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mercredi 4 novembre 2026

Grands Lacs : Judith Suminwa plaide pour une participation effective des femmes aux processus de paix

À Dar es-Salaam, en Tanzanie, la Première ministre congolaise a appelé les États de la région à dépasser la simple représentation féminine pour accorder aux femmes une véritable influence dans les décisions politiques, sécuritaires et économiques. Elle a également dénoncé les violences subies par les femmes dans l’Est de la RDC et plaidé pour une paix fondée sur le respect de la souveraineté des États.

La Première ministre de la République Démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a appelé, lundi 2 novembre 2026, à une implication réelle des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, la médiation ainsi que la reconstruction dans la région des Grands Lacs.

S'exprimant à l'ouverture de la Conférence parlementaire des femmes pour la paix et le développement dans la région des Grands Lacs, organisée à Dar es-Salaam, en Tanzanie, la cheffe du gouvernement congolais a invité les États et les institutions parlementaires à aller au-delà des engagements de principe pour garantir aux femmes une participation effective aux processus de décision.

« Notre ambition doit donc être claire : passer de la représentation à l'influence. Et passer de l'influence aux résultats », a-t-elle déclaré devant les délégations parlementaires et les représentants des États de la région.

Cette rencontre intervient vingt ans après la signature du Pacte de Nairobi sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs. Elle constitue, selon Judith Suminwa, une occasion d'évaluer les progrès réalisés en matière de participation politique des femmes et de traduire les engagements régionaux et internationaux en actions concrètes.

Est de la RDC : Judith Suminwa dénonce les violences contre les femmes

Évoquant la situation sécuritaire dans l'Est de la République Démocratique du Congo, la Première ministre a dénoncé les violences attribuées à l'armée rwandaise et à ses supplétifs. Elle a particulièrement insisté sur les conséquences de cette situation sur les femmes et les jeunes filles, confrontées aux violences, aux déplacements forcés, à l'insécurité et à la perte de leurs proches.

« Depuis trop longtemps, elles subissent les violences, les déplacements forcés, la peur et la perte de leurs proches. Notre pays continue de dénoncer l'agression barbare de l'Armée Patriotique Rwandaise et de ses supplétifs dont il est victime, ainsi que les violences qui frappent ses populations dans l'Est ».

La cheffe du gouvernement a Elle a insisté sur la nécessité de ne pas les considérer uniquement comme des victimes des conflits, mais également comme des actrices essentielles dans la recherche de solutions durables. Leur participation doit notamment être garantie dans les mécanismes de prévention des conflits, de médiation et de reconstruction.

Pour Judith Suminwa, la paix dans la région des Grands Lacs doit reposer sur des principes fondamentaux : le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des États, la protection des populations civiles et l'implication effective des femmes dans les processus de décision au sein de leurs communautés.

Elle a insisté sur la nécessité de ne pas les considérer uniquement comme des victimes des conflits, mais également comme des actrices essentielles dans la recherche de solutions durables. Leur participation doit être garantie dans les mécanismes de prévention des conflits, de médiation et de reconstruction.

Pour Judith Suminwa, la paix dans la région des Grands Lacs doit reposer sur des principes fondamentaux comme le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des États, la protection des populations civiles et l'implication effective des femmes dans les processus de décision.

Article 14 de la Constitution : la RDC réaffirme son engagement en faveur des femmes

Sur le plan national, la Première ministre a réaffirmé l'engagement de la République Démocratique du Congo en faveur de la promotion des droits des femmes, conformément à l'article 14 de la Constitution, qui garantit leur participation équitable à la vie nationale et aux institutions publiques.

Elle a également inscrit cette démarche dans la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu'elle a présenté comme un défenseur de la masculinité positive.

Toutefois, Judith Suminwa a souligné que les dispositions légales ne suffisent pas à améliorer durablement les conditions de vie des femmes. Leur mise en œuvre nécessite des moyens financiers, des politiques publiques concrètes et des résultats mesurables.

S'adressant particulièrement aux parlementaires, elle les a invités à mobiliser leurs prérogatives législatives, budgétaires et de contrôle de l'action gouvernementale pour lutter contre les discriminations et les violences basées sur le genre.

Elle a notamment plaidé pour le renforcement de l'éducation des filles, l'autonomisation économique des femmes, l'amélioration de leur accès aux soins de santé ainsi que l'accompagnement des populations déplacées.

« Par la loi, vous pouvez combattre les discriminations et les violences. Par le budget, vous pouvez soutenir l'éducation des filles, la santé, l'autonomie économique des femmes et l'aide aux personnes déplacées ».

Les parlementaires appelés à transformer les engagements en actions

La Première ministre a souhaité que les travaux de Dar es-Salaam débouchent sur des priorités clairement définies, un mécanisme de suivi parlementaire des engagements et une meilleure prise en compte des témoignages et des propositions des femmes directement affectées par les conflits.

Elle a ainsi lancé un appel à une mobilisation collective pour faire de la paix un résultat concret au bénéfice des populations de la région. « Ensemble, faisons de la paix une réalité vécue, et non une promesse répétée ».

Le président en exercice du Forum parlementaire de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (FP-CIRGL), l'Angolais Adão Francisco Correia de Almeida, a insisté sur l'importance du dialogue, de la diplomatie et des solutions politiques durables pour mettre fin aux conflits qui continuent de fragiliser la région.

Il a salué la participation de Judith Suminwa, estimant que sa présence, aux côtés des autres délégations, conférait une dimension politique particulière à cette rencontre.

La Tanzanie mise sur le leadership féminin et la coopération régionale

Ouvrant officiellement les assises au nom de la présidente tanzanienne, Samia Suluhu Hassan, le vice-président de la République unie de Tanzanie, Deogratius John Ndejembi, a également mis en avant le rôle des femmes dans la prévention des conflits, le maintien de la paix et le développement durable.

Il a plaidé pour une meilleure représentation féminine dans les instances dirigeantes et les mécanismes de prise de décision, tout en appelant au renforcement de la coopération entre les États de la région face aux défis sécuritaires.

Son intervention a particulièrement souligné la nécessité de privilégier la solidarité régionale et les réponses concertées aux conflits qui affectent les populations des Grands Lacs.


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