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mercredi 4 novembre 2026

CIRGL : Judith Suminwa détaille les mesures de la RDC pour protéger les femmes et les enfants victimes des conflits armés

La Première ministre de la République Démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a plaidé, le 3 novembre 2026, pour une réponse cohérente et concertée face aux conséquences des conflits armés sur les femmes et les jeunes filles dans la région des Grands Lacs, particulièrement dans l’Est de la RDC.

Intervenant au panel consacré au « Leadership parlementaire des femmes au service de la paix, de la sécurité et du développement dans la région des Grands Lacs », la cheffe du Gouvernement congolais a présenté les différentes initiatives engagées par son pays pour protéger les populations affectées par les conflits, renforcer la résilience des femmes et préserver l’avenir des enfants.

Invitée spéciale à la première Conférence des femmes parlementaires de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), organisée à Dar es-Salaam, en Tanzanie, Judith Suminwa a rappelé que l’Est de la RDC subit les conséquences de près de trois décennies de violences armées.

« Vous avez parlé d’instabilité politique à l’Est, moi je vais vous parler d’une guerre à l’Est de la République démocratique du Congo. Ça fait 30 ans, nous avons particulièrement des femmes, des jeunes filles qui subissent les conséquences de cette guerre », a-t-elle déclaré, soulignant la nécessité pour les pouvoirs publics de mettre en place des réponses adaptées à cette situation.

Maintenir l'accès à l'éducation dans les zones affectées par la guerre

Évoquant la situation dans les territoires touchés par les violences à Goma et à Bukavu, la Première ministre a insisté sur l'obligation de préserver les services essentiels, en particulier l'accès à l'éducation pour les enfants vivant dans les zones affectées par le conflit, y compris celles sous occupation.

À ce sujet, elle a mis en avant la prise en charge par le Gouvernement des frais liés à l'organisation des épreuves de l'examen d'État pour les élèves des établissements publics. Cette mesure vise à alléger les charges financières des familles et à permettre aux jeunes, filles et garçons, de poursuivre leur parcours scolaire malgré les difficultés sécuritaires et économiques.

Pour Judith Suminwa, la protection des enfants et la continuité de leur formation constituent des enjeux majeurs dans la réponse aux crises qui frappent l'Est du pays.

L'autonomisation économique des femmes comme priorité

La cheffe du Gouvernement a également présenté les initiatives destinées à renforcer l'indépendance économique des femmes et des jeunes filles. Ces actions reposent notamment sur le soutien à l'entrepreneuriat féminin et la mise en place de programmes d'accompagnement des jeunes.

L'objectif est de donner aux femmes affectées par les conflits des possibilités concrètes de développer des activités économiques, de subvenir à leurs besoins et de renforcer leur autonomie.

« Il est important aujourd'hui d'assurer que nous puissions avoir une réponse cohérente et délibérée par rapport à la problématique des femmes. Pour ça, non seulement dans le cadre de notre programme d'action, nous travaillons sur l'autonomisation de la femme, sur la prise en charge économique de la femme », a expliqué Judith Suminwa.

Elle a insisté sur la nécessité de multiplier les initiatives en faveur de l'entrepreneuriat féminin afin de permettre aux bénéficiaires de disposer de moyens économiques pour faire face aux conséquences de la guerre.

Le Fonds national au secours des survivantes des violences

Abordant la prise en charge des femmes victimes de violences liées aux conflits armés, la Première ministre a évoqué les interventions du Fonds national mis en place à cet effet.

Les mécanismes d'accompagnement concernent notamment les dimensions psychologique, sociale et économique, avec pour ambition de favoriser la reconstruction personnelle et la réinsertion des survivantes.

Judith Suminwa a également fait état de programmes bénéficiant de l'appui des Nations unies. Ceux-ci visent notamment à atteindre les femmes vivant dans les zones difficiles d'accès, grâce à la mobilisation des ressources du budget de l'État et des partenaires.

Cette approche entend ainsi renforcer la prise en charge des victimes, y compris dans les communautés les plus isolées.

Le PDL-145 pour renforcer la présence de l'État dans les territoires

La Première ministre a, par ailleurs, rappelé l'importance du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145) dans l'amélioration des conditions de vie des populations.

À travers la construction d'écoles, de centres de santé et de bâtiments administratifs, ce programme vise à rapprocher les services publics des communautés et à renforcer progressivement la présence de l'État sur l'ensemble du territoire national.

Tout en reconnaissant que sa mise en œuvre n'est pas encore achevée, Judith Suminwa a souligné sa complémentarité avec d'autres initiatives sociales, notamment la gratuité de la maternité.

Cette politique contribue, selon elle, à alléger les dépenses des ménages, à améliorer l'accès aux soins de santé maternelle et à réduire la mortalité des femmes pendant l'accouchement.

Les femmes au cœur des réponses aux crises dans les Grands Lacs

À travers son intervention à Dar es-Salaam, Judith Suminwa a défendu une approche globale de la protection des femmes et des enfants confrontés aux conséquences des conflits armés.

Cette démarche associe la prise en charge des survivantes des violences, l'autonomisation économique des femmes, la continuité de l'éducation, l'accès aux soins de santé et le développement des infrastructures de proximité.

La Première ministre a ainsi placé la participation et l'autonomie des femmes au centre des stratégies de paix, de sécurité et de développement dans la région des Grands Lacs, où les conflits continuent de fragiliser les communautés et de compromettre les perspectives d'avenir de nombreuses familles.

 


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