire dans la province du Nord-Kivu. Ce rapport indique que plus de 97.000 personnes déplacées dans les sites de Kanyaruchinya, Munigi et Lac Vert ont bénéficié de transferts monétaires pour couvrir leurs besoins en nourriture. Il y a également près de 12.000 personnes déplacées ont été relocalisées des sites de Rusayo 1 et Bulengo vers le site de Rusayo 2.

Faits majeurs

Plus de 97.000 personnes déplacées ont reçu une assistance en cash inconditionnel dans les sites de Kanyaruchinya, Munigi et Bulengo/Lac Vert. 1,9 millions d'enfants ont été vaccinés contre la polio au Nord-Kivu. Environ 12 000 personnes déplacées (2.400 ménages) ont été relocalisées des sites de Rusayo 1 et Bulengo vers le site de Rusayo 2.

Chiffres clés

2,17 M personnes déplacées internes au Nord-Kivu (source : CMP Nord-Kivu du 31 juillet 2023). 1,26 M personnes retournées au Nord-Kivu (source : CMP Nord-Kivu du 31 juillet 2023). 1.081 violations et incidents de protection en juillet 2023.

Aperçu de la situation dans le Territoire de Rutshuru

La situation sécuritaire reste extrêmement tendue dans le territoire de Rutshuru, en particulier dans la chefferie de Bwito, du fait des affrontements récurrents entre groupes armés. Cette insécurité persistante compromet le retour des populations déplacées et l'acheminement de l'aide humanitaire.

Dans la chefferie de Bwito, la localité de Shonyi constitue une zone de confrontations régulières entre les groupes armés depuis le début du mois de juillet. Environ 7.500 personnes (1.500 ménages) originaires de Shonyi ont fui vers les localités environnantes, dans l'impossibilité de regagner leurs villages d’origine tant que la paix n'y est pas rétablie de manière durable.

De nouveaux affrontements, survenus à Shonyi le 9 août 2023, ont contraint 350 personnes supplémentaires au déplacement. Le6 août, des combats entre groupes armés dans les localités de Marangara, Maroba, Bishingiro, Shoko et Kyasinge, dans le groupement Tongo, ont fait au moins sept morts parmi les civils. Ces affrontements ont également forcé plus de 11.000 personnes à se déplacer vers la brousse ou les localités voisines de Kastuba et Sovu.

Bien qu’un calme relatif soit observé dans la chefferie de Bwisha, la situation demeure fragile du fait de l'activisme intermittent des groupes armés locaux, comme en témoigne l’accrochage qui a eu lieu entre groupes armés rivaux à Nyamilima le 2 août 2023. Cette persistance des affrontements entre groupes armés dans les différents villages du territoire de Rutshuru empêche la mise en œuvre effective de l'assistance humanitaire pour plus de 22.000 personnes (4.410 ménages) ciblées par l’ONG Heks-Eper.

Personnes déplacées internes et retournées au mois de juillet 2023

Depuis le début de l’année 2023, plus d’un million des personnes se sont nouvellement déplacées en RDC portant le total à plus de 6,1 millions de personnes déplacées. Les femmes représentent 51 % de la population déplacées. Plus de 80 % des déplacements sont dus aux attaques et affrontements armés. La province du Nord-Kivu a accueilli plus de personnes retournées au cours des 3 derniers mois.

La publication des listes provisoires des candidats à la députation nationale traduit une discrimination criante à l'égard des femmes

« La publication des listes provisoires des candidats à la députation nationale traduit une discrimination criante à l'égard des femmes, une trahison volontaire des engagements pris par la République et un mépris de l'idéal du Chef de l'Etat mainte fois exprimé par ses discours et déclarations, tant au pays qu'à l'extérieur ». C’est l’expression du ras-le-bol des femmes politiques toutes tendances confondues et de la société civile réunies au sein de Cadre de concertation de la femme congolaise (CAFCO). Ces femmes ont publié une déclaration le 23 août 2023 à Kinshasa et exige réparation aux termes du contentieux électoral.

La Constitution de la RDC fait obligation aux pouvoirs publics de veiller à une représentation équitable des femmes dans les institutions et postes publics. C’est ce cadre que le Chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi a été désigné Champion de la masculinité positive par des chefs d'Etats africains, comprend pertinemment bien la lourde responsabilité de fournir des évidences sur son engagement à changer le visage trop masculin de l'Etat. C'est dans ce cadre qu'il n'a pas hésité à améliorer le taux de représentation des femmes au sein du Gouvernement. Il a déclaré également sa déception pour toute politique qui exclurait les femmes dans la gestion de la chose publique.

Les dispositions de l'article 13 de la Loi électorale exemptent du paiement des frais de dépôt des candidatures toute liste alignant au moins 50 % des femmes. Cependant, le CAFCO est consterné par le faible taux d'alignement des femmes sur les listes des partis et regroupements politiques. Car seulement 3.955 femmes, soit 17 %, sont alignées à côté de 19.698 candidatures masculines, soit 83 % du nombre total des candidatures jugées recevables.

Les formations politiques ont opposé un pied de nez farouche à la Loi électorale en son article 13, en préférant débourser 1.600.000 Francs Congolais par candidat. Ce qui donne 30.400.000 Francs Congolais, soit 12.667 dollars américains par liste dans chaque circonscription électorale. Malgré les efforts de quelques rares bons élèves parmi les partis et regroupements politiques à aligner beaucoup de femmes, ce qui fait monter leur taux de participation à 17 % par rapport à celui de 2018 qui se limitait à 11 %. Ce ratio demeure toutefois dérisoire au regard des promesses faites par les formations politiques, lesquelles ne se sont révélées n'être qu'un chapelet de bonnes intentions.

En préférant débourser 464.000.000 des Francs Congolais, soit 193.333 dollars américains, pour aligner 300 candidats et atteindre le seuil de recevabilité, au lieu d'aligner simplement 50 % des femmes par liste et réaliser de surcroît des économies pour financer la campagne électorale qui exige autant de moyens. 

CAFCO relève de ce fait que la publication des listes provisoires des candidats à la députation nationale traduit une discrimination criante à l'égard des femmes, une trahison volontaire des engagements pris par la République et un mépris de l'idéal du Chef de l’État mainte fois exprimé par ses discours et déclarations, tant au pays qu'à l'extérieur. Les partis et regroupements politiques, dont l'une des fonctions classiques est de cristalliser la citoyenneté, démontrent qu'ils n'ont pas réussi à se définir autrement que comme des machines politiques écrasant les aspirations légitimes des femmes, telles que garanties par l'ordonnancement juridique et constitutionnel en vigueur.

En conséquence, les partis et regroupements politiques participent, à travers leurs mesquineries masculines, à la délégitimation de l'image extérieure congolaise qui se prive des moyens de mettre en valeur un narratif plus attractif à travers une représentation plus remarquable des femmes dans les instances de prise de décision. A cet égard, les chefs des partis et des regroupements politiques devraient cerner les effets négatifs de voir les femmes leur servir de tremplin en mettant en valeur leur féminité pour décorer les podiums de campagnes et jouer aux rabatteuses pour canaliser les voix des électeurs à leur profit.

Il est donc regrettable que la bonne histoire politique soit celle qui est fondée sur l'exclusion de leurs mères, épouses, sœurs et filles, là où les énergies de tous et de toutes sont nécessaires pour relever le défi du développement.

CAFCO recommande ainsi aux responsables des partis et formations politiques de corriger leurs erreurs en revoyant la composition de leurs listes pour qu'il y ait cette fois-ci autant d'hommes que de femmes, soit 50-50, aux élections provinciales et locales ;  d'octroyer suffisamment de moyens au peu de femmes alignées à la députation nationale, et de leur permettre d'être visibles, audibles, compétitives, afin de se lancer à chances égales dans la compétition. Et  ceci ne sera qu'une amende honorable.

A la population en général, CAFCO recommande également aux femmes électrices en particulier de se servir de leur majorité numérique en votant massivement pour la minorité des femmes candidates dans leurs circonscriptions respectives, en dépit de leur nombre dérisoire en termes des candidatures. Et aux jeunes électeurs d'emboîter le pas au chef de l’Etat sur la masculinité positive dont il en est Champion. Enfin, CAFCO prie les organisations de la société civile en général et celles qui luttent pour les droits des femmes en particulier de sensibiliser et de mobiliser le plus grand nombre d'électeurs et électrices pour les amener à découvrir la nécessité d'accorder leurs suffrages aux respectives aux femmes dynamiques et compétentes de leurs circonscriptions respectives.

Joe Biden en visite à New Delhi en Inde, et la vice-présidente Harris à Jakarta en Indonésie

Le président Joseph R. Biden se rendra à New Delhi, en Inde, du 7 au 10 septembre 2023. Le président américain assistera au sommet des dirigeants du G20. Le président Biden et les partenaires du G20 discuteront d’une gamme d’actions conjointes pour faire face aux problèmes mondiaux, notamment la transition vers une énergie propre et la lutte contre le changement climatique, l’atténuation des impacts économiques et sociaux de la guerre de Poutine en Ukraine et le renforcement des capacités des banques multilatérales de développement, en particulier de la Banque mondiale, pour mieux lutter contre la pauvreté et relever les défis mondiaux.

Au cours de son séjour à New Delhi, le président Biden rendra également hommage au leadership du Premier ministre Modi au sein du G20, et réaffirmera l’engagement des États-Unis envers cette instance privilégiée en matière de coopération économique, qu’ils accueilleront d’ailleurs en 2026.

Du 4 au 7 septembre 2023, la vice-présidente Kamala Harris se rendra à Jakarta, en Indonésie, pour assister au sommet États-Unis-ANASE et au sommet de l’Asie de l’Est, et pour dialoguer avec des dirigeants de la région indopacifique. La vice-présidente et les dirigeants de l’ANASE évoqueront l’expansion sans précédent des relations entre les États-Unis et l’ANASE sous l’administration Biden-Harris, et la vice-présidente réaffirmera l’engagement durable des États-Unis envers l’Asie du Sud-Est et la centralité de l’ANASE. Tout au long de ces sommets et de ses autres échanges, la vice-présidente s’attachera à promouvoir les initiatives visant à favoriser notre prospérité et notre sécurité communes, notamment en faisant progresser nos travaux sur la crise climatique, la sécurité maritime, les infrastructures, la croissance économique, le maintien et le renforcement des règles et normes internationales dans la région, et d’autres défis régionaux et mondiaux.

Cette visite s’inscrit dans la continuité de la participation du président Biden au sommet États-Unis- ANASE et au sommet de l’Asie de l’Est à Phnom Penh, au Cambodge, en novembre 2022, de sa participation virtuelle au sommet États-Unis- ANASE et au sommet de l’Asie de l’Est en novembre 2021, ainsi que des échanges du président et de la vice-présidente avec les dirigeants de l’ANASE lors du sommet spécial historique États-Unis-ANASE de mai 2022 à Washington. 

Il s’agit du troisième voyage de la vice-présidente en Asie du Sud-Est au cours de ces deux dernières années, après sa visite d’août 2021 à Singapour et au Vietnam et de celle de novembre 2022 en Thaïlande et aux Philippines. Des informations supplémentaires, y compris sur les échanges bilatéraux et d’autres détails sur le déplacement, seront bientôt communiquées – et nous nous réjouissons de vous en faire part prochainement.

Le monde entier ferme les yeux sur une crise aux proportions immenses dans une région où les besoins humanitaires sont énormes

Ces derniers mois, la situation s'est considérablement détériorée dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), où d'innombrables civils sont attaqués en toute impunité. Face à ces niveaux extrêmes de violence, de faim et de déplacement, les financements restent insuffisants et la couverture médiatique, apathique. La négligence est reine. Le monde entier ferme les yeux sur une crise aux proportions immenses dans une région où les besoins humanitaires sont énormes depuis des décennies.

« Le manque d'attention à la souffrance sans précédent observée dans l'est de la RDC est impardonnable. Il s'agit de la plus grande crise de la faim au monde. 25 millions de personnes sont livrées à elles-mêmes pour faire face à la famine, aux maladies et aux attaques. Un tiers des enfants ne sont pas scolarisés. Les personnes que j'ai rencontrées m'ont raconté des histoires d’extrême souffrance. Des groupes armés attaquent des familles sans défense. Des femmes et des filles sont victimes de violences sexuelles. Des enfants ne peuvent pas aller à l'école. Les réserves de nourriture s'épuisent rapidement et l'eau potable manque. J'ai rarement été témoin de besoins humanitaires d'une telle ampleur », a déclaré Jan Egeland, Secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), après avoir visité la province d'Ituri cette semaine. 

« Les récentes campagnes militaires et les massacres ont provoqué une situation d'urgence aiguë sur fond de décennies de crise profonde et de négligence. La communauté internationale doit fournir une réponse à la hauteur de la gravité de la situation dans la province d'Ituri et, plus largement, dans l'est de la RDC. »

Huit mois après le début de l'année 2023, moins d'un tiers du financement nécessaire a été reçu pour l’intervention humanitaire prévue en RDC. « Il n'est pas acceptable que les organisations humanitaires soient contraintes de faire des choix impossibles pour déterminer qui peut ou ne peut pas être aidé. Et il n'est pas acceptable que tant de nations riches, d'entreprises et de particuliers refusent d'apporter une contribution équitable aux millions de personnes qui souffrent », a ajouté M. Egeland. 

La violence endémique des groupes armés dans la province d'Ituri a déplacé plus de 550 000 personnes au cours des derniers mois, contribuant à un total de 1,7 million de personnes qui ont dû fuir leurs maisons. En juin, une attaque sur le site de personnes déplacées de Lala a entraîné la mort de 46 personnes, dont la majorité étaient des enfants et des personnes âgées incapables de courir. Plus de 7 800 autres personnes ont été contraintes de fuir le site.

« La situation en Ituri est une urgence délaissée au sein d'une crise déjà délaissée. L'ampleur de la violence contre les civils a entraîné une croissance exponentielle du nombre de personnes forcées de fuir », souligne Pauline Ballaman, directrice de NRC en RDC. « La protection des civils est quasiment inexistante, les groupes armés attaquent les gens en toute impunité. Les personnes vulnérables n'ont nulle part où aller. » 

Rien qu'en Ituri, plus de 750 000 enfants ont vu leur éducation perturbée par le conflit armé. Lorsque les enfants sont privés de leur droit à l'éducation, les taux d'exploitation sexuelle, de traite, de mariage forcé et de recrutement par des groupes armés augmentent considérablement. « L'absence d'éducation tue l'espoir d'un avenir meilleur », a déclaré M. Egeland. « C'est pourquoi nous faisons tout notre possible pour rétablir l'éducation et la formation des enfants. C'est essentiel si nous voulons un jour briser ce cycle dévastateur de violence et de souffrance. »

« Le mépris de la souffrance des populations en RDC se mesure à l’aune du fossé béant qui sépare les ressources promises au niveau international et les besoins sur le terrain. Partout dans le monde, un immense déficit de financement se creuse, privant des millions de personnes des besoins les plus élémentaires, y compris de nourriture. Le personnel de NRC est témoin de la souffrance des populations et des conséquences de cet abandon qui ne sont tout simplement pas entendues dans les capitales, les instances décisionnelles et les salles de rédactions occidentales », a déclaré M. Egeland. « Les habitants de l'est de la République démocratique du Congo ont désespérément besoin que la communauté internationale intervienne financièrement, politiquement et diplomatiquement pour combler ce fossé. »

Faits et chiffres :  

· La République démocratique du Congo est la plus grande crise d'urgence alimentaire au monde, avec plus de 25 millions de personnes qui luttent quotidiennement pour simplement manger à leur faim (PAM).

· La République démocratique du Congo a sur son territoire l'une des plus larges populations déplacées au monde. Elle a été classée comme l'une des crises de déplacement les plus négligées au monde au cours des sept dernières années, selon le rapport annuel de NRC.

· Le pays compte l'une des plus importantes populations déplacées (y compris les réfugiés) au monde, soit environ 5,5 millions de personnes. La majorité d’entre elles se trouve dans l'est du pays. (HCR)

· Le peu de fonds alloués à la RDC provient d'un groupe très restreint de contributeurs. Plus de 80 % du soutien financier actuel provient de cinq donateurs seulement (UNOCHA).

· Au cours des huit premiers mois de l’année 2023, seul un tiers des fonds nécessaires à la RDC a été alloué. Dans l'état actuel des choses, il manque à la RDC environ 70% de l'aide dont elle a besoin. (HCR)

· Le secteur de l'éducation a été particulièrement touché par la crise : plus d'un enfant sur trois n'était pas scolarisé au début de l'année 2022 et plus de 230 écoles ont été fermées en Ituri au cours de l'année. (UNICEF)

· Une femme sur sept dans le pays a subi des violences sexuelles avant l'âge de 18 ans, et le problème est encore plus grave dans les communautés touchées par le conflit. (NRC)

· NRC travaille en République démocratique du Congo depuis 2001 et est un acteur clé dans le pays, fournissant assistance aux personnes déplacées, notamment en matière d'abris, de protection, d'eau et d'assainissement, et d'éducation. 

· Des dizaines de crises humanitaires sont confrontées à d'importants déficits de financement. Pour chaque dollar d'aide humanitaire collecté par personne dans le besoin en Ukraine, seulement 25 cents ont été collectés par personne dans le besoin dans les dix crises les plus négligées du monde, dont la RDC. (NRC) 

· En 2022, le nombre de personnes dans le besoin en RDC était nettement plus élevé que le nombre de personnes dans le besoin en Ukraine, mais le montant du financement obtenu était inférieur de 74 %. 

mardi 22 août 2023

Les autorités congolaises restreignent sévèrement les libertés fondamentales et arrêtent des dirigeants politiques (HRW)

Depuis mai 2023, les autorités de la République démocratique du Congo ont pris pour cible des dirigeants de partis politiques d’opposition, en restreignant leurs libertés fondamentales et en arrêtant des cadres de partis, a déclaré le 22 août 2023 Human Rights Watch. La répression se déroule dans un contexte de tensions politiques accrues avant le démarrage officiel, le 19 novembre 2023? de la campagne pour l’élection présidentielle. Les élections générales sont prévues pour le 20 décembre. En vertu du droit régional et international relatif aux droits humains, les autorités congolaises sont tenues de garantir les droits à la liberté d’expression, d’association, de réunion pacifique et de circulation. Les autorités devraient mettre fin aux arrestations arbitraires et respecter pleinement le droit des personnes détenues à une procédure régulière et à un procès équitable.

Thomas Fessy, chercheur principal de Human Rights Watch sur la RDC

« La récente vague d’arrestations et de restrictions des libertés fondamentales par les autorités congolaises vise les candidats à l’élection présidentielle issus de l’opposition et leurs dirigeants », a déclaré Thomas Fessy, chercheur principal de Human Rights Watch sur la RD Congo. « Le gouvernement devrait veiller d’urgence à ce que ces candidats, leurs partisans et tous les Congolais(e)s puissent librement exprimer leurs opinions et organiser des manifestations pacifiques avant les scrutins de décembre 2023 ».

Le 23 mai, la police a empêché le convoi de Moïse Katumbi, chef du parti d’opposition Ensemble pour la République, de se rendre dans la province du Kongo Central, juste au sud de Kinshasa, où il avait prévu plusieurs réunions et rassemblements politiques. Des policiers ont bloqué les véhicules de M. Katumbi et de ses associés sur instruction du gouverneur de la province, Guy Bandu Ndungidi. Invoquant des raisons sécuritaires, M. Ndungidi avait auparavant demandé à M. Katumbi de reporter ses projets et d’organiser un déplacement d’une journée dans une seule ville au lieu d’une tournée provinciale, ce qu’il avait rejeté.

Le 25 mai 2023, outre M. Katumbi, la police a empêché les candidats de l’opposition Martin Fayulu, Delly Sesanga, Matata Ponyo et leurs militants de se rassembler devant le siège de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Les autorités leur avaient auparavant ordonné de ne pas y tenir le sit-in qu’ils avaient prévu pour protester contre ce qu’ils ont décrit comme un « processus électoral chaotique ».

La police s’est servi de gaz lacrymogènes pour disperser la foule et a passé à tabac certains manifestants. Certains d’entre eux ont réagi en lançant des pierres et des projectiles sur les forces de sécurité. Deux jours plus tard, les autorités ont interdit une autre manifestation de l’opposition dans la ville de Lubumbashi, dans le sud-est du pays, et la police a bloqué certaines rues pour empêcher tout rassemblement.

Human Rights Watch a précédemment documenté la violente répression, le 20 mai dernier, d’une manifestation pacifique tenue par plusieurs partis d’opposition. La police a arrêté des dizaines de personnes et en a gravement blessé au moins 30, dont un enfant.

Le 30 mai, des agents du renseignement militaire ont arrêté le principal conseiller de M. Katumbi, Salomon Kalonda, sur le tarmac de l’aéroport de N’djili à Kinshasa alors qu’il s’apprêtait à embarquer sur un vol avec M. Katumbi et ses collaborateurs. M. Kalonda a été placé en détention au quartier général des renseignements militaires jusqu’au 10 juin, puis transféré à la prison militaire de Ndolo à Kinshasa. S’adressant aux médias le 5 juin 2023, le conseiller juridique à l'état-major des renseignements militaires, le lieutenant-colonel Kangoli Ngoli Patrick, a déclaré que M. Kalonda était accusé de possession illégale d’arme et d’atteinte à la sécurité de l’État. Il a soutenu que M. Kalonda avait été en contact avec le groupe armé M23 et ses soutiens rwandais « pour renverser le pouvoir en place en République démocratique du Congo par tous les moyens ».

Le 8 juin, des membres du gouvernement et les renseignements militaires ont organisé une réunion avec plusieurs ambassadeurs étrangers pour présenter ce qu’ils ont qualifié de preuves à l’appui de ces allégations. Le 14 août 2023, M. Kalonda a été formellement inculpé pour trahison, de possession de documents classifiés et d’incitation du personnel militaire « à commettre des actes contraires à leur devoir ».

Le frère de M. Kalonda, Moïse Della, a déclaré à Human Rights Watch qu’après l’arrestation, la police avait perquisitionné les résidences de M. Kalonda à Kinshasa et Lubumbashi ainsi que certaines propriétés des membres de sa famille, notamment la maison de leur mère âgée de 85 ans. « Ils ont cassé son lit et les fenêtres de sa chambre ainsi que des armoires et un buffet », a déclaré M. Della. « Ils l’ont vraiment traumatisée. Elle est musulmane, mais ce vendredi-là, elle n’a pu aller prier à la mosquée…Ils ont saccagé sa maison et ils ont emporté ses cassettes du Coran. » Des agents du renseignement militaire ont également perquisitionné la résidence de M. Katumbi à Kinshasa.

L’arrestation et la détention de M. Kalonda et les perquisitions manifestement abusives des domiciles des membres de sa famille soulèvent de sérieuses inquiétudes quant aux efforts politiquement motivés pour intimider l’opposition politique, a déclaré Human Rights Watch. Des sources onusiennes et diplomatiques ont déclaré à Human Rights Watch qu’elles craignaient que l’arrestation de M. Kalonda ne réponde à des fins politiques.

Le 20 juin 2023, des membres de la Garde républicaine, une unité militaire qui protège le président, ont arrêté un autre candidat de l’opposition à la présidence, Franck Diongo, à Kinshasa, l’accusant de détention illégale d’arme. Il a été placé en détention à l’état-major des renseignements militaires, puis transféré à la prison militaire de Ndolo le 8 juillet à l’issue d’une audition devant un procureur militaire. Il a été remis en liberté sans inculpation le 15 juillet 2023.

Chérubin Okende, député âgé de 61 ans et porte-parole du parti politique de M. Katumbi, a été retrouvé tué par balle dans sa voiture à Kinshasa le 13 juillet 2023. Le gouvernement congolais a rapidement procédé à deux arrestations, dénonçant cet « assassinat » et annonçant une enquête impliquant « les services de renseignement de pays amis » pour garantir la transparence.

Des experts médico-légaux et des policiers de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation au Congo (MONUSCO) ainsi que des experts sud-africains et belges prêtent apparemment assistance aux enquêteurs congolais, selon un proche de M. Okende et des sources onusiennes et diplomatiques. L’enquête sur le meurtre de Chérubin Okende devrait être crédible, impartiale et transparente et tous les responsables devraient être dûment poursuivis en justice, a souligné Human Rights Watch.

Dans plusieurs affaires récentes, le système judiciaire congolais et les agences de sécurité de l’État – notamment les services de renseignement, la police et la Garde républicaine – ont agi avec partialité, a constaté Human Rights Watch. Dans un mémorandum adressé à la Commission nationale des droits de l’homme le 15 juillet 2023, plusieurs organisations de la société civile congolaise ont appelé le gouvernement à mettre fin aux arrestations et détentions arbitraires par les services de renseignement.

La répression gouvernementale a également un impact sur la couverture médiatique des partis d’opposition, a déclaré Human Rights Watch. Le 31 juillet, l’organisation de défense de la liberté de la presse Journalistes en danger (JED) a exprimé sa profonde préoccupation « face à la montée des actes d’intolérance et de violence physique contre des journalistes par des militants de partis politiques » lors de la couverture d’événements politiques. Le 29 juillet 2023 à Kananga, des partisans présumés du parti au pouvoir ont lancé des projectiles qui ont atteint au moins quatre journalistes et six caméramans couvrant le cortège de Sesanga, qui a également été touché.

Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme a signalé en août que « l’environnement préélectoral en [RD Congo] est de plus en plus caractérisé par un rétrécissement de l’espace civique et des violences politiques et électorales, des arrestations et détentions arbitraires, des enlèvements et des menaces ciblant l’opposition politique, un usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques, et des discours de haine et d’incitation à la violence ». Le Bureau a prévenu que de tels abus « risquent d’entacher la crédibilité du processus électoral » et « augmentent les risques de la violence ».

Dans une déclaration conjointe, les États-Unis, la délégation de l’Union européenne et plusieurs États membres de l’UE, le Japon et le Royaume-Uni ont récemment fait part de leurs préoccupations concernant « l’usage excessif de la force en réponse aux récentes manifestations, les restrictions imposées à la liberté de mouvement ainsi que les arrestations arbitraires ».

Le président Félix Tshisekedi, qui brigue un second mandat, n’a montré que peu d’intérêt à ce que tous les partis politiques puissent opérer librement, a constaté Human Rights Watch. Le 25 juin, dans un discours prononcé dans la province du Kasaï-Oriental, M. Tshisekedi a déclaré qu’il s’attaquerait « sans hésitation, sans remords à tout Congolais qui mettrait en danger la sécurité et la stabilité de notre pays...Peu importe ce qu’on en dira : violations des droits de l’homme, privation de libertés…je n’en démordrai pas parce que démocrate je suis, démocrate je resterai. Je n’ai aucune leçon à recevoir de qui que ce soit dans ces domaines ».

Le gouvernement congolais a l’obligation juridique internationale de veiller à ce que ses forces de sécurité ne violent pas les libertés fondamentales nécessaires à la tenue d’élections libres et équitables, notamment les droits à la liberté d’expression, d’association, de réunion pacifique et de mouvement. Les autorités devraient enquêter et prendre les mesures adéquates à l’encontre des responsables gouvernementaux qui violent ces droits, quel que soit leur poste ou leur rang.

« Arrêter des proches de dirigeants de l’opposition et les empêcher de se déplacer dans le pays ou d’organiser des manifestations et des rassemblements envoie un message effrayant à la veille de la campagne électorale », a déclaré Thomas Fessy. « Le gouvernement devrait d’urgence inverser cette tendance, qui risque d’aggraver une situation déjà extrêmement tendue ».

Les Aigles du Congo : Une nouvelle ère pour le football congolais

Le football congolais autrement, est aujourd’hui‘hui possible grâce à nous et grâce à vous qui nous accompagnez en ce jour, en apprenant tous de nos expériences passées afin d’apporter une nouvelle perspective à ce sport. En dehors des victoires et des réussites, l’objectif de l’équipe dirigeante est de créer une culture du football professionnel en offrant aux joueurs un cadre propice à leur épanouissement, incluant infrastructures, préparation technique et développement personnel.

Les Aigles du Congo s’engagent à incarner l’esprit d’unité nationale, la détermination et la technicité légendaire de leurs aînés, afin de regagner le cœur des amoureux du ballon rond. Ces joueurs d’excellence venant des quatre coins du pays, sélectionnés parmi les meilleurs de leur génération, sont prêts à porter l’étendard au-delà de nos frontières, en Afrique et pourquoi pas à l’international. Ils sont exceptionnels car ils reflètent la vision de notre club, qui est de fournir au jeu des athlètes complets et d’offrir au monde de meilleurs hommes et femmes façonnés selon nos valeurs.

Les Aigles du Congo assurent un environnement équitable et sécurisé pour les joueurs et les supporters où le travail d’équipe, le dévouement, le fairplay, sont appliqués et respectés à tous les niveaux. Le management s’inscrit en militant des droits des athlètes, promoteurs actifs des corps de métiers du football.L’équipe est enthousiaste à l’idée d’entamer ce nouveau voyage dans l’histoire du football congolais en y marquant son empreinte et ainsi, honorer la mémoire des finalistes de 64 qui ont fait vibrer les stades et les chaumières.

A propos des Aigles du Congo

Les Aigles du Congo est une équipe de football congolaise basée à Kinshasa, véritable symbole de fierté nationale et de renouveau. Initiée par M. Vidiye Tshimanga, propriétaire et fondateur, cette équipe est composée de joueurs talentueux venant de différentes régions de la RDC. Leur diversité culturelle et leur passion commune pour le football créent une synergie unique qui devrait révolutionner le football congolais. La section féminine est en cours de formation, à la recherche des perles rares et uniques. Le Président de l’équipe est M. Yannick Tala-Ngai, également vice-président de l’équipe de coordination du club.

Les points forts et faibles du processus électoral en cours vus par des organisations de la société civile

 1. Introduction

Les Organisations de la Société Civile, AETA, ASADHO, CONAFED, NSCC, CRONGD/KANANGA, RESEAU CREF, CONAPAC ainsi que les membres de la synergie multi-acteurs du Kasaï Oriental se sont réunis du 18 au 19 août 2023 à Mbuji-Mayi. Ces assises ont rassemblé 40 participants de Mbuji-Mayi et ceux venus des territoires de la province du Kasaï Oriental.

Ce Forum avait pour but d'évaluer les prestations des Organisations de la Société Civile face à leur autonomie sociopolitique et financière ; Inventoriées les défis de l’autonomie sociopolitique et de l’autonomie financière de la Société Civile, de la promotion du Genre ainsi que les défis liés à la mise en œuvre du processus électoral ; faire le choix des meilleures stratégies pour une bonne capitalisation en vue de renforcer l’apprentissage collectif et un plaidoyer concerté et cohérent de la Société Civile.

Durant ces deux jours, des échanges et réflexions ont été menés sur les défis de la prise en compte du genre dans le contexte électoral, les défis d’un processus électoral crédible, inclusif et apaisé ainsi que sur les défis et perspectives de l’autonomisation de la société civile du Kasaï Oriental. Il se dégage les constats suivants :

2. Contexte de la province du Kasaï Oriental

2.1. Situation politico sécuritaire de la province

• La province du Kasaï Oriental est une entité politique et administrative constituée par 5 territoires, une chefferie, 20 Secteurs, une ville et 5 communes.

• Les institutions provinciales sont dirigées par des autorités intérimaires. Le Président de l’Assemblée provinciale et le Gouverneur de province étant déchus par des motions initiées par les députés provinciaux.

• Le Gouvernement provincial fait face à l’insécurité urbaine caractérisée par des cas vols à mains armées et de banditisme

• En milieux ruraux, on déplore d’innombrables cas des conflits intercommunautaires de même que les conflits de pouvoir coutumier.

2.2. Situation socioéconomique de la province

• La situation sanitaire de la province reste précaire caractérisée par l’accès difficile à l’offre des soins de santé

• Les infrastructures sont en pleines réhabilitation allant des Centres de santé aux Hôpitaux

• La protection de la femme et de l’enfant ainsi que celle des personnes avec albinisme et des personnes vivant avec handicap pose problème.

• Le taux de violences basées sur le Genre est croissant et nécessité une stratégie d’intervention d’urgence.

• L’environnement économique est très précaire

• La production agricole demeure encore insuffisante

• Contre un besoin total de ± 200 Mégawatts, la desserte énergétique actuelle se situe à moins de 2 Mégawatts, soit plus ou moins 1% de la population desservie alors que la province dispose des atouts nécessaires en potentielles hydroélectriques

• Le taux de desserte en eau dans la ville dans la province s’améliore grâce à plusieurs projets initiés par divers partenaires.

• Les infrastructures de la province du Kasaï Oriental sont en plein réhabilitation dans le milieu urbain comme rural.

3. Analyse du Genre et du processus électoral dans le contexte d’autonomisation de la Société Civile au Kasaï Oriental

3.1. Facteurs du succès

• L’existence d’un cadre de concertation des OSC qui rassemble la majeure partie des organisations de la société civile regroupées en groupes thématiques de travail

• L’existence de quelques OSC qui travaillent dans des domaines d’interventions spécifiques différents

• L’existence des OSC qui sensibilisent les communautés à la participation citoyenne

• L’existence de quelques dynamiques multi-acteurs

• La dénonciation de cas de violation et d’abus des droits de l’homme.

• L’existence des femmes leaders dans les partis et regroupements politiques

3.2. Défis en rapport avec le Genre

• Niveau d’instruction faibles de la plupart des femmes qui aspirent aux fonctions politiques ; • Absence d’un critérium rigide d’alignement des femmes sur les listes des partis politiques ;

Déclaration des OSC du Kasaï Oriental

• Absence des sanctions à l’égard des hiérarchies des partis politiques qui n’appliquent pas les dispositions légales qui favorisent la participation politique  des femmes ;

• Complexe d’infériorité des femmes à prester en politique et/ou à lutter contre les discriminations à l’égard de la femme ;

• La pesanteur de la coutume sur le rôle de la femme en société 

• Faible présence des femmes mentors et coach ;

• Manque de cohésion/méfiance entre les femmes elles-mêmes.

Recommandations aux OSC en rapport avec le Genre

- Encourager la scolarité de la jeune fille

- Mener une campagne d’éducation Genre auprès des leaders religieux, politiques et coutumières sur la promotion de la participation des femmes à la gestion publique

- Organiser les programmes gouvernementaux public et en ligne sur d’éducation civique des jeunes contre les violences et la délinquance juvénile

- Sensibiliser les acteurs politiques à promouvoir l’alignement des femmes dans les postes de responsabilité et sur les listes des candidatures dans le partis et regroupement politiques.

- Organiser des programmes spéciaux d’intégration des personnes vivant avec albinisme et celles vivant avec handicap dans les processus de développement à tous les niveaux.

3.3. Défis en rapport avec le processus électoral

• Le contexte électoral est truffé d’agression et des violences physiques et verbales entre partisans des partis politiques

• Faible connaissance des électeurs sur le rôle et la responsabilité des élus

• Faible mobilisation de l’électorat aux opérations du processus électoral

• Faible maîtrise de la population sur la médiation et le règlement à l’amiable des conflits entre adversaires politiques

• Faible alignement des femmes sur les listes des candidats à la députation nationale.

Recommandations aux OSC en rapport avec le processus électoral

• Accompagner les partis politiques à organiser des campagnes d’éducation de leur partisan à la tolérance politique entre candidats

• Encourager les partis politiques à vulgariser leur projet de société auprès des électeurs

• Organiser une campagne de sensibilisation des électeurs sur le vote responsable et les responsabilités des élus

• Accompagner les communautés à élaborer un cahier des charges de leurs attentes et besoins prioritaires à soumettre aux potentiels candidats pour une prise en compte dès qu’ils sont élus.

• Former les leaders sociaux communautaires sur les techniques de médiation et de règlement pacifique des conflits entre adversaires politiques 

• Mener une campagne de sensibilisation, conscientisation et lobbying auprès des hiérarchies des partis et regroupements politiques pour un alignement conséquent des femmes sur les listes des candidats à la députation provinciale et aux fonctions législatives locales.

Déclaration des OSC du Kasaï Oriental

3.4. Défis en rapport avec l’autonomisation société civile

• Contribuer à la stabilité politique dans la province.

• Accompagner la population à jouir de leurs droits et libertés fondamentaux

• Avoir un plan d’action commun qui coordonne les actions spécifiques dans les secteurs d’interventions des organisations.

• Maintenir et renforcer les relations de partenariat et non conflictuelles avec les gouvernants 

• Garder son indépendance, l’objectivité et équilibre dans ses actions, malgré la nécessité d’un partenariat avec les institutions publiques.

• Résister à l’inféodation de quelque manière que ce soit.

• Collecter des moyens pour la réalisation de leurs plans d’actions

• Assurer la pérennité des projets financés d’une façon ponctuelle par les PTF

• Amener les partenaires à s’aligner sur les programmes qui répondent aux besoins prioritaires, spécifiques des communautés, selon les plans locaux de développement.

• Lutter contre l’exode de l’expertise des organisations locale de la société civile vers les ONG internationales, organismes bi et multilatéraux qui ont plus de moyens.

Recommandations au Gouvernement par rapport à l’autonomisation de la Société Civile

• Associer la Société Civile tout au long du processus de mise en œuvre de l’action publique

• Accorder des subventions aux OSC en vertu de l’application de l’article 37 de la Constitution de la RDC

• Encourager les PTF à aligner leur intervention aux programmes du gouvernement, en assurer un suivi régulier et la pérennisation des acquis des programmes réalisés avec les fonds des PTF.

Recommandations à la société civile par rapport à son autonomisation

• Veiller à garder sa neutralité face aux influences des politiques

• Initier et maintenir des mécanismes de dialogue avec les institutions provinciales

• Organiser des rencontres périodiques d’analyse du contexte et des enjeux en cours

• Initier des activités d’autonomisation économique de la Société Civile

• Maîtriser leur domaine d’intervention et rechercher les informations adéquates en vue d’un accompagnement éclairé et approprié de la population

• S’impliquer dans l’observation citoyenne des élections et l’accompagnement des femmes candidates.

• Se former auprès des organisations et institutions attitrées afin de se professionnaliser et être plus compétitif.

• Développer des approches pacifiques de médiation des conflits communautaires

• Viabiliser le cadre de concertation des Organisations de la Société Civile

• Former les jeunes et préparer la relève de la Société Civile

• Elaborer un plan commun des actions synergiques ans le cadre de la promotion des droits économiques et sociaux de la population, en coordonner la réalisation en responsabilisant chaque OSC partenaire de la synergie.

• Elaborer une Feuille de route des activités à mener pour pérenniser les recommandations du Forum provincial des Organisations de la Société Civile.