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dimanche 8 janvier 2012

Lubumbashi : Une radio communautaire fermée pour 45 jours pour avoir diffusé les programmes de Rfi


La Radio Communautaire du Katanga - Rck -, une station émettant à Lubumbashi, capitale de la province du Katanga - Sud-est de la RD Congo -, a vu son signal coupé, jeudi 5 janvier 2012, pour quarante-cinq jours sur ordre  de M. Munkanya Ilunga, chef de division de la communication du Katanga.  La Rck est accusée d’avoir relayé les programmes de Rfi, interdits par les autorités de Kinshasa.
Selon les informations reçues par Jed, le signal de Rfi diffusé sur la fréquence 105.0 a été coupé, sans préavis ni notification, depuis samedi 31 décembre 2011, sur ordre de M. Lambert Mende Omalanga, ministre de la Communication et des Médias et porte-parole du gouvernement qui l’accuse de « violation des principes édictés dans le cahier des charges des médias audiovisuels en Rdc et des dispositions de la convention liant le gouvernement congolais à la chaîne publique française ». M. Lambert Mende a décidé de transmettre le dossier Rfi au Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la Communication - Csac -, instance de régulation des médias, pour une décision définitive.
Interviewé par une station de radio locale, M. Lambert Mende a, malencontreusement, justifiée sa décision en arguant que «Rfi laisse passer des messages d’incitation à la haine qui appellent les Congolais à s’opposer les uns aux autres par la violence». Le ministre de la Communication et des Médias accuse notamment Rfi d’avoir juxtaposé le message de vœux de fin d’année de M. Etienne Tshisekedi - Président autoproclamé -, à celui, officiel, du Président Joseph Kabila à la Nation.
Journaliste en danger - Jed - condamne avec sa dernière énergie les actes répétitifs de censure à l’encontre de cette station de radio internationale dont le professionnalisme ne peut être mis en doute, et  qui confirment la dérive autocratique du pouvoir en place en RD Congo. Jed demande  par conséquent à la Communauté internationale de multiplier les pressions pour que cesse la répression de la liberté de la presse en RD Congo.
Pour rappel, dans son dernier rapport, Jed a répertorié plus de 160 cas d’atteintes à la liberté de la presse dont près de la moitié ont été commis pendant la période électorale. A l’occasion de la publication de ce rapport qui a indiqué une détérioration importante de la liberté de la presse, Jed a lancé un appel urgent aux autorités congolaises et à la Communauté internationale pour sauver la liberté de la presse qui est gravement menacée en Rdc.  

Olpa atterré par le passage à tabac d’un cameraman à Kinshasa

Kinshasa, le 7 janvier 2012. L’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique - Olpa -, réseau africain d’experts juristes et journalistes volontaires pour la défense et la promotion de la liberté de la presse, est atterré par l’agression brutale et le passage à tabac de Serge Kembila, caméraman à la Radio-télévision Groupe l’Avenir - Rtg@ -, une station privée de télévision émettant à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.

Serge Kembila, cameraman à Rtg@, propriété du député Pius Mwabilu, un proche du président Joseph Kabila, a été passé à tabac par un groupe des fidèles  catholiques en colère, le 7 janvier 2012, dans l’enceinte de la paroisse Saint Joseph de Matonge à Kinshasa. Le passage à tabac de Kembila a eu lieu au moment où le caméraman tentait de filmer la célébration d’un culte religieux par l’évêque auxiliaire de Kinshasa, Mgr Edouard Kisonga.
Les assaillants du cameraman ont cru que Serge Kembila travaillait pour Digital Congo télévision, un média appartenant à la famille biologique du président Kabila et qui serait à la base du lynchage médiatique contre la personne du cardinal Laurent Monsengwo, Archevêque de Kinshasa qui a critiqué la réélection de Joseph Kabila au scrutin du 28 novembre 2011 et réclame le rétablissement de la vérité des urnes.
Sa camera été confisquée et consignée au bureau du curé de la paroisse alors que cameraman de Rtg@ a été acheminé d’urgence dans un centre hospitalier où il est interné.  Plusieurs autres journalistes travaillant pour des médias proches du pouvoir de Kinshasa ont été empêchés d’assister au culte religieux.
Eu égard à ce qui précède, Olpa condamne l’agression brutale d’un professionnel de la presse en plein exercice de son métier. Il s’agit manifestement d’une atteinte grave à la liberté de la presse garantie par la loi congolaise et les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’homme.
En conséquence, Olpa exige que toute la lumière soit faite sur cette agression et invite les autorités de Kinshasa à sécuriser les journalistes durant cette période caractérisée par l’intolérance politique.

Elimination de la Lra au Nord-Est de la Rdc, enfin, les Nations unies et l’Union africaine s’impliquent pour une force conjointe

Une mission conjointe Union africaine et Nations unies a séjourné du 6 au 7 janvier 2012 à Kinshasa pour discuter de l’élimination de la Lra. Cette mission conduite par M. Francisco Jose Madeira, envoyé spécial de l’Union africaine pour la question de la Lra et de M. Abou Moussa, chef de bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale a rencontré les autorités congolaises. 

La délégation conjointe Nations unies et Union africaine a séjourné en Rdc dans le contexte de la mise en œuvre des conclusions prises par les ministres de la Rdc, Rca, Ouganda et le Sud-Soudan affectés par le fléau de la Lra. C’est dans ce sens qu’il fallait obtenir un engagement clair de tous les pays impliqués. Ils sont donc prêts d’aller de l’avant soit pour mettre en place la force régionale opérationnelle conjointe, le centre d’opération et le centre de renseignement conjoint, a déclaré à Kinshasa, le Représentant du président de la Commission de l’Union africaine, M. Francisco Caetaro Jose Madeira.
Il a indiqué trouver une grande réceptivité de la part du gouvernement congolais et de son engagement total à s’impliquer davantage dans ce processus de l’éradication du phénomène Lra. « Nous allons travailler pour que le commandant, le vice-commandant de la force, le chef de centre opérationnel conjoint soient mis en place le plutôt que possible », a soutenu M. Francisco Madeira.
Le phénomène Lra n’est plus une question ougandaise parce que c’est une question maintenant transnationale. C’est pourquoi l’Union africaine a décidé de prendre cette initiative. Les membres de la délégation ont été contents que cette initiative ait été bien acceptée par tous les pays affectés. Dans cette optique, une force conjointe de près de 5.000 hommes sera mise en place dans les jours à venir.
« Nous allons travailler avec nos partenaires particulièrement les Etats-Unis de l’Amérique, l’Union européenne, les Nations unies et bien d’autres. Nous sommes tous déterminés à aider la Rdc et les autres pays affectés à éradiquer une fois pour toute ce fléau représenté par les terroristes de la Lra ».
Quand au temps que cette force pourrait être opérationnelle, il s’agit effectivement de nous assurer que les zones affectées par les Lra soient apaisés, a-t-il tenu à faire savoir. Que la paix et la stabilité retournent dans ces zones pour que les populations retournent dans leurs villages. Ainsi, ils pourront recommencer la travailler la terre et vivre une vie apaisée. En combien de temps, écoutez, le temps c’est le temps qu’il faudra pour neutraliser M. Joseph Kony et ses hommes. Si cette mission prendra un jour, elle prendra un jour, si c’est quatre mois elle va prendre le temps qu’elle prendra.

M. Abou Moussa, le Représentant spécial pour l’Afrique centrale nouvellement nommé a déclaré que l’un des points qu’ils ont évoqué avec les autorités congolaises, était la question de Lra. « Comment nous pouvons aider les pays affectés à mettre fin à ce fléau. Je me réjouie à partir du 14 novembre 2011, le Secrétaire général et même le Conseil de sécurité des Nations unies ont pris de problème au sérieux à tel point qu’il y a une déclaration présidentielle qui nous demande, nous les Nations unies et particulièrement, moi en tant que Représentant spécial pour les Nations unies pour l’Afrique centrale d’appuyer l’initiative régionale de l’Union africaine ».
Les Nations unies accordent le soutien aux actions menées par la Rdc à travers la Monusco. Les Nations unies devront étudier au-delà de la Rdc qu’est-ce qu’il nous fait encore pour que ça soit global. C’est une coordination des efforts qui est menée. Il l’a fallu des engagements de tous les Etats concernés par la question de ce groupe terroriste. « Heureusement que nous l’avons obtenu un écho favorable. Il ne nous reste qu’à nous mettre au travail et de nous assurer que la mise en œuvre de tous ces engagements soient définitifs ».
Dans la foulée, des agences humanitaires offrent de la nourriture aux populations affectées par des éléments de la Lra. En dehors de la nourriture, il faut la réhabilitation des milieux dans lesquels vivaient les déplacés parce que ces zones ont été abandonnées depuis un certain moment. Une évaluation sera faite en février 2012 avec tous les acteurs impliqués à Addis-Abeba en Ethiopie autour de l’envoyé spécial et moi-même pour que nous définissions qu’est-ce que nous avons fait jusqu’ici. Qu’est-ce qui reste à faire et qu’est-ce que nous avons besoin pour la mise en œuvre de toutes les recommandations, a conclue M. Abou Moussa.

Pour un ex-leader d’un groupe armé du Nord-Kivu, Didier Bitaki : « Des habitants de l’Est de la Rdc attendent la sécurisation du pays sinon ils seront amenés à demander la démission du Chef de l’Etat »


Le Congrès patriotique pour la révolution, un ancien groupe armé du Nord-Kivu qui s’est transformé en parti politique après les accords de Goma a donné de la voix au lendemain de la décision de la Cour suprême de justice après l’élection du président Joseph Kabila. Le président de ce parti politique estime que le président élu doit mettre en priorité la question de la sécurité de la partie orientale du pays. Au cas contraire, il demanderait au président élu de démissionner s’il ne parvenait pas remplir ce devoir.
Le président de ce parti, M. Didier Bitaki a déclaré que la Cour suprême de justice est une grande institution qui a mission de dire le droit. Si elle a rendu son arrêt allant dans le sens de confirmer le travail fait par la Céni, « nous ne pouvons que nous plier en tant que légaliste. Mais nous faisons remarquer que certainement la Cour suprême de justice a induit bien d’observateurs et le peuple congolais en général en erreur ».
Même la Commission électorale nationale indépendante - Céni - a reconnu elle-même qu’il y a eu des irrégularités. Les acteurs politiques l’ont reconnu également, y compris les acteurs politiques de la majorité. Il faut ensuite noter des accusations de l’ensemble de l’opposition congolaise. Finalement, la Cour a rendu son arrêt en fonction de quelle analyse, s’est interrogé M. Didier Bitaki. C’était une décision précipitée, estime-t-il. A son avis, il aurait fallu que la Cour suprême de justice prenne du temps pour se prononce en examinant tous les éléments qui lui étaient présentés.
« Nous, nous restons observateurs et nous attendons voir ceux qui se disent gagnants ou ceux qui ont perdu ce qu’ils feront. Nous ne permettront pas que des gens troublent la situation pendant que nous, nous avons vécu des périodes difficiles. Les politiciens savent tenir des déclarations mais ils ne vivent pas les conséquences de leurs déclarations sur le terrain », a prévenu le président du Congrès patriotique pour la révolution.
« C’est nous qui avons subi et qui avons lutté pour que ce pays reste ce qu’il est ». Alors les anciens groupes armés ne sont pas d’accord avec qui que ce soit, - la majorité au pouvoir tout comme l’opposition - là nous ne serons pas d’accord avec ceux oseront troubler la situation pour que le sang des Congolais coulent à nouveau dans les rues pour des questions d’intérêt personnel et non d’intérêt national.
Quant à ce qu’il attend du nouveau président de la République pour les cinq ans à venir sur le plan de la sécurité, M. Didier Bitaki déclare que la question reste toujours sur la table. Nous avons plusieurs fois dans diverses rencontres essayé de s’y attarder dans la recherche des solutions. « Nous avons connu les accords de Goma… Malheureusement, le pays est toujours placé sous des opérations militaires. Je ne sais pas quand est-ce qu’elles vont prendre fin étant donné que la situation est restée la même », se désole-t-il.
Ce que nous pouvons, ce n’est plus une demande mais c’est une exigence parce que dans toutes les promesses qui ont été faites au peuple congolais puisqu’on disait que l’Est du pays devrait en premier lieu être priorisé. Malheureusement, on ne trouve pas encore la solution. Pour l’instant, le nouveau président doit tout faire pour mettre au premier plan la sécurisation de la partie Est du pays. Sinon à défaut de cela, nous ne tarderons pas à lui demander de démissionner s’il ne pourra pas stabiliser la partie orientale de la Rdc. Cette partie consomme les 80 % du budget national qui devrait servir à la reconstruction nationale pour la stabiliser.

vendredi 6 janvier 2012

Goma : Jed exige une enquête immédiate après l’attaque d’une télévision proche de l’opposition par des inconnus qui ont emporté tout son matériel


Journaliste en danger - Jed - est profondément exaspérée par l’attaque dont a été victime une chaîne de télévision proche de l’opposition à Goma, capitale de la province du Nord- Kivu - Est de la Rdc- . Cette attaque vient allonger la liste des médias proches de l’opposition réduits au silence à Kinshasa et dans les provinces depuis le double scrutin, présidentiel et législatif, du 28 novembre 2011.  
Selon les informations recueillies par Jed, Canal Futur Télévision - Cf Tv -, antenne  de Goma, et  appartenant à M. Vital Kamerhe, ancien cadre du parti présidentiel, passé à l’opposition depuis sa démission forcée au poste du président de l’Assemblée nationale et l’un des candidats malheureux à la présidentielle du 28 novembre 2011, a été attaquée, dans la nuit du 3 au 4 janvier 2012, par des inconnus qui ont emporté tout  le matériel composé de six caméras portables, quatre lecteurs Dvd, un mixeur vidéo professionnel, etc.  L’émetteur  ainsi que d’autres dossiers n’ont pas été emportés.   
Contacté par Jed, Lwarhiba Metre, directeur de Cf Tv, a déclaré qu’ils ont quitté la chaîne à 23 heures locales après avoir diffusé une information ayant trait à l’agression dont a été victime M. Léon Kengo, président du Senat et l’un des candidats malheureux à la présidentielle, à Paris, en France. « Dans notre dernière édition du journal, nous avons dit que le Pprd (Ndlr : Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie, parti présidentiel) est entrain de récupérer l’agression dont a été victime M. Léon Kengo en accusant les supporters de l’Udps (Ndlr : Union pour la Démocratie et le Progrès Social, principal parti d’opposition) d’en être des auteurs. », a-t-il déclaré. Les assaillants ont cassé une fenêtre avant de s’introduire dans les installations de Canal Futur Tv, situé à quelques  encablures d’un poste de la police.
Pour rappel, Canal Futur Tv, antenne de Kinshasa, capitale de la Rdc, a été interdite d’émettre, depuis le 28 novembre 2011, par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel de la Communication - Csac - pour avoir diffusé « des propos comportant des accusations sans preuves contre un adversaire politique ». Cette chaîne reste fermée au-delà du délai de sa suspension. 
Jed  demande aux autorités provinciales d’ouvrir une enquête immédiate pour tirer au clair cette affaire.   

Olpa indigné par le cambriolage spectaculaire d’un média à Goma

Kinshasa, le 5 janvier 2011. L’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique - Olpa -, réseau africain d’experts juristes et journalistes volontaires pour la défense et la promotion de la liberté de la presse, exprime son indignation et condamne avec la dernière énergie le cambriolage spectaculaire des installations de la station provinciale de Canal Futur Télévision - Cf Tv -, chaîne privée de télévision émettant à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo - Rdc -.
Les installations de Canal Futur Tv, propriété de Vital Kamerhe, candidat malheureux au scrutin du 28 novembre 2011, ont été attaquées dans la nuit du 3 au 4 janvier 2011, par des individus non autrement identifiés qui ont emporté un nombre important de matériel de la télévision - caméras, lecteurs Dvd, mixeur vidéo -, avant de disparaître dans la nature.
Ce cambriolage est survenu quelques heures seulement après la diffusion par Cf Tv Goma, dans son journal du 3 janvier 2011 à 23 heures locales des informations relatives à l’agression en France du président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, et la récupération politique de ce triste évènement par le parti présidentiel Pprd - Parti du peuple pour la reconstruction et le développement -.
Olpa condamne cette attaque contre un média. Il s’agit d’une atteinte grave au droit d’informer et d’être informé garantie par la législation congolaise et les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’homme.
En conséquence, Olpa exige la mise sur pied d’une commission d’enquête sérieuse pour identifier les commanditaires et les exécutants de cet acte ignoble. Olpa appelle également à la réouverture immédiate de Canal Futur Télévision à Kinshasa suspendue illégalement depuis le 28 novembre 2011 sans raison valable.