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mercredi 4 novembre 2026

LCOY RDC 2026 : la jeunesse congolaise appelée à prendre une place active dans la lutte contre le changement climatique

Kinshasa accueille du 3 au 4 novembre 2026 la Local Conference of Youth (LCOY RDC 2026), une conférence nationale hybride consacrée à la participation des jeunes à l'action et à la gouvernance climatiques. Organisée par le Corps des Jeunes contre le Paludisme (CJP-RDC) et FANYA Association, avec l'appui de partenaires techniques et financiers, notamment l'UNICEF, cette rencontre réunit des jeunes de 14 à 35 ans autour des défis environnementaux et des solutions durables.

La jeunesse congolaise entend désormais faire entendre sa voix dans les décisions relatives au changement climatique. C'est l'ambition de la LCOY RDC 2026, qui combine des rencontres physiques à Kinshasa et une participation virtuelle des jeunes issus des différentes provinces du pays et de l'étranger.

L'initiative vise à dépasser le cadre d'une simple conférence de sensibilisation pour mettre en place un véritable espace national de consultation, de dialogue et de formulation de recommandations portées par les jeunes.

Faire des jeunes des acteurs de la gouvernance climatique

Pour les organisateurs, la République Démocratique du Congo, riche de ses forêts, de ses ressources en eau et de sa biodiversité, est particulièrement concernée par les conséquences du changement climatique. Inondations, érosions, perturbation des saisons agricoles, dégradation des écosystèmes et risques sanitaires affectent directement les communautés.

Dans ce contexte, les jeunes ne doivent plus être considérés comme de simples bénéficiaires des politiques environnementales, mais comme des acteurs capables de proposer des solutions, d'influencer les décisions et de participer à leur mise en œuvre.

Coordonnateur pays du Corps des Jeunes contre le Paludisme, Alexis Alison Kabambi a insisté sur la nécessité de passer d'une jeunesse sensibilisée à une jeunesse responsabilisée et véritablement impliquée dans l'action climatique. Il a rappelé que les questions environnementales sont également liées à la santé publique, à la sécurité alimentaire, au développement économique et à la justice sociale. Fort de son expérience dans la mobilisation communautaire et la lutte contre le paludisme, le CJP-RDC considère la protection de l'environnement comme un enjeu essentiel de préservation de la santé et de la vie humaine.

Trois axes prioritaires au cœur des travaux

Les échanges de la LCOY RDC 2026 s'articulent autour de trois principaux axes : la gouvernance climatique, le leadership et la participation des jeunes ; l'adaptation au changement climatique, la résilience territoriale et la justice climatique ; enfin, la protection de l'environnement, la biodiversité et l'inclusion.

Les participants sont appelés à réfléchir aux politiques climatiques, aux mécanismes de participation citoyenne, à la gestion durable des ressources naturelles, à la restauration des écosystèmes et aux solutions locales face aux inondations, aux vagues de chaleur et aux autres risques environnementaux.

La conférence prévoit également des sessions de renforcement des capacités, des consultations nationales, des ateliers thématiques et des échanges avec les décideurs, les experts et les partenaires au développement.

Une attention particulière est accordée à la représentativité des jeunes des provinces, des jeunes femmes et des jeunes vivant avec handicap, afin que les recommandations reflètent la diversité des réalités du pays.

Le Conseil national de la jeunesse plaide pour des engagements concrets

Le président du Conseil national de la jeunesse, Claude Mbuyi, a salué cette initiative, tout en appelant à une participation effective des jeunes à la conception, à la mise en œuvre et au suivi des politiques climatiques. Il a formulé trois exigences majeures : garantir une participation inclusive, investir dans les solutions proposées par les jeunes et assurer le suivi des engagements issus de la conférence.

Il a cité l'agriculture durable, la restauration des écosystèmes, la gestion des déchets, les énergies propres et l'entrepreneuriat vert parmi les secteurs dans lesquels les initiatives des jeunes méritent un accompagnement technique et financier.

Pour le Conseil national de la jeunesse, les recommandations ne doivent pas rester des déclarations d'intention. Elles doivent être traduites en priorités précises, assorties de responsabilités et d'échéances, avec un mécanisme de suivi auprès des institutions et des partenaires.

Vers une déclaration nationale de la jeunesse

L'un des principaux résultats attendus de ces assises est l'élaboration participative de la Déclaration de la jeunesse de la LCOY RDC 2026. Ce document devra consolider les préoccupations et propositions recueillies à Kinshasa et dans les provinces, afin de porter la voix des jeunes congolais auprès des instances nationales, africaines et internationales.

Les travaux pourront notamment s'appuyer sur les données du Climate Landscape Analysis for Children (CLAC), publié en juillet 2026 par le ministère de l'Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat, avec l'appui de l'UNICEF, ainsi que sur les résultats des consultations et sondages U-Report.

À travers cette démarche, les organisateurs ambitionnent de renforcer durablement le dialogue entre la jeunesse, les pouvoirs publics et les partenaires techniques et financiers.

Pour Alexis Alison Kabambi comme pour Claude Mbuyi, l'enjeu est désormais de transformer les échanges en propositions applicables et en actions concrètes dans les communautés.

La jeunesse congolaise ne veut donc plus être seulement l'héritière des conséquences du changement climatique. Elle entend participer pleinement aux décisions et aux solutions qui façonneront son avenir.

LCOY RDC 2026 : l’UNICEF et le gouvernement appellent à une participation active des jeunes à l’action climatique

Le représentant de l’UNICEF en République Démocratique du Congo, John Agbor, a appelé les jeunes Congolais à s’impliquer davantage dans la lutte contre le changement climatique. À l’ouverture de la Conférence locale des jeunes sur le climat (LCOY RDC 2026), à Kinshasa, il a insisté sur la nécessité de transformer leurs propositions en décisions et en actions concrètes.

Il a rappelé que les conséquences du changement climatique sont déjà visibles dans le quotidien des populations : inondations, érosion, contamination des sources d’eau et pertes agricoles. Des phénomènes qui affectent particulièrement les enfants et les jeunes.

Pour John Agbor, ces derniers ne doivent pas être considérés uniquement comme des victimes, mais comme des acteurs capables d'imaginer et de porter des solutions adaptées aux réalités de leurs communautés.

Il a ainsi invité les participants à réfléchir à trois priorités : protéger les communautés face aux risques climatiques, garantir une véritable prise en compte de la voix des jeunes dans les décisions et accompagner leurs initiatives par la formation, les opportunités et les financements.

L’UNICEF plaide pour une jeunesse écoutée et représentée

Le représentant de l’UNICEF a également insisté sur la portée de la déclaration nationale qui sera issue de cette conférence. Celle-ci devra refléter les préoccupations des jeunes de Kinshasa comme celles des autres provinces et servir d’outil de plaidoyer auprès des décideurs.

Évoquant la participation des jeunes aux négociations internationales, il les a encouragés à porter leurs préoccupations et leurs propositions dans les espaces de décision, notamment à la COP21, référence mentionnée dans son intervention, tout en rappelant l'expérience d'Emmanuel, jeune ambassadeur de l'UNICEF, qui avait porté la voix de sa génération à la COP28 de Dubaï.

John Agbor a réaffirmé le soutien de l'UNICEF à l'engagement climatique des jeunes congolais.

Le ministère de l’Environnement mise sur l’innovation de la jeunesse

Représentant la secrétaire générale du ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du climat, Fabien Falizi, chef de division chargé du Développement durable et assurant l’intérim du directeur de cette direction, a salué la mobilisation des jeunes.

Il a rappelé que la RDC dispose d'importants atouts naturels, ses forêts, ses ressources en eau, sa biodiversité et son potentiel en énergies renouvelables. Toutefois, le pays reste exposé aux inondations, aux sécheresses, aux érosions et à la dégradation des écosystèmes.

Face à ces défis, il a souligné les efforts du gouvernement en matière de gouvernance climatique, notamment à travers la CDN 3.0, le processus REDD+, le Plan national d’adaptation, la restauration des écosystèmes et la mobilisation des financements climatiques.

Vers des recommandations adaptées aux réalités provinciales

Pour le représentant du ministère, la réussite de ces engagements nécessite une mobilisation collective, avec une implication effective de la jeunesse.

Il a encouragé les participants à confronter les analyses nationales aux réalités vécues dans leurs communautés afin de formuler des recommandations pertinentes et adaptées aux différents contextes provinciaux.

La conférence devra notamment déboucher sur une Déclaration nationale de la jeunesse de la LCOY RDC 2026, destinée à renforcer le dialogue avec les institutions et les partenaires techniques et financiers.

Fabien Falizi a officiellement déclaré ouverts les travaux, en appelant les jeunes à devenir une force de proposition, d’innovation et d’action pour la protection du patrimoine naturel congolais.


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