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mardi 21 août 2018

Comprendre le sens de la coopération entre l’Union Européenne et la RDC


Cadre général de la coopération entre l’Union européenne et les pays ACP
Les relations entre l’UE et la RDC s’inscrivent dans le cadre de la coopération entre le groupe des États ACP et l’Union européenne. Cette coopération tire son origine de l’accord de coopération commerciale, la Convention de Lomé, signée le 28 février 1975 entre la Communauté économique européenne (CEE) et 46 pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP). Cet accord a été renouvelé en 1979 (Lomé 2 avec 57 pays ACP), en 1984 (Lomé 3 avec 66 pays ACP) et en 1990 (Lomé 4 avec 70 pays ACP).
Le 23 juin 2000, la convention de Lomé est remplacée par l’accord de Cotonou afin de favoriser l’adaptation des pays ACP à l’économie de marché. Il est entré en vigueur en avril 2003 et a pour objectif, à court terme, d’éradiquer la pauvreté, de promouvoir et accélérer le développement économique, culturel et social des États ACP, de contribuer à la paix et à la sécurité et de promouvoir un environnement politique stable et démocratique. Les objectifs de ce partenariat entrent en cohérence avec les objectifs du développement durable et d’une intégration progressive des pays ACP dans l’économie mondiale.
Conclu pour vingt ans, révisable tous les cinq ans, cet accord réunit 79 pays ACP et les 28 pays de l’Union européenne ; et arrive à échéance en 2020. Il s’appuie sur le plan d’action relatif à l’efficacité de l’aide (appropriation, alignement, harmonisation, gestion axée sur les résultats en matière de développement et responsabilité mutuelle) et repose sur les principes fondamentaux suivants :
• L’égalité des partenaires et appropriation des stratégies de développement ;
• Participation (l’État reste partenaire principal, mais l’Accord préconise une ouverture à différents types d’acteurs) ;
• Le rôle central du dialogue et le respect des engagements mutuels ;
• La différenciation et la régionalisation.

L’Accord repose sur cinq piliers qui constituent les principales orientations du partenariat.
• Une dimension politique globale favorise le dialogue politique, les politiques de consolidation de la paix, le respect des Droits de l'Homme, la bonne gestion des affaires publiques ;
• La promotion des approches participatives intègre les acteurs non étatiques et la  société civile dans la conception et la mise en oeuvre des stratégies et programmes de développement ;
• Des stratégies de développement et la priorité accordée à l'objectif de réduction de la pauvreté mettent l’accent sur trois domaines prioritaires à savoir : le développement économique, le développement social et humain, l'intégration et la coopération régionale ;
• La mise sur pied d'un nouveau cadre de coopération économique et commerciale. Les bases de cette coopération, comme définies dans l'Accord de Cotonou, indiquent que l'Union Européenne et les États ACP négocieront et concluront de nouveaux accords commerciaux connus sous le nom d'Accords de partenariat économique (APE), compatibles avec les règles de l'OMC, supprimant progressivement les entraves au commerce entre les deux parties, au cours d'une période intérimaire d'au moins 12 ans, et mettant ainsi fin au système de préférences commerciales non réciproques dont les États ACP bénéficient dans le cadre des accords précédents. Dans ce contexte, les échanges commerciaux seront donc libéralisés entre les deux parties ;
• La réforme de la coopération financière qui vise à orienter pour favoriser les subventions et les investissements dans les pays ACP.

Dans le cadre de cette coopération, sont considérés comme acteurs : (i) les organisations sous-régionales, régionales ACP et l’Union africaine ; (ii) les autorités publiques (locales, régionales et nationales), y compris les parlements des États ACP ; (iii) les acteurs non étatiques (le secteur privé, les partenaires économiques et sociaux, y compris les organisations syndicales ; (iv) la société civile sous toutes ses formes selon les caractéristiques nationales.
Les institutions de coordination de l’Accord de Cotonou
L’Accord de Cotonou est mis en oeuvre par des institutions paritaires ACP-UE dont le rôle est d’assurer la coordination, la cohérence et la complémentarité, ainsi qu’un flux efficace et réciproque d’informations. Il s’agit du Conseil des ministres, du Comité des ambassadeurs et de l’Assemblée parlementaire paritaire. Il est également prévu des réunions de chefs d’État et de gouvernement pour accompagner et assurer un suivi de cette mission de coordination.
Le Secrétariat du Groupe des États ACP qui a son siège à Bruxelles, est dirigé par un Secrétaire général doté d’un pouvoir exécutif. Il est chargé de la mise en oeuvre de la politique internationale du groupe, de l’animation et de la coordination de la politique de coopération, sous l’autorité des organes politiques ci-dessus mentionnés.
Le traité de Lisbonne et l’action extérieure de l’Union européenne
Le traité de Lisbonne régit actuellement le fonctionnement de l'Union européenne. Adopté en 2009, il adapte en profondeur les règles des anciens traités pour permettre une meilleure coordination à 27 États membres (aujourd'hui 28). Depuis son entrée en vigueur, l'Union est régie par deux traités : le traité sur l'Union européenne (TUE) et le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE). Ainsi, le traité de Lisbonne rénove l'architecture des institutions, assouplit la prise de décision et renforce la représentation extérieure de l'Union. Il comprend des innovations importantes en donnant à l’Union des moyens de développer la cohérence et l’unité de sa politique extérieure, en créant le poste de Haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de Sécurité. Ce dernier porte également le titre d’un des vice-présidents de la Commission européenne.
Le Service européen pour l’Action extérieure (SEAE) est le service diplomatique de l'UE qui aide le Haut représentant à mener la politique étrangère et de sécurité de l'Union européenne. En RDC, la délégation de l’Union européenne (DUE) contribue à la consolidation du pays, en lui apportant un important soutien au développement politique, économique et commercial, dans le cadre de l’Accord de Cotonou.
Les principales fonctions de la DUE consistent à :
• Représenter l'ensemble des institutions de l'Union européenne en RDC et conduire le dialogue politique avec les autorités congolaises et la société civile. Ce dialogue politique s'inscrit dans le cadre de l'Accord de Cotonou sur le partenariat ACP-UE et vise à promouvoir les valeurs et les intérêts communs, tels que le respect pour les droits humains et les libertés politiques, l'enracinement de la démocratie et la consolidation d'un état de droit ;
• Assurer la présidence locale de l'Union européenne, jouant un rôle de coordination et d'impulsion et s'exprimant au nom de l'Union européenne et de tous ses États membres, effectuant les démarches communes au nom de l'UE et de ses États membres.

Les instruments financiers de l’Aide au développement
Le Fonds européen de développement (FED) est le principal instrument financier de la coopération entre l’UE et le Groupe ACP et finance de nombreux programmes et de projets de développement dans l’ensemble des pays ayant conclu des accords de partenariat avec l’Union. Il contribue également au développement de certains pays et territoires d’outre-mer PTOM) liées à l’UE. Depuis sa création en 1957, chaque nouvel accord de partenariat conclu entre l’UE - groupe ACP - PTOM est assorti d’une enveloppe financière globale destinée à financer la mise en oeuvre de la coopération pendant une période de 5 ans. Le 11e FED, d’une enveloppe globale de 30,5 milliards d’Euros, couvre la période de 2014-2020. De ce montant, 29 milliards d’euros sont alloués aux États ACP.
Le FED vise principalement à promouvoir : la coopération économique, l’intégration régionale et l’appui institutionnel, la santé, l’éducation et la formation, le développement rural, l’environnement, le transport et infrastructures et, enfin, les politiques horizontales.
L’enveloppe financière du FED destinée aux pays ACP se décompose en trois grandes rubriques :
• Une enveloppe nationale et régionale : la Commission européenne et l’État ACP concerné élaborent, en étroite concertation, un document de stratégie et un programme indicatif national (PIN)/régional (PIR). Chaque stratégie assortie de son programme indicatif est présentée dans un document unique, qui donne lieu à un échange de vues entre les États membres et la Commission dans le cadre du Comité du FED.

La RDC est bénéficiaire des programmes régionaux suivants :
• au niveau du COMESA avec le projet de mise en oeuvre de l’intégration régionale pour appuyer l’adoption des normes harmonisées et mettre en oeuvre le Régime commercial simplifié du COMESA;
• au niveau de la CEEAC avec une enveloppe globale de 120 millions d’euros de l’Union européenne, (i) dans le cadre de l’exécution de la sixième phase du programme des « Écosystèmes Fragilisés d’Afrique centrale » (ECOFAC VI) ; (ii) pour la mise en oeuvre du programme Paix et Sécurité de la CEEAC et ; (iii) la mise en oeuvre du programme d’appui à la gouvernance des infrastructures régionales et nationales en Afrique (PAGIRN).

• Une Facilité d’Investissement gérée par la Banque européenne d’Investissement (BEI) La Facilité d’Investissement est entrée en vigueur en 2003. Elle a pour objet de soutenir le développement économique des pays ACP par des investissements réalisés à des conditions de marché dans le secteur privé, ainsi que par le financement d’entreprises du secteur public gérées commercialement, en particulier celles qui sont responsables d’infrastructures économiques essentielles. Elle fournit des capitaux à risque, des prêts ordinaires, des garanties ainsi que des bonifications d’intérêts pour certaines opérations jugées prioritaires. Le Comité de la Facilité, composé des États membres, se prononce sur les orientations et les décisions qui sont validées par le Conseil d’administration de la Banque européenne d'investissement (BEI).

Au courant de l’année 2017, la BEI a annoncé l’octroi d’un prêt de 24 millions d’euros à la société Africa Mobile Networks pour un projet de déploiement de 250 tours télécoms solaires dans les zones rurales du Cameroun et 750 autres tours dans les zones rurales de la RDC. Les fonds fournis à Africa Mobile Networks par la BEI proviennent de l’enveloppe « Investissement d’impact » de la Facilité d'Investissement ACP qu’elle gère.
• Une enveloppe dite intra-ACP cogérée par la Commission européenne et le Secrétariat ACP. Les programmes intra-ACP financent des actions thématiques communes à un grand nombre ou à l’ensemble des pays ACP ainsi que des participations à des fonds multilatéraux. La coopération intra-ACP est une coopération de nature géographique et de niveau supra-régional (par opposition aux niveaux national et régional). Au titre de la coopération intra-ACP, des initiatives régionales ont été soutenues, à partir notamment des « facilités » (Eau, Énergie, Paix, Migration), mais également des fonds mondiaux ou organisations internationales (Fonds global Sida, Fast-track Éducation, soutien à l’Union africaine, Fonds PPTE et Fonds fiduciaire Infrastructures dans le cadre du partenariat UE-Afrique sur les Infrastructures).

Des instruments à vocation thématique, ouverts à tous les pays en développement, viennent compléter ces outils. Il s’agit de :
• l’instrument pour la coopération et le développement (ICD) ;

• l’instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme (EIHDR) ;
• la Facilité alimentaire de l’UE;
• ECHO pour l’aide humanitaire.

L’avenir des relations ACP-UE après 2020
Les prochaines années devraient marquer un tournant dans les relations ACP – UE. En effet, l’Accord qui a été signé pour 20 ans arrive à son terme en 2020. Les différentes parties s’attèlent déjà à réfléchir sur les contours de ces relations.
Dès novembre 2016, le Conseil de l’Europe a commencé à examiner la nature et la structure des relations qu'entretiendront l'UE et les pays ACP, une fois que l'accord de Cotonou aura expiré. Les travaux menés dans ce cadre reposent sur une communication conjointe de la Commission européenne et de la Haute Représentante, adoptée le 22 novembre 2016.
Cette communication porte plus particulièrement sur les trois principaux aspects des relations futures : la structure, la nature et l'étendue géographique d'un éventuel nouvel accord.
À ce stade, les préparatifs pour les négociations entre l’UE et les pays ACP, pour le renouvellement de l’Accord de Cotonou ont été entamés. L’année 2018 prévoit plusieurs rencontres à ce sujet et devrait déterminer des grandes orientations sur le cadre du nouvel accord.
Le contexte de la coopération entre l’Union européenne et la RDC
Historique
La coopération structurelle entre l’Union européenne et la RDC s’est construite et a évolué en plusieurs étapes.
Il convient de noter qu’elle a été interrompue pendant une dizaine d’années (1992-2002), période durant laquelle des programmes humanitaires ont subsisté et ont été mis en oeuvre directement par la Commission européenne, par le biais de son agence humanitaire et d’ONG. Cette coopération a repris en 2003 et, à la même période, un Ordonnateur national (ON) du FED a été désigné, à savoir le ministre des Finances. Cette étape marquait ainsi le rétablissement des modalités d’une coopération cogérée du FED entre l’ON et l’UE telles qu’établies par l’Accord de Cotonou.
Avec la récupération progressive en 2004 des attributions de l’ON, qui a pu bénéficier de l’instauration de services techniques pour l’assister, tous les projets identifiés dans les conventions de financement de programmes, signées depuis 2005 entre l’ON et l’UE, sont mis en oeuvre selon les règles communes à tous les États ACP, à savoir : l’Ordonnateur national assure les responsabilités de maître d’ouvrage. Depuis 2006, l’ON lance les appels d’offres, organise l’ouverture des offres et leur évaluation, propose l’attribution des marchés, signe des contrats, en assure la gestion contractuelle et la maîtrise d’ouvrage et, enfin, procède à la liquidation et l’ordonnancement des paiements.
Afin de faciliter l’accompagnement et le traitement des divers dossiers et procédures administratives gérées par l’autorité contractante dans le cadre du FED, l’ON a désigné en octobre 2007 l’Ordonnateur national délégué, en la personne du Coordonnateur de la COFED.
Relations actuelles entre l’UE et la RDC
Au niveau politique, l'UE a participé activement aux efforts de la communauté internationale pour restaurer la paix et la démocratie en RDC, en soutenant financièrement le referendum constitutionnel de 2005 et les processus électoraux de 2006 et de 2011, tout en déployant d'importantes missions d'observation électorale.
Au-delà des aspects politiques et militaires, la contribution de l’UE s'appuie sur un important soutien au développement dans le cadre de l’Accord de Cotonou. L'enveloppe pour la période 2014-2020 (11e Fonds européen de développement) est une des plus importantes sur un plan bilatéral avec plus de 620 millions d’euros (i.e. enveloppe A) mobilisés sur quatre axes prioritaires:
• Santé : 150 millions d’euros ;
• Environnement et agriculture durable : 130 millions d’euros ;
• Renforcement de la gouvernance et État de Droit : 160 millions d’euros ;
• Infrastructures : 150 millions d’euros.

À ceci s’ajoutent quelques mesures d’appuis transversaux (appui à la société civile : 12 millions d’euros, et autres mesures : 18 millions d’euros).
Ce partenariat prévoit un dialogue politique soutenu qui permet à l'UE et à la RDC d'échanger régulièrement et ouvertement sur les sujets d'intérêt commun et notamment la préservation de l'espace politique et le respect des Droits humains. L’enveloppe B, destinée à couvrir les imprévus, sera déterminée ultérieurement, selon les mécanismes et procédures spécifiques.
Aide humanitaire
En RDC, des conflits récurrents ont entraîné des déplacements massifs de populations et une crise humanitaire importante. De plus, le pays fait face à de multiples épidémies.
C’est ainsi que la DG-ECHO, le bureau de l’aide humanitaire et de la protection civile de la Commission européenne, a apporté une assistance de première nécessité à destination des populations déplacées ou vulnérables par le biais d’une aide humanitaire appropriée et dans le respect des principes humanitaires tels que l’impartialité, la neutralité.
La DG-ECHO finance également des projets de préparation et d’atténuation des risques dans des régions sujettes aux catastrophes naturelles. La DG-ECHO vient aussi en aide aux personnes réfugiées, arrivant sur le territoire de la RDC en provenant de la République Centrafricaine, Soudan du Sud et du Burundi. Dans les zones où le retour des réfugiés est possible, la DG-ECHO fournit les conditions minimales pour aider à la reconstruction du cadre de vie et à une amélioration des services sociaux de base.
Dans les zones épargnées par les conflits, l'aide humanitaire est principalement axée sur la malnutrition aiguë, l'insécurité alimentaire et les épidémies (rougeole et choléra notamment).

Présentation de la COFED

Signé le 23 juin 2000 entre la Communauté européenne et ses états membres, d’une part, et le groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), d’autre part, l’Accord de Cotonou, qui fixe le cadre du partenariat politique, économique et commercial entre les parties signataires, a été conclu pour une durée de vingt ans et révisé par deux fois, en 2005 et en 2010.
Ce partenariat est centré sur l’objectif de réduction et, à terme, d’éradication de la pauvreté, en cohérence avec les Objectifs du développement durable (ODD) et d’une intégration progressive des pays ACP dans l’économie mondiale. Il offre un cadre cohérent d’appui aux stratégies de développement définies par chaque État ACP.
C’est dans ce cadre que sont attribuées à l’Ordonnateur national du FED, désigné par les pouvoirs publics de chaque état ACP, des prérogatives dans la supervision, la mise en oeuvre et le suivi des programmes et projets financés par l’Union européenne.
Afin d’accomplir au mieux les attributions qui sont les siennes dans le cadre de cet accord, le ministre des Finances, Ordonnateur national du FED en RDC, bénéficie de l’appui d’une structure technique, à l’instar de ses homologues des autres pays ACP.
C’est ainsi qu’a été créée en novembre 2014, par arrêté ministériel, la COFED – Cellule d’appui à l’Ordonnateur national du Fonds européen de développement – placée sous la supervision d’un Coordonnateur, qui assume également les fonctions d’Ordonnateur national délégué.
Les missions de la COFED, en tant que service technique de l’Ordonnateur national, qui travaille étroitement avec la délégation de l’Union européenne, sont les suivantes :
• Assister l’Ordonnateur national du FED dans la gestion des ressources octroyées à la RDC par l’Union européenne et la Banque européenne d’investissement ;
• Coordonner, avec les ministères techniques et les organisations de la société civile, les travaux relatifs à la programmation, le suivi régulier, les revues annuelles, à mi-parcours et finales de la mise en oeuvre de la coopération UE-RDC ;
• Participer à l’instruction et à l’élaboration des projets et programmes nationaux et régionaux ;
• Préparer les dossiers d’appel d’offres, en assurer la publication et soumettre les propositions d’attribution à la DUE ;
• Assurer la liquidation et l’ordonnancement des dépenses dans la limite des ressources disponibles ;
• Apporter un appui institutionnel et juridique aux maîtres d’ouvrage délégués et aux maîtres d’oeuvre des différents programmes ;
• Mener, en collaboration avec la DUE, les actions de visibilité des différents projets et programmes financés par cette dernière.

Les différents partenaires nationaux intervenant dans la mise en oeuvre des projets et programmes FED sont également accompagnés par la COFED qui met à leur disposition son expertise technique, juridique et financière, outre le renforcement des capacités. A ce titre, il convient de citer, entre autres, l’assistance juridique, l’organisation de formations et de missions régulières de supervision et d’évaluation sur terrain ainsi que d’activités visant à assurer la visibilité et l’information du grand public sur les réalisations enregistrées dans le cadre de la coopération UE-RDC.
Afin de bien réaliser sa mission, la COFED s’est dotée d’un personnel composé de cadres nationaux hautement qualifiés, recrutés par appel à candidatures, et de fonctionnaires ou assimilés, mis à sa disposition par le ministère des Finances. Elle bénéficie d’une assistance technique ad hoc pour des missions spécifiques ainsi que des services d’un personnel d’appui.

Le fonctionnement de la Cellule est assuré par la Convention de financement du projet d’appui à l’Ordonnateur national du FED. Conformément aux principes édictés dans la Déclaration de Paris sur l’Efficacité de l’aide au développement, le Gouvernement congolais contribue également à la prise en charge des activités de la structure.

vendredi 17 août 2018

Les enfants sont particulièrement touchés par l'épidémie d'Ebola en RDC ( Unicef )


Les enfants représentent une proportion élevée des personnes touchées par l'épidémie d'Ebola en cours dans l'Est de la République Démocratique du Congo (RDC). C’est ce qu’a déclaré le 17 août 2018 l'UNICEF. Deux enfants sont déjà décédés de la maladie. Les centres de traitement Ebola à Beni et Mangina prennent actuellement en charge six enfants infectés par la maladie ou suspectés de l'être.
L'UNICEF a identifié à ce jour 53 enfants orphelins d’Ebola. « Les enfants affectés par l’épidémie d'Ebola ont besoin d’une attention et d’une assistance particulière », a déclaré le Dr Gianfranco Rotigliano, Représentant de l'UNICEF en RDC. « Ce sont généralement les femmes qui s’occupent des enfants, et quand elles sont infectées par la maladie, il y a un grand risque que leurs enfants et leurs familles deviennent vulnérables. »
L’UNICEF et ses partenaires ont également formé 88 travailleurs psychosociaux pour aider et réconforter les enfants dans les centres de traitement, et pour soutenir les enfants qui sont déchargés des centres et déclarés libres d'Ebola, mais risquent d'être stigmatisés au sein de la communauté. Les travailleurs psychosociaux organisent des activités de sensibilisation afin de faciliter le retour de ces enfants dans leurs communautés. « L'impact de la maladie sur les enfants ne se limite pas à ceux qui ont été infectés ou suspectés de l’être », a déclaré le Dr. Rotigliano.
« De nombreux enfants sont confrontés à la maladie ou au décès de leurs parents et de leurs proches. Certains ont perdu un grand nombre de membres de leur famille et se retrouvent seuls. Ces orphelins ont un besoin urgent de notre soutien. » L’organisation recherche et assiste des familles d'accueil pour les enfants orphelins en leur fournissant une aide psychosociale, matérielle et alimentaire.


La situation épidémiologique de la Maladie à Virus Ebola en date du 15 août 2018 

·  Au total, 78 cas de fièvre hémorragique ont été signalés dans la région, dont 51 confirmés et 27 probables.
·  24 cas suspects sont en cours d'investigation.
·  5 nouveaux cas confirmés à Mabalako, dont 1 personnel de santé du Centre de Santé de Référence de Mangina. Tous ces nouveaux cas confirmés sont des contacts de cas probables connus et suivis.
·  2 décès de cas confirmés à Béni.
* Une analyse des bases de données a révélé que le décès du cas confirmé à Mandima avait été comptabilisé deux fois. Ainsi, il y a 3 décès à Mandima (et non 4), dont 1 d’un cas confirmé et 2 cas probables.

Remarques:
·  Afin d’éviter que le nombre total de cas varie (à la hausse ou à la baisse) quotidiennement, les cas suspects ont été placés dans une catégorie séparée. Ainsi, les cas suspects dont les tests laboratoires se sont révélés positifs seront ajoutés dans la catégorie des cas confirmés alors que ceux qui sont négatifs (non cas) seront retirés du tableau.
·  La catégorie des cas probables reprend tous les décès notifiés pour lesquels il n'a pas été possible d'obtenir des échantillons biologiques pour confirmation au laboratoire. Les investigations permettront de déterminer si ces décès sont liés ou non à l’épidémie.
Actualité de la riposte

Sécurité sanitaire mondiale
·  Le mercredi 15 août 2015, le Ministre de la Santé, Dr Oly Ilunga Kalenga, avait reçu en audience Mme Jennifer Haskell, Chargée d’affaires de l’Ambassade des Etats-Unis en RDC, Dr Robert Redfield Jr, le Directeur du Centers for Disease Control and Prevention (CDC), et Dr Raimi Ewetola, Directeur pays du CDC en République Démocratique du Congo. En raison de sa taille et de sa position centrale en Afrique, la RDC a un rôle important à jouer dans la sécurité sanitaire mondiale. Les échanges ont essentiellement porté sur la coopération bilatérale entre le Ministère de la Santé et le CDC, les programmes de formation du CDC pour les épidémiologistes du terrain ainsi que les perspectives d’avenir pour renforcer la collaboration.
·  Au lendemain de cette première entrevue, le Ministre de la Santé a conduit la délégation américaine au cœur de la riposte, à Béni dans la Province du Nord-Kivu. Après une présentation de la situation épidémiologique par la coordination, les invités se sont rendus à l’Hôpital Général de Référence de Béni où ils ont visité le nouveau Centre de Traitement d’Ebola.

Collaboration provinciale
·  Après la réunion avec la coordination à Béni, le Ministre de la Santé s’est séparé de ses hôtes afin de se rendre à Bunia, chef-lieu de la Province de l’Ituri, où un premier cas confirmé d’Ebola a été notifié le 12 août dernier. Il a été accueilli par une délégation du gouvernement provincial composée notamment du Gouverneur, du Vice-Gouverneur, de la Ministre provinciale de la Santé et du Ministre provincial de l’Intérieur. Dès la déclaration de l’épidémie dans la province du Nord-Kivu, le gouvernement provincial de l’Ituri avait mis en place une coordination de crise et renforcé les mesures de prévention et de surveillance vu la proximité entre l’épicentre de l’épidémie à Mangina et la zone de santé de Mandima dans la province de l’Ituri. En effet, les zones de santé de Mangina et Mandima sont séparées de moins de 400 mètres et les mouvements des populations sont très fréquents. De nombreux agriculteurs habitent avec leur famille à Mangina mais travaillent dans des champs à Mandima. Le Ministre de la Santé a félicité le gouvernement provincial pour sa proactivité qui a déjà permis de sauver plusieurs vies.

Vaccination
·  Depuis le début de la vaccination le 8 août 2018, 316 personnes ont été vaccinées, dont 176 à Mabalako, 100 à Béni et 40 à Mandima.


mercredi 15 août 2018

La Suède alloue 12,2 millions de dollars américains à l’UNICEF pour la santé des enfants et des mères


La Suède accorde son soutien aux programmes Santé et Protection de l’enfant de l’UNICEF en République Démocratique du Congo dans le cadre d'un nouvel accord de partenariat d’un montant de 12,2 millions de dollars américains, signé le 8 août 2018 à Kinshasa.
Ce financement permettra aux nouveau-nés, aux enfants, aux adolescents et aux mères de bénéficier d’un appui dans le domaine de la santé pour réduire les maladies et prévenir les décès. Il contribuera également à améliorer la couverture vaccinale de certaines maladies évitables, les interventions à haut impact en faveur des adolescents, des nouveau-nés, des enfants et des femmes enceintes ainsi que les mécanismes de suivi communautaire dans les villages. Le soutien suédois prévoit aussi un appui aux enfants sortis des groupes armés. Le programme pour les enfants sortis des groupes armés permettra à des milliers d’enfants d’obtenir une aide d’urgence, de retourner à l’école ou d’apprendre une profession leur permettant de retrouver leur place dans la famille et la société.
La République Démocratique du Congo est parmi les pays ayant un taux de mortalité néonatale très élevé. En RDC un nouveau-né sur 35 meurt avant l’âge d’un mois, ou 96.000 nouveau-nés par an. Bien que la RDC ait fait des progrès considérables en termes de réduction du taux de mortalité infanto-juvénile, qui est passé de 148 pour mille naissances vivantes en 2007 à 104 en 2017, elle compte parmi les quatre pays au monde ayant le plus grand nombre de décès néonatals. Cette situation est aggravée par les conflits et les crises qui empêchent les femmes enceintes de bénéficier des soins de santé appropriés avant, pendant et après l’accouchement.
Le Représentant adjoint de l’UNICEF en RDC, le Dr Tajudeen Oyewale a indiqué que le soutien de la Suède nous aidera à accorder la priorité à la fourniture de médicaments vitaux et d’équipements nécessaires à un bon départ dans la vie à chaque mère et à chaque nouveau-né .
Le nouvel accord de partenariat entre la Suède et l’UNICEF couvre la période 2018 - 2019 et prévoit également d’assurer la protection des enfants, spécifiquement les plus vulnérables et les plus exclus contre les diverses formes de violence, d’abus, d’exploitation et de négligence, surtout en situation d’urgence.

Origine du mot Manianga, une tribu de la Province du Kongo Central dans le territoire de Luozi

Source : Université de Luozi, Luozi, Mai 2005

 

Nous voulons donner ici un bref aperçu historique sur la situation géographique du Manianga où est implantée l’Université Libre de Luozi (ULL). Dans cette optique, nous allons tour à tour aborder les points suivants : l’origine des Manianga, les agents de Léopold II à Luozi et les activités sociales et économiques.

     L’origine des Manianga

Lorsque les Bantu, en provenance du lac Tchad, émigrèrent dans les savanes du bassin du Congo durant le premier millénaire de notre ère, ils constituèrent plusieurs royaumes dans leur mouvement vers l’océan atlantique. Il s’agit des royaumes Mazinga, Bwende, Lwangu, Ngoyo, Kakongo, Vungu, Mbata, Mbemba, Mbamba, Nsoyo, Nsundi et Mpangu.
Vers 1150, Ne Lukeni lwa Nzinga, fils de Ne Nzinga, roi du Royaume Vungu à la rive droite du fleuve Congo, conquit six Etats, à savoir : Mbemba, Mbamba, Mbata, Nsoyo, Mpangu et Nsundi. Les six royaumes formèrent le Kongo dia Ntotila, devenu plus tard Kongo dia Ngunga, à cause de nombreuses églises y érigées munies de cloches, ayant comme capitale Mbanza-Kongo que les Portugais débaptisèrent San Salvador (Saint Sauveur). Il importe de noter que Kongo dia Ntotila est le dernier Etat créé par les Bantu d’expression kikongo.
Ce royaume eut des contacts importants avec le Royaume du Portugal à travers l’expédition de Diego Caô en 1482, à la suite desquels les Portugais envisagèrent, pour des raisons politique et économique, de l’occidentaliser suivant leur modèle et de le christianiser. Malheureusement, ils ne réussirent pas à créer, en Afrique centrale, un véritable royaume chrétien du fait qu’ils se détournèrent tôt de leur mission première d’évangélisation au profit de la traite négrière. Ainsi, ils contribuèrent à la désintégration et à l’affaiblissement du Royaume Kongo, en y éradiquant les acquis de l’évangélisation par les missionnaires catholiques.
Envahi, en 1665, par les Yagas qui détruisirent la capitale Mbanza-Kongo, lors de la bataille d’Ambwila, le Royaume disparut complètement au 19e siècle. Aussi, sans Eglise et sans royaume, toute la foi catholique y introduite de bonne heure devint-elle un vague souvenir.
Dans la conquête de nouvelles terres, certains Kongo, installés dans la région comprise entre Mfwa (territoire qui deviendra l’Afrique Equatoriale Française/AEF) et le Royaume Vungu, l’abandonnèrent pour aller ailleurs. D’autres, par contre, restèrent sur place. Ce sont les lignages « abandonnés » (makanda ma niangua ou ba niangua) qui ont donné lieu à Manianga ou Ba Manianga. Il s’agit donc des peuples qui occupent aujourd’hui le territoire situé entre Isangila et Mpioka, tronçon navigable de 138 Km entre Matadi et Stanley Pool (futur Léopoldville, aujourd’hui Kinshasa) ainsi que l’arrière-pays.

Les agents de Léopold II à Luozi

Après avoir débarqué à Banana en août 1879 et fondé les stations-relais de Vivi, le 27 septembre 1879, et d’Isangila, le 21 février 1881, à 87 Km en amont de Vivi ; les agents de Léopold II, dirigés par Stanley, fondèrent, le 1e mai 1881, la troisième station-relais de l’Etat Indépendant du Congo au lieu nommé Manianga (à Mpioka) jusqu’à Isangila sur la rive droite, tout comme les régions de Ndunga, Lukunga, Kasi et Mukimbungu sur la rive gauche furent liées à l’appellation Manianga. Ainsi, l’entité administrative de Manianga donnera naissance aux appellations de Manianga ma Luozi (du nom de la rivière qui baigne le village situé à l’endroit où celle-ci se jette dans le fleuve Congo), Manianga ma Isangila et Manianga ma Nseke Mbanza, d’une part ; Manianga ma Ndunga, Manianga ma Kasi et Manianga ma Lukunga, d’autre part.

Il faut signaler, au passage, qu’en 1884, lors de l’occupation effective de l’Afrique centrale, le Manianga, qui était entièrement exploré par les agents du gouvernement français, fut soumis à une partition. En effet, le Manianga de l’extrême Nord et de l’Est, occupé par les « Bakongo ba Boko » ou Baladi ou encore Badondo, devint une concession de la France ; tandis que le reste du Manianga fut cédé à l’Etat Indépendant du Congo.

A partir de ce moment, le pays manianga fit partie de l’artère principale devant assurer l’accès de l’Etat Indépendant du Congo à l’océan, accès sans lequel le territoire léopoldien était complètement enclavé et encerclé à la sortie de l’océan atlantique par la colonie française (Afrique Equatoriale Française), d’une part ; et par la colonie portugaise d’Angola et l’Enclave portugaise de Kabinda, d’autre part. C’est à partir de ce moment aussi que la première route de portage traversa le Manianga, de la station-relais de Vivi à celle de Manianga (Mpioka), en passant par la station-relais d’Isangila sur la rive droite ; une autre route partit de la station-relais de Manianga (Mpioka) au Stanley-Pool ; une troisième route partit de Matadi à la localité Ngombe-Matadi, en passant par la localité de Luvituku sur la rive gauche.

En 1884, la route vers Stanley-Pool fut déplacée de la rive nord à la rive droite et, en marge de la construction du chemin de fer Matadi-Lépoldville entre 1890 et 1898, le tronçon de la rive droite fut remplacé par la route qui passe par Kimpese et Luvituku en 1891. C’est alors que la région des Cataractes commença à perdre son intérêt. En effet, le poste de Manianga, désormais éloigné de l’axe ferroviaire et ne présentant plus d’importance administrative, fut finalement supprimé. Et pour pallier la fermeture du poste de Manianga, les agents de Léopold II se résolurent de créer un autre poste, en 1885, à l’endroit où la rivière Luozi (qui prend sa source à Simu-Kongo) se jette dans le fleuve Congo, à 40 Km en aval de l’ancien poste de Manianga (Mpioka).

Le premier poste administratif de Luozi fut construit par Albert Van Duerne, premier administrateur colonial affecté à Luozi, que la population surnomma Kitoko (à cause de son élégance) et Madia-madia (à cause de son embonpoint très prononcé). C’est lui qui amorça la délimitation des chefferies et qui ordonna le regroupement de tous les petits villages pour former des villages plus vastes.

Cependant, suite à une épidémie de variole et de maladie du sommeil qui s’était déclarée à Luozi et qui avait fait beaucoup de victimes par la population, celle-ci, accusant les Blancs d’en être les vecteurs, développa une hostilité à l’égard des agents de l’Etat Indépendant du Congo et alla jusqu’à incendier, en 1909, le poste administratif ainsi que la ferme-chapelle construite par les missionnaires rédemptoristes entre 1903 et 1906.

Sur le plan administratif, par décret royal du 1er août 1885, le Manianga fut inclus dans le District des Cataractes. Luozi, en ce moment, était un poste administratif ; tandis que la localité de Kinkenda, dans le Nord-est, était le poste secondaire. A partir de 1903, le Manianga fut détaché du District des Cataractes et incorporés dans le District de Matadi.

Succédant à Albert Van Duerne, Bollant arriva à Luozi le 23 mai 1909 peu après l’incendie du poste administratif. Il s’attela aussitôt à construire un nouveau poste. En 1913, l’administration coloniale fit de Luozi le chef-lieu du territoire des Cataractes Nord (avant que celui-ci ne devînt, en juin 1932, le territoire du Mayumbe et des Cataractes, dont Tshela fut le chef-lieu). C’est l’ordonnance du 23 février 1933 qui fit de Luozi le chef-lieu du territoire du Manianga. En 1949, ce dernier céda la place au territoire de Luozi.

Devant l’accroissement de la population de Luozi, le successeur de Bolant, Mortelman, construisit le marché de Luozi. Celui-ci se tenait chaque samedi et était fréquenté par les habitants venant non seulement des villages de différents secteurs du territoire du Manianga, mais aussi de la région de Kasi et de Mukimbungu. L’administration coloniale fit aménager une piste d’aviation à Luozi ; elle y affecta un bac-moteur pour le transport des personnes et des biens en remplacement des baleinières appartenant aux maisons commerciales existantes à l’époque. Un camp militaire fut également érigé. Le premier avion, aux commandes du commerçant Jules Van Lanker, atterrit à Luozi le 23 décembre 1928 à 12h00, venant de Nkolo-Fuma. Plus tard, des appareils de la société aérienne Air Brousse y effectuèrent un vol par semaine pour déposer des clients, du courrier ainsi que la viande provenant des élevages JVL à Nkolo-Fuma destinés aux Européens Blancs de Luozi.

Il faudra attendre 1949 pour assister à la construction de l’hôpital de Luozi par le Fonds du Bien-Etre Indigène (FBI). Cet hôpital comprit, au départ, deux pavillons de médecine interne pour hommes et pour femmes, un pavillon de pédiatrie, un bloc opératoire et un bâtiment administratif. A la périphérie de l’hôpital furent construits le Centre hospitalier, le camp pour le personnel médical, les habitations du médecin et de l’aumônier, une école d’aides-infirmières et d’aides-accoucheuses.

Les travaux de construction de tous ces édifices furent dirigés par le maître-maçon mbuta Victor Maduda du village Mbota, sous la supervision du conducteur des travaux, le belge M. Christophe. Notons, au passage, que M. Gérard Mvuki, M.Gabriel Nzimbi Mendes, M.Axel Bikuta, M. Joseph Kudada Mabete, Mme Lostine Kiatalu Bavibidila, Mme Hélène Badeza, M. Oscar Manuana, M. Pierre Mabika, M. Oscar Kwata, M. Antoine Nzinga, M. Mvukulu, M. Oscar Dibakidi furent parmi les tout premiers infirmiers qui ont travaillé à l’hôpital.

Par la suite, bien des médecins y prestèrent leurs services. Dans la foulée, on peut citer : Drs Nsonde, Ngoyi, Mukeba, Matona, Milenge, Monika dia Monika, Bonga, Bilongo Mabiala, Bakangana Vakanda, Manzengo et Mbele Vuvu.

De cinq secteurs en 1935, le territoire du Manianga en compta, trois ans après, neuf, à savoir : Balari, Buende, Bulu-Kinsemi, De la Kenge, Kimumba, Kimbanza, Mongo-Luala et Ngudi. En 1944, Buende, Bulu-Kinsemi et Ngudi devinrent respectivement Mbanza-Ngoyo, Mbanza-Mona et Kivunda. Au cours de la même année fut aussi créé le secteur Mbanza-Mwembe. Les dix secteurs furent plus tard répartis en trois zones : la zone de Kivunda, chef-lieu Tadi, regroupant les secteurs Kivunda, Balari et Kimbanza ; la zone de Kimbimbi, chef-lieu Kimbimbi, regroupant les secteurs Mbanza-Ngoyo, De la Kenge et Mongo Luala ; enfin, la zone de Kinkenge, chef-lieu Kinkenge, regroupant les secteurs Kinkenge, Mbanza-Mona et Mbanza-Mwembe. Chaque zone fut administrée par un agent territorial résidant au chef-lieu du territoire sous la supervision de l’administrateur du territoire.

Parmi les premiers clercs territoriaux manianga qui ont travaillé à Luozi, il faut citer papa Joseph Meya, Greffier au Tribunal du territoire de Luozi à partir de 1940 jusqu’à 1960 ; c’est le père du feu le professeur Nicolas Bayona-ba-Meya, ancien élève de l’école primaire de Kimpungu, premier président honoraire de la Cour suprême de justice, professeur émérite de droit à l’Université de Kinshasa (UNIKIN) et à l’Université Protestante au Congo (UPC) ; papa François Kilembe, commis principal territorial, papa Thomas Kisotokene, agent TSF (Téléphone sans Fil).

Sur le plan géographique, le territoire de Luozi, rayon d’action de l’Université Libre de Luozi, s’étend sur la rive droite du fleuve Congo entre 4°18 et 5°20 de latitude Sud et 14°27 de longitude Est. Il a une superficie de 7.502 Km². Il est borné au Nord et à l’Est par la République du Congo, au Sud par le fleuve Congo sur une distance de 138 Km et à l’Ouest par le territoire de Seke-Banza. Son relief est caractérisé par des plateaux à l’Est et à l’Ouest (d’une altitude de 800 m) et une large dépression au centre (vallée de Luala, 235 m d’altitude) qui s’étend de la cité de Luozi à Nkundi. Il jouit d’un climat tropical humide dont la température est de 35° maxima et de 16° minima. La pluviosité est de 8 mois et la précipitation de 50 cm à 1 m. Il a deux grandes saisons : la saison des pluies avec une chaleur (8 mois) et la saison sèche avec une fraîcheur allant jusque 16°C sur les montagnes de Kinkenge (4 mois). La saison de pluie s’alterne avec la saison sèche. La démarcation entre les saisons n’est plus régulière : le territoire évolue vers des saisons sèches de plus en plus longues et des pluies tout aussi perturbées. Il comptait une population de 192.004, soit 25 habitants au Km². Les statistiques de 2002 mentionnent 30.312 hommes, 38.559 femmes, 62.490 garçons et 60.643 filles. En plus des autochtones, il y a une population étrangère qui se dénombre à 254 personnes dont 233 de nationalité angolaise, 4 de nationalité suédoise et 17 de nationalité du Congo-Brazzaville. Pendant, l’année 2002, le territoire de Luozi a enregistré 2.591 naissances contre 473 décès.

Le territoire de Luozi compte 10 secteurs constitués de 37 groupements et de 517 villages. La cité de Luozi avec une superficie de 25 Km² et une population de 10.000 habitants, est le chef-lieu du territoire. Elle est située à 350 Km de la ville de Kinshasa, à 280 Km du port maritime de Matadi, chef-lieu des institutions provinciales du Bas-Congo et à 117 Km de la cité de Kimpese. Elle s’étend, aujourd’hui, sur les secteurs Mbanza-Mona et Mbanza-Ngoyo. Elle fait partie de la dernière cité sur le plan juridictionnel. C’est en 1985 que fut implanté le Tribunal de Paix à Luozi. Jusque-là, toutes les questions relevant de cette juridiction étaient traitées au Tribunal de Grande Instance à Mbanza-Ngungu.

La cité de Luozi héberge le quartier général de l’administration territoriale, la prison centrale, le camp de la police, le camp militaire et le quartier résidentiel des autorités.

 

Les activités sociales et économiques

Disons, d’entrée de jeu, que le territoire de Luozi est à vocation agricole. La grande partie de sa population s’occupe de l’agriculture. La femme cultive surtout les champs, l’homme défriche la forêt et s’adonne aussi à la chasse, à la pêche, à l’exploitation forestière (bois de chauffage), la construction des maisons et des ponts, la fabrication des meubles, des outils de travail et des cercueils. Les principaux produits du territoire sont : manioc, arachide, maïs, avocat, ananas, goyave, canne à sucre, mangue, citron, orange, mandarine, café, courge, palmier à huile, safou, igname, banane, riz, choux, oignon, tomate, piment, patate douce, petit pois, haricot, soja, taros, aubergine, sésame, tabac… On y trouve quelques minerais (or, diamant, cuivre, fer, etc.) qui ne sont pas encore exploités ou alors exploités d’une manière artisanale.

Alors que l’occupation coloniale se poursuivait sur le plan administratif, les hommes d’affaires européens ne restèrent pas indifférents à l’œuvre amorcée par Léopold II. Ainsi, dès 1927, la première compagnie européenne, la Compagnie du Commerce Belge (CCB), ouvrit un comptoir (factorerie) de vente d’articles importés à Luozi. Par effet d’entraînement, la voie fut ainsi ouverte à d’autres maisons commerciales comme : la Compagnie Africaine Cooreman (CAC), la Plantation Léon Van Parijs, Rochat (qui deviendra plus tard Mendez & Irmao), Ribeiro et Pires, Mattos, Do Rogo José, Socoville et Silozi.

La création des premières routes carrossables à travers le territoire du Manianga, à partir de 1933 le tronçon Luozi-Ndende; en 1935, la route Luozi-Kimpaka en passant par Mbiongo ; de 1935 à 1938, la grande boucle de Manianga, à savoir Luozi – Mbanza-Ngoyo-Nsundi-Lutete – Mangembo – Kimbanza - Mpioka (192 Km) ; le tronçon Nsundi-Lutete-Mindouli (dans la colonie française/Afrique Equatoriale Française) ; en 1948, la route Mbanza-Nsanda (en face de Luozi) – Kimpese (117 Km) ; en 1949, la route Luozi-Nsumbi-Tshela-Matadi/Boma, fut une occasion propice aux maisons européennes installées à Luozi d’ouvrir des unités de production (huileries et savonneries) et des dépôts de vente et d’achat un peu partout à travers le territoire.

Emboîtant le pas aux commerçants européens, les autochtones ne tardèrent pas, eux aussi, à se lancer dans les activités de commerce à partir de 1940.

 

Ainsi, le premier Manianga à ouvrir un comptoir au centre commercial de Luozi, là où seuls les Européens avaient le monopole jusqu’en 1951, fut Jérémie KIBANGU. Il y eut aussi d’autres autochtones, dont BIZIKI Dominique, NZAU Marcel, ZAKI MAHANIA Kimpianga, MAKUKILA Daniel, BUNGIENA Damas, KUBANGUSU Enoch (KUBAMA) et KIMVUETA.

Aujourd’hui, la relève est assurée par les établissements Kimpianga Mahaniah (Ets KM), les Etablissements Agricoza, les Etablissements Diyabanza Mbakani (Ets DM), la Pharmacie-conseil, la Librairie-papeterie CEC, les Etablissements Madou et la Société Dia Lunda (SDL).

Liant l’utile à l’agréable, les commerçants européens installés à Luozi, loin de se limiter à leurs activités de commerce, introduisirent d’autres activités comme le sport et les loisirs. Mr Da Cruz surnommé Makunia, employé à la compagnie JVL, fut précisément l’initiateur du football dès 1940. Parmi les meilleurs footballeurs et entraîneurs qui se distinguèrent, on cite couramment Marie-Louise Da Sylva Mbombo wa Mbombo, né de père portugais et de mère congolaise (Kasaïenne), arrivé à Luozi en 1952. Aujourd’hui, la cité de Luozi regorge de plusieurs formations ou équipes de football, dont l’équipe de l’Université Libre de Luozi, les équipes des instituts Ndwenga, Mawanda, Kimfuzi, Siamisa, Vibidila et Maduma.

La cité de Luozi draine beaucoup d’activités de nature sociale et économique. Depuis 1961, l’Eglise Evangélique Manianga Matadi-EEMM (Communauté Evangélique du Congo-CEC) y a installé son quartier général. La CEC patronne plusieurs activités : le consistoire de Luozi, le musée, l’hôpital général de Luozi, les écoles primaires, secondaires et professionnelles. L’Eglise Kimbanguiste et l’Armée du Salut y ont également ouvert des paroisses, des écoles primaires et secondaires. L’Eglise catholique y a implanté la paroisse Notre Dame de Fatima, qui patronne différentes activités : l’école primaire et secondaire de Lukwakwa, l’école primaire Tusavuvu, le petit collège Ndwenga, l’Institut Ndwenga, l’Institut Agricole et Vétérinaire Mgr Kembo, le Centre Féminin Tomisa Luzingu, le Centre d’animation pastorale, la pharmacie, la menuiserie, etc. Il y a également la Communauté du Saint-Esprit en Afrique, Bahaï, Douze Apôtres, Nzambe Malamu, etc. 

Toutes ces Eglises et communautés religieuses de tradition différente se respectent réciproquement, consolident le dialogue par des rencontres œcuméniques et renforcent les liens de la paix confessionnelle et religieuse dans le territoire de Luozi.

 

La cité de Luozi comprend plusieurs autres activités : le Centre de Vulgarisation Agricole (CVA), l’Université Libre de Luozi (ULL), l’Institut de Formation en Informatique (ITL), dont récemment venait d’être connecté à l’Internet, la Bibliothèque Centrale de Luozi (BCL), le Forum des Mutuelles pour la Promotion Economique (FOMUPE), les Mutuelles pour la Promotion Economique de Luozi (MUPELI), le Conseil des Organisations de Développement de Luozi (CODL), Zola Nsi, le Centre de Recherche des Produits Pharmaceutiques de Luozi (CRPL), l’Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR), l’Institut Supérieur Technique et Commercial (ISTC).

Pour plus d’informations, lire : - KIMPIANGA Mahaniah, Découvrir la zone de Luozi. Un milieu rural au Bas-Zaïre, Kinshasa, Editions du Centre de Vulgarisation Agricole, 1989.

- MVUEZOLO Mikembi, KUDADA Banza et MAKUMBUILA Ndualunsu, La paroisse Notre Dame de Fatima de Luozi. 50 ans d’existence (1948 – 1998), Kinshasa, Presses de l’Université Libre de Luozi, 1999.

 

 

 


Sept candidatures à la présidentielle pour le Grand Bandundu, les Jeunes recommandent à tous les candidats à la présidentielle de cette grande province de dialoguer afin de soutenir une seule candidature pour cette communauté


Nous, Jeunes Authentiques et Visionnaires du Grand Bandundu et ses environs, JAVIBA en sigle, réunis ce mercredi 15 août 2018, pour examiner les enjeux de l’heure en RDC, notre pays en général et le Grand Bandundu en particulier.

Au terme de cette réunion, le JAVIBA rend publique, la déclaration suivante :
-      JAVIBA rappelle que depuis le 30 mars 2018, qu’il avait convoqué le 1er Forum des jeunes du Grand Bandundu à l’occasion de la commémoration des massacres de Kenge du 05 mai 1997, pour chercher la cohésion entre les filles et fils du Grand Bandundu et ses environs, aucun leader n’avait soutenu cette démarche ;

-      Après la clôture de dépôt des candidatures à la présidentielle du 23 décembre 2018, nous avons suivi sur la voix des ondes que le Grand Bandundu a aligné plusieurs candidats Présidents de la République. Ceci prouve à suffisance le manque de l’unité et de leadership dans le Grand Bandundu ;

-      Chose grave, à elle seule, la Province du Kwilu a aligné 7 candidats à la présidentielle du 23 décembre 2018 (2 candidats  à Gungu, 2 à Masimanimba, 1 à Bagata, 1 à Bulungu et 1 à Idiofa). Ceci est le résultat de la crise de leadership qui règne dans cette province.
 
Faustin Bimitia, Président
De ce qui précède :


1)   JAVIBA demande aux notables du Grand Bandundu de convoquer, toutes affaires cessantes un forum à Bandundu-ville pour  consolider la cohésion au sein de notre communauté ;

2)   JAVIBA recommande à tous les candidats présidents de la République originaires du Grand Bandundu, de dialoguer afin de soutenir une seule candidature pour notre communauté ;

3)   C’est pourquoi, JAVIBA annonce dans les prochains jours, des consultations avec tous les candidats présidentiables, filles et fils du Grand Bandundu pour les alliances et partenariats ;

4)   JAVIBA demande à tous les jeunes du Grand Bandundu de rester très vigilants en cette période de négociations pour ne pas céder aux manipulations de tout genre. Ce sera pour nous les jeunes, la seule et meilleure façon de respecter   la mémoire de notre Leader Visionnaire Pierre MULELE MAI, Fondateur du Mouvement Résistant les MAI MAI.

                                                                                Fait à Kinshasa, le 15 août 2018

                                            Pour le JAVIBA,

                 Faustin BIMITIA KINKUFI
                                                  Président