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jeudi 25 septembre 2014

Les africains de l’Ouest triomphent au gala de remise du Prix Anzisha 2014



Le Camerounais Alain Nteff est désigné lauréat du prix Anzisha, premier prix africain récompensant les jeunes entrepreneurs
Johannesburg, Afrique du Sud, 25 septembre 2014 - Alain Nteff (Cameroun), fondateur de Gifted Mom, a été déclaré lauréat du 4ème prix annuel Anzisha, bénéficiant d’une dotation de 25.000 dollars pour soutenir son entreprise à vocation sociale. Il fait ainsi figure de chef de file d’une classe émergente de jeunes entrepreneurs africains.
Deux autres finalistes sont récompensés : la Sud-Africaine Thato Kgatlhanye, productrice de sacs pour écoliers, qui est le second lauréat du prix et l’agriculteur ivoirien Gabriel Kombassere âgé de 17 ans, qui s’est classé troisième. Les récompenses financières d'un montant respectif de 15.000 et 12.500 dollars qui leur ont été décernées visent à stimuler la croissance de leurs entreprises.
Âgé de 18 ans, le Kenyan Tom Osborn, fondateur du projet de combustible écologique Greenchar, a quant à lui remporté un prix spécial Énergie doté de 10.000 dollars remis par le Donors Circle for Africa (Cercle de donateurs pour l’Afrique). Le jury chargé de sélectionner les lauréats du prix de cette année était composé de membres très respectés du milieu des affaires, à savoir Wendy Luhabe (Afrique du Sud), Khanyi Dhlomo (Afrique du Sud), Willy Mukiny Yav (RDC), Wanjiru Waithaka (Kenya) et Mohamed Nanabhay (Afrique du Sud).
Les finalistes de l’édition 2014 du prix Anzisha ont été conviés à une cérémonie prestigieuse qui s'est tenue hier soir aux Focus Rooms à Sunninghill, Johannesburg, et dont le principal orateur était Divine Ndhlukula, fondatrice et directrice générale de Securico, l’une des plus grandes sociétés de sécurité du Zimbabwe.
Nteff Alain (22 ans) a fondé le projet Gifted Mom, plateforme à contenu électronique destinée aux femmes enceintes vivant dans des régions mal desservies, afin d’aider ces femmes à mener leurs grossesses à terme sans risque et de lutter contre le manque d’accès et de connaissances qui entraîne le taux élevé de mortalité maternelle et infantile que connaît le Cameroun. Gifted Mom travaille avec des prestataires de services de santé et des étudiants en médecine en vue de créer des profils de femmes enceintes, ce qui permet l’envoi d’alertes automatisées facilitant l’accès de ces femmes aux soins prénatals. Depuis son lancement, le projet a permis de former plus de 200 étudiants en médecine, de toucher plus de 1.200 femmes enceintes et d'augmenter de 20 % le taux de fréquentation des services de soins prénatals des femmes enceintes de 15 communautés rurales.
Thato Kgathlanye (21 ans) est la cofondatrice de l’initiative Repurpose Schoolbags qui fabrique des sacs pour écoliers à partir de sacs en plastique recyclés en les équipant d’une unité solaire. Intégrés aux sacs des écoliers, ces minuscules panneaux solaires se rechargent pendant la journée, produisant ainsi assez de lumière pour permettre aux enfants d'étudier après la tombée de la nuit. Cette jeune femme entrepreneur dirige une usine à Rustenburg (Afrique du Sud), où elle emploie huit femmes. Par son initiative, elle a influencé de manière positive la vie de plus de 120 enfants et s’est employée à réduire considérablement l'empreinte carbone de son entreprise en recyclant plus de 10.000 sacs plastiques.
Gabriel Kombassere (17 ans) a créé Ribla Neda, une association dont l’objectif est d’éradiquer la famine dans sa région d’origine. Son action est guidée par le précepte suivant : « Même en faisant des études, nous pouvons être utiles à nos parents. » Ayant travaillé dans les champs dès l’âge de huit ans, il a demandé à son oncle de lui prêter une parcelle pour y cultiver du manioc et du maïs. Il emploie quatre étudiants dans son organisation qui compte à présent 30 membres. Chaque année, il produit plus de 20 sacs de maïs et une cargaison de manioc.
Tom Osborn (18 ans) est quant à lui le fondateur de Greenchar, un projet d’énergie propre comprenant la fabrication de briquettes de charbon de bois et la distribution dans tout le Kenya de cuisinières respectueuses de l’environnement. Il a lancé cette initiative afin de lutter contre la déforestation et les problèmes de santé causés par l’inhalation de fumées de charbon de bois. Les briquettes Greenchar sont carbonisées, ce qui permet d’obtenir des briquettes de charbon de longue durée, à haute énergie et sans fumée, à partir de forêts gérées durablement. Tom a récemment été nommé Echoing Green fellow.
« Chaque année, il est de plus en plus difficile de choisir un gagnant », précise Josh Adler, directeur du Centre of Entrepreneurship de l’African Leadership Academy. « Tous nos finalistes de cette année sont de radieux exemples de l’esprit d’entreprise des jeunes – qui, nous l’espérons, sauront inspirer les jeunes de tout le continent et les pousser à créer des entreprises similaires. »
Koffi Assouan, directeur du programme Economic Opportunities for Youth de la MasterCard Foundation ajoute : « Nous sommes absolument ravis de nous associer une fois encore à ce programme merveilleux et souhaitons aux lauréats du prix beaucoup de succès au moment où ils investissent leur récompense financière pour développer leurs entreprises. »
Le prix Anzisha, premier prix africain récompensant des jeunes entrepreneurs, a reçu cette année 339 candidatures, en provenance de 32 pays africains.
Le prix Anzisha, qui célèbre cette année sa quatrième édition, est le fruit d’un partenariat entre l’African Leadership Academy et The MasterCard Foundation. 12 finalistes se sont rendus à Johannesburg, en Afrique du Sud, pour participer à la semaine Anzisha 2014, qui s’est tenue du 18 au 25 septembre et à l’occasion de laquelle un jury composé de différents membres du monde des affaires s’est réuni pour sélectionner les lauréats du prix. Les finalistes ont bénéficié d’une formation à la célèbre faculté Entrepreneurial Leadership (leadership entrepreneurial) de l’African Leadership Academy et ont eu l’occasion de discuter avec des leaders et mentors du secteur ainsi qu’avec des acteurs du changement d'un bout à l'autre du continent.
À propos du prix Anzisha
Le prix Anzisha est géré par le Centre for Entrepreneurial Leadership (Centre pour un leadership entrepreneurial) de l’African Leadership Academy, qui a été fondé dans le cadre du partenariat établi depuis plusieurs années avec The MasterCard Foundation. En instaurant le prix Anzisha, les organisateurs ont souhaité promouvoir l’esprit d’innovation et d’entreprise auprès de la jeunesse africaine.
À propos de l’African Leadership Academy
L’African Leadership Academy (ALA) souhaite transformer l'Afrique en développant un réseau puissant de chefs d'entreprise, dont la coopération permettra de parvenir à un impact social considérable. Chaque année, l’ALA réunit les jeunes leaders les plus prometteurs des 54 pays d’Afrique dans le cadre d’un programme préuniversitaire qui se tient en Afrique du Sud et dont les trois principales disciplines sont le leadership, l'esprit d'entreprise et les études africaines. L’ALA accompagne l’éducation de ces jeunes tout au long de leur vie, à l’université et au-delà, en leur fournissant des formations continues dans le domaine du leadership et de l’entrepreneuriat et en les mettant en relation avec des réseaux, où force humaine et capitaux se réunissent pour permettre des changements de grande envergure. 
À propos de The MasterCard Foundation
The MasterCard Foundation est une organisation indépendante internationale basée à Toronto, au Canada, et possédant des actifs de plus de 9 milliards de dollars. En coopération avec des partenaires répartis dans 49 pays, elle offre la possibilité à ceux qui le souhaitent d’apprendre et de s’épanouir. Les programmes de la Fondation encouragent l’inclusion financière et font progresser l’apprentissage des jeunes, essentiellement en Afrique. Établie en 2006 grâce à la générosité de MasterCard Worldwide à l’occasion de sa transformation en société anonyme, la Fondation est une entité distincte et indépendante. Les politiques, les activités et les décisions en matière de financement de la Fondation sont déterminées par son propre Conseil d’administration ainsi que par son PDG.

Comment promouvoir votre activité au sein du dernier espace de croissance mondial : l’Afrique



Le Cap, Afrique du Sud, 25 septembre 2014 - Jamais, au cours de ces dernières années, il n’a autant été question des nombreuses opportunités que le marché offre aux entreprises africaines. Néanmoins, parvenir à promouvoir une marque d’un bout à l’autre d’un continent, mosaïque de plus de 50 pays marquée par la diversité des langues et des cultures, n’est pas chose facile.
Telle est l’opinion de Sumesh Rahavendra, responsable du marketing auprès de DHL Express Afrique subsaharienne. Il ajoute que les entrepreneurs souhaitant développer leurs activités sur le continent africain doivent prendre conscience qu’aux défis de nature linguistique et commerciale s’ajoutent d’autres aspects, notamment les différences culturelles, les stratégies tarifaires et les environnements politiques, qu’ils devront prendre soin d’intégrer à la stratégie de marketing qu’ils décideront d’appliquer pour la promotion de leurs marchandises et produits sur le continent.
Il explique que contrairement aux marchés occidentaux, sur lesquels les méthodes utilisées pour parvenir au client sont relativement bien établies, le paysage commercial africain est unique en ce qu’il permet d’avoir recours à des initiatives de commercialisation nouvelles, encore rarement exploitées par les entreprises habituées à opérer sur d'autres marchés.
« Nous vivons en ce moment en Afrique une période passionnante par l’ampleur des possibilités encore inexploitées dont elle recèle. La classe moyenne du continent africain est la première au monde en termes de croissance. La demande en marchandises de tous types est donc là. Il suffit de communiquer avec le marché », ajoute Sumesh Rahavendra.
Aux entrepreneurs souhaitant étendre leurs activités et commercialiser leurs produits et services en Afrique, il donne les conseils suivants :
Personnaliser l’approche en fonction du pays
Il est important que la méthode de marketing choisie établisse un lien avec la clientèle locale. Les grands groupes possèdent généralement des directives globales en matière de marketing de la marque. Il revient cependant au personnel basé en Afrique d’adapter ces directives au marché local.
La stratégie de communication doit également varier en fonction du pays africain concerné. Alors que les spots publicitaires à la radio constituent une bonne stratégie en Afrique du Sud et au Nigeria, il conviendra de privilégier la publicité imprimée en Côte d’Ivoire ou les panneaux d’affichage au Lesotho, par exemple. Les entrepreneurs doivent analyser le marché, explorer les bonnes pratiques locales et s’adresser à des partenaires expérimentés pour déterminer quelles méthodes sont les mieux adaptées à chaque pays.
« Un exemple récent illustre ce principe. Nous (DHL Express) avons commercialisé nos produits en Éthiopie en organisant une campagne de promotion sur les points de vente. L’approche typique aurait consisté à offrir des réductions ou des cadeaux promotionnels afin d’encourager la visite de clients occasionnels. Notre responsable de pays en Éthiopie, cependant, suggéra de remettre aux clients un bon pour l’achat d’un poulet à l’occasion de la Pâques éthiopienne. Cette campagne promotionnelle inhabituelle, qui fut couronnée de succès, témoigne de l’importance de confier aux équipes locales le soin de déterminer quelles méthodes conviennent sur les marchés dont elles sont responsables. »
Être cohérent
La publicité est chère mais efficace s’il en est fait un usage adapté. Quel que soit le support, la publicité doit être régulière, publiée sur un média correspondant à l’entreprise et véhiculer un message cohérent. Choisissez un petit nombre de médias et publiez-y régulièrement des annonces, afin de sensibiliser le public à vos produits et services. L’environnement marketing et médiatique est très compétitif. Il est donc important que l’image et le message promotionnels véhiculés soient cohérents. Si l’entreprise est une PME, il est en outre judicieux d’investir dans la conception d’un logo distinctif, d'un emballage percutant et d’une série forte de signalisations et de matériels promotionnels de base.
Profiter des technologies modernes
La fulgurante rapidité à laquelle les médias sociaux ont évolué et les smartphones se sont répandus en Afrique a permis au consommateur d’accéder à l’information et à différents canaux de distribution en ligne. D’après « Internet World Stats », le taux de pénétration d’Internet en Afrique est de 21,3 %. L’objectif est désormais de veiller à ce que les technologies modernes soient utilisées afin d’atteindre le public ciblé et des contenus appropriés soient créés afin d’encourager l’interaction avec la communauté en ligne. Les entreprises devraient tester régulièrement de nouvelles méthodes et affiner leur approche.
« Chez DHL, nous avons la chance de bénéficier d’une marque bien établie, dont la réussite est indéniable. Nous étions cependant aussi, à nos débuts, une PME que nous n’avons cessé de développer pendant 45 ans, pour en faire ce qu’elle est aujourd’hui », conclut Sumesh Rahavendra.
DHL – Le Groupe de Transport et Logistique Mondial
Leader mondial du secteur de la logistique et des transports, DHL est « Le Groupe de Transport et Logistique Mondial ». Le groupe DHL met au service de ses clients ses compétences dans le domaine du courrier international, de la livraison de paquets nationaux et internationaux, du fret aérien et maritime ainsi que du transport routier et ferroviaire. Il leur propose également des solutions contractuelles et de commerce électronique d’un bout à l’autre de la chaîne d'approvisionnement. DHL bénéficie d'un réseau mondial couvrant plus de 220 pays et territoires et emploie près de 315.000 personnes à travers le monde, ce qui lui permet de proposer à ses clients une qualité de service supérieure et une connaissance du marché local, afin de satisfaire leurs exigences en matière d'expédition et de chaîne d’approvisionnement. DHL accepte sa responsabilité sociale en soutenant la protection de l’environnement, la gestion des catastrophes et l’éducation. DHL fait partie du groupe Deutsche Post DHL. En 2013, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 55 milliards d’euros.

mardi 23 septembre 2014

MISSION DE SUIVI ELECTORAL DE L'UNION EUROPEENNE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO



L'Union européenne a déployé une mission de suivi électoral (EU EFM) dirigée par Mariya Gabriel, du 26 mai au 22 juin 2014, avec pour objectifs principaux l'évaluation des progrès accomplis concernant les recommandations de la Mission d'Observation Electorale de l'Union Européenne de 2011 ainsi que l'analyse du contexte politique et de la réforme électorale. Le présent rapport propose également une actualisation des recommandations de la MOE UE 2011.
•  La MOE UE de 2011 ainsi que les autres missions d'observation internationales et citoyennes ont, dans leurs rapports et autres communications relayées les nombreuses irrégularités survenues en 2011 et ont également formulées des recommandations visant à améliorer les processus futurs.
•  La réforme de la CENI s'est achevée tardivement, en juin 2013, avec la prestation de serment de la nouvelle équipe dirigée par l'Abbé Malu Malu. Après une année d'exercice, le premier bilan de cette équipe est toutefois contrasté. La CENI n'a pas su regagner la confiance de tous les acteurs politiques et l'héritage de l'équipe précédente continue à peser sur son action; l'impartialité et l'efficacité de la Commission électorale de 2011 ayant été largement critiquées. Dans ce contexte, la mission de suivi invite donc la CENI à instaurer un dialogue régulier, ouvert et constructif avec ses différents partenaires au sein des cadres de concertation et à prendre des mesures visant à accroitre la transparence de son action telles que: mentionner le décompte des votes de l'Assemblée Plénière à l'occasion de la publication des décisions de la CENI ou encore diffuser plus largement le rapport annuel 2013/2014 de la CENI. Elle a également souligné la nécessité d'apurer les dettes certifiées de l'institution électorale afin de ne pas retarder les opérations en cours.
• La mise en place du nouveau cadre juridique des élections parallèlement au processus de décentralisation administrative ainsi que la reprise de la cartographie et la délimitation géographique des circonscriptions électorales ont créé une situation complexe et confuse, qui pourrait réactiver les conflits locaux au niveau des communautés. L'absence de différents décrets d'application des lois et listes de groupements actualisés ne permettent pas de faire progresser convenablement le processus de décentralisation. La mission appelle donc à l'implication accrue des autorités compétentes dans l'harmonisation de la liste des groupements et des villages, ainsi qu'à la tenue d'une campagne d'information et sensibilisation auprès de la population.
• En ce qui concerne le fichier électoral, la CENI semble faire une lecture très restrictive de ses compétences d'attribution qui lui impose de découper les circonscriptions électorales au prorata des données démographiques actualisées. Cette interprétation lui permettrait ainsi d'organiser les élections générales de 2016 avec un fichier électoral issu du recensement administratif et surtout d'organiser les prochaines élections avec un fichier fiabilisé mais sans enrôler les jeunes majeurs et les non-inscrits. Cette interprétation ne saurait cependant être contraire au principe posé par la Constitution en vertu duquel, sont électeurs et éligibles, tous les Congolais des deux sexes, âgés de dix-huit ans révolus et jouissant de leurs droits civils et politiques (article 5 de la Constitution).
•  Le calendrier électoral publié le 26 mai 2014 n'indique pas de dates pour l'affichage provisoire des listes électorales, une opération pourtant prévue dans le cadre de la fiabilisation du fichier électoral. La Mission suggère donc à la CENI d'envisager la possibilité d'allonger la période de réclamation en vue de permettre l'enregistrement des non-inscrits lors de la précédente révision du fichier et des jeunes majeurs. De cette manière, il serait alors possible de répondre à la perception d'un sous enregistrement dans les provinces favorables à l'opposition et d'organiser les prochaines échéances électorales sur la base d'un fichier fiabilisé et inclusif.
• La Mission salue la promulgation de la loi sur le financement public des partis politiques et souligne la nécessité de renforcer l'encadrement des dépenses de campagne pour garantir une compétition équitable. Elle reste cependant préoccupée par l'absence de réforme du statut des partis politiques, très nombreux et qui ne remplissent pas leurs obligations légales de fonctionnement. La Mission recommande donc la mise en place de la commission interinstitutionnelle, prévue sous l'égide du Ministère de l'Intérieur pour faciliter la mise à disposition à la CENI de la liste des partis politiques agréés.
•  Le projet d'élire les députés provinciaux au suffrage indirect et de modifier le collège électoral des Sénateurs et gouverneurs évoqué par la Président de la République, lors de son allocution à l'Assemblée Nationale et au Sénat, réunis en Congrès, n'avait pas été débattu lors des Concertations Nationales, lancées en septembre 2013. Ce projet de changer le mode de scrutin pour des élections provinciales, qui est l'une des options reprises par la CENI en janvier 2014, a fait largement débat et suscité de vives controverses à l'occasion du déploiement de la mission de suivi.
•  Une lecture attentive des dispositions de la Constitution permet d'argumenter sur la possibilité de restreindre le collège électoral pour les élections provinciales (Article 220 alinéa 2). Cependant l'un des effets d'une telle révision constitutionnelle, si elle était validée, serait de priver les 31 millions d'électeurs congolais de leur droit à élire directement leurs députés provinciaux. Ce projet impose par ailleurs d'organiser des élections locales, municipales et urbaines en amont.
•   En ce qui concerne le contentieux électoral, la Mission de suivi a pris note de la promulgation de la loi organique portant organisation et fonctionnement de la Cour constitutionnelle (13/026; 15 octobre 2013). Elle émet cependant quelques réserves quant à l'indépendance et l'autonomie de cette dernière notamment en raison de l'intervention directe du pouvoir exécutif pouvant limiter concrètement leur indépendance ainsi que les entorses faites aux principes d'inamovibilité et irrévocabilité des juges. La Mission encourage donc les autorités à adopter le statut particulier des juges en garantissant l'indépendance de l'ordre judiciaire. La mission regrette par ailleurs qu'aucune femme ne figure parmi les neuf membres nommés début juillet.
•  Afin de lutter contre l'impunité et en vue d'assurer les poursuites nécessaires, la RDC s'est engagée dans un processus complexe de réforme du système judiciaire, prévoyant notamment de scinder la Cour Suprême de Justice en trois entités : la Cour Constitutionnelle, le Conseil d'Etat et la Cour de Cassation. A ce jour, la promulgation de loi organique instituant le Conseil d'Etat et l'opérationnalisation des tribunaux de paix, des tribunaux administratifs et des tribunaux de grande instance sur l'ensemble du territoire est encore attendue. La mission invite également les autorités à accélérer la formation des magistrats et l'opérationnalisation des juridictions en charge du contentieux électoral.
• La loi d'amnistie concernant les faits insurrectionnels, faits de guerre et infractions politiques commis entre le 18 février 2006 et le 20 décembre 2013 a été promulguée le 11 février 2014. Cette Loi est cependant critiquée par une partie de la société civile et de l'opposition, qui déplorent que les opposants politiques n'aient pu en bénéficier. Parmi les différents projets et propositions de loi sur les chambres spécialisées mixtes élaborés depuis 2011,aucun n'a recueilli l'approbation du Parlement,.
• Les autorités congolaises ont essayé de mettre en place de nouveaux mécanismes relatifs à la protection des droits humains tels que l'Entité de liaison des droits de l'Homme, la Cellule de protection des défenseurs des droits de l'homme. Cependant, même si la loi relative à la Commission Nationale des Droits de l'Homme a été promulguée; cette dernière n'est toujours pas fonctionnelle. La mission de suivi regrette que les violations des droits humains se poursuivent et que la lutte contre l'impunité demeure difficile. Les limitations relatives à l'exercice des libertés fondamentales soulèvent des préoccupations quant à l'instauration d'un cadre propice à la tenue des prochaines échéances électorales.
• En raison de leur domaine commun, de leur mode de désignation et de la non-harmonisation des textes, des conflits de compétences demeurent entre l'autorité de régulation des médias (CSAC) et le Ministère de la Communication. La Mission de suivi a par ailleurs réitéré la nécessité de dépénaliser le délit de presse et de préciser les attributions respectives du Ministère de la Communication et du CSAC.
•  L'analyse du calendrier électoral partiel couvrant les élections municipales, urbaines et locales fait apparaître que les risques techniques et politiques liés à la réalisation des opérations préalables au vote sont extrêmement élevés. Chacun de ces risques pourrait entraver le bon déroulement du processus électoral, entraîner des retards importants et, à terme, empêcher le respect de l'échéance constitutionnelle pour la tenue des prochaines élections générales.
• S'il s'avérait que les élections devaient être reportées pour des raisons techniques, il serait alors possible que les autorités soulèvent l'exception de l'article 70 de la Constitution permettant, dans son alinéa 2, qu' «à la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu'à l'installation effective du nouveau Président élu. » La Mission souhaite donc attirer l'attention du législateur sur les possibles implications de la séquence électorale sur la stabilité du pays et les probables reculs en matière d'Etat de droit.
•  Le soutien de l'Union européenne au processus électoral repose sur certaines améliorations qui ont été clairement énoncées par la MOE UE de 2011. Dans son rapport spécial d'octobre 2013 intitulé "l'Aide de l'UE à la gouvernance en République démocratique du Congo", la Cour des comptes Européenne a examiné si le soutien de l'UE était pertinent au regard des besoins et objectifs fixés. Dans ce contexte, le Programme d'Appui au Cycle électoral (PACE) est le projet qui a reçu la plus mauvaise évaluation. La Cour a estimé que le soutien de l'UE serait plus efficace si l'UE exploitait mieux des mécanismes tels que le principe de conditionnalité ou le dialogue politique.
•  La Mission de suivi électorale considère donc, compte tenu du contexte d'appropriation nationale accrue et du redimensionnement des contributions financières des partenaires techniques et financiers (PTF) dans lequel s'inscrit le processus électoral, que la programmation des activités nouveau projet (PACEC) doit être plus stratégique, portant davantage sur la qualité de l'expertise mise à disposition et améliorant ainsi la transparence et l'intégrité du processus.
•  La modification du mandat de la Monusco a entraîné une reconfiguration de l'assistance électorale apportée par le Système des Nations Unies. L'assistance technique a été transférée au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), alors que la Monusco continue de remplir sa mission de bons offices et de soutien logistique au processus électoral. Il existe donc un risque réel de désynchronisation entre les besoins en soutien logistique exprimés par la CENI et les capacités de réponse de la Monusco.
•  Globalement, la mission de suivi conclut à un début de mise en œuvre des recommandations de la MOE UE de 2011. En effet, même si la mise en œuvre des recommandations de 2011 portant sur la protection des libertés publiques n'est pas avérée, la promulgation de la loi sur la Cour Constitutionnelle (Recommandation n01), la réforme de la CENI, y compris la prise de fonction d'une nouvelle équipe (n09), la promulgation de la loi portant financement public des partis politiques (n°13), l'opération de fiabilisation du fichier électoral et de l'inscription de l'audit externe au calendrier électoral (n°2, 3, 4) ainsi que le soutien à l'observation citoyenne (n°12) suggère l'amorce de changements positifs. .
•   La Mission de suivi souhaite enfin tout particulièrement attirer l'attention des autorités congolaises sur les points suivants :
•      
- Le refus des autorités de se prêter à un réel dialogue notamment au sujet de la séquence des élections et du changement de mode de scrutin, risque de conduire le processus électoral à une impasse.
- A l'occasion de la table ronde du 13 juin 2014, l'EU EFM a recommandé la publication d'un calendrier électoral complet, consensuel et assorti d'un budget détaillé.
- La CENI devrait envisager une révision inclusive du fichier électoral en amont des prochaines échéances.
-  A l'occasion de la révision de la loi électorale, la Mission invite également le législateur à réunir les conditions d'une compétition équitable.
-  La protection des libertés publiques et la lutte contre l'impunité doivent être renforcées, notamment par l'abrogation des dispositions relatives au délit de presse, la réglementation de la liberté de manifestation et la poursuite des responsables de violations des droits humains.
-  L'amélioration de l'intégrité et de la transparence du processus électoral passe par une meilleure prise en charge du contentieux ainsi que par l'amélioration de la traçabilité et de la mise à disposition des résultats électoraux.

AMELIORER LA QUALITE DU FICHIER ELECTORAL
Recommandation/Reformulation    Destinataires   Délais  Statut 
Recommandation MOE UE 2011 n°2 : Audit du fichier électoral. Transparence et crédibilité du fichier électoral   CENI    Court Terme     Non réalisée   
EUEFM 2014 : Procéder à un audit externe du fichier électoral : rechercher un consensus autour des modalités de l'audit externe inscrit au calendrier électoral (date, champ, prestataire) au sein des cadres de concertation   CENI    Moyen Terme           
Recommandation n°3 MOE UE 2011: Révision du fichier électoral (Inclusivité et correction du fichier électoral -suppression des doublons- et mise à jour)     CENI    Long Terme      Partiellement mise en œuvre    
EUEFM 2014 : Organiser une révision inclusive (jeunes majeurs, non-inscrits) en amont des prochaines échéances électorales      CENI    Court Terme           
Recommandation n°4 MOE UE 2011 : Révision du fichier électoral.
Mise en place d'une structure opérationnelle implantée de manière continue au niveau local afin d'assurer la tenue d'un registre électoral permanent    CENI    Moyen/Long Terme        En cours de réalisation
EUEFM 2014 Séparer le recensement administratif de la population de l'organisation des élections Inviter le Gouvernement à accélérer la mise en place de l'Office National d'Identification de la Population.   Gouvernement    Court/moyen Terme             
GARANTIR UNE COMPETITION EQUITABLE
Recommandation/Reformulation    Destinataires   Délais  Statut 
Recommandation MOE UE 2011 n°10 : Adoption d'une loi organique répartissant clairement les compétences entre le Ministère de la Communication et le CSAC.       Parlement       Moyen Terme     Non réalisée   
Inchangée       Parlement       Moyen Terme           
Recommandation MOE UE 2011 n°13 : Mise en application de la loi sur le financement public des partis politiques et adoption d'une loi encadrant les dépenses de campagne.       Pouvoirs Législatif et Judiciaire Ministère de l'intérieur      Moyen Terme     En cours de réalisation
EUEFM 2014 : Encourager la mise en place de la Commission interinstitutionnelle afin qu'elle examine les dossiers et décide lesquels peuvent être qualifiés de partis politiques pouvant bénéficier de financement public; Encourager les autorités concernées à libérer le financement public destiné aux partis politiques afin de garantir l'égalité des chances des partis politiques notamment en vue de la compétition électorale en préparation ;
Inviter les autorités concernées à adopter une loi encadrant les dépenses de campagne électorale et les partis politiques à présenter des comptes certifiés     Pouvoirs Législatif et Judiciaire Ministère de l'intérieur      Court/ Moyen Terme            
Recommandation MOE UE 2011 n°18 : Contrôle public des finances des partis politiques    Parlement/ Ministère de l'Intérieur     Moyen/Long Terme        Supprimée      
Supprimée, voir recommandation n013                           
Recommandation MOE UE 2011 n°19 : La mise en place de sanctions claires en cas de non-respect du droit des témoins à exiger des présidents de BV la mention de leurs observations et réclamations pendant le scrutin et le dépouillement, mais aussi lorsque l'un des membres du bureau de la CENI refuse de signer le PV de consolidation des résultats.       Pouvoirs Législatif et Judiciaire/ CENI Moyen/Long Terme        Supprimée      
Supprimée, voir recommandation n08                            
Recommandation MOE UE 2011 n°20 : Renforcement des pouvoirs de sanction contre les actes de campagne en dehors du délai légal, contre l'utilisation des ressources de l'Etat, contre les atteintes aux libertés publiques pendant la campagne électorale et contre toute irrégularité dans les opérations de vote et de compilation des résultats.      Parlement/ Judiciaire/ CENI     Moyen/Long Terme        Non réalisée