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mercredi 4 novembre 2026

Kinshasa : des coupures d’électricité persistantes sur le feeder 271

Depuis plusieurs jours, plusieurs quartiers des communes de Ngiri-Ngiri et de Kasa-Vubu, à Kinshasa, sont confrontés à une interruption prolongée de la fourniture d’électricité. Alimentés par le feeder 271 de la sous-station Sendwe, ces quartiers subissent des coupures répétitives qui suscitent l'incompréhension et le mécontentement des abonnés.

En cause, selon les explications fournies par des techniciens de la Société nationale d’électricité (SNEL), une panne sur des câbles moyenne tension.

Au-delà de cette panne technique, les consommateurs dénoncent surtout le manque de communication de la part de la société publique. Privés de courant pendant plusieurs jours, ils disent ne recevoir aucune information précise sur l'origine des perturbations ni sur le délai nécessaire au rétablissement de l'électricité.

Le feeder 271 affecté par une panne de câbles moyenne tension

Contacté au sujet de cette situation, un technicien de la SNEL a confirmé une panne sur le feeder 271 de la sous-station C2. Selon ses explications, le défaut a été localisé après deux jours d'interruption de la fourniture électrique.

Les équipes techniques ont notamment constaté un problème d'humidité au niveau des câbles moyenne tension. Cette humidité provoquerait le déclenchement des disjoncteurs, empêchant ainsi la remise en service normale du feeder.

Une première intervention a consisté à éliminer cette humidité. Toutefois, les tentatives de réalimentation du réseau n'ont pas abouti. Les techniciens devaient donc poursuivre les travaux afin d'identifier et de supprimer définitivement le défaut.

Le technicien a indiqué espérer une résolution du problème dans la journée suivante, tout en reconnaissant que les premières interventions n'avaient pas permis de rétablir le courant.

Les abonnés dénoncent le manque de communication

Pour les habitants concernés, l'absence d'informations officielles complique davantage une situation déjà difficile. Faute de communication de la SNEL, certains abonnés pensent avoir affaire à une nouvelle opération de délestage, alors qu'il s'agit, selon les explications techniques recueillies, d'une panne sur le réseau.

Cette situation affecte aussi bien les activités domestiques que professionnelles. Certains habitants éprouvent des difficultés à recharger leurs téléphones et leurs batteries externes, au point de devoir se déplacer vers des établissements disposant de groupes électrogènes.

Un abonné interrogé déplore l'absence de communiqués permettant aux consommateurs de prendre leurs dispositions.

« Si vous nous informez, nous prenons des dispositions », fait-il remarquer, évoquant les difficultés rencontrées pour maintenir son téléphone chargé. Il estime que la direction de la SNEL devrait régulièrement communiquer sur les incidents techniques et les délais prévisionnels de rétablissement.

Des câbles endommagés dans le secteur de Ngiri-Ngiri et Kasa-Vubu

Dans un autre échange avec un technicien, des perturbations ont également été signalées dans des quartiers de Ngiri-Ngiri.

Le technicien contacté a évoqué un câble qui aurait brûlé, entraînant des perturbations sur d'autres départs du réseau. Des câbles de remplacement auraient été recherchés auprès d'un dépôt, avec une installation annoncée pour permettre le rétablissement de la desserte.

La cabine Lokolenge, située sur l'avenue Kasa-Vubu dans la commune de Ngiri, a également été mentionnée parmi les installations concernées. Le service technique a assuré qu'il allait prendre contact avec les agents de cette cabine pour s'informer de la situation et faciliter le suivi de la panne.

Ces explications illustrent la multiplication des incidents techniques qui affectent la distribution électrique dans cette partie de la capitale.

L'étiage ne peut plus être la seule explication aux coupures

Ces nouvelles perturbations relancent le débat sur les difficultés structurelles de la SNEL à assurer une desserte régulière de Kinshasa. Depuis plus de deux décennies, la capitale congolaise connaît des problèmes récurrents d'approvisionnement en électricité, entre délestages, pannes de câbles et interruptions imprévisibles.

Pendant la période d'étiage du fleuve Congo, la baisse du niveau des eaux a régulièrement été avancée pour expliquer les difficultés de production électrique. Mais cette justification ne saurait, à elle seule, expliquer toutes les interruptions enregistrées sur le réseau de distribution.

La question de la deuxième prise d'eau, construite avec l'appui des partenaires chinois durant le mandat du comité de gestion dirigé par Jean-Bosco Kayombo, mérite également d'être éclaircie. Cet ouvrage avait pour objectif de réduire la vulnérabilité des installations aux conséquences de l'étiage.

Alors que le niveau des eaux du fleuve Congo est désormais en remontée, les problèmes de desserte persistent dans plusieurs quartiers. Une situation qui remet au premier plan les questions de maintenance des infrastructures, de renouvellement des équipements et de gestion du réseau de distribution.

Le droit à l'électricité et les nuisances des groupes électrogènes

Au-delà des désagréments quotidiens, les coupures répétitives ont des conséquences sur les conditions de vie des Kinois. Pour pallier les défaillances du réseau public, de nombreux ménages et établissements recourent aux groupes électrogènes.

Cette solution de substitution entraîne cependant des nuisances sonores et des émissions polluantes dans plusieurs quartiers de la capitale, avec des conséquences sur le cadre de vie des populations.

L'article 48 de la Constitution de la République Démocratique du Congo consacre le droit à un logement décent, le droit d'accès à l'eau potable et à l'énergie électrique. Un principe constitutionnel dont la concrétisation reste un défi pour les pouvoirs publics et particulièrement pour la SNEL, chargée de la fourniture de l'électricité.

En attendant des solutions durables, les abonnés de Ngiri-Ngiri et de Kasa-Vubu restent confrontés à une même préoccupation : retrouver une alimentation électrique régulière et, surtout, être informés chaque fois qu'une panne survient.

La question n'est donc plus seulement celle du rétablissement du courant sur le feeder 271, mais aussi celle de la capacité de la SNEL à prévenir les pannes, à entretenir ses installations et à communiquer efficacement avec ses abonnés.


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