APO

lundi 24 juin 2019

La Cenco à Félix-Antoine Tshisekedi : "Qu'il assume pleinement ses responsabilités de Chef de l’Etat"


Message de la 56ème Assemblée Plénière des Evêques Membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo
1. Nous, Cardinal, Archevêques, Evêques et Administrateur diocésain, réunis à Kinshasa en Assemblée Plénière ordinaire de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), du 17 au 21 juin 2019, nous sommes penchés, entre autres, sur la situation actuelle de notre pays.
2. En vertu de notre ministère pastoral et prophétique, nous poursuivons notre contribution à l’avènement d’un Congo uni, juste, prospère et solidaire.
                                                                                     
I. LE PEUPLE VEUT LE CHANGEMENT

3. Les élections du 30 décembre 2018 ont suscité un espoir de changement dans le pays. Le Peuple s’est exprimé pour une véritable rupture avec l’ancien système de gouvernance, en vue d’avoir des dirigeants qui le mettraient au centre de leurs préoccupations. C’est dans cette perspective qu’il a salué les premiers gestes du nouveau Président de la République, notamment l’ouverture de l’espace politique et médiatique, la libération des prisonniers politiques, le retour au pays des exilés politiques, le lancement du programme de 100 premiers jours. Ce fait traduit sa volonté d’adhérer au changement voulu pour améliorer les conditions de vie de la population.
4. Cependant, plus les jours passent  nous constatons que la situation n’évolue pas. L’élan pris pour l’avènement d’une nouvelle ère a été brisé par de sérieuses entraves de tous ordres. Cet état de choses compromet l’avenir de notre pays sur plusieurs plans.
                   
II. DES SITUATIONS PRÉOCCUPANTES

Sur le plan socio-politique
5. Nous sommes plus que préoccupés par le temps pris pour les négociations en vue de la désignation des animateurs de certaines institutions, en l’occurrence le Bureau du Sénat et le Gouvernement. Cette manière d’agir, dans le contexte de notre pays, porte de graves préjudices au bon fonctionnement de l’Etat.
6. En outre, le spectacle de la corruption éhontée, lors des élections des Gouverneurs et Sénateurs dans les Provinces, a suscité la question de la crédibilité et du sens de redevabilité de ceux qui ont été proclamés. Ainsi, l’image de notre pays s’en trouve-t-elle sérieusement ternie.
7. Pire encore, l’institutionnalisation de la corruption dans les milieux éducatifs, surtout dans l’organisation des examens d’Etat, compromet gravement l’avenir de notre jeunesse.
8. Après la tenue des élections présidentielle et législative au niveau national et provincial, les élections locales, fondement de la démocratie à la base, pourtant prévues par la Constitution et fixées par la CENI pour le 22 septembre 2019, semblent ne plus faire l’objet des préoccupations des instances compétentes. Le Peuple attend impatiemment et instamment ces élections. Peut-on asseoir la démocratie dans les Entités Territoriales Décentralisées par des acteurs nommés ?
9. La liberté de mouvement de certains acteurs politiques n’est pas garantie dans quelques Provinces et villes de notre pays. Cette restriction de droits des citoyens constitue un recul par rapport à la décrispation du climat politique amorcée.

Sur le plan socio-économique

10. L’économie souffre de faiblesses structurelles héritées du passé. Le chômage persiste, la scolarité et l’accès aux soins médicaux sont un luxe pour beaucoup de familles. Des milliers de personnes, dont un nombre impressionnant d’enfants, vivent dans une insécurité alimentaire sévère, dans un pays au sol fertile, et regorgeant en plus d’abondantes ressources naturelles ! Il s’observe un contraste scandaleux entre l’enrichissement vertigineux d’une minorité de nos compatriotes et l’extrême pauvreté dans laquelle gît la majorité des Congolais, et le fossé ne fait que se creuser.

 Sur le plan sécuritaire et humanitaire

11. L’insécurité perdure dans le Nord et le Sud-Kivu ainsi que dans le Tanganyika ; la violence connaît une recrudescence en Ituri. Nous ne comprenons pas que les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), appuyées par la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo (MONUSCO), n’arrivent pas encore à neutraliser les groupes armés, nationaux et étrangers, entre autres les ADF, la LRA et les FDLR ainsi que les envahisseurs Mbororo qui prolifèrent, sèment la mort et la désolation, comme si l’Etat n’existait pas ! Il est inacceptable que des groupes armés étrangers s’installent, s’entraînent et commettent des crimes en RD Congo, alors qu’ils n’attaquent pas leurs pays d’origine contre lesquels ils sont censés se rebeller. Les populations ont le sentiment d’être abandonnées. Tout porte à croire que le plan de déstabilisation et de balkanisation du pays, orchestré de l’extérieur avec la complicité de certains de nos compatriotes, se poursuit.
12. De même, malgré l’engagement du Gouvernement et l’appui de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans la riposte, la maladie à virus Ebola et aussi la rougeole, continuent à faire de nombreuses victimes parmi nos compatriotes. Nous saluons les efforts de tous les intervenants. Mais, nous déplorons et condamnons les attaques perpétrées régulièrement contre les Centres de Traitement de la maladie à virus Ebola.
13. Une fois de plus, nous exprimons notre compassion et nos condoléances les plus chrétiennes aux familles éprouvées, victimes des violences, des pillages et de la maladie à virus Ebola.
14. Ces événements malheureux, qui secouent notre pays, doivent être pour nous, Congolais, un motif d’assumer nos responsabilités et de resserrer davantage nos liens de solidarité et de fraternité (cf. 1 Co 12, 26), afin de raffermir notre amour pour la Patrie.

 Sur le plan de la justice et des droits humains
15.  La justice est l’un des piliers d’un Etat de droit ; elle grandit une nation (cf. Pr 14,34). Malheureusement, dans notre pays, elle est mal rendue, gangrenée par la corruption et instrumentalisée par le politique. Pour beaucoup de nos concitoyens, l’appareil judiciaire est perçu comme une officine de combines, un espace de règlement des comptes et de cautionnement des injustices. On espérait que l’éclatement de la Cour suprême en trois juridictions (Cour constitutionnelle, Cour de cassation et Conseil d’Etat) allait améliorer l’exercice de la justice. Hélas!, la corruption semble être le principal moyen pour gagner un procès. L’invalidation des mandats de certains députés, par la Cour constitutionnelle, au-delà du délai fixé par la loi, que d’aucuns perçoivent comme sélective, en est bien une illustration. On ne le dira jamais assez : on ne construit pas une nation sur la corruption, le mensonge et la tricherie.

 III. NOS RECOMMANDATIONS

16.   En vue du changement voulu par le Peuple et de la sortie de la crise multiforme, nous recommandons :

            A Son Excellence Monsieur le Président de la République

17. D’assumer pleinement ses responsabilités de Chef de l’Etat ;
18. De changer le système de gouvernance en instaurant un véritable Etat de droit à même de rendre notre pays fort et prospère ;
19. De mettre l’Armée dans les conditions qui lui permettent de répondre efficacement à sa mission de défendre et de sauvegarder l’unité et l’intégrité du territoire national ;
20. De redorer le blason de la Magistrature, particulièrement celui de la Cour constitutionnelle, de façon que le Peuple ait confiance en la Justice.
           
Au Parlement
21. De se mettre réellement au service du Peuple qui a opté pour le changement ; de gérer utilement le temps pour voter des lois qui promeuvent la démocratie plutôt que les intérêts partisans. Dans cette perspective, la révision de la loi électorale en vue de la dépolitisation de la CENI s’avère plus que nécessaire ;
22. De veiller à ce que la majorité au Parlement n’abuse pas de sa supériorité numérique pour faire voter des lois peu favorables au progrès de la démocratie dans notre pays ; de contrôler sans complaisance les membres du Gouvernement et les mandataires de l’Etat ;
23. De ne pas chercher à modifier et à tailler sur mesure des individus ou des partis politiques,  les dispositions de la Constitution, particulièrement celles relatives aux modes des scrutins.
            Au futur Gouvernement
24. De mettre au centre de son action l’amélioration des conditions de vie de la population, spécialement dans les secteurs de l’éducation, la santé et les infrastructures ;
25. De se préoccuper du grave devoir de l’éducation scolaire, entre autres, en régularisant la situation salariale des enseignants non payés ou omis, préalable nécessaire à la gratuité de l’enseignement promise par le Chef de l’Etat.
26. De mettre en place un Comité de lutte contre la corruption ; de travailler à la dépolitisation de l’appareil judiciaire ; de veiller à l’effectivité de l’autonomie des Provinces ;

            A nous, Peuple congolais 
27. De nous unir, d’assumer notre destin et de réaliser que le changement est un combat de nous tous ; de ne pas laisser une minorité prendre en otage notre Patrie et notre avenir ;
28. De nous mettre résolument au travail pour notre développement intégral ; de savoir revendiquer et défendre pacifiquement nos droits.

CONCLUSION

29. Le Peuple veut le changement, car « personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres » (Mc 2, 22). Raison pour laquelle, il s’est fortement mobilisé pour les élections du 30 décembre 2018. N’entravons pas son élan par des subterfuges politiciens dilatoires. Ainsi, avons-nous déjà affirmé dans notre message en 2007 : « la crise de notre pays est avant tout éthique. Le pays a grandement besoin d’hommes nouveaux et intègres. Un changement radical dans le comportement personnel, social et politique pourra apporter une nouvelle manière de gérer la République. Le Congo nouveau sera fondé sur les valeurs républicaines, les valeurs morales de la vie sociale et les valeurs évangéliques ».
30. Par l’intercession de la Vierge Marie, Notre Dame du Congo, et par celle de nos Bienheureux Isidore Bakanja et Marie-Clémentine Anuarite, que Dieu bénisse la RD Congo et son Peuple.
                                    Fait à Kinshasa, le 21 juin 2019


vendredi 21 juin 2019

La République des inconscients (Une chronique du Pr. Voto)


"RDC, la République des inconscients". Le titre n'est pas de moi. Il est de Modeste Mutinga, journaliste de profession, patron du quotidien Le Potentiel paraissant à Kinshasa,  converti depuis en homme politique.
L'auteur procédait ainsi sous ce titre provocateur à un réquisitoire de la classe dirigeante congolaise  qui ne prend pas la mesure des enjeux auxquels le pays est confronté. "Ceux qui nous dirigent sont-ils des hommes d'État ou des politiciens"? Telle est le questionnement qu'il soulève dans ce livre. Une tentative de  réponse est donnée par un autre aîné, le professeur Yoka Lye: un politicien rêve de la prochaine élection, un homme d'État rêve de la prochaine génération.
Mais s'agit-il d'une inconscience des seuls dirigeants ou d'une inconscience collective? Chaque peuple mérite ses dirigeants, dit-on.
"INCONSCIENT", c'est le mot qui a failli plonger le pays dans une guerre civile la semaine dernière. Il a fallu de si peu. Il aurait suffi qu'il y ait un mort dans l'un ou l'autre camp, pour que ça déborda. A voir la parade des jeunes de l'Udps et du Pprd à Kinshasa et à Lubumbashi ; ces milices préparées depuis des années à la violence et à la confrontation, aucun d'eux n'aurait accepté la "défaite". La police serait débordée et le pays aurait pris feu.
Dieu merci, les choses se sont calmées.  L’auteur des propos ayant fait débordé le vase a pris son courage pour demander pardon au Président de la République qu’il a traité d’inconscient devant l’Assemblée nationale.
Mais cet incident devrait  interpeler les Congolais par rapport aux responsabilités des uns et des autres vis-à-vis de la nation. Sommes-nous vraiment conscients de nos actes, de nos propos et   de notre devoir, de  notre responsabilité, dirigeants comme  citoyens, vis-à-vis de la patrie ?
Pendant la transition 1+4, Monsieur Azarias Ruberwa,  Vice-président en fonction,   a qualifié la RDC d’un Etat voyou. Qu’un cadre au sommet de l’Etat traite son pays d’un Etat voyou alors qu’il est lui-même au gouvernement, cela ne devrait nous laisser indifférent.  Il faut ajouter à cela la perception des Congolais par l’étranger, notamment certains voisins qui nous qualifient de BMW, attendez,  Beer, Music and Women. Le Congolais est donc quelqu’un qui adore la bière, la musique,  les femmes et oublie le reste.
La question mérite d’être posée : Sommes-nous effectivement un Etat voyou ? Sommes-nous des BMW ? Sommes-nous, Congolais effectivement, dirigeants et citoyens compris,  des inconscients ?
Nous avons souvent  des réactions  épidermiques  lorsque nous sommes ainsi traités. Mais de fois, ça vaut la peine  de s’interroger soi-même sur ce que nous sommes réellement. 
Lorsqu’un député traite le Chef de l’Etat d’inconscient devant une Assemblée Nationale, au point de soulever une vive réaction de la base du parti présidentiel, ne sommes-nous pas inconscients ?
Lorsque la Présidente de l’Assemblée nationale laisse libre cours au débat sur une ordonnance présidentielle alors que le Président de la République est irresponsable devant le parlement, lorsqu’elle va jusqu’à demander la non-exécution d’une ordonnance présidentielle par le gouvernement, ne sommes-nous pas inconscients ?
Lorsque les partisans du Président de la République envahissent le siège inviolable du parlement, agressant n'importe quel député au passage, n’est-ce pas que nous sommes inconscients ?
Lorsque nous avons tout politisé et tout tribalisé : armée, administration, universités, entreprises publiques, etc. n’est-ce pas là une preuve d’inconscience ?
Lorsque nous avons dépiécé la Gecamines, la poule aux œufs d’or qui finançait  le gros du budget de l’Etat pour créer nos entreprises privées, vendre des parts et brader le reste, ne sommes-nous pas inconscients ?
Lorsque nous avons détruit la SNCC  pour la remplacer par nos véhicules remorques pour transporter les minerais, alors que la SNCC faisait vivre des millions des Congolais qui profitaient du train pour se déplacer et vendre leurs  marchandises ; alors que Stanley qui a créé ce pays a déclaré : ‘’sans le chemin de fer, le Congo ne vaut pas un penny’’, n’est-ce pas que nous sommes inconscients ?
Lorsque nous avons racheté  à vil prix  toutes les maisons de l’Etat à la Gombe pour les revendre dix fois plus cher au lendemain à des  étrangers au point que les institutions de  l’Etat de retrouvent locataires à la Gombe auprès des privés, ne sommes-nous pas inconscients ?
Lorsque nous modifions les lois de la Républiques pour les adapter à notre propre condition, pourvu que nous en tirions le maximum de bénéfice, n’est-ce pas que nous sommes inconscients ?
Lorsque nous avons marchandé les mandats des députés et sénateurs  au grand jour pour  placer au parlement des personnes qui n’ont pas été élus et qui n’ont aucune confiance de la population au non de qui ils parlent, n’est-ce pas que nous sommes inconscients ?
Lorsque le monde crie à la corruption des dirigeants et des juges mais que les procureurs congolais ne voient rien, n'est ce pas que nous sommes inconscients?
Lorsque la haute cour, invalide les députés de l’opposition, permute ceux de la majorité par un verdict inique, exposant ainsi le pays à une instabilité politique après des élections qui ont couté du sang et de l’argent au pays, ne sommes-nous pas inconscients ?
Lorsque des élèves droguent et violent leur condisciple de 13 ans et que les juges les acquittent tout simplement par ce que le commentaire appartient à une certaine famille, n'est ce pas que nous sommes plus qu'inconscients ?
Nous avons atteint, dirigeants et citoyens, un degré d’inconscience et de d'échéance morale tel que le monde nous regarde, étonné de ce que nous sommes en train de faire de ce beau pays que Dieu nous a donné, au point de dire que les Congolais ne méritent pas ce pays.
Léopold II a volé le Caoutchouc aux Congolais en leur coupant les mains,  les belges ont vendu l’uranium du Congo aux américains, les Rwandais pillent le coltan, les chinois s’accaparent gratuitement du cobalt, le Tchad attend prendre l’eau du fleuve Congo de gré ou de force,  le monde s’organise pour s’accaparer de nos  forêt  et de nos terres arables, certains pays voisins ne cachent pas leur ambition d’annexer une partie du territoire congolais.  Pendant ce temps,  nous sommes inconscients de ce qui nous attend demain. Notre inconscience et notre insensibilité a atteint un degré tel que nous ne nous soucions même pas de l’avenir de nos enfants. Ce qui nous importe, c’est aujourd’hui.  Nous ne nous préoccupons pas de ce que nous allons  léguer  comme pays à nos enfants. Nous ne nous soucions pas s’ils seront chassés de la terre de leurs ancêtres. C’est cela justement de l’inconscience congolaise.

Construction d'Inga 3 : Pour la société civile, la BAD ignore les besoins de la population congolaise


La Banque Africaine de Développement ignore les besoins de la population congolaise en promouvant un projet de barrage hydroélectrique qui aura un impact sérieux sur l'environnement et sur le social des communautés locales affectées (accès à la terre, à la nourriture, à l'eau potable, à la forêt)

Lors de sa visite en RDC du 17 au 20 juin 2019, le président du Groupe de la Banque Africaine de Développement a visité le site d’Inga d’où le projet Inga 3 exporterait de l'énergie vers la sous-région plutôt que d'électrifier en priorité la RD Congo.
 
KINSHASA (21 juin 2019) - Une coalition d’organisations de la Société Civile congolaise et de communautés locales affectées par les barrages d’Inga demande au gouvernement congolais et aux investisseurs étrangers, incluant la Banque Africaine de Développement (BAD), de prendre en compte les revendications des communautés locales et de la population congolaise en ce qui concerne le développement du projet Inga 3.

Lors de sa visite en République Démocratique du Congo (RDC) du 17 au 20 juin 2019, M. Adesina, le Président de la Banque Africaine de Développement (BAD) a rejeté toutes les sollicitations de la société civile congolaise et les communautés locales d’Inga visant à le rencontrer. La Coalition d’organisations de la société civile congolaise déplore vivement cette attitude qui frise manifestement un mépris délibéré de la politique des sauvegardes de la Banque Africaine de Développement (BAD), plus spécialement ses principes relatifs à la consultation et à l’implication de différentes parties prenantes dans un projet soutenu financièrement par elle.

Pourtant, dans sa politique du secteur Energie, la BAD promet de s’assurer que les projets de centrales hydroélectriques : i) prennent effectivement en compte les éventuels impacts sociaux et environnementaux, et ce, en conformité avec les normes de protection environnementale et sociale de la Banque; ii) intègrent les incidences du changement climatique; et iii) s’appuient de façon adéquate sur les besoins de développement locaux et nationaux en eau et énergie, tout en accordant l’attention requise à l’impact sur les populations en aval.

« Les risques sociaux et environnementaux élevés du projet d’Inga3 sont évidents. Nous communautés touchées par Inga 1 et 2, luttons depuis des décennies pour obtenir une juste compensation et continuent de subir les conséquences économiques et culturelles liées à la perte de nos terres » explique Albert Tona membre de la communauté d’Inga, « Beaucoup des ménages risquent d'être déplacés à nouveau par Inga 3. »

Depuis son investiture le 24 Février 2019, son Excellence Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi, Président de la République Démocratique du Congo, ne cesse d’en appeler à ses pairs Présidents et d’inviter différents partenaires à venir investir en RD Congo en général et dans le projet Inga 3 en particulier. Ces actions en direction notamment de la Banque Mondiale (BM), du Fond Monétaire International (FMI) et hier de la Banque Africaine de Développement (BAD) sont jusqu’à ce jour menées sans aucune prise en compte effective des revendications des communautés locales d’Inga et de la population congolaise concernant :
1.    La consultation publique préalable ;
2.    L’implémentation de bonnes études indépendantes d’impacts environnementaux et sociaux ;
3.    L’amélioration de la communication sur le projet Inga 3 à travers notamment la mise en place d’un système de communication qui puisse permettre à tous les congolais d’être informés en temps réel sur l’évolution du projet ;
4.    La participation de la société civile en tant que partie prenante au projet et la consultation des communautés locales affectées ;
5.    L’indemnisation des communautés impactées par l’établissement du site d’Inga et les barrages Inga 1 et 2, certaines communautés ayant par conséquent perdu leurs terres ;
6.    Le développement des micro-barrages et d’autres formes des énergies renouvelables pour augmenter le taux d’accès des populations à l’électricité qui est de 9 % hier.
Les organisations signataires recommandent au gouvernement congolais à reconsidérer le développement du projet Inga 3 en vue de prendre le temps de réfléchir sur les stratégies et bonnes pratiques à mettre en place en faveur du développement du secteur énergétique en RD Congo et de l’augmentation du taux d’accès des populations à une énergie propre et durable.

Elles demandent aussi à la Banque Africaine de Développement (BAD) de travailler à faire respecter ses propres principes dans des projets soutenus financièrement par elle.

À propos d’Inga 3
Inga 3 fait partie du plus vaste projet Grand Inga, un projet de complexe hydroélectrique géant dans la province de Kongo Central, visant à atteindre une capacité de production d'environ 40 gigawatts. Les deux premiers barrages, Inga1 et Inga 2, ont été construits respectivement en 1972 et en 1982. L’idée de construire un troisième barrage, Inga3, est quant à elle discutée depuis 2013.

A l’origine, le projet devait fournir 4,8 GW d’électricité, principalement pour être exporté vers l’Afrique du Sud et pour alimenter des mines dans l’est de la RDC. Cependant, la Banque mondiale a annulé son engagement en 2016, semant le désordre dans le projet alors que les investisseurs se sont dérobés. En partie pour répondre aux critiques formulées sur les données économiques erronées du projet, le gouvernement a annoncé en 2017 qu’il redéfinirait le projet, avec l’intention de doubler la capacité de production, pour atteindre plus de 10 GW. L’Agence pour le Développement et la Promotion du Projet Inga (ADPI) a demandé aux deux consortiums concurrents qui ont soumissionné pour développer le projet—un consortium dirigé par China Three Gorges Corporation et un autre comprenant le groupe espagnol ACS, présidé par Florentino Perez, président du club de football du Real Madrid, de présenter une offre commune. Depuis Décembre 2019, un accord pour le Développement Exclusif a été signé entre le gouvernement Congolais représenté par ADPI d’une et de l’autre le consortium représenté par les deux entreprises.

samedi 15 juin 2019

Construction du pont route-rail Kinshasa et Brazzaville, la polémique enfle au sein de la communauté Kongo


Les jeunes de la province du Kongo Central ont adressé un mémo à l’intention du président de la République Démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi.

« A cette période où notre pays entre dans une nouvelle aire de son histoire, il vous sera déposé sur la table plusieurs projets dont les uns peuvent faire l’objet du développement du pays et pour les autres d’une incidence négative ou quasiment pas de développement.
A cet effet, nous, les jeunes du Kongo Central vivant a Kinshasa, vous adressons ce mémorandum pour vous mettre à vos responsabilités car vous avez juré de maintenir l’intégrité du territoire de la nation congolaise et aussi la constitution par son article 69 al.3 fait de vous le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la souveraineté nationale et du respect des traités et accords internationaux.
C’est avec indignation que nous avons appris par les voies de médias l’annonce du début des travaux du pont route rail qui reliera la République Démocratique du Congo par la ville province de Kinshasa et la République Populaire du Congo par Brazzaville d’autant plus que notre pays, la République Démocratique du Congo,  avait jadis posé quelques préalables avant la réalisation du dit projet notamment la construction du port en eau profonde de Banana.
Les jeunes du Kongo central voudraient savoir où en sommes-nous avec les dits préalables? Car pour l’instant d’après nos sources la réalisation du projet de port en eau profonde ne se trouve que dans sa phase préparatoire et jusque-là aucuns signaux forts de votre part pour sa réalisation, ainsi avec le nouveau gouvernement en gestation, nous espérons que vous en tiendrez compte dans votre programme.
Ainsi dit, nous nous insurgeons contre toute tentative de la réalisation du projet pont route rail KINSHASA-BRAZZAVILLE pour des raisons suivantes :
v  La province du Kongo Central, étant parmi les provinces contribuant le mieux dans les recettes nationales se voit menacer car plusieurs de celle-ci trouvent leurs sources dans les activités portuaires, notamment le port international de Matadi et celui de Boma. Sur ce, à notre avis, construire un port en eau profonde fera gagner d’avantage notre pays puis pourra vous permettre aussi d’atteindre vos objectifs.

v  Les activités portuaires donnent de l’emploi à plusieurs fils et filles de la République, si vous tenez à réaliser le projet du pont route rail, vous travaillerez contre cette population qui vous ont fait confiance pour leur guider vers le destin qui est un avenir radieux, ainsi même votre célèbre slogan LE PEUPLE D’ABORD n’aura plus son sens pour la population vivante dans la province du Kongo Central étant donné que la quasi-totalité des activités portuaires seront en cessation et ce personnels se retrouveront en chômage, chose qui ne fera qu’aggraver la situation du pays.
v  Notre pays, avec des taxes colossales dont fait l’objet toutes exportations et importations tant dans des voies aériennes que maritimes et face à la concurrence régnante dans le commerce international, nous nous retrouvons perdants dans un tel accord qui ne bénéficie qu’aux étrangers, c’est-à-dire plusieurs de ces opérations pourraient se faire dans des pays ayant des impositions abordables et le trésor publique aurait de plus en plus de soldes déficitaire dans ce domaine qui avant ce projet de pont route rail faisait gagner plus à celui-ci.
v  La liste n’est pas exhaustive.
Face à cela, excellence monsieur le président de la république  nous vous invitons à prendre vos responsabilités tout en vous demandant ceci :
·         Voudriez-vous voir la population vivante dans la province du Kongo Central croupir dans la misère suite à la réalisation du dit projet ?
·         Accepteriez-vous sous votre mandat que la  République Démocratique du Congo soit balkanisée en perdant la province du Kongo central ?
A notre humble avis, nous osons croire que les deux questions posées ci-dessus auraient une réponse négative qui est NON ;
Et c’est pourquoi, nous, également, disons NON à la construction du pont route rail de Kinshasa-Brazzaville sans qu’en premier lieu ne soit réalisé le projet de port en eau profonde de Banana car l’histoire nous renseigne qu’il a fallu à Léopold II de sacrifier une partie de la terre qui lui revenait pour que notre pays, la République Démocratique du Congo aie l’accès à l’océan Atlantique et pourquoi n’est pas en profiter si les autres en font autant ?
En exploitant le minerais de l’espace du Grand Katanga, pouvez-vous demander la délocalisation de la Gécamines au profit d’une autre province ou d’un autre pays ?
Alors, pourquoi priver la province du Kongo central de ses ressources naturelles qui peuvent sauver la nation?
Enfin, nous disons que l’histoire retiendra de ce que vous aurez à faire de ce pays autant comme vos prédécesseurs et nous voulons que pour la population du Kongo Central, une bonne note vous soit accordée car malgré ces multiples soutiens, dévouement et accompagnement à vos prédécesseurs, cette province s’est toujours sentie marginaliser.
Nous avons le devoir de vous rapporter nos idées afin que vous et nous contribuions au développement de notre pays, c’est pourquoi nous vous demandons de revenir à la raison qui est la construction du port en eau profonde de Banana pour permettre à nous, la population, de jouir du bonheur que Dieu a procuré à notre pays.
Le port en eau profonde de Banana entraîne en lui plusieurs projet qui fera avancer le pays vers l’émergence tant souhaité par tous car à l’étape où nous sommes notre pays, la République Démocratique du Congo, a plus besoin des projets d’investissement que des projets de développement communautaire.
Nous voulons vous voir agir parce que c’est à vous que revient cette autorité, ainsi des plus grandes manifestations seront organisées au cas où le projet de construction du port en eau profonde ne sera pas repris dans votre programme quinquennal et/ou le projet de pont route rail y sera la priorité.
Avec beaucoup de sympathie nous vous invitons à PRIVILEGIER LE PORT EN EAU PROFONDE DE BANANA ».


mercredi 12 juin 2019

RAWBANK publie son Rapport Annuel 2018 en hausse


Kinshasa, le 12 juin 2019 - RAWBANK, le numéro un du secteur bancaire de République Démocratique du Congo (RDC), publie le 12 juin 2019 son Rapport Annuel 2018, avec des résultats marquant une croissance encore accélérée par rapport à 2017. Ces excellents résultats témoignent de l’ambition de RAWBANK de « Voir grand pour le Congo ». En effet, après une année 2017 marquée par les incertitudes économiques et politiques, RAWBANK a su anticiper la conjoncture en optimisant le déploiement de ses agences, et en développant la gamme des services proposés à ses clients. « Voir grand pour le Congo » selon RAWBANK, c’est démontrer un engagement constant à dépasser les attentes, anticiper les difficultés, et innover sans cesse au service de tous ceux – entreprises, particuliers – qui contribuent à la modernisation de l’économie congolaise.

La banque affiche ainsi d’excellents résultats et des chiffres en forte progression. Au 31 décembre 2018, ses dépôts atteignent 1,15 milliard de dollars (1.889 milliards de francs congolais, soit une hausse de 27 % par rapport à 2017) ; ses crédits à décaissement 665 millions de dollars (1 084 milliards de francs congolais, +59,5 %) ; son résultat net 23, 68 millions de dollars (38 milliards de francs congolais, +311 %) ; son produit net bancaire 155 millions de dollars (253 milliards de francs congolais, +56 %) ; et son total bilan de 1,67 milliard  de dollars (2.737 milliards de francs congolais, +25 %).

En tant que première banque de RDC, RAWBANK continue à développer l’accueil grâce à l’ouverture et la rénovation d’agences à travers tout le pays. En 2018, la stratégie poursuivie a été double, avec d’une part la décentralisation de la gestion des agences pour leur offrir plus de pouvoir et d’efficacité, et d’autre part l’extension et l’adaptation du réseau d’agences en fonction des besoins locaux et de leur performance passée. RAWBANK confirme ainsi croissance, expansion et stabilité, grâce à une offre innovante et de proximité, et une gestion rigoureuse en conformité avec les plus hauts standards internationaux.

« RAWBANK a su mettre en avant un esprit entrepreneurial qui la place au plus près des exigences et des attentes du terrain. C’est ce même esprit qui nous met au diapason de nos clients, grandes entreprises ou PME, créatrices de valeur et attentives comme nous aux grands équilibres et aux forces structurantes du marché, et explique les excellentes performances de notre banque », explique Thierry Taeymans, Directeur Général de RAWBANK.

En 2018, RAWBANK a largement misé sur le développement de son offre digitale pour apporter efficacité, facilité d’accès, rapidité, pour tous ses services habituels. Leur numérisation est amenée à jouer un rôle chaque jour plus important, et RAWBANK entend rester à la pointe de ce domaine dans le secteur bancaire.

Avec une conjoncture en amélioration constante pour l’année 2019, l’avenir de RAWBANK est particulièrement prometteur. La banque ambitionne d’ailleurs de devenir une banque leader d’Afrique, conquérant de nouveaux marchés, en proposant de nouveaux produits et en étendant sa proximité auprès de ses clients.

À propos de RAWBANK 

Créée en 2002 par le groupe Rawji, présent en République Démocratique du Congo depuis le début du XXème siècle dans le commerce, la distribution et l’industrie, RAWBANK est la banque leader du pays en ayant été la première à dépasser 1 milliard de dollars en total de bilan en 2015.
Forte de plus de 1.600 collaborateurs avec près de 100 points de vente et un bureau de représentation à Bruxelles, plus de 400.000 clients et 25 % de parts de marché, RAWBANK accompagne le développement de l’économie congolaise. Certifiée et primée, elle est considérée aujourd’hui comme un acteur financier incontournable en RDC, tant pour les particuliers, les PMI/PME que pour les grandes entreprises et institutions internationales.
Rawbank est notée par Moody’s (B3), certifiée ISO/IEC 20000 et ISO/IEC 27001, et a noué des partenariats de financement avec plusieurs bailleurs internationaux (Proparco, IFC, Shelter Africa...). Sûreté, rentabilité et pérennité sont les priorités opérationnelles de Rawbank pour consolider sa stratégie de croissance, notamment en direction des particuliers et du secteur privé.




L’ONU-Habitat facilite la sécurisation des droits fonciers de 72 ménages au Nord-Kivu et du Camp Militaire de Rumangabo


Gatera/Kisigari, le 5 juin 2019 – Le ministre provincial en charge des Affaires foncières du Nord-Kivu, Jean de Dieu Giza, a remis 72 titres fonciers aux ménages dont les habitations et plantations s’étaient retrouvées dans l’enceinte du Camp Militaire de Rumangabo. Un processus facilité par le Programme des Nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat).
Le mnistre provincial des Affaires foncières, Jean de Dieu Giza, posant avec les bénéficiaires
Grâce à une médiation de l’ONU-Habitat, les militaires stationnés au Centre de brassage et de recyclage-Rumangabo et les populations vivant dans les environs dudit centre viennent de fumer le calumet de la paix après plus d’une décennie de conflit foncier.  Les militaires reprochaient aux populations d’utiliser leur espace pour y exercer des activités agricoles et leur imposaient des taxes et redevances d’usage.  Pour parer à cette situation de tension, l’ONU-Habitat n’a ménagé aucun effort pour amener les parties concernées à la table de négociation pour que soit trouvé enfin un règlement à l’amiable et définitif à ce conflit. 
 « C’est maintenant chose faite », a déclaré le Ministre Jean de Dieu Giza après avoir remis les titres individuels aux bénéficiaires et également un titre pour le Camp Militaire de Rumangabo.  « L’implication des hommes en uniforme dans ce processus nous donne une garantie d’une jouissance paisible et durable.  Ils sont obligés de cohabiter ensemble, ils sont obligés de faire la paix ensemble et nous estimons qu’avec les espaces crées par l’ONU-Habitat, la voie de paix est là », conclut-il.
Mayingamiye Savura, 45 ans et mère de 6 enfants, est veuve depuis 1994.  « Mon mari a perdu la vie alors que nous habitions dans le camp de réfugiés de Kibumba en territoire Nyragongo dans la province du Nord-Kivu », raconte-t-elle.  « Après sa mort, la vie de ma petite famille était devenue incertaine et désespérée. Mes enfants et moi-même avions pris la décision de quitter le camp pour chercher refuge dans la localité de Kabaya [en groupement de Kisigari dans le territoire de Rutshuru] en bordure du Camp Militaire de Rumangabo », se souvient Mme Savura qui poursuit : « malheureusement la parcelle que j’avais acheté se retrouve, selon le croquis de l’Administration foncière datant de 1954, dans l’enceinte du Camp militaire.  Ainsi, notre malheur et misère se sont poursuivis sans cesse. Les hommes en uniforme troublaient notre paix. Ils nous imposaient des taxes exagérées voire-même imaginaires, sans compter des nombreuses menaces qui durèrent plusieurs années.  Et soudain, nous avons reçu la bonne nouvelle : la mise à la disposition des parcelles pour nous sur le site de Gatera/Kisigari », a relaté Mme Savura qui regrette n’avoir jamais vu le corps sans vie de son mari.
Mme Mvuanga Semirama recevant le titre de propriété des mains du Ministre Jean de Dieu Giza


 Un couple d’enseignants parmi les heureux bénéficiaires
Mariée à Christian Rukaragashori depuis 4 ans, Mme Clémentine Maombi est enseignante, comme d’ailleurs son mari, à l’Ecole primaire Kianderema en groupement de Kisigari.  Surprise par une issue heureuse de la démarche menée par l’ONU-Habitat, souriante et spontanée, elle déclare : « C’est une journée exceptionnelle et inoubliable pour notre famille, car nous avons, enfin, notre propre parcelle ».
Les repères délimitant le Camp de Rumangabo et la localité de Kabaya identifiés
Les repères délimitant le Camp de Rumangabo et la localité de Kabaya ont pu être identifiés grâce à un croquis de situation trouvé dans les archives de la division des Affaires foncières à Rutshuru. « Ni les hommes en uniforme et encore moins les résidents de la localité riveraine de Kabaya ne savaient réellement où se situaient la limite et la zone tampon », a ajouté Kasereka Kiro. « Mais au finish, nous avons pu trouver la superficie et la configuration réelles de la concession du camp militaire.  Les deux parties en conflit étaient satisfaites. Elles ont coopéré avec l’Administration foncière pour mettre à terme ce conflit foncier qui datait de plusieurs décennies et qui ne cessait d’empoisonner l’atmosphère et d’inciter le climat de méfiance », conclu-t-il. 
Le Secrétaire administratif du groupement de Kisigari qui fait l’intérim du Chef de groupement, Floribert Hakizimwami, était aussi au site de Gatera/Kisigari pour se rendre compte de l’état d’avancement du processus de distribution des parcelles aux nouveaux occupants. « En tant qu’autorité de proximité, l’installation de 72 ménages-bénéficiaires sur le nouveau site va sceller une paix durable entre les hommes en uniforme et la population civile qui vit de l’agriculture et de l’élevage », a-t-il soutenu.

Un plaidoyer qui s’est soldé par la mise à la disposition de 5 hectares en faveur des 72 ménages
L’Equipe de l’ONU-Habitat posant avec les Militaires devant l’entrée du Centre de Brassage et Recyclage Rumangabo lors du processus de délimitation de la zone tampon entre eux et les populations riveraines (Photo d’archives, juillet 2018)
L’ONU-Habitat en collaboration avec l’Administration du territoire de Rutshuru s’est impliquée, depuis 2018, dans la médiation et la résolution du conflit foncier qui opposait les hommes en uniforme du Camp de Rumangabo contre les populations de la localité de Kabaya où « vivent plus de 8 mille habitants », selon le Secrétaire administratif du groupement de Kisigari, Floribert Hakizimwami. 
Le plaidoyer initié par l’ONU-Habitat s’est soldé par la mise à la disposition par le Mwami Francis Ndizeye, de 5 hectares en faveur des 72 ménages dont leurs habitations et plantations se retrouvaient dans l’enceinte de la concession du camp militaire.
 « Le processus de sécurisation des droits fonciers du nouveau site de Gatera/Kisigari où seront désormais logés pour de bon les 72 ménages-bénéficiaires était riche en défis, mais vient de se conclure avec succès.  Les droits fonciers des bénéficiaires sur les nouvelles terres sont garantis par des titres fonciers signés et octroyés par les autorités de la province du Nord-Kivu. Le ministre de tutelle a même fait le déplacement de Goma jusqu’à Kisigari », se félicite Kasereka Kiro, géomètre du Cadastre près l’Administration foncière de Rutshuru en poste depuis 9 ans.
Le processus a bénéficié, depuis 2018, d’un appui considérable de l’ONU-Habitat
Depuis le début de ce processus, l’ONU-Habitat n’a ménagé aucun effort pour apporter son appui précieux à l’Administration foncière du territoire de Rutshuru.  Cette agence des Nations unies couvrait tous les frais de déplacement des agents de l’Administration du Centre de Rutshuru vers la localité de Kabaya et le Camp militaire de Rumangabo, a disponibilisé les fonds qui ont servi à l’achat de plus de 200 bornes délimitant le Camp Militaire et les environs de la localité de Kabaya, et également à l’établissement de 72 titres fonciers pour les ménages-bénéficiaires. 
L’ONU-Habitat a aussi mis à la disposition des agents de l’Administration foncière des outils de travail, tels que les GPS pour la collecte des données parcellaires, les stations totales, les jalons qui les ont aidés à accomplir un travail de qualité dans un délai raisonnable. « Tous ces outils resteront une propriété de l’Administration foncière », rassure le géomètre Kasereka. 
Le Projet de Planification Communautaire Foncière Participative (PCFP) pour assurer un avenir meilleur pour les communautés congolaises
Cette initiative menée par l’ONU-Habitat s’inscrit dans le cadre de son Projet de Planification Communautaire Foncière Participative (PCFP) financé par l’Agence britannique de développement (DFID). Visant à assurer un avenir meilleur pour les communautés congolaises, ledit projet est mis en œuvre dans les provinces du Nord et Sud-Kivu, et celle de l’Ituri.
 Daniel MASSAMBA MEBOYA