La
Dignité humaine ASBL et le Réseau des parlementaires africains contre la
corruption (APNAC-RDC) ont officialisé le 3 novembre 2926 à Kinshasa leur
partenariat à travers la signature d'un protocole de collaboration destiné à
renforcer la transparence dans la gestion publique, la redevabilité et le
contrôle citoyen en République Démocratique du Congo. Au cœur de cette
initiative figure le programme quinquennal « Tofongola Miso » (Ouvrons les
yeux), porté par la Dignité humaine ASBL, avec l'accompagnement de la
coopération allemande à travers le projet Lutte Contre les Flux Financiers
Illicites en RDC (LuCoFFI).
Cette
collaboration vise à rapprocher les citoyens des institutions publiques, à
encourager les dénonciations responsables des actes de corruption et à
promouvoir une gouvernance plus transparente et inclusive.
«
Tofongola Miso », un outil citoyen au service de la redevabilité
Élodie
Ntamuzinda, présidente du conseil d'administration de la Dignité humaine ASBL,
a présenté cet engagement comme une avancée importante dans la lutte contre la
corruption et les pratiques qui fragilisent la gouvernance publique.
Selon
elle, la corruption ne constitue pas seulement une question de contrôle
administratif ou de répression. Elle représente également une atteinte directe
à la dignité humaine, dans la mesure où elle prive les citoyens de leurs
droits, détourne les ressources destinées au développement et compromet l'accès
aux services sociaux de base.
C'est
dans cette perspective que son organisation a initié le programme « Tofongola
Miso », prévu pour la période 2026-2031. À travers sa plateforme numérique, ce
dispositif ambitionne de faciliter la remontée des informations et des
dénonciations citoyennes, tout en rapprochant les populations des institutions
compétentes.
Pour
Élodie Ntamuzinda, l'objectif n'est pas simplement de disposer d'un outil
numérique de collecte des dénonciations, mais de mettre en place un mécanisme
crédible, sécurisé et reconnu par les institutions, capable de produire des
changements concrets dans la gestion des affaires publiques.
Elle
insiste également sur le fait que cette initiative ne doit pas être perçue
comme un instrument de règlement de comptes ou de chasse aux individus. Elle
doit plutôt contribuer à consolider la stabilité, la transparence et la
confiance entre les citoyens et les institutions.
APNAC-RDC
s'engage à mobiliser les députés
La
signature du protocole avec l'APNAC-RDC vient formaliser une collaboration déjà
amorcée par un acte d'engagement. Pour la responsable de la Dignité humaine
ASBL, cette étape traduit une volonté institutionnelle plus ferme d'accompagner
la promotion de « Tofongola Miso » auprès des élus nationaux.
Concrètement,
des rencontres en présentiel et des échanges virtuels seront organisés avec les
députés avant chaque période de vacances parlementaires ainsi qu'à l'occasion
de la rentrée parlementaire.
L'objectif
est de permettre aux élus de mieux maîtriser cet outil, de le promouvoir auprès
de leurs électeurs et de recueillir les préoccupations exprimées à la base. La
démarche prévoit également un mécanisme de retour d'informations afin que les
préoccupations des populations puissent alimenter le dialogue avec les
institutions. Élodie Ntamuzinda considère que les parlementaires occupent une
position stratégique dans ce dispositif, en raison de leur proximité avec les
citoyens et de leur rôle dans le contrôle de l'action publique et la promotion
des réformes législatives.
APNAC-RDC
promet des actions concrètes et une sensibilisation accrue
De
son côté, Jean-Pierre Mpasi za Pamba, président de l'APNAC-RDC, a insisté sur
la nécessité de dépasser les discours pour obtenir des résultats tangibles dans
la lutte contre la corruption.
Il a
annoncé l'engagement des parlementaires à renforcer les actions de plaidoyer et
à sensibiliser davantage la population, notamment à travers les élus qui
entretiennent des contacts réguliers avec leurs bases électorales.
Le
responsable de l'APNAC-RDC a également évoqué la proposition de loi relative à
la protection des lanceurs d'alerte, déjà déposée au Parlement.
À ses
yeux, le programme « Tofongola Miso » s'inscrit dans cette dynamique, en
encourageant les citoyens à signaler les pratiques répréhensibles, tout en les
sensibilisant aux mécanismes de protection et à leurs responsabilités. Il a par
ailleurs établi un lien entre la corruption, les flux financiers illicites,
l'insécurité et les difficultés de développement du pays. Selon lui, les
ressources publiques détournées constituent autant de moyens qui échappent au
financement des besoins essentiels de la population.
«
Moi, j'ai besoin d'actes concrets. Moi, j'attends les résultats », a-t-il
déclaré, appelant les différentes parties à traduire leurs engagements en
actions mesurables.
Dans
cette perspective, il a souhaité qu'une première activité réunissant les
parlementaires et la Dignité humaine ASBL soit organisée avant la clôture de la
session parlementaire, afin de permettre aux élus de s'approprier davantage le
programme et de relayer ses objectifs auprès des citoyens.
Vers
un partenariat tripartite avec l'APLC
Au-delà
de l'accord conclu avec l'APNAC-RDC, la Dignité humaine ASBL envisage d'élargir
cette collaboration à l'Agence de prévention et de lutte contre la corruption
(APLC), avec laquelle elle dispose déjà d'un protocole de collaboration.
Élodie
Ntamuzinda propose ainsi la mise en place progressive d'un cadre tripartite
réunissant la Dignité humaine ASBL, l'APNAC-RDC et l'APLC. Cette architecture
permettrait d'harmoniser les interventions et de préciser les responsabilités
de chaque institution.
Dans
ce dispositif, l'APLC serait chargée de la réception, de l'analyse et du
traitement des dénonciations, ainsi que de la sécurisation et de la
confidentialité des informations transmises.
L'APNAC-RDC
assurerait, pour sa part, le plaidoyer parlementaire, la promotion des réformes
législatives et la sensibilisation des élus et des populations.
La
Dignité humaine ASBL conserverait la responsabilité de la mobilisation
citoyenne, de la gestion et de l'appropriation de la plateforme « Tofongola
Miso », ainsi que de la coordination des activités de sensibilisation avec les
réseaux de la société civile, du niveau national jusqu'aux territoires.
Cette
approche vise à éviter les chevauchements de compétences et à garantir une
complémentarité entre les institutions publiques et les organisations
citoyennes.
La
coopération allemande appelée à poursuivre son accompagnement
La
présidente du conseil d'administration de la Dignité humaine ASBL a salué
l'accompagnement de la coopération allemande, particulièrement à travers le
projet LoCoFFI de la GIZ, dans le renforcement des mécanismes de contrôle
citoyen.
Elle
a également lancé un appel aux autres partenaires engagés dans la lutte contre
la corruption afin qu'ils rejoignent cette dynamique et contribuent à fédérer
les initiatives existantes.
Pour
les initiateurs du programme, l'enjeu dépasse largement l'horizon des cinq
années prévues. Il s'agit de construire des mécanismes durables susceptibles de
bénéficier aux générations futures, en favorisant une meilleure gestion des
ressources publiques, la participation citoyenne et une gouvernance
responsable.
La
réussite de « Tofongola Miso » sera donc évaluée à l'aune de ses résultats :
une population mieux informée, des dénonciations responsables, une transparence
accrue dans la gestion publique et un contrôle parlementaire et citoyen plus
efficace.
À
travers ce partenariat, la Dignité humaine ASBL et l'APNAC-RDC entendent ainsi
faire de la lutte contre la corruption une responsabilité partagée, convaincues
que la redevabilité et la bonne gouvernance constituent des conditions
essentielles à une paix durable et au développement de la République
Démocratique du Congo.
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