Depuis
plusieurs jours, plusieurs quartiers des communes de Ngiri-Ngiri et de
Kasa-Vubu, à Kinshasa, sont confrontés à une interruption prolongée de la
fourniture d’électricité. Alimentés par le feeder 271 de la sous-station
Sendwe, ces quartiers subissent des coupures répétitives qui suscitent
l'incompréhension et le mécontentement des abonnés.
En
cause, selon les explications fournies par des techniciens de la Société
nationale d’électricité (SNEL), une panne sur des câbles moyenne tension.
Au-delà
de cette panne technique, les consommateurs dénoncent surtout le manque de
communication de la part de la société publique. Privés de courant pendant
plusieurs jours, ils disent ne recevoir aucune information précise sur
l'origine des perturbations ni sur le délai nécessaire au rétablissement de
l'électricité.
Le
feeder 271 affecté par une panne de câbles moyenne tension
Contacté
au sujet de cette situation, un technicien de la SNEL a confirmé une panne sur
le feeder 271 de la sous-station C2. Selon ses explications, le défaut a été
localisé après deux jours d'interruption de la fourniture électrique.
Les
équipes techniques ont notamment constaté un problème d'humidité au niveau des
câbles moyenne tension. Cette humidité provoquerait le déclenchement des
disjoncteurs, empêchant ainsi la remise en service normale du feeder.
Une
première intervention a consisté à éliminer cette humidité. Toutefois, les
tentatives de réalimentation du réseau n'ont pas abouti. Les techniciens
devaient donc poursuivre les travaux afin d'identifier et de supprimer
définitivement le défaut.
Le
technicien a indiqué espérer une résolution du problème dans la journée
suivante, tout en reconnaissant que les premières interventions n'avaient pas
permis de rétablir le courant.
Les
abonnés dénoncent le manque de communication
Pour
les habitants concernés, l'absence d'informations officielles complique
davantage une situation déjà difficile. Faute de communication de la SNEL,
certains abonnés pensent avoir affaire à une nouvelle opération de délestage,
alors qu'il s'agit, selon les explications techniques recueillies, d'une panne
sur le réseau.
Cette
situation affecte aussi bien les activités domestiques que professionnelles.
Certains habitants éprouvent des difficultés à recharger leurs téléphones et
leurs batteries externes, au point de devoir se déplacer vers des
établissements disposant de groupes électrogènes.
Un
abonné interrogé déplore l'absence de communiqués permettant aux consommateurs
de prendre leurs dispositions.
« Si
vous nous informez, nous prenons des dispositions », fait-il remarquer,
évoquant les difficultés rencontrées pour maintenir son téléphone chargé. Il
estime que la direction de la SNEL devrait régulièrement communiquer sur les
incidents techniques et les délais prévisionnels de rétablissement.
Des
câbles endommagés dans le secteur de Ngiri-Ngiri et Kasa-Vubu
Dans
un autre échange avec un technicien, des perturbations ont également été
signalées dans des quartiers de Ngiri-Ngiri.
Le
technicien contacté a évoqué un câble qui aurait brûlé, entraînant des
perturbations sur d'autres départs du réseau. Des câbles de remplacement
auraient été recherchés auprès d'un dépôt, avec une installation annoncée pour
permettre le rétablissement de la desserte.
La
cabine Lokolenge, située sur l'avenue Kasa-Vubu dans la commune de Ngiri, a
également été mentionnée parmi les installations concernées. Le service
technique a assuré qu'il allait prendre contact avec les agents de cette cabine
pour s'informer de la situation et faciliter le suivi de la panne.
Ces
explications illustrent la multiplication des incidents techniques qui
affectent la distribution électrique dans cette partie de la capitale.
L'étiage
ne peut plus être la seule explication aux coupures
Ces
nouvelles perturbations relancent le débat sur les difficultés structurelles de
la SNEL à assurer une desserte régulière de Kinshasa. Depuis plus de deux
décennies, la capitale congolaise connaît des problèmes récurrents
d'approvisionnement en électricité, entre délestages, pannes de câbles et
interruptions imprévisibles.
Pendant
la période d'étiage du fleuve Congo, la baisse du niveau des eaux a
régulièrement été avancée pour expliquer les difficultés de production
électrique. Mais cette justification ne saurait, à elle seule, expliquer toutes
les interruptions enregistrées sur le réseau de distribution.
La
question de la deuxième prise d'eau, construite avec l'appui des partenaires
chinois durant le mandat du comité de gestion dirigé par Jean-Bosco Kayombo,
mérite également d'être éclaircie. Cet ouvrage avait pour objectif de réduire
la vulnérabilité des installations aux conséquences de l'étiage.
Alors
que le niveau des eaux du fleuve Congo est désormais en remontée, les problèmes
de desserte persistent dans plusieurs quartiers. Une situation qui remet au
premier plan les questions de maintenance des infrastructures, de
renouvellement des équipements et de gestion du réseau de distribution.
Le
droit à l'électricité et les nuisances des groupes électrogènes
Au-delà
des désagréments quotidiens, les coupures répétitives ont des conséquences sur
les conditions de vie des Kinois. Pour pallier les défaillances du réseau
public, de nombreux ménages et établissements recourent aux groupes
électrogènes.
Cette
solution de substitution entraîne cependant des nuisances sonores et des
émissions polluantes dans plusieurs quartiers de la capitale, avec des
conséquences sur le cadre de vie des populations.
L'article
48 de la Constitution de la République Démocratique du Congo consacre le droit
à un logement décent, le droit d'accès à l'eau potable et à l'énergie
électrique. Un principe constitutionnel dont la concrétisation reste un défi
pour les pouvoirs publics et particulièrement pour la SNEL, chargée de la
fourniture de l'électricité.
En
attendant des solutions durables, les abonnés de Ngiri-Ngiri et de Kasa-Vubu
restent confrontés à une même préoccupation : retrouver une alimentation
électrique régulière et, surtout, être informés chaque fois qu'une panne
survient.
La
question n'est donc plus seulement celle du rétablissement du courant sur le
feeder 271, mais aussi celle de la capacité de la SNEL à prévenir les pannes, à
entretenir ses installations et à communiquer efficacement avec ses abonnés.
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