APO

samedi 20 janvier 2024

A l’issue de sa prestation de serment : Félix-Antoine Tshisekedi s’engage à favoriser la désignation du porte-parole de l’opposition

Prestation de serment du président Félix-Antoine Tshisekedi. Le chef de l’Etat réélu a saisi cette occasion pour saluer ses adversaires qui ont participé à l’élection présidentielle du 20 décembre 2023. En sa qualité de garant de la cohésion nationale, le président de la République a déclaré qu’il veillerait ; au même titre qu’il exhorterait au Parlement d’assurer l’effectivité du rôle de Porte-parole de l’Opposition, que cette dernière voudra bien désigner, conformément à la Constitution.


Mesdames et Messieurs ;

Distingués invités ;

Mes très chers compatriotes,

J’aimerais, en prélude de mon allocution, rendre grâce à Dieu, Maître des temps et des circonstances, Protecteur Suprême de la République Démocratique du Congo, qui a permis notre présence en ce cadre du Stade des Martyrs de la Pentecôte ; lieu symbolique choisi, ce 20ème jour du mois de janvier 2024, pour abriter cette cérémonie solennelle de mon investiture en qualité de Président de la République.

A nos hôtes venus nombreux, je voudrais dire que votre présence à cette cérémonie historique témoigne de votre appréciation de l’immense bond en avant que vient d’effectuer le peuple congolais sur le long chemin vers l’exercice souverain de la démocratie. Bien plus, votre présence en ces lieux, reflète autant l’amitié que le soutien et l’intérêt que vos pays et vous-mêmes portez à la République Démocratique du Congo et à son peuple.

Revenant sur cet exercice souverain et démocratique, je voudrais particulièrement exprimer, au nom du peuple congolais et au mien propre, mes sincères remerciements aux Nations Unies à travers sa Mission de stabilisation pour la République Démocratique du Congo, de même que la République arabe d’Égypte ainsi que les républiques voisines du Congo et d’Angola pour l’appui logistique fourni, à la Commission Électorale Nationale Indépendante, dans les dernières semaines précédant la tenue des scrutins.

Je ne pourrais également omettre de saluer et de rendre un hommage appuyé à la mémoire de nos héros, de tous nos compatriotes tombés sur le champ d’honneur, ainsi que celui de toutes les victimes de la barbarie de nos agresseurs pour que vive la République Démocratique du Congo dont nous sommes aujourd’hui bénéficiaires.

Par reconnaissance au sacrifice de nos héros et de nos martyrs, je vous prie de vous lever et d’observer un moment de recueillement en leur mémoire... Je vous remercie.

 Excellences Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

Face à ses responsabilités et devant son Histoire, le Peuple congolais, a posé, le 20 décembre 2023, par l’exercice de son droit de vote, un acte à la triple symbolique. En effet, le 20 décembre, le Peuple congolais a clamé son amour indéfectible pour notre cher et beau pays ; il a réitéré son profond attachement à la Démocratie et aux valeurs républicaines qui le transcendent ; tout comme il a préservé, par cet acte, l’héritage nous légué par nos Pères fondateurs dont le sacrifice consenti pour notre liberté, demeure le socle de notre Loi fondamentale.

Appelé à opérer librement son choix parmi les différentes offres qui lui étaient présentées, le Peuple congolais, souverain primaire, a opté, dans sa plus grande majorité, pour la consolidation des acquis glanés du combat auquel je m’étais solennellement engagé le 24 janvier 2019, lors de ma première investiture ; celui, de : « garantir le mieux-être de chaque citoyen et citoyenne de la République Démocratique du Congo » ; de préserver leur dignité et de restaurer leur fierté d’appartenir, en tout temps et en tout lieu, à notre chère et belle Nation.

Le Peuple congolais m’a renouvelé sa confiance, dans la foi et la volonté que se poursuive l’émergence d’un Congo fort, ambitieux, conscient de ses potentialités et avide de progrès ; un Congo plus uni, plus fort et plus prospère.

Mes chers compatriotes,

Ce résultat que nous célébrons ce jour a bénéficié de plusieurs apports spécifiques, que je m’en voudrais de ne pas mettre en exergue. Ainsi, je salue chaleureusement ma famille politique et mes compagnons de lutte de l’Union Sacrée de la Nation, structure qui inclut mon parti l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social Je salue tout autant les candidats à l’élection présidentielle qui se sont désistés en ma faveur, les diverses organisations politiques alliées et celles de la Société Civile qui se sont mobilisées autour du projet que je porte pour notre Nation. Chacun a fait sa part et ma reconnaissance va à vous tous.

Je saisis également cette occasion, pour accomplir mon devoir républicain, celui de saluer mes adversaires qui ont participé à l’élection présidentielle du 20 décembre 2023. Ne dit-on pas que « plus le combat est dur, plus la victoire est belle ».

Vous êtes donc, Mesdames et Messieurs, une composante consubstantielle à l’évènement de ce jour et vous avez, à juste titre, votre place dans la gouvernance de notre pays. En ma qualité de garant de la cohésion nationale, j’y veillerai ; au même titre que j’exhorterai au Parlement d’assurer l’effectivité du rôle de Porte-parole de l’Opposition, que cette dernière voudra bien désigner, conformément à la Constitution.

Mes très chers compatriotes,

Je vous ai entendu ! Et saisissant la gravité de cet instant en prenant Dieu ainsi que l’assistance à témoin ; c’est avec un immense honneur, fort de votre plébiscite et revigoré de votre confiance renouvelée, que je consens à relever cet énorme défi dont je viens d’être à nouveau investi ; celui de présider à la destinée de notre pays pour un second mandat.

Chers compatriotes,

J’ai appris à communier avec vous et à mieux vous connaître dans ce qui vous anime autant que dans ce qui constitue le lot de vos principales attentes et préoccupations. J’ai conscience des attentes que peuvent susciter le chômage, la création d’opportunités d’emploi pour les jeunes, les femmes ou encore les personnes vivant avec handicap, l’autonomisation et la promotion des femmes dans notre société, de même que l’inclusion et la protection des personnes les plus vulnérables ; tout comme j’ai conscience de vos attentes relatives à l’augmentation du pouvoir d’achat, la stabilité du franc congolais, la création d’une véritable industrie qui pourra concourir à la réduction de la dépendance de notre économie aux importations, notamment celles des biens et des produits de première nécessité.

Au-delà des questions relatives à l’emploi, à la cohésion nationale, à l’économie nationale et à la monnaie ; le renforcement de l’État dans sa capacité à : sécuriser la population et ses biens ; à éradiquer l’activisme terroriste et les groupes armés qui sévissent dans la partie orientale de notre pays ; à protéger avec plus d’efficacité nos frontières ; à assurer la défense ainsi que la sauvegarde des intérêts de notre pays partout où ils sont discutés, sont là autant de sujets qui aujourd’hui nourrissent vos préoccupations.

Ces préoccupations, pour lesquelles des actions visibles ont été réalisées au cours du précédent mandat continueront d’être au centre de l’action gouvernementale sous mon impulsion et au moyen de ma vision. Une vision, mieux une ferme prédisposition pour l’action déclinée à travers les six (6) engagements contenus dans le projet de société que je vous ai présenté au moment de solliciter vos suffrages.

Ce nouveau quinquennat aura ainsi pour objectif :

• Premièrement, de créer plus d’emploi : en accélérant la promotion de entrepreneuriat notamment celui des jeunes, et au moyen d’une approche volontariste inspirée de nos réalités sociétales ;

• Deuxièmement, de protéger le pouvoir d’achat des ménages : en stabilisant le niveau de l’inflation et en maîtrisant le taux de change ;

• Troisièmement, d’assurer avec beaucoup plus d’efficacité la sécurité de nos populations, de notre territoire, de nos biens ainsi que la préservation de nos intérêts : au moyen d’une restructuration profonde de notre appareil de sécurité et de défense et par la poursuite du renforcement de notre diplomatie ;

• Quatrièmement, de poursuivre la diversification de notre économie et d’accroître sa compétitivité : en optant pour la transformation de nos produits agricoles et miniers bruts sur notre sol ;

• Cinquièmement, de garantir plus d’accès aux services de base : en veillant à l’extension des programmes tels que ceux de la Couverture Santé Universelle, de la Gratuité de l’Enseignement et du PDL 145T ; et enfin,

• De renforcer l’efficacité de nos services publics.

Ces engagements résument ma détermination à offrir des solutions pragmatiques par la force de la volonté et de la mobilisation des énergies de tous pour la création de plus d’emplois pour les jeunes à la sortie de la formation et pour les personnes en sous-emploi, la maîtrise du coût de la vie, et la garantie de la sécurité des citoyens où qu’ils vivent.

À ces engagements s’ajoute l’épineuse question du désenclavement de nos territoires, dont la solution en termes de financement vient déjà d’être rendue possible, notamment grâce à l’affectation prochaine de fonds issus de l’enveloppe obtenue dans le cadre de la renégociation du projet SICOMINES et qui devrait atteindre un montant global de 7 milliards de dollars américains. A cette question épineuse, se posent-elles aussi celles du développement des chaînes de valeurs agricoles et de l’assainissement de nos villes ; trois défis qui constitueront les trois (3) Initiatives présidentielles prioritaires de ce nouveau mandat.

Mes très chers compatriotes,

L’expression de vos suffrages et le renouvellement de votre confiance à mon égard, interviennent dans une période critique de l’Histoire où de nombreux défis pèsent sur notre devenir collectif. D’abord, sur le plan national, les efforts fournis dans la sécurisation de nos concitoyens et dans la sauvegarde de notre intégrité territoriale se retrouvent mis à mal par les velléités obscures de certains États voisins, d’acteurs extérieurs ou internationaux avec la complicité lâche de certains des nôtres.

En effet, nonobstant votre vigilance, le sacrifice et la bravoure de nos vaillantes Forces de Sécurité et de Défense, les menaces se veulent résilientes ; et pour beaucoup, alimentées par la trahison de certains congolais qui, sans scrupules et sans la moindre considération humaine et patriotique, s’allient à l’ennemi pour faire couler le sang de leurs propres frères et sœurs congolais.

Toujours sur le plan national, se pose le défi de la sauvegarde de notre cohésion nationale qui ne peut se faire qu’au moyen du renouvellement et de la consolidation de notre « vouloir vivre collectif ». Un « vouloir vivre collectif » où seront bannis les fléaux de la haine, du tribalisme, du clanisme et de toutes les antivaleurs qui aujourd’hui minent le développement de notre pays. Bref, un « vouloir vivre collectif » comme valeur sacrée que nous léguerons entière aux générations futures.

Ensuite, sur le plan international, se dresse le défi de l’intégration régionale et du développement de notre continent pour lequel notre pays, la République Démocratique du Congo a significativement contribué, et fort de son potentiel, se veut aujourd’hui plus qu’hier un acteur incontournable, mieux un catalyseur.

Enfin, se pose-t-il le défi du réchauffement climatique pour lequel notre pays se veut être une solution, au regard de ses potentialités naturelles, qui ne sont plus à présenter ; tout comme le défi collectif, de la préservation de notre existence commune face aux idéologies du chaos et à la folie meurtrière qui n’épargnent aucune nation ni aucun pays.

Chers compatriotes,

Je mesure l’ampleur de la tâche qui m’attend ainsi que toute la portée des attentes légitimes qu’évoque cet ultime mandat, dans l’esprit de chaque Congolaise et de chaque Congolais. J’ai, cependant, la certitude que par votre concours et interpellés par ce devoir patriotique qui consiste à rassembler toutes nos forces et nos intelligences, nous serons capables de combler ces attentes et de relever le défi d’assurer la destinée de notre pays.

Mes très chers compatriotes,

Nous y sommes ! Par cette cérémonie solennelle d’investiture, je reprends donc le bâton de commandement que vous m’aviez confié, avec la détermination de maintenir allumé le feu sacré de notre Nation. À présent, il s’agit pour nous de transformer, durant les cinq prochaines années, les prouesses que nous avons réalisées et de parachever l’avènement d’un Congo plus uni, mieux sécurisé et plus prospère. Il s’agit désormais, pour nous, de rester mobilisés et soudés dans notre lutte contre l’insécurité et la pauvreté, nos seuls et réels ennemis.

Il s’agit à présent, pour la Nation, de croire aujourd’hui plus qu’avant, en notre communauté de destin et d’y travailler de manière beaucoup plus harmonieuse ; tout en veillant à ne pas laisser émerger, ni triompher, et en s’assurant à ce qu’ils soient poursuivis dans leur dernier retranchement et qu’ils subissent la rigueur de la Loi, toutes celles et ceux qui ont choisi ou qui seront tentés d’emprunter la voie de l’ignominie et de la barbarie.

Tirant les leçons de l’expérience passée et ayant à l’esprit vos aspirations exprimées, je m’engage à user de tout ce qui est en mon pouvoir pour que les erreurs du passé ne se reproduisent plus et pour que les actions nécessaires à l’avancement de notre pays soient promptement prises. C’est à cela que j’engagerai le Gouvernement qui sera formé, une fois la majorité dégagée. D’ores et déjà, j’appelle tous les animateurs des institutions publiques, à quelque échelon que ce soit, toutes les citoyennes et tous les citoyens à un sens élevé de patriotisme, afin que notre rêve commun à tous, de voir notre Congo dans toute sa splendeur devienne une réalité.

Mes très chers compatriotes,

Désormais investi de la charge suprême de la République, je me tiens en ces lieux pour sceller, avec vous, ce nouveau contrat marqué du sceau de vos sacrifices, de vos aspirations, de votre vitalité et de votre clairvoyance. Aujourd’hui plus que jamais, vous avez démontré à la face du monde, par la force de votre dignité, de votre courage, de votre résilience, de votre vigilance et de la lueur de la flamme patriotique qui jaillit en vous, qu’un Congo transfiguré est né.

Mes très chers compatriotes,

Aujourd’hui, une nouvelle ère est née ! Une ère de maturité incarnée par les valeurs républicaines de paix et de justice ; Une ère de progrès, débarrassée de ce qui jadis nous minait ; Une ère magnifiée par le labeur, l’action juste et consciencieuse des

filles et fils de notre Mère-Patrie ; Une ère transcendée par le serment renouvelé de ne jamais trahir le Congo et son peuple, et de propulser plus haut l’étendard de notre chère et belle Nation ; Enfin, l’ère du renouveau, lancée par un quinquennat que rien ne détournera de sa volonté de réaliser une République Démocratique du Congo, plus unie, plus en sécurité et plus prospère, pour la postérité.

Que vive la démocratie !

Que vive le Peuple Congolais !

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo, son Peuple et

tous ceux qui l’ont choisie comme pays de résidence !

Je vous remercie.

jeudi 18 janvier 2024

Ohada : La RDC cède la présidence en exercice au Sénégal pour un mandat d’une année

Après une année de mandat à la tête de l’Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada), la RDC a passé le commandement de cette institution au Sénégal. La cérémonie de passation de pouvoir s’est déroulée le 16 janvier 2024 à Dakar au Sénégal. Ainsi, la présidente du conseil des ministres, la ministre d’Etat, ministre de la Justice et Garde des Seaux, Rose Mutombo Kiese a cédé sa place o la Garde des Seaux et ministre de la Justice du Sénégal Aissata Tall Sall. La présidence en exercice de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Ohada était présidée par le président de la RDC, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Rose Mutombo Kiese, ministre d'Etat, ministre de la Justice

Le mandat de la RDC a été confronté dès le départ à un énorme défi. Elle a hérité de la présidence d’une Organisation en pleine crise de gouvernance imputable essentiellement à une gestion controversée des ressources humaines et financières. Le climat social délétère et la méfiance des bailleurs de fonds qui en ont résulté, compromettaient gravement le fonctionnement normal de l’Organisation. Dans ce contexte, La République Démocratique du Congo s’est attelée, avant tout, à régler les questions de gouvernance.

En sa qualité de Président du Conseil des ministres et conformément aux textes pertinents, elle a présidé à Kinshasa, trois sessions du Conseil des ministres successivement, les 27 et 28 février, les 29 et 30 août, puis les 16 et 17 octobre 2023. Ces sessions ont notamment permis de résoudre la crise de gouvernance que traversait l’Organisation.

« Mandatée par le Conseil des ministres, j’ai sélectionné un cabinet international chargé d’appuyer l’évaluation du personnel exécutif en fin mandat et de recruter pour postes internationaux ouverts. Ce processus a permis de nommer un nouveau Secrétaire Permanent mettant ainsi un terme aux innombrables vacances de postes et ou intérims qui entravaient le fonctionnement optimal de l’Organisation ».


Rose Mutombo Kiese en audience chez le président Macky Sall

D’autres actions d’importance capitale ont été parallèlement menées au cours de la mandature de la RDC. Au titre des activités normatives, la mandature de la République Démocratique du Congo a permis de voir aboutir le chantier de révision de l’Acte uniforme portant organisation des procédures simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution.

Ainsi, le 17 octobre 2023, le nouveau texte sur la matière a été adopté à Kinshasa et le même jour, le Conseil des ministres a approuvé le nouveau Règlement intérieur de la Cour commune de justice et d'arbitrage de l'Ohada (CCJA) en matière d’arbitrage ; texte phare dans la stratégie de redynamisation du système d’arbitrage de la CCJA. Parmi les réalisations, la République Démocratique du Congo a organisé et abrité les festivités marquant la célébration du 30e anniversaire de l’Ohada.

« C’est donc avec un sentiment de satisfaction que je peux me permettre de dire avec modestie que les actions décisives réalisées sous la mandature de la République Démocratique du Congo ont permis d’assainir le climat social et de remettre l’Ohada en ordre de marche. Ce nouvel élan mérite d’être consolidé, dans une logique de continuation, par d’autres actions importantes. Quant à moi, Je reste disposée pour les échanges sur la bonne marche de l’Ohada et demeure confiante que la République du Sénégal préservera sans aucun doute, les acquis afin de conduire notre Organisation Commune dans cette bonne direction ».

Aujourd'hui 31 ans après voilà que le Sénégal revient pour la deuxième fois à la tête de cette organisation, a déclaré la Garde des Sceaux et ministre de la Justice du Sénégal, Aïssata Tall Sall. Alors quels sont les défis ? Madame la ministre d'État, ministre de la Justice de la RDC qui m'a précédé dans ses éminentes fonctions a dit tout à l'heure et en même temps que le secrétaire permanent de l'Ohada de ce qui est attendu de la présidence du Sénégal. 

"Je crois que c'est un vaste chantier qui est attendu du Sénégal. Il est attendu du Sénégal que nous puissions faire vivre plus qu'auparavant, plus que ce qui a été fait par la RDC et ce qui a été fait par la RDC est remarquable. Il est donc attendu du Sénégal que nous redynamisons davantage l'Ohada. Il est attendu du Sénégal que nous puissions mobiliser les contributions des États membres avant de nous en ouvrir à la sollicitation de nos partenaires. Il est attendu du Sénégal de pouvoir finaliser un Acte uniforme extrêmement importante sur le droit international privé qui est en chantier et que le Sénégal doit mettre en œuvre. Il est attendu du Sénégal la tenue de la Conférence des chefs d'État membres de l'Ohada qui ne s'est pas réuni depuis plus de 10 ans. 

Il est attendu du Sénégal de pouvoir poursuivre mais surtout terminer les réformes institutionnelles qui ont déjà été engagées, celles de la Cour commune de justice et d'arbitrage et celles portant statut du personnel et d'autres réformes encore. Donc, il est attendu du Sénégal beaucoup mais l'espérance ne peut porter que sur cela vers qui on se tourne et l'Ohada se tourne vers le Sénégal. Le Sénégal ne faillira pas à cette responsabilité imminente. Il portera les reformes, il terminera les actes et réunira les instances et les institutions pour que sa présidence soit marquée du seau de la pérennité et de la conviction que nous avons en cette institution d'intégration".

 10 ans sans une rencontre des chefs d'Etat

Ce n'est pas à la volonté qui manque au chef d'État encore moins aux ministres qui exécutent les tâches, a souligné la Garde des Sceaux et ministre de la Justice du Sénégal. Selon ce qui a été décidé et défini par les chefs d'État, c'est souvent des problèmes d'agenda qui font que on y arrive difficilement. On finira par arriver. Le président de la République Démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, qui est le président sortant a dû convier les chefs d'État en RDC à Kinshasa. "Nous étions tous prêts à aller répondre à cette grande invitation qui nous honorait pour enfin que ce sommet puisse se tenir. Malheureusement, les différents calendriers n'ont pas pu concorder et ma sœur Mme la ministre d'Etat Rose Mutombo le rappelait tout à l'heure et nous avons reporté. Qu'à cela ne tienne, ce n'est qu'un report. Les chefs d'État y arriveront parce que le plus important, c'est la conviction et la foi que les présidents successifs à la tête de cette organisation ont et le cœur qu'ils mettent à ce que cette instance des chefs d'Etat puisse se réunir."


Le SG Ohada, Rose Mutombo et Aïssata Tall Sall

Et d'ajouter que "10 ans oui, on peut penser que c'est trop, mais 10 ans pour aussi une organisation qui marche dans toutes ces autres instances disons que c'est encore et c'est toujours le moment de pouvoir le faire. Il n'est jamais trop tard. Le président Macky Sall s'engage à cela. Le connaissant, je sais qu'il va contacter ses pairs et il va tout faire de lui-même pour que cette instance au sommet puisque se réunir à l'image de ce qu'a voulu faire le président Tshisekedi pour la Rdc.

mardi 16 janvier 2024

Assassinat de Laurent-Désiré Kabila : Stupéfaction de la délégation congolaise à la suite de l’observance d’une minute de silence en mémoire du défunt au Somment France-Afrique à Yaoundé

Laurent-Désiré Kabila est assassiné un jour avant sa participation au 21ème sommet France-Afrique du 18 au 19 janvier 2001 à Yaoundé au Cameroun. Dans la capitale camerounaise où se trouvait déjà la délégation de la RDC qui participait à la conférence ministérielle de ce sommet. L'ambassadeur Isabel Machik Tshombe, à l'époque vice-ministre à la Coopération régionale revient sur les circonstances dans lesquelles la délégation congolaise a vécu cette disparition.

« Le 16 janvier 2001 en tant que vice-ministre à la Coopération régionale, j'étais à Yaoundé au Cameroun. Je faisais en effet partie de la délégation congolaise qui devait accompagner le chef de l'État, Laurent-Désiré Kabila au sommet France-Afrique »se rappelle Isabelle Machik Tshombe. La délégation congolaise avait précédé le chef de l’Etat parce qu’elle prenait part à une réunion ministérielle qui avait lieu deux jours auparavant. C’est ainsi que la délégation congolaise conduite par le ministre des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu.

« Nous étions le 16 en train de participer à la Conférence ministérielle qui précédait donc le sommet qui était prévu le 17 et le 18 janvier 2001. C'est au cours de cette Conférence ministérielle que tout à coup j'ai vu le ministre notre ministre des Affaires étrangères, Monsieur Léonard She Okitundu qui s'est levé pour répondre au téléphone ». 

Léonard She Okitundu a demandé à Isabelle Tshombe de prendre sa place. « Je me suis mise à sa place à la Conférence ministérielle sur le siège de la RDC. Ensuite, je l'ai vu revenir. J'estimais qu'il avait pris un visage fermé. Il paraissait inquiet et pâle. Je lui ai demandé ce qu'il avait. Le ministre m'a dit bon je t'en parlerai plus tard ». 

Etant donné que Isabelle Tshombe lui avait laissé le siège, elle a décidé aussi de sortir de la salle où se tenait la conférence ministérielle. Elle s’était retrouvée dans le corridor. C'est là qu’elle a croisé un de ses collègues qui lui lui a tout de suite interpellé en disant « Isabelle, il se passe des choses terribles dans ton pays. Qu'est-ce que c'est ? Il semblerait qu’il y a eu des coups de feu autour de la présidence de la République et que bon Kinshasa est sens dessus dessous. Alors, qu'est-ce que vous pensez de cela ? » 

Évidemment, Isabelle Machik Tshombe n'était pas informée de ce qui se passait à Kinshasa. « Donc, j'ai suggéré à mon collègue d'attendre notre position officielle. C'est ainsi que j'ai commencé moi-même à appeler Kinshasa. Je n'arrivais pas à joindre Kinshasa. Je suis revenue alors voir notre chef de délégation. Je lui ai dit que je venais d'apprendre des choses terribles. Il semblerait qu'on a tiré à la présidence de la République. Il a dit oui justement mais nous ne pouvons plus rester dans cette réunion. Il va falloir d’abord se renseigner au pays exactement pour savoir ce qui se passe ». 

Toute la délégation essayait de prendre une position commune pour établir ensemble le modus operandi  pour pouvoir répondre au questionnement des uns et des autres. « Nous nous sommes retrouvés chez le chef de délégation dans son appartement à l'hôtel où nous étions logés. Ensuite, nous avons décidé de ne pas prendre de position officielle en attendant de joindre Kinshasa. Nous avons essayé évidemment chacun de joindre les siens à Kinshasa, de joindre un collègue ou de joindre un service mais visiblement on a coupé les lignes téléphoniques ». 

La délégation congolaise sera informée par la mission diplomatique de la RDC à New York (Etats-Unis). « C’est elle qui va nous informer qu'effectivement qu’on a tiré du côté du Palais de marbre. Le président Laurent-Désiré Kabila serait touché mais on l'a amené à l'hôpital.  Les autorités congolaises étaient en train de préparer son transfert pour le Zimbabwe. Donc, nous sommes inquiets mais plus ou moins rassurés puisque le président est en vie. Nous restons groupés et nous essayons de garder la tête froide et de ne pas nous laisser aller. Nous évitons évidemment de répondre au questionnement de la presse et puis c'est comme ça que nous allons suivre dans la chambre de notre chef de délégation les informations qui commencent effectivement à expliquer ce qui est en train de se passer ».

La délégation congolaise à Yaoundé attendait bien sûr l'appel du général Eddy Kapend (à l'époque il était colonel). « Nous entendons son appel et nous sommes rassurés en disant bon ben il semble avoir les choses en mains. et bien sûr retour de nous c'est beaucoup de spéculations. Le lendemain, quand commence le sommet France-Afrique. Ce fut le président Gnassingbé Eyadéma qui était le doyen des présidents Francophones qui va prendre la parole. Le président togolais commence par nous demander une minute de silence en mémoire de son frère, le président de la République Démocratique du Congo, Laurent désiré Kabila ». 

C’est le choc pour la délégation congolaise, se souvient Isabelle Machik Tshombe. « Nous sommes choqués pas parce que nous imaginons que c'est la réalité. Nous sommes en train de dire mais ils veulent l'enterrer déjà. Ça nous paraît tout à fait indélicat parce que bien sûr la RDC n'a pas encore annoncé le décès du chef de l'État. Pour sa part, le président français Jacques Chirac prendra la parole à la suite de la déclaration du président Eyadéma. Le président Chirac demandera simplement qu’on puisse soutenir la RDC qui est en train de vivre une épreuve. Il ne suggérait pas que le président de la République était décédé. 

La délégation congolaise a pris part au sommet en essayant d'entrer en contact avec le pays mais surtout en essayant alors maintenant d'organiser un départ pour le pays.« Nous sommes repartis en quittant Yaoundé le 18 janvier 2001. Nous sommes rentrés chez nous par le premier vol que nous avions trouvé juste après le sommet. C'est le 18 janvier 2001 que les autorités congolaises ont annoncé la mort officielle de Laurent-Désiré Kabila le 16 janvier 2001 ».


<script async src="https://pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js?client=ca-pub-6860992813641679"

     crossorigin="anonymous"></script>

mercredi 3 janvier 2024

Moise Katumbi : « Un régime issu de la fraude de la tricherie et du fait accompli veut s'imposer à nous »

« À l'aube d'une nouvelle année, je vous souhaite à chacun de vous une bonne et heureuse année 2024. Qui dit année nouvelle, dit résolutions personnelles. Nous venons de vivre ensemble une histoire qui nous lie à jamais. Je vous remercie tous pour la grande confiance que vous m'avez manifestée tout au long de la campagne où nous avons pu nous parler et dresser de plans d'avenir. Je remercie tous mes alliés pour leur soutien ». C’est ainsi que s’est exprimé le président du parti politique de l’opposition Moïse Katumbi Chapwe.

Le leader D’ensemble pour la République a tenu à remercier tous ses partisans pour le vote massif qu’il lui ont accordé au cours de leurs rencontres. Il a constaté que tous les Congolais veulent tous un avenir meilleur pour leurs familles, leurs enfants, la sécurité pour tous, la santé, les écoles, l'eau, l'électricité, des routes, des ponts, des bacs, de l'emploi, le salaire décent, un logement...

« Toutes ces choses simples qui devraient faire la dignité de tout Congolais nous en rêvons. Je n'ai pas oublié les espoirs que vous avez placés en moi. Je n'ai pas oublié non plus vos exigences sur les qualités de celui qui doit gouverner notre pays. Vous me l'avez clairement exprimé. Vous voulez que le pays soit dirigé par des hommes intègres ayant le sens de la justice et du bien commun. vous exigez qu'on vous rende compte et qu’on vous associe plus étroitement à la gestion du pays tant au niveau national, provincial que local ». 

Lors de la campagne électorale, Moïse Katumbi a pris vis-à-vis des Congolais un engagement, celui de changer le Congo. Il n'entend pas le trahir depuis le braquage électoral du 20 décembre dont « nous sommes tous victimes. Nous vivons une énième usurpation de notre souveraineté. De partout, j'entends monter des cris d'indignation des cris, de contestation, des cris de colère, des cris d'exaspération au mépris de l'expression populaire. Un régime issu de la fraude, de la tricherie et du fait accompli veut s'imposer à nous. Il n’en sera jamais question absolument jamais à l'aube de cette année nouvelle au cours de laquelle nous aspirons à la paix, à la sécurité, à la stabilité et au développement ».

Et d’ajouter que « nous savons tous que nous ne pouvons jamais bâtir une nation apaisée et tisser le lien du vivre ensemble sur le mensonge, la fraude et la tricherie. Nous ne pouvons jamais bâtir un pays, un Etat une nation sans retrouver notre fierté qui appelle à pouvoir choisir librement nos dirigeants. Le serment de liberté que nous ont légués les pères fondateurs repose sur le lien sacré qui doit exister entre le peuple congolais et ses représentants. Tromper notre peuple ne fait qu'aggraver la lancinante crise de légitimité qui perdure dans notre pays et nous fait passer à côté de grands espoirs ».

A tous ceux qui avaient porté leurs suffrages sur Moïse Katumbi, à tous ceux qui savaient qu'ensemble un nouveau Congo est possible, il fait le serment de ne jamais leur abandonner. « Nous entrons aujourd'hui dans une autre phase de notre quête pour la liberté. Nous devons ensemble soustraire notre pays des mains de la prédation, de la corruption, de la gabegie et de toutes les injustices. C'est pourquoi avec d'autres compatriotes, avec les forces sociales et politiques éprises de liberté, Moïse Katumbi pense qu’un sursaut citoyen est nécessaire. Sauver la démocratie congolaise est devenu plus qu'une priorité. C'est un devoir et il ne faillira pas à son devoir citoyen.

Raison pour laquelle, Katumbi demande au peuple congolais de ne pas baisser le bras, de ne pas céder au découragement ou au pessimisme mais bien au contraire de reprendre la marche qu’ils ont engagée ensemble parce que rien n'est fini. « Tout est encore possible et ce nouveau Congo nous y avons droit et nous ne laisserons à personne le droit de briser le rêve que nous avons de le bâtir ensemble ».  

Il rappelle que la Constitution « nous invite à nous opposer à tout groupe d'individus qui veut prendre le pouvoir et s’y maintenir en dehors de la volonté du peuple congolais pour notre dignité et l'avenir de nos enfants. « Nous sommes tenus de souscrire à tous les moyens qu'elle met à notre disposition pour refuser la fraude et l'installation de la dictature. Peuple le congolais, tenons bon, restons mobiliser, le temps de l'action est venu. Par des actions pacifiques démocratiques, nous allons résister et reconquérir notre droit le plus légitime, celui de faire échec à la fraude et de reprendre en main notre destin avec les dirigeants de notre choix ». 

Personne ne peut s’ériger en complice de cette fraude électorale que nous n’accepterons jamais, a conclu Moïse Katumbi dans une vidéo de 7:41. 

mardi 2 janvier 2024

L'ex-Commissaire du District de l'Ituri honorée pour sa bravoure pour la paix par un organisme américain

L’Institut américain pour la paix (USIP) a annoncé le 9 décembre 2023 à Kinshasa la désignation de Mme Pétronille Vaweka comme lauréate du prix des femmes architectes de la paix 2023. C’est un prestigieux prix international, décerné annuellement, pour honorer les femmes dont l’engagement, le leadership et l’impact sont extraordinaires, qui travaillent à consolider la paix et à résoudre les conflits violents dans leurs communautés.

« Quelle belle façon de clôturer la semaine avec une réception pour reconnaître et honorer une partisane de la paix, Mme Pétronille Vaweka. Cette Congolaise est parmi les 4 finalistes au monde pour le prix 2023 des femmes pour la construction de la paix. Depuis que l’Institut américain pour la paix a lancé ce prix il y a à peine 4 ans, deux autres femmes congolaises ont été honorées en tant que finalistes de ce prestigieux international (Mme Julienne Lusenge et Mme Tatiana Mukanire) », a déclaré l’ambassadrice des Etats-Unis en RDC, Lucy Tamlyn.


Mme Pétronille Vaweka

Alors que le monde célèbre les 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre, il s’agit d’une campagne internationale annuelle qui a débuté le 26 novembre 2023, journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et qui se poursuivra jusqu’au 10 décembre 2023 dédiée à la journée des Droits de l’homme.

« Aucun pays d’Afrique n’a connu le niveau de violences, le nombre de morts et les bouleversements internes de la population de l’Est de la RD Congo a subi au cours de ces trois dernières décennies. Comme vous les savez, les femmes et les filles congolaises ont été particulièrement touchées. Nous notons la grave préoccupation suscitée par la résurgence de la violence dans la province du Nord-Kivu à l’Est de la RDC cette année et cette semaine surtout ».

Lucy Tamlyn espère que ce prix et les efforts de l’USIP vont partager l’histoire de Mme Pétronille Vaweka et l’impact de son travail se verront en mettre en lumière et à recentrer l’attention de la communauté internationale sur ce qui se passe  dans la partie orientale de la RDC.

Puis viennent des hommes sont arrivés pour l’argent

« De tel moment, on est remplie d’émotion mais nous sommes habitués d’aller au-delà de nos émotions. Ce prix est également une chance et un cadeau pour la RDC qui peine encore sur la chemin de la paix et qui compte encore des morts tous les jours. Ce prix, je le dédie à mon mari, à mes enfants et à tous ceux qui sont présent dans ce lieu qui ont été à mes côtés à m’encourager et surtout m’accompagner sur le chemin de la paix », s’est réjouie Pétronille Vaweka.

Elle était habillée en noire parce que ce prix n’est pas pour un match de tennis ou de football mais c’est prix pour sauver des vies humaine, a-t-elle lancé à l’assistance. « Nous avons beaucoup de compatriotes qui nous ont quittés. Spécialement aujourd’hui, je pense à 12 personnes qui ont été tuées à ma place. Le chemin de la paix n’est pas un chemin de la joie. Il est un chemin difficile ».

Pour Vaweka, les ennemis de la paix qui sont souvent nos frères n’acceptent pas que les gens épris de paix aillent à l’encontre de leurs intérêts parce qu’ils se nourrissent de sang de leurs frères. Lorsqu’une personne travaille pour la paix, ils ne le supportent pas. Raison pour laquelle toute personne qui travaille pour la paix est la cible de ces ennemis.

« Les 12 personnes avaient pris place dans le véhicule que j’utilisais pour concilier les communautés Hema et les Lendu. Ce jour-là, je n’étais pas dans le véhicule. Ceux qui voulaient ma mort étaient certains que j’étais tuée. Le véhicule partait pour Fataki dans le territoire de Djugu. Ils étaient sûrs que ce jour-là, ils allaient m’avoir. En attaquant ce véhicule, ils avaient sauvagement les 12 personnes qui étaient à bord et leurs corps calcinés ».

Après l’attaque de mon véhicule, le commanditaire voulait lui-même aller annoncer sa mort à ses enfants. « Il était étonné qu’en voulant venir annoncer ma mort, c’est moi qui était sortie de la maison. Imaginez dans quel état il était. C’est pour cette raison que je dédie ce prix à ces personnes innocentes. J’ai voulu travailler pour la paix. Ce n’est pas par passion mais par devoir parce que nous devons travailler pour notre pays. Nous devons sauver la vie de nos frères et sœurs ».

Mmes Pétronille Vaweka et Lucy Tamlyn


Les conflits n’ont pas duré 25 ans puisqu’il y a eu un temps d’accalmie. Les conflits reviennent parce qu’en RDC les gens n’ont pas la culture de la mémoire et de la méritocratie. Ceux qui travaillent ne sont pas reconnus. « Ce n’est pas normal que ce prix je puisse l’avoir des États-Unis. C’est mon pays qui aurait dû m’honorer il y a bien longtemps parce que j’ai gravi tous les échelons ».

Pendant la guerre, elle a travaillé comme humanitaire et pour la défense des droits humains. Elle a été ensuite élue présidente de l’Assemblée spéciale intérimaire de l’Ituri. « Les Congolais oublient que notre pays a été balkanisé. Depuis la guerre de 1998, le Congo a été divisé. Nous, nous avons subi la balkanisation. Nous étions sous l’occupation ougandaise en Ituri. Les gens l’ont oublié. C’est à ce moment que je m’étais levée à les faire partir. Il y avait aussi des Rwandais. Prendre cette responsabilité de demander à nos frères et sœurs avec une équipe à côté de moi que cette guerre ne nous mènera nulle part. Nous sommes Congolais et nous devrions rentrer dans le giron national. Je suis parvenue à le faire. J’ai présenté l’Ituri au Congo sur un plateau d’or. Pas de prix, je n’en avais pas besoin bien sûr ».

Pétronille Vaweka été députée de la transition (1+4 de 2004 à 2008) et ne pense pas qu’il a eu beaucoup de gens qui ont eu cette chance d’être président de l’Assemblée dans une province et député au niveau national. Elle assumé les deux rôles en plus de lobbying qu’elle menait à l’étranger. « Ensuite, on m’a demandé de quitter le Parlement pour devenir commissaire de District de l’Ituri (disons que je jouais le rôle de gouverneur aujourd’hui pendant 4 ans). Je suis partie puisqu’une fois la paix revenue. Les hommes se sont précipités sur l’argent. J’étais la personne qui ne devrait pas être à cette place ».

Si elle travaille pour la paix, pour elle, c’est un devoir et une responsabilité parce qu’elle ne pouvait pas rester les bras croisés pendant que « nos frères et sœurs perdent leur vie. Je m’étais engagée il y a près de 25 ans et je continue mon travail ». Elle a dit à Mme l’ambassadrice des États-Unis en RDC que la diplomatie est une arme puissante et qui va très loin. « Qu’elle nous aide par sa diplomatie à ce que cette guerre de l’Est de la RDC cesse. Elle le peut parce qu’elle a le cœur des femmes. « Elle a la sensibilité des femmes. Je suis très heureuse d’avoir en face de moi une femme qui peut nous aider dans cette diplomatie. Mme l’ambassadrice, je compte sur vous que d’ici là, vous allez mettre ensemble ceux qui ne le veulent pas pour que cesse cette guerre pour que les femmes, les hommes et les enfants ne meurent plus. Chacun d’entre nous dans ce qu’il fait a la capacité, il faut se sentir responsable, ne vous sentez pas loin de de l’Est du pays, nous sommes tous Congolais. Nous devons être interpellés par ce qui se passe dans les trois provinces martyres. Vous pouvez le faire aussi ».

Pétronille Vaweka est fière d’avoir ce prix après Mme Julienne Lusenge. Elle pense qu’il y en aura d’autres femmes qui vont les suivre. « Nous sommes là pour les aider ». «La morte et la destruction règnent dans l’Est de la RDC », ont déclaré les présidentes du Conseil Marcia Carlucci et Megan Beyer. « Pétronille est une femme extraordinairement courageuse qui a travaillé avec acharnement au cours de 30 dernières années pour le changement dans une culture de violence dominée par les hommes ».