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mercredi 13 juin 2018

Décrispation politique : Des médias proches de l’opposition restent fermés au Katanga à l’approche de la campagne électorale tendue


En dépit de la décision prise par l’Accord politique dit de la « Saint Sylvestre » et qui exige la réouverture des médias proches de l’opposition fermés, depuis environ cinq ans, par le gouvernement congolais à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Katanga (Sud-est de la RD Congo), aucun de ces médias n’a été rouvert.

Il s’agit de la Radiotélévision Lubumbashi JUA (RTLJ), une chaîne appartenant à M. Jean-Claude Muyambo, ancien collaborateur du Président Joseph Kabila, interdite de fonctionnement depuis le lundi 24 novembre 2014 pour « non-respect des dispositions légales de diffusion des entreprises privées du secteur audiovisuel, incitation à la haine et à l’insurrection (…) ». Des accusations non fondées et qui ont toujours été rejetées par les responsables de ce média.
Deux autres chaînes émettant à Lubumbashi et propriétés de M. Moïse Katumbi, ancien gouverneur de l’ancienne province du Katanga et ancien cadre du parti présidentiel, le PPRD, passé dans l’opposition, sont fermées depuis le jeudi 28 janvier 2016, par la direction provinciale du Ministère de la Communication, sur ordre de M. Lambert Mende, Ministre de la Communication et Médias pour  « non-paiement de la redevance annuelle audiovisuelle ». Il s’agit de Nyota TV et Radio télévision Mapendo
Une accusation rejetée par les responsables de ces médias qui soutiennent détenir toutes les preuves de paiement de deux chaînes.
Le vendredi 11 mars 2016, la Radio-télévision « La Voix du Katanga », propriété de M. Gabriel Kyungu wa Kumwanza, ancien président de l’Assemblée provinciale du Katanga qui a aussi basculé dans l’opposition, a été fermée pour« non paiement de la redevance annuelle » et de fonctionner sans « permis d’exploitation ».
Journaliste en danger (JED) avait suivi avec grand intérêt la Conférence de presse tenue, le 2 Janvier 2017, par le Ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende, au cours de laquelle il avait annoncé, officiellement, que « tous les médias dits de l’opposition fermés seront ouverts d’ici à deux semaines », dans le but de la décrispation de la situation politique.
Plus d’une année après, JED constate que rien n’a été fait en dépit de l’Accord politique signé le 31 décembre 2016 par les acteurs politiques et qui stipule dans le point 2 du Chapitre V portant sur la décrispation politique que : « Le ministre ayant dans ses attributions les médias veillera à rétablir, dans les 15 jours qui suivent la signature du présent Accord, le signal des entreprises audiovisuels fermées ou interdites par mesure conservatoire  ou pour non-conformité à la loi »

Contentieux KCC : GÉCAMINES conclut un accord avec KATANGA MINING, et définit avec GLENCORE les bases d'un nouveau partenariat gagnant-gagnant

GÉCAMINES a conclu le 12 juin 2018, avec sa filiale SOCIÉTÉ IMMOBILIÈRE DU CONGO (« SIMCO »), KATANGA MINING LIMITED et certaines de ses sociétés affiliées (le « GROUPE KATANGA ») ainsi que leur société commune KAMOTO COPPER COMPANY (« KCC »), un accord transactionnel (l’ « Accord »).
Aux termes de l’Accord, les objectifs et résultats suivants sont visés, entre autres :
·  Les capitaux propres de KCC seront reconstitués conformément à la législation en vigueur ;
·  L’endettement de KCC envers le groupe GLENCORE sera réduit de 9 milliards USD à 3,45 milliards USD au 1er janvier 2018 ;
·  Les taux d’intérêt applicables sur les prêts intra-groupes sont encadrés et ne peuvent plus dépasser 6% l’an ;
·  Sur la base du business plan actuel de KCC, dès l’exercice 2019, GÉCAMINES commencera à percevoir, pour la première fois, des dividendes, dont le cumul est estimé à plus de 2 milliards USD sur les dix prochaines années ;
·  Les résultats bénéficiaires permettront le paiement d’impôts sur les sociétés contribuant à renflouer significativement les caisses de l’État congolais ;
·  Une meilleure valorisation à l’avenir de l’apport des gisements de cuivre et de cobalt de GÉCAMINES au partenariat par un relèvement conséquent du montant par tonne du pas de porte passant de 35 USD à 110 USD et pouvant atteindre 170 USD dans certains scénarios ;
·  Une augmentation significative de la valorisation de la participation de GÉCAMINES dans KCC qui était nulle jusqu’alors en raison du niveau d’endettement élevé de la société ;
·  La renonciation par KCC au bénéfice des réserves certifiées JORC s’élevant à 3.992.185 tCu et 205.629 tCo (les « Réserves »), libérant ainsi GÉCAMINES de son obligation de fourniture des Réserves ou, à défaut, du paiement d’une contrevaleur maximum de 285 millions USD ;
·  Le paiement par le GROUPE KATANGA d’une indemnité transactionnelle (150 millions USD) en faveur de GÉCAMINES ; et
·  Le désistement de GÉCAMINES et SIMCO, à la réalisation, de la procédure judiciaire de dissolution engagée le 20 avril 2018 devant le Tribunal de Commerce de Kolwezi.

GÉCAMINES se félicite de l’aboutissement des discussions avec le GROUPE KATANGA et son actionnaire majoritaire GLENCORE PLC, et des nouvelles bases ainsi dessinées pour le partenariat, qui vise un partage effectif de richesses avec des retombées financières immédiates pour toutes les parties prenantes, et tout particulièrement la République Démocratique du Congo et les communautés concernées. GÉCAMINES forme le vœu que les négociations à venir avec d’autres partenaires et sociétés s’ouvrent dans un climat pareillement ouvert et respectueux et connaissent un aboutissement tout aussi satisfaisant.

mardi 12 juin 2018

Affaire Bemba : la Chambre de première instance VII ordonne la mise en liberté provisoire de M. Bemba suite au jugement de la Chambre d'appel


La Chambre de première instance VII de la Cour pénale internationale (« CPI » ou « la Cour ») a ordonné le 12 juin 2018 la mise en liberté provisoire sous conditions spécifiques de M. Jean-Pierre Bemba après avoir tenu ce matin une audience et reçu les observations des parties sur le maintien en détention de M. Bemba dans l'affaire Le Procureur c. Jean-Pierre Bemba Gombo, Aimé Kilolo Musamba, Jean-Jacques Mangenda Kabongo, Fidèle Babala Wandu et Narcisse Arido du fait de sa condamnation définitive pour des atteintes contre l'administration de la justice.
Cette audience a été tenue suite à la décision du 8 juin 2018 de la Chambre d’appel, à la majorité, acquittant M. Bemba des charges de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité prétendument commis en République centrafricaine (RCA). Dans son arrêt, la Chambre d'appel a indiqué qu'il n'y avait pas lieu de maintenir M. Bemba en détention dans le cadre de l'affaire concernant les crimes allégués en RCA et qu'il revenait à la Chambre de première instance VII de déterminer si sa détention demeurait justifiée en vertu de sa condamnation pour des atteintes à l'administration de la justice.
Compte tenu de tous les facteurs pertinents et des circonstances de l'affaire dans son ensemble, la Chambre de première instance considère que les conditions juridiques d’un maintien en détention ne sont pas remplies. En particulier, et notant que M. Bemba a purgé plus de 80% de la peine maximale possible, la Chambre a considéré qu'il était disproportionné de continuer la détention de M. Bemba uniquement pour s'assurer qu'il comparaisse pour le prononcé de la peine. Ainsi, la Chambre a ordonné la mise en liberté provisoire de M. Bemba sous certaines conditions spécifiques, notamment de s'abstenir de faire des déclarations publiques sur cette affaire, de ne pas changer d'adresse sans préavis, de ne contacter aucun témoin dans cette affaire, et de se conformer pleinement à toutes les ordonnances dans cette affaire, et de se rendre immédiatement aux autorités compétentes si la Chambre de première instance l'exigeait. Il incombe maintenant au Greffe de procéder à toutes les dispositions et consultations nécessaires pour mettre en œuvre la décision de la Chambre.

Jean-Pierre Bemba Gombo, Aimé Kilolo Musamba, Jean-Jacques Mangenda Kabongo, Fidèle Babala Wandu et Narcisse Arido ont été déclarés coupables de plusieurs atteintes à l'administration de la justice le 19 octobre 2016, en lien avec la subornation de témoins et la sollicitation de faux témoignages de témoins de la Défense dans l'autre affaire concernant M. Bemba devant la CPI. Le 22 mars 2017, la Chambre de première instance VII a rendu sa décision relative aux peines dans cette affaire. Le 8 mars 2018, la Chambre d'appel a confirmé les condamnations pour la plupart des accusations mais a acquitté M. Bemba, M. Kilolo et M. Mangenda de l'accusation consistant en la production d'éléments de preuve faux en connaissance de cause. Les condamnations et acquittements concernant les cinq accusés sont désormais définitifs.
Concernant les peines, La Chambre d'appel a rejeté les appels de MM. Bemba, Babala et Arido. Les peines infligées à M. Babala et à M. Arido sont désormais définitives. La Chambre d'appel a accordé l'appel du Procureur. La Chambre a annulé les peines prononcées à l'encontre de MM. Bemba, Mangenda et Kilolo et envoyé cette question à la Chambre de première instance pour une nouvelle décision.


dimanche 10 juin 2018

Deux journalistes interpellés pour avoir diffusé l’information sur l’acquittement de M. Bemba à l’Est du pays Kambale Maghaniryo et Paul Zaidi, respectivement directeur et journaliste à la Radiotélévision Graben (RTGB), une chaîne de télévision émettant à Kasindi, cité frontalière avec l’Ouganda, à environ 400 Kilomètres de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, Est de la République démocratique du Congo (RDC) ont été interpellés samedi 08 juin 2018 par la Police et gardés en détention avant d’être libérés quelques heures plus tard. Selon les informations rapportées à l’organisation de défense et de promotion de la liberté de la presse Freedom for journalist (FFJ) par son correspondant dans la région, les deux professionnels des médias ont été détenus au cachot de la Police nationale congolaise (PNC) au quartier Lubiriha. La Police reproche aux deux journalistes d’avoir diffusé la liesse populaire qui a suivi l’acquittement vendredi 08 juin 2018, par les juges de la Cour pénale internationale (CPI), de Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la RDC et président du Mouvement de libération du Congo (MLC), un parti de l’opposition. «Trois éléments de la Police ont fait irruption dans le studio et nous ont conduits manu militari au bureau 2 sur instruction de leur hiérarchie qui nous accuse d’avoir filmé la population locale entrain de manifester sa joie à l’annonce de la libération de M. Bemba », a déclaré Katembo, directeur de RTGB au correspondant local de FFJ, Umbo Salama. FJ condamne fermement l'acharnement dont sont l'objet les deux professionnels des médias qui n'ont fait leur travail d'informer la communauté et exige que cessent, désormais, des actes qui ne favorisent nullement l'exercice paisible du droit d'informer consacré par les les instruments nationaux et internationaux.


Kambale Maghaniryo et Paul Zaidi, respectivement directeur et journaliste à la Radiotélévision Graben (RTGB), une chaîne de télévision émettant à Kasindi, cité frontalière avec l’Ouganda, à environ 400 Kilomètres de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, Est de la République démocratique du Congo (RDC) ont été interpellés samedi 08 juin 2018 par la Police et gardés en détention avant d’être libérés quelques heures plus tard.
Selon les informations rapportées à l’organisation de défense et de promotion de la liberté de la presse Freedom for journalist (FFJ) par son correspondant dans la région, les deux professionnels des médias ont été détenus au cachot de la Police nationale congolaise (PNC) au quartier Lubiriha.
La Police  reproche aux deux journalistes d’avoir diffusé la liesse populaire qui a suivi l’acquittement vendredi 08 juin 2018, par les juges de la Cour pénale internationale (CPI), de Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la RDC et président du Mouvement de libération du Congo (MLC), un parti de l’opposition.
«Trois éléments de la Police ont fait irruption dans le studio et nous ont conduits manu militari au bureau 2 sur instruction de leur hiérarchie qui nous accuse d’avoir filmé la population locale entrain de manifester sa joie à l’annonce de la libération de M. Bemba », a déclaré Katembo, directeur de RTGB au correspondant local de FFJ, Umbo Salama.
FFJ condamne fermement l'acharnement dont sont l'objet les deux professionnels des médias qui n'ont fait leur travail d'informer la communauté et exige que cessent, désormais, des actes qui ne favorisent nullement l'exercice paisible du droit d'informer consacré par  les instruments nationaux et internationaux.

jeudi 7 juin 2018

Le président de la Banque africaine de développement au chef de l’État de São Tomé-et-Príncipe : « Nous avons de grands espoirs et de fortes attentes pour votre beau pays »

En visite officielle à São Tomé-et-Príncipe, le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a été reçu, mercredi 6 juin 2018, par le président de la République, Evaristo Carvalho, le jour même où le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement était réuni à Abidjan, pour approuver le nouveau Document de stratégie pays 2018-2022 pour São Tomé-et-Principe. 
« Voilà des années que nous sommes présents à vos côtés, a déclaré le président de la Banque. Nous avons de grands espoirs et de fortes attentes pour votre beau pays. Votre vision est déterminante. Avec le nouveau Document de stratégie pays approuvé aujourd’hui, nous allons, ensemble, entamer un nouveau type de coopération et mettre l’accent sur l’agriculture, l’économie bleue, l’emploi des jeunes et des femmes et sur le secteur financier ».
« Je ferai tout mon possible pour que notre partenariat soit meilleur encore que par le passé. Notre pays maintiendra sa performance actuelle, j’y veillerai », a assuré le président Evaristo Carvalho.
Le même jour, le président Akinwumi Adesina a visité deux centres que la Banque a financés dans le cadre de la première phase du Projet d'appui à la réhabilitation des infrastructures pour la sécurité alimentaire (PRIASA I).
Grâce à un financement de 5 millions de dollars du Fonds africain de développement (FAD) de la Banque, le Centre de recherche et de technologie agricoles (CIAT), créé par le gouvernement pour contrôler l'inspection phytosanitaire, a été réhabilité, son laboratoire équipé en nouveaux matériels et son personnel formé pour renforcer le contrôle de la qualité des produits et les services de conseil prodigués aux agriculteurs.
Entomologiste au CIAT, Paquete Idalina a indiqué que « l’appui technique et financier que nous avons reçu nous permet d’aider aujourd’hui 1 586 producteurs de maïs ».
Financé quant à lui à hauteur de 7,19 millions de dollars par le FAD, le Centre de formation agro-pastoral avancé (CATAP) est le seul établissement à offrir une formation technique en agriculture et à promouvoir un entrepreneuriat agricole à São Tomé-et-Príncipe.
« L’agriculture doit être vue comme un business, une source de profits. Je vous encourage à vous lancer dans l’entreprenariat afin de contribuer à l’essor de votre pays », a lancé le président de la Banque aux étudiants réunis autour de lui.
Déjà entamée, la deuxième phase du Projet d'appui à la réhabilitation des infrastructures pour la sécurité alimentaire (PRIASA II) privilégié le développement d'infrastructures de pêche et d'agriculture pour faciliter la production, le stockage, la transformation, la distribution, et le renforcement des capacités dans ces deux secteurs.
À terme, Sao Tomé devrait connaître une augmentation de sa production alimentaire – agriculture et pêche – destinée à la consommation locale : de 58 000 tonnes (2009-2011), le volume des produits agricoles pour le marché local devraient passer à 75 000 tonnes (2020) ; les produits de la pêche devraient passer quant à eux de 4 800 tonnes (2009-2011) à 6 200 tonnes (2020). L’objectif est également d’augmenter le poids relatif des produits locaux dans les approvisionnements alimentaires.
« Vous êtes les futurs leaders de ce pays. Vous devez libérer le potentiel de São Tomé en visant haut, en étant au fait des besoins du marché du travail et en vous préparant pour les métiers du futur », a lancé le président de la Banque africaine de développement aux étudiants de l'Institut supérieur polytechnique de São Tomé, un autre établissement que la Banque a financé. Accueillant plus de 2 000 étudiants aujourd’hui contre 118 à ses débuts, l’ISP fait office de centre universitaire névralgique dans le pays, avec 16 disciplines enseignées – biologie, mathématiques, économie, tourisme, agronomie, électronique, TIC, relations publiques et communication notamment. « Je crois en vous, a déclaré le président Adesina aux étudiants. Lancez-vous dans l’entreprenariat et devenez les milliardaires de ce pays ! ».
Le soutien de la Banque au secteur de l’éducation à São Tomé-et-Príncipe remonte aux années 1990, quand un financement de 19,4 millions de dollars du FAD avait été octroyé au Projet de réhabilitation des établissements d’enseignement. Le projet avait pour but d’améliorer les qualifications des enseignants et d’élargir l'accès à un enseignement de qualité.
Le président de la Banque africaine de développement a également mis à profit son séjour à São Tomé-et-Principe pour visiter une usine, Agripalma Lda, filiale du Groupe Socfinaf, qui détient et exploite depuis 2009 une concession de 5 000 hectares de palmiers à huile dans le sud de l'île.
Autre entrepreneur privé à avoir bénéficié d’une visite d’Akinwumi Adesina : Claudio Corallo, l’un des meilleurs chocolatiers au monde, qui emploie quelque 300 personnes et transforme près de 1,5 tonne de cacao tous les mois pour confectionner ses chocolats. Une exception –  et un exemple à suivre – dans l’archipel, qui exporte la quasi-totalité de ses fèves à l’état brut.

La Majorité présidentielle se transforme en Front commun pour le Congo


REUNION CONCLUSIVE DE LA RETRAITE GOUVERNEMENTALE AU PARC DE KINGAKATIDU 07 JUIN 2018

Ce mercredi 07 juin 2018, le Président de la République, Chef de l’Etat, S.E. Joseph Kabila Kabange a présidé au Parc Naturel de Kingakati la Réunion Conclusive de la Retraite Gouvernementale tenue le jeudi 12 avril dernier.

Un seul point était inscrit à l’ordre du jour :

Conclusion de la Retraite sur l’Evaluation de la situation politique au regard des prochaines élections face aux impératifs de paix et de stabilité du pays ainsi que de l’action entreprise ensemble pendant la première année du Gouvernement dirigé par le Premier Ministre Bruno Tshibala Nzenzhe.

En liminaire, le Ministre d’Etat, Ministre de l’Economie a présenté le rapport du Comité Stratégique institué  le 12 avril à ce sujet et comprenant des membres du Conseil des Ministres provenant de toutes les composantes du Gouvernement d’Union Nationale constitué par les Forces Politiques et Sociales signataires de l’Accord politique global et inclusif du 31 Décembre 2016 et de l’Arrangement Particulier du 27 avril 2017 à l’effet d’évaluer leur cheminement et penser des stratégies pour la réussite des actions futures en tenant compte des impératifs liés au processus électoral et à la poursuite de la reconstruction du pays par les patriotes Congolais eux-mêmes, quelles que soient leurs tendances politiques ainsi qu’aux voies et moyens de changer l’image de la classe politique congolaise, généralement jugée irresponsable et incapable de dégager un consensus minimal pour sauvegarder les intérêts vitaux de la Nation.

Le Comité de la Retraite Stratégique Gouvernementale qui s’est réuni sans désemparer depuis lors a dressé à l’intention du Conseil des Ministres un certain nombre de défis d’ordre politique, économique, social, sécuritaire et stratégique auxquels la République Démocratique du Congo, son peuple et ses institutions ont à faire face en cette période pré-électorale. Il est ressorti de ses cogitations l’impérieuse nécessité de cristalliser une synergie puissante des forces de la sagesse, de l’intelligence et du génie congolais sans exclusive d’aucune sorte afin de rendre possible dans la paix, la cohésion et l’unité, le développement autocentré et la stabilité au service des Intérêts Nationaux malgré diverses pressions extérieures.

C’est pourquoi le Comité a proposé la création d’une grande coalition politique électorale dénommée Front Commun pour le Congo, en sigle FCC, dont l’objectif sera de permettre à ses membres de participer, sur la base d’un programme commun, à la conquête démocratique du pouvoir à tous les niveaux aux prochains scrutins pour lesquels les membres de la coalition apporteront leur soutien à une candidature unique à l’élection présidentielle.

Il est entendu que chaque membre de cette grande coalition garde son identité et son autonomie tout en restant soumis à la discipline du groupe et respectueux de ses devoirs en tant que membre dans le respect de la Charte du Front Commun pour le Congo dont la signature formelle interviendra incessamment. Monsieur le Président de la République Joseph Kabila Kabange est l’Autorité Morale du Front Commun pour le Congo du fait de son initiative et du caractère fédérateur de celle-ci.

Le FCC reste ouvert à l’adhésion des Partis et Regroupements politiques, des Personnalités indépendantes et de la Société civile

Après débats et délibérations, le Conseil des Ministres a adopté à l’unanimité ce projet.

Commencée à 10H50’, la Réunion du Conseil des Ministres s’est terminée vers 13 H00’.

Je vous remercie.

Lambert MENDE OMALANGA

Ministre de la Communication et Médias,
Porte-parole du Gouvernement

mercredi 30 mai 2018

Joseph Kabila a-t-il le droit de se représenter aux élections du 23 décembre prochain ?

Le débat fait rage au sein de la classe politique, la société civile et entre les praticiens du droit. Me Mpiana Kabeya donne de la voix et s’invite au débat.

Acte 1 : « Du nouveau comptage des mandats présidentiels suite à la révision constitutionnelle intervenue le 20 janvier 2011 et ce, au nom de l’immédiateté et de la non-rétroactivité de la loi nouvelle », une thèse fausse et impertinente.
Les faits
D’après MIRINDI, le chercheur, il est possible que le Président de la République en exercice, Joseph KABILA KABANGE, puisse compétir à l’élection présidentielle du 23 décembre 2018 car, dit-il, ce dernier est en train de consommer son premier mandat et que par conséquent, un deuxième et dernier mandat reste entièrement probable.
Il fonde sa réflexion sur le fait qu’à son entendement, la loi n°002/2011 du 20 janvier 2011 portant révision de certaines dispositions de la constitution serait à la base d’une fraude à la constitution. Cette fraude, soutient-il, a consisté en ce qu’en modifiant l’article 71 de la constitution, « le constituant a touché incidemment la durée et le nombre » des mandats du Président de la République, matières pourtant intangibles, non soumises à une quelconque révision.
Ainsi, argue-t-il, qu’au nom du principe de l’immutabilité constitutionnelle, le fait d’avoir modifié l’article 71 sus évoqué, le constituant a aussi changé le régime juridique de l’élection présidentielle. Si en 2006, le constituant prévoyait une élection présidentielle à deux tours (si au premier tour, aucun de candidats n’obtient la majorité absolue, les deux premiers candidats se présentent au second tour et celui qui a le plus de voix est proclamé président de la République), en 2011, explicite-t-il (notre chercheur), le Président de la République est élu à la majorité simple des suffrages exprimés.
A cet effet, et en vertu du principe de parallélisme de forme et de compétence (la forme d’après lui étant, le passage de deux tours à un tour et la compétence, étant le passage de la majorité absolue à la majorité simple des suffrages exprimés), le mandat exercé par le Président en exercice, Joseph KABILA KABANGE, de 2006 à 2011, n’est pas à prendre en compte, il a été supprimé, et que la révision de l’article 71 a entraîné le début d’un nouveau comptage. C’est dans ce contexte qu’il évoque les principes de l’immédiateté et de la non-rétroactivité de la loi nouvelle. La loi du 20 janvier 2011 étant ainsi nouvelle, elle a dit-il, un effet immédiat sur les dispositions de la constitution du 18 février 2006 concernées par la révision.
Ce raisonnement de notre chercheur, MIRINDI, ne saurait nous laisser indifférents. Il s’agit d’une question d’intérêt national. Il est de notre devoir scientifique de réagir et de démontrer, s’il échet, les hérésies qui émaillent la réflexion de notre chercheur sus indiqué. Notre contribution se veut être, à n’en point douter, exclusivement scientifique, et est rédigée de manière à permettre à la majorité de congolais de se faire une idée précise du débat suscité par Monsieur MIRINDI.
Et Pour vous permettre de comprendre les dérapages scientifiques de ce dernier, nous vous proposons une série d’analyses qui aborde, au fil des jours, les différents aspects de cette tentative d’assassinat scientifique du droit constitutionnel congolais. Ce premier acte est ainsi relatif à la thèse du « nouveau comptage des mandats présidentiels suite à la révision constitutionnelle intervenue le 20 janvier 2011 et ce, au nom de l’immédiateté et de la non-rétroactivité de la loi nouvelle ».
Nos avis et considérations
D’après notre chercheur, MIRINDI, la loi n°002/2011 du 20 janvier 2011 portant révision de certaines dispositions de la constitution a, en vertu des règles régissant les conflits de lois, un effet immédiat sur les dispositions constitutionnelles ayant fait l’objet de modification. Il s’appuie ainsi sur cet « effet » pour justifier que dès la promulgation de la loi n°002/2011 du 20 janvier 2011, et puisque l’article 71 auquel il associe à tort les articles 70 et 74 de la constitution, a été concerné par la révision, il y a l’obligation de reprendre à zéro le comptage des mandats présidentiels. Il dit exactement ceci : « la règle nouvelle a comme incidence première, dès qu’elle entre en vigueur, de tuer juridiquement les effets juridiques de l’ancienne règle […] les effets de l’ancienne règle cessent d’exister dans le présent ».
C’est ici qu’il convient de recadrer notre chercheur qui, malgré ses multiples fouilles scientifiques, n’arrive pas à faire la distinction entre l’effet rétroactif et l’effet immédiat et qui, de manière inexact affirme que la loi du 20 janvier 2011 a comme conséquence d’abolir pour le passé les effets de la loi ancienne.
MIRINDI doit comprendre que l’application immédiate de la loi nouvelle conduit à ce que jusqu’à promulgation de celle-ci, l’on est régi par la loi ancienne, et aucun effet de celle-ci n’est mis en cause. (NYABIRUNGU mwene SONGA, Droit pénal général zaïrois, Kinshasa, Droit et Société, 1989, p. 69).
Concrètement, dans le contexte du débat suscité par notre chercheur, la venue de la loi du 20 janvier 2001 ne saurait, au nom de l’effet immédiat, effacer les effets de l’article 71 de la Constitution dans le cadre de l’élection présidentielle organisée en 2006.
Etant donné qu’il veut faire croire à l’opinion que tout ce qui ce a été fait en 2006, à propos de l’élection présidentielle, a cessé d’exister dès l’entrée en vigueur de la loi du 20 janvier 2011, faudrait-il considérer qu’il n’y avait pas élection présidentielle en 2006 ? Doit-on soutenir que le Président KABILA n’a pas été élu en 2006 ? Faudrait-il alléguer qu’il n’y avait pas 33 candidats au premier tour et deux candidats au second tour ? Est-il en mesure de nous dire sur fond de quoi Monsieur Joseph KABILA a « prétendu » être président de la République de 2006 à 2011 ?
Il s’agit là, en réalité, des effets qu’a produits l’article 71 de la constitution avant sa révision. « Ce qui conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément » ;
« Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, et on peut même ajouter, s’il nous est permis dans le contexte du sieur MIRINDI que n’est pire abruti qu’un juriste prétendument formé qui ne veut pas comprendre les notions de base du droit constitutionnel » ;
A MIRINDI de comprendre que l’immédiateté de la loi nouvelle (article 1er de la loi du 20 janvier 2011), qu’il évoque pour justifier le nouveau comptage des mandats présidentiels, ne signifie pas la table rase des actes ayant déjà été accomplis sous l’empire de l’ancienne loi (article 71 de la constitution du 18 février 2006). Une telle solution créerait, sans aucun doute, une réelle insécurité juridique. Il serait contraire aux intérêts de la société si tous ces actes (ceux accomplis sous l’ancienne loi) pouvaient être anéantis d’un coup par la promulgation de la loi nouvelle.
La sécurité juridique implique que les citoyens soient, sans que cela appelle de leur part des efforts insurmontables, en mesure de déterminer ce qui est permis et ce qui est défendu par le droit applicable. Il n’est pas permis à Monsieur KABILA de briguer un mandat de plus, second mandat soit-il selon notre fameux et affamé chercheur ; il lui est interdit de briguer un troisième mandat, tel est le substrat de l’immutabilité constitutionnelle que consacre avec clarté et précision l’article 220 de la constitution.
De même, la sécurité juridique, en tant que régulateur de l’exercice du pouvoir normateur, répond à un désir d’ordre dans les rapports juridiques nécessairement évolutifs, et correspond finalement à la possibilité reconnue à toute personne d’évoluer dans un environnement juridique sûr parce qu’à l’abri des aléas et des revirements impromptus affectant sa situation. Ce que propose MIRINDI, soit le nouveau comptage des mandats présidentiels sur fond de l’immédiateté de la loi nouvelle, est un mensonge scientifique ; Son argumentaire creux et vide de tout contenu ne repose sur aucune méthode d’interprétation de la règle de droit.

Qu’as-tu fait Monsieur le chercheur des méthodes exégétique et téléologique ?
Nous osons croire que tu les méconnais sciemment car les appliquer à ta réflexion, c’est battre en brèche tes faibles et fallacieux moyens.
La méthode exégétique consiste à dégager des textes constitutionnels, conventionnels, législatifs et réglementaires, l’esprit de leurs rédacteurs en vue d’en saisir les limites et l’étendue que ces derniers fixent à leur application (DELNOY P. Eléments de méthodologie juridique. 1. Méthodologie de l’interprétation. 2. Méthodologie de l’application du droit, Bruxelles, Larcier, 2005, p. 29.). Dans cet ordre d’idée précise Charles PERELMAN, le chercheur s’oblige de ne pas se dérober de la vision légaliste qui l’amène à scruter le cœur et les reins des textes juridiques dans le seul but de ressortir la pensée de leurs auteurs (PERELMAN Ch., Logique juridique, nouvelle rhétorique, Paris, Dalloz, 1999, p. 24.).
Néanmoins, il faut sans doute avouer que la méthode exégétique ne suffit pas en elle-même, car elle fait croire, souligne BERGEL Jean-Louis, que « pour rechercher la volonté du législateur et appliquer la loi, il fallait rechercher sa signification et sa portée, par la seule analyse du texte lui-même, à l’aide, au besoin des travaux préparatoires » (BERGEL J-L, Théorie générale du droit, Paris, Dalloz,3ème éd, 1999, p. 248.). De ce fait, précise MATADI NENGA GAMANDA, la méthode exégétique tend à établir le droit comme une science de la nature, en ce que prendre la loi et l’appliquer aux faits établis ressemble à un calcul, à une pesée (MATADI NENGA GAMANDA, Eléments de philosophie du droit, Kinshasa, Droit et idées nouvelles, 2015, p. 52). Voilà qui légitime le recours à la méthode téléologique. Celle-ci, d’après les termes de KIENGE KIENGE INTUDI, consiste à « éclairer le texte par le but que le législateur poursuit à travers lui » (KIENGE KIENGE INTUDI R., Initiation à la recherche scientifique, notes polycopiées, Kinshasa, Université de Kinshasa, Faculté de Droit, 2009-2010, p. 71). En effet, expose DELNOY, « la loi est un instrument d’orientation des comportements sociaux. Lorsqu’il prend une loi, le législateur a, en principe, une intention politique, une idée sur l’évolution qu’il veut imprimer aux comportements des citoyens. C’est par cet objectif qu’on éclaire le sens du texte à interpréter » (DELNOY P., op.cit., p.172).
Ainsi en soutenant que l’application immédiate de la loi nouvelle annihile les effets « ab initio » de l’ancienne loi, et qu’il faille reprendre le comptage du nombre des mandats présidentiels, MIRINDI veut faire gober à toute la nation une hérésie scientifique. La révision constitutionnelle du 20 janvier 2011 a produit des effets à partir de la promulgation de la loi y afférente et pour l’avenir (effet ex-nunc). Il reste donc qu’au regard de l’effet immédiat qu’il évoque sans en cerner les contours, le premier mandat exercé par l’actuel chef de l’Etat, de 2006 à 2011, doit être pris en compte.
Si seulement notre chercheur était honnête et lucide, il n’allait pas se fourvoyer dans la recherche effrénée d’une nouvelle théorie du nouveau comptage des mandats présidentiels sur fond de l’immédiateté de la loi nouvelle.
Science sans conscience n’est que ruine de l’âme !
Maitre MPIANA KABEYA