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mercredi 2 août 2023

La Représentante Spéciale du Secrétaire général des Nations Unies (ONU) et Cheffe de la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), Mme Bintou Keita, a conclu une mission de concertations d'une semaine dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), où elle a consulté les gouvernements provinciaux et les différentes communautés sur les actions prioritaires nécessaires pour un processus de transition fluide mais accéléré.

La tournée a débuté à Goma le 11 juillet, ensuite à Bukavu, Uvira, Bunia et s'est finalement terminée à Beni. Mme Keita a rencontré les Gouverneurs des provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu puis de l'Ituri, ainsi que les autorités de l'administration territoriale et municipale, la société civile et les organisations non gouvernementales. La visite sur le terrain comprenait également des visites des bases de la MONUSCO, des sites de déplacés internes, dont Lala, qui a subi une attaque à la mi-juin, ayant fait 46 morts.

La mission de la Représentante Spéciale sur le terrain s'inscrit dans le contexte de l'élaboration d'un rapport spécial par le Secrétaire Général des Nations Unies, comme stipulé dans la Résolution 2666 du 20 décembre 2022. Dans cette Résolution, le Conseil de Sécurité demande de proposer des options pour adapter la future configuration des composantes civile, policière et militaire de la Mission ; et des entités des Nations Unies dans le pays. Ceci, en tenant compte du rôle de la MONUSCO par rapport à la Force régionale de la Communauté d’Afrique de l’Est et d’autres initiatives internationales, régionales et bilatérales existantes à l’appui de la République démocratique du Congo.

« La dernière ligne droite des opérations de paix est l’étape la plus difficile. En écoutant les personnes que nous nous engageons à protéger, et en consultant des partenaires proches qui travaillent sur le terrain, nous pouvons assurer un retrait responsable », a déclaré Mme Keita.

En septembre 2021, un plan de transition conjoint a été adopté par le Gouvernement de la RDC et la MONUSCO et en juin 2022, la Mission a réduit son champ d'opération pour les Casques bleus des Nations Unies à trois provinces contre six en 2020. Cependant, à la suite de la demande de Son Excellence le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo que la MONUSCO se retire après les élections de décembre 2023, l'organisation a accéléré le rythme de son processus de transition.

Dans les trois provinces où elle est encore présente, la Mission a identifié 13 territoires prioritaires sur les 145 que compte le pays, où l'insécurité est élevée posant des défis importants à la protection des civils et nécessitant une attention soutenue conjointe des forces de sécurité nationales et des troupes de la MONUSCO. Dans le seul territoire de Djugu, la MONUSCO fournit actuellement une protection physique à plus de 100.000 personnes déplacées à travers ses quatre bases opérationnelles temporaires à Bayoo, Fataki, Rhoo et Gina et des déploiements permanents de combat (SCD) à Drodro et Amee.

« 2024 est l'année de la transition, où la Mission transférera de plus en plus ses responsabilités notamment en matière de protection des civils au Gouvernement de la RDC », a déclaré Mme Keita. « Nous travaillons avec les autorités pour nous assurer que les capacités nationales répondront aux exigences minimales de sécurité pour permettre un retrait responsable dans les zones où la MONUSCO protège actuellement les civils. Nous tirons également parti de l'expertise et des ressources des agences, fonds et programmes des Nations Unies pour intensifier leurs efforts pour accompagner le Gouvernement dans la mise en œuvre des plans nationaux à l'appui du développement et des besoins humanitaires. »

La MONUSCO, dans le cadre de son mandat de protection des civils, continue également d'appuyer le Gouvernement de la RDC dans ses efforts pour renforcer son système judiciaire, la capacité et la présence de la police nationale et la mise en œuvre de son programme de désarmement, démobilisation et réintégration ainsi que la réforme du secteur de la sécurité.

L'insécurité pèse lourdement sur les femmes et les filles et Mme Keita s'est engagée activement auprès de leurs représentants et dirigeants à chaque étape de sa tournée. En 2022, la MONUSCO a documenté près de 700 cas de violences sexuelles liées au conflit affectant les femmes et les filles, mais de nombreux incidents restent encore non documentés et les chiffres sont probablement beaucoup plus élevés. Les femmes candidates aux prochaines élections ont également fait part de leurs préoccupations concernant le harcèlement et les menaces auxquelles elles sont régulièrement confrontées. Malgré tout, c’est avec enthousiasme qu’elles abordent les prochaines élections.

« En tant que femme, mère et grand-mère, je m'engage à amplifier la voix des femmes et à reconnaître les immenses contributions que les femmes congolaises ont apportées à la résolution des conflits dans leurs communautés », a déclaré Mme Keita, qui ajoute ”la MONUSCO est attachée à la parité hommes-femmes dans tous les aspects de la vie publique”.


Extirper de la loi des finances initiale des dépenses budgétivores, prioriser l’investissement dans le secteur productif (Communiqué)

Le Centre de Recherches en finances publiques et développement local (CREFDL) exprime son inquiétude sur la situation des finances publiques de la République démocratique du Congo. Le dernier communiqué de l’Inspection générale des finances (IGF) du 31 juillet 2023 renforce davantage les craintes de l’opinion à ce sujet.

Selon l’IGF, au 28 juillet 2023, la situation des finances publiques se présente comme suit :

· Recettes réalisées : 12.691.583.909,70 des Francs congolais, soit 6,2 milliards de dollars américains au taux budgétaire de 2021 FC/1USD

· Dépenses exécutées : 12.343.816.518.698,00 des Francs congolais, soit 6,1 milliards dollars américains

· Solde excédentaire du Trésor Publics : CDF 378.288.835.307,27, soit 187,1 millions des dollars américains.

CREFDL constate que les chiffres tels que présentés ne sont ni sincères ni crédibles. Se référant à la Loi des finances exercice 2023, les régies financières devraient mobiliser 8,7 milliards des dollars américains à la même date. Comparés aux recettes réalisées au 28 juillet 2023, il se dégage une contre-performance de 2,6 milliards des dollars américains. Cela suppose qu’il n’existe pas de solde excédentaire du Trésor Public et que les caisses de l’État sont quasi vides.

A cet effet, CREFDL relève que la Loi des finances 2023 n’est plus en équilibre. Cela d’autant plus que les dépenses de l’ordre de 2,6 milliards des dollars américains n’ont pas connu de paiement depuis le début de l’année 2023. C’est le cas par exemple des dépenses d’investissements sur ressources propres évaluées à 1,2 milliard des dollars américains. Pire encore, les investissements en provinces et ETD ont été exécutés à peine autour de 2,7 millions des dollars américains contre les prévisions de 725,2 millions des dollars américains, soit un taux d’exécution de 0,003 % ; la Caisse nationale de péréquation (CNP), elle, n’a reçu aucun fonds, sur les prévisions linéaires de 440,5 millions des dollars américains. Ce qui est une violation de l'article 181, alinéas 2 et 3 de la Constitution.

Ainsi, le nettoyage du fichier de la paie ne peut en aucun cas occasionner le retard de paiement des rémunérations des agents publics de l’État, étant donné qu’il s’agit d’une activité permanente. Au contraire, le problème de la Trésorerie publique en dit long.

Face à cette situation, CREFDL invite le Gouvernement à :

· Élaborer un budget rectificatif, conformément aux articles 26, 27, 18, 35, 77 et 80 de la loi relative aux finances publiques de la RDC afin d’éviter le pire.

· Extirper de la loi des finances initiale des dépenses budgétivores, prioriser l’investissement dans le secteur productif ;

· Veiller sur l'opportunité des dépenses publiques pour éviter certains gaspillages.

Nord-Kivu : Risque d’une troisième année blanche dans les zones occupées par l’armée rwandaise

Depuis la prise de Bunagana par les rebelles terroristes du M23 soutenus par l'armée rwandaise plus de 1.000.000 de personnes ont quitté leurs milieux origine dans plus de 9 Groupements du territoire de Rutshuru dans la province du Nord-Kivu. Ces personnes sont dans les zones sous contrôle de l'autorité de l'État dans la ville de Goma.

Depuis l'occupation  d'une partie du territoire de Rutshuru, les écoles ne fonctionnent plus. Presque toutes les organisations non gouvernementales ont suspendu les activités sur toute l'étendue sous contrôle des rebelles. Le retrait des humanitaires a entraîné une crise humanitaire sans précédent dans la zone sous occupation et toutes les libertés, y compris les droits humains ne sont pas garanties.

Les élèves du Territoire de Rutsuru

Les parents ont vécu deux années blanches dans le territoire de Rutshuru. Ils craignent une troisième année blanche à la rentrée scolaire de septembre 2023. Un activiste et notable de Rutshuru, Aimé Mukanda Mbusa propose trois pistes de solution pour préserver l’éducation des enfants d’une partie de ce territoire occupé par l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23.

Premièrement, il propose la réouverture des portes des écoles du territoire de Rutshuru. Une grande partie de personnes déplacées ont regagné leurs milieux  d’origine respectifs malgré l'occupation rwandaise. Ces personnes déplacées ont été contraintes de quitter les camps où elles vivaient à cause des mauvaises conditions de vie. Jusqu'à ce jour, l’Etat congolais continuent à verser les salaires aux enseignants qui ne dispensent plus les cours.

Ensuite, il est à signaler que tout le territoire de Rutshuru n'est pas sous occupation de l'armée rwandaise/M23. Seuls 7 Groupements sont occupés par l'armée loyaliste, les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et par le groupe armé Wazalendo qui combat les terroristes dans cette partie du pays. D'où, Aimé Mukanda exhorte le ministre de l'Enseignement primaire, secondaire et technique à ouvrir au mois de septembre 2023 toutes les portes des écoles dans les zones sous contrôle de l'État congolais. Le gouvernement contrôle les groupements de Binza, de Busanza, une partie de Bishusha, de Bukombo, de Tongo, de Bambu, de Mutanda Gihondo et Kanyabayonga.

Il en est de même dans le territoire de Masisi où l'ennemi occupe seulement 1% du territoire. Cet activiste des droits de l’homme estime que le gouvernement congolais devrait lancer l’opération d’enrôlement et d’inscription des électeurs dans cette partie du pays.

Et enfin, pour les élèves qui sont en déplacement et originaires des zones sous conflit, Aimé Mukanda Mbusa propose au ministre Tony Mwaba pour qu’il ordonne au Directeur provincial de l’EPST (PROVED) et l'Inspecteur provincial principal (IPP) d'enrôler des élèves dans leurs milieux des refuges et que ces élèves déplacés étudient gratuitement.

Risque d'une troisième année blanche

L'année passée, plus de 1.600 élèves ont été orientés dans des écoles de la ville de Goma sous la facilitation du PROVED et l'IPP. Plus de 700 élèves finalistes déplacés du territoire de Rutshuru ont passé les épreuves de l'examen d'Etat dans la ville de Goma. « Nous remercions tout le monde qui avait aidé pour la réussite de cette action. Aux élèves déplacés qui sont dans la ville de Goma et dans le territoire de Lubero, nous vous demandons de nous contacter au numéro +243971153414 pour orientation ».

Suite à la fermeture  des écoles dans le territoire de Rutshuru, plusieurs élèves ont rejoint les groupes armés et plusieurs filles sont tombées enceintes. Les activistes des droits humains du territoire de Rutshuru demandent l'implication de l'UNICEF pour sauver la situation des milliers d’enfants déplacés.

Fin du conflit fratricide au sein de la communauté musulmane de la Rd Congo

Après l’appel à l’unité lancé aux musulmans par le Chef de l’Etat de la Rd Congo, Félix Tshisekdi il y a un mois, les trois branches de la Communauté Islamique du Congo (Comico) ont décidé le samedi 29 juillet 2023 d’enterrer la hache de guerre après 5 ans de conflit fratricide né à la suite de la désignation d’un autre Représentant légal à sa tête entre Abdallah Mangala, le sortant et Youssouf Djibondo, l’entrant. Plusieurs tentatives de réconciliation initiées avaient presque échoué.

Lorsque le chef de l’Etat s’était rendu à la Mosquée de Barumbu pour la fête de la Tabaski où s’étaient réunies toutes les factions ennemies. « Pourquoi est-ce que les croyants eux se divisent ? Pourquoi est-ce que vous êtes divisés parce qu’il n’y que Allah, le miséricordieux qui est là en qui vous croyez tous ? J’irai même plus loin plus précisément vous êtes des Congolais, en tout cas vous vivez au Congo, pays unifié et moi je tiens à cette unité. Donc, je vous recommande vivement de mettre de côté des divergences  et de trouver une solution ».

Demande mutuelle de pardon et accolades ont marqué cet événement de réconciliation. Le secrétaire général de la Comico, Idriss Katenga, a souligné que la division au sein de la communauté musulmane appartient désormais à l'histoire. « J’ai le privilège de parler et encadrer par Leurs Éminences Cheick Abdallah Mangala, Check Zaidi Ngongo, Cheick Ali Mwini et Cheikh Youssouf Djibondo. Ce n’est pas un événement anodin. Aujourd’hui, tous les leaders musulmans ont décidé de fumer le calumet de la paix. Ceci en droite ligne de l’exhortation du chef de l’Etat qui est venu en personne comme jamais avant en honorant notre communauté par sa visite. Alors, les musulmans ne pouvaient pas rester insensibles face à l’appel du chef de l’Etat qui a demandé cette réconciliation. Tous les musulmans à travers le pays doivent travailler maintenant pour ramener la paix ».

Ce travail de médiation de longue haleine a abouti à cette unité entre frères et sœurs musulmans grâce aux bons offices d’Amadou Diaby, un membre influent de la Comico qui était accompagné de son épouse Blanche Aminata Kasa. Un couple très engagé au sein de la communauté musulmane de la République Démocratique du Congo.

En tant que Musulman et Congolais, Serge Maabe Mwanyimi, coordonnateur de la Fondation Amadou Diaby, a indiqué que l’initiateur de cette Fondation a compris le message du chef de l’Etat en invitant toute la communauté musulmane au Congo à l’unité et à la réconciliation. Amadou Diaby a saisi ce message au bond et s’est chargé de cette fonction en tant que musulman afin de participer à cette réconciliation. Il n’était pas à son premier essai. L’année dernière, il a tenté cette réconciliation avec d’autres acteurs. Cette fois-ci, c’est une réconciliation qui a touché particulièrement comme pratiquant musulman. Dieu merci puisqu’il a accompli sa mission .

Le 28 juin 2023 à Kinshasa, lors de sa rencontre avec les musulmans à l'occasion de la grande fête d’Eid el-Kébir, le Chef de l’Etat leur avait recommandé aux principaux protagonistes de privilégier l'unité et la paix. Félix Tshisekedi s’était dit prêt à les accompagner dans la recherche des solutions à leurs problèmes.

La Comico était déchirée ces 5 dernières années par une guerre fratricide. Toutes les tentatives pouvant apporter la paix entre les membres de cette communauté se soldaient par des échecs. Chaque jour qui passait, les positions de chaque camp se durcissaient. Trois factions se disputaient le leadership de la gestion de cette communauté. Les échauffourées avaient causé « mort d'hommes » au Stade des Martyrs le 13 mai 2021 où les musulmans s'étaient rassemblés pour clôturer le Ramadan. Il reste désormais à régler le sort de toutes les personnes qui avaient été condamnées par la justice.

mardi 1 août 2023

Un ancien des Forces armées zaïroises porté à la tête de l’Agence Nationales des Renseignements

Le médecin colonel Daniel Lusadisu est un ancien militaire des Forces armées zaïroises (Faz) a été nommé le 1er août 2023 administrateur général de l’Agence Nationale des Renseignements par le chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi. Il est diplômé de l’Ecole Royale Militaire de Belgique. Il a travaillé dans l’armée durant les années 1980 jusqu’avant la chute du régime du Maréchal Mobutu qu’il l’a trouvée à l’étranger. Il a évolué au sein de la Division de la Sécurité Présidentielle (DSP). Il s’occupait du service militaire au Camp Tshatshi et d’autres fonctions qu’il a occupées dans le secteur de la santé militaire.

Daniel Lusadusu et Jean-Jacques Wondo

Peu avant la chute de Mobutu, il est parti en Belgique pour se spécialiser en cardiologie. Lorsque Mobutu a été chassé du pouvoir, il est resté en Belgique où il a mis en place une structure qui regroupait non seulement les ex-Faz mais aussi les anciens des services des renseignements du Zaïre dont il était le coordonnateur. Il s'est vite rendu compte à l’époque que le pays était sous occupation rwandaise.

Daniel Lusadusu a mené plusieurs activités sur le plan intérieur et extérieur, témoigne Jean-Jacques Wondo, expert et analyste des questions politiques et sécuritaires de la RD Congo et de la région. « Le nouvel Administrateur général de l’ANR a eu des contacts avec des responsables sécuritaires et politiques de l’époque pour voir comment toutes ces personnes pouvaient réintégrer les Fardc mais les conditions qui lui ont été posées ne l’ont pas satisfait parce que c’est quelqu’un qui était pris de valeurs républicaines et patriotiques. Il avait refusé d’intégrer une armée dominée par des officiers issus des pays agresseurs du Zaïre. Raison pour laquelle il est resté en exil. Pendant son exil, il combinait ses fonctions de médecin urgentiste et de chirurgien cardiaque avec ses activités patriotiques pour ne pas dire politiques parce qu’il a été très proche de feu Etienne Tshisekedi dont il était conseiller militaire ».

Lusadusu a toujours milité pour la formation d’une armée professionnelle, républicaine et apolitique et des services de sécurité professionnels, républicains et apolitiques. «Sa nomination devrait donner une nouvelle impulsion, à mon avis, dans l’organisation et le fonctionnement de l’Agence nationale des renseignements. Connaissant la personne qui est d’abord intègre, compétente, éprise de valeurs humanistes, Jean-Jacques Wondo dit être mieux placé parce qu’il le côtoie assez souvent en Belgique pour dire qu’il a une autre idée des services.

Pour Jean-Jacques Wondo, la sécurité ne doit pas se limiter dans sa pure composante sécuritaire ou répressive. Mais l’ANR selon la vision de Daniel Lusadusu devrait devenir d’abord un service d’intelligence qui est censé collecter les données, les informations pour permettre aux autorités politiques congolaises à prendre de bonnes décisions. « Je suis personnellement persuadé que sa nomination va certainement apporter une nouvelle dynamique dans la conception et le fonctionnement des services de sécurité et de l’ANR ».

La période où le Colonel Daniel Lusadusu était active dans l'armée

Un ancien militaire ou des services de sécurité sous Mobutu où ces services n’avaient pas une bonne réputation peut-il faire du bon travail ?

Le problème ne se pose pas, argue Jean-Jacques Wondo. « Est-ce qu’il parviendrait à changer l’image ou le fonctionnement des services de sécurité ? Wondo répond que le problème ne se pose pas au niveau des individus mais au niveau de tout un système qui est mis en place. « Nous avons connu à l’époque des militaires très brillants qui se sont distingués sur le plan intérieur et extérieur. Lusadisu fait partie de cette crème, de cette élite pas seulement militaire mais intellectuelle congolaise qui a une vision humaniste de la sécurité ».

Daniel Lusadusu a une vision républicaine de la sécurité. Dans son action, c’est la sécurité de la RDC qui prime et que lui ne tomberait peut-être pas dans le travers de l’excès de sécurité ou l’excès de zèle où l’on a souvent tendance à réduire les services de sécurité à un simple instrument de répression. Ce n’est pas parce qu’il a évolué à l’époque de Mobutu qu’il possède cet art, le défend-il.

Lusadusu a évolué dans le domaine médical. Partout où il est passé, il a laissé une impression très positive. Que ça soit en termes de management (la gestion de l’humain) et en termes de résultats parce qu’il a pu équiper d’ailleurs les services médicaux des Faz d’outils et de cadre de travail assez modernes. Aussi Lusadusu peut compter sur son réseau pas seulement à l’intérieur de la RDC pour pouvoir moderniser le fonctionnement de sécurité.

« De ce côté-là, personnellement j’ai moins d’inquiétude. Si on lui laisse les mains libres, je pense qu’il pourrait apporter un changement parce que les services de sécurité sont appelés à soutenir la dynamique démocratique dans laquelle le pays s’est engagé. Il faudrait qu’à un certain moment qu’on est à la tête de ses services qui ont cette vision-là de pouvoir faire de la sécurité un instrument d’abord de sécurisation des populations congolaises parce que l’ANR est un service qu’on appelle de sûreté. Un service qui doit assurer la sûreté, la sécurité des populations et pas seulement la sécurité politique ».

Jean-Jacques Wondo est assez convaincu que s’il s’entoure de bonnes personnes et qu’on lui laisse une certaine marge de manœuvres et qu’on ne lui mette pas les bâtons dans les roues dans sa vision et manière de fonctionner, il peut amorcer un début de changement dans la manière de fonctionner des services de renseignements en RDC.

Les services de sécurité et de renseignements ont pour missions premières de récolter les informations qui touchent à la sécurité nationale. La sécurité est devenue aujourd’hui une notion centrale dans la gouvernance des Etats.  La sécurité ne se réduit pas à sa simple composante répressive. Mais elle touche tous les domaines de fonctionnement de l’Etat. C’est une notion éclatée aujourd’hui et on ne doit pas la réduire à sa simple acception « sécurito-sécuritaire ».

Wondo soutient que les services de sécurité ne doivent pas devenir les bras armés ou des instruments des régimes politiques ou un instrument répressif au service d’un régime. Ils sont appelés à travailler pour et au profit de la sécurité des citoyens en donnant les bonnes informations aux autorités politiques nationales pour qu’elles prennent des décisions adéquates afin d’assurer la bonne marche du pays. « On doit changer de paradigme de concevoir et de voir des services de sécurité. Ça c’est très important et c’est le pays qui en gagne ».

La bonne période de prestation de Daniel Lusadusu

Pour Jean-Jacques Wondo, les services de renseignements n’ont pas vocation de traquer toujours des opposants ou des contestataires ou encore des jeunes des mouvements citoyens. Un service de renseignement doit plutôt accompagner la gouvernance sécuritaire, les autorités du pays à gérer la sécurité générale du pays pour qu’il règne la sécurité et la tranquillité publique. Pour cela, les services de sécurité doivent pouvoir adopter un certain nombre de principes méthodologiques de fonctionnement et observer aussi une certaine attitude dans leur manière de travailler pour éviter que ces services ne deviennent plutôt des services de répression.