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samedi 17 août 2019

RD Congo : La rougeole, une épidémie meurtrière qui se propage comme une traînée de poudre


L’épidémie de rougeole déclarée le 10 juin dernier est la plus meurtrière  que la République Démocratique du Congo (RDC) ait connue depuis 2011-2012. Entre janvier et début août 2019, elle a infecté plus de 145.000 personnes et entraîné 2.758 morts. Malgré l’ampleur de l’épidémie, il y a un manque alarmant d’acteurs et de fonds pour répondre à cette crise. Avec seulement 2,5 millions de dollars américains mobilisés sur les 8,9 millions américains requis pour le plan de réponse du Cluster Santé, le contraste avec l’épidémie d’Ebola à l’est du pays, qui attire multiples organisations et des centaines de millions de dollars, est frappant.
« Alors qu’une réponse rapide et adaptée est cruciale pour contenir l’impact de la rougeole sur les populations, et notamment les enfants, sur le terrain on constate l’absence d’acteurs et donc un manque flagrant d’assistance nécessaire », alerte Karel Janssens, Chef de Mission de Médecins Sans Frontières (MSF) en RDC.
MSF combat l’épidémie à travers ses projets réguliers et des interventions d’urgence dans 13 provinces du pays, aux côtés des équipes locales du Ministère de la Santé. Depuis le début de l’année, les équipes MSF ont vacciné 474.863 enfants de 6 à 59 mois, et pris en charge médicale 27.439 patients.  
Plus récemment, MSF a déployé ses équipes dans de nouvelles zones, comme la province du Mai-Ndombe, à l’ouest de la RDC. Une équipe d’urgence y intervient pour limiter l’expansion de l’épidémie dans les zones de santé situées le long de la rivière Kasaï : Kwamouth, Bolobo et Nioki. Mise en place pour être mobile et agile, l’équipe déplace sa base continuellement. Cela permet d’adapter la réponse et d’atteindre les populations dans les zones reculées difficiles d’accès.
« Le simple fait d’acheminer les vaccins jusqu’au point où les enfants doivent être vaccinés est une tâche énorme. Nous devons garder les vaccins au frais, ce qui implique la mise en place de la chaine de froid. Pour cela, il faut des frigos, des générateurs, du carburant et des moyens de transport rapides, et donc aussi un système de maintenance. Plusieurs zones de santé ne bénéficient d’aucun soutien d’autres organisations, malgré des besoins évidents », explique Pierre Van Heddegem, Coordinateur Terrain de l’équipe d’urgence rougeole de MSF.
A moins d’une mobilisation massive de fonds et d’acteurs, cette crise pourrait empirer davantage.
 « Deux mois après avoir été déclarée officiellement, et quelques semaines avant la rentrée scolaire, l’épidémie ne montre pas de signes de ralentissement. En fait, depuis juillet la situation s’aggrave, avec une hausse de nouveaux cas notée dans plusieurs provinces. Si nous voulons maîtriser cette épidémie, il est impératif de renforcer la réponse dès maintenant », conclut Karel Janssens.
La rougeole est une maladie virale extrêmement contagieuse pour laquelle aucun traitement spécifique n'existe. Le seul moyen de lutter contre cette maladie est la vaccination et le traitement symptomatique.
MSF est présente en République Démocratique du Congo depuis 1977. L’organisation s’est dotée de plusieurs équipes de réponse aux urgences à travers le pays qui ont pour vocation de répondre aux urgences sanitaires et humanitaires (épidémie, pandémies, déplacements de populations, catastrophes naturelles, etc.). Ces équipes assurent la surveillance épidémiologique et répondent aux urgences dans un court délai par des actions médicales ponctuelles visant à limiter la morbidité et la mortalité.




vendredi 16 août 2019

Changement climatique : vers un forum annuel pour encourager les investissements climatiques en Afrique



Changement climatique : vers un forum annuel pour encourager les investissements climatiques en Afrique
L’atelier international sur la préparation des projets d’investissement pour la Réduction des émissions dues à la déforestation et la dégradation des forêts (REDD+) en Afrique, s’est tenu du 13 au 15 août 2019 à Abidjan. Des experts en gestion durable des forêts venant de 18 pays africains se sont engagés à organiser annuellement un forum sur les investissements REDD+, en vue de mobiliser des fonds destinés à la lutte contre le changement climatique sur le continent.
Une soixantaine d’experts africains de la REDD+, participants à l’atelier, ont adopté « Les Résolutions d’Abidjan » qui préconisent également la création et le maintien d’un réseau d’experts africains sur la REDD+. En plus, elles recommandent la promotion de mécanismes d’échanges entre les pays, l’engagement du secteur privé dans la REDD+ et la désignation de points focaux du réseau dans les cinq régions de l’Afrique.
Phillips Gareth, chef de division au Département changement climatique et croissance verte de la Banque africaine de développement, espère voir une mise en œuvre rapide des résolutions de l’atelier qui est un résultat fort intéressant. « La Banque est là pour soutenir vos efforts. Nous voulons aider à faciliter votre accès direct aux financements climatiques et nous allons aider à trouver des fonds pour appuyer les programmes dans les pays », a-t-il ajouté.
Représentant de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), partenaire de l’atelier, Koiro Fujino s’est félicité des échanges passionnants au cours de l’atelier. « C’est la première fois que je rencontre ensemble des experts africains sur la REDD+. Ceci est un premier pas, car nous avons beaucoup à faire pour aller de l’avant. Nous sommes prêts à accompagner les pays africains dans la lutte contre le changement climatique », a déclaré Fujino.
Pour sa part, Juan Chang, spécialiste principal en Forêt et utilisation des sols au Fonds vert pour le climat (GCF) espère que les participants auront désormais une meilleure compréhension du fonctionnement du Fonds. « Cela a été une expérience enrichissante de suivre vos échanges... Nous vous encourageons à promouvoir davantage votre agenda de la REDD+, car en dépit des défis, nous observons un début de résultats », s’est réjoui Chang.
« Cet atelier a permis à nos pays d’être mieux outillés pour accéder aux ressources du Fonds vert pour le climat. C’est ensemble que nous devons porter la voix de l’Afrique devant les instances de prise de décisions portant sur le financement de la mise en œuvre de la REDD+ », a souligné Parfait Kouadio, conseiller technique, représentant le ministre ivoirien de l’Environnement et du développement durable, Prof. Joseph Séka Séka.
« Le dialogue interafricain et avec les parties prenantes reste nécessaire pour l’atteinte de l’objectif de la réduction des gaz à effet de serre. La Côte d’Ivoire continuera à jouer la part qui est la sienne pour la réalisation des propositions pertinentes », a promis M. Kouadio.
Qu’est-ce que la REDD+?
La REDD+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts) est le mécanisme international conçu dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) pour offrir une compensation aux gouvernements, aux communautés, aux entreprises ou aux particuliers des pays en développement pour les actions entreprises en vue de réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts en dessous du niveau de référence établi. L'objectif est d'atténuer les effets du changement climatique en réduisant les émissions nettes de gaz à effet de serre (GES), grâce à l'amélioration de la gestion forestière. REDD+ soutient la création d'une valeur financière pour le carbone stocké dans les forêts, en offrant des incitations aux pays en développement pour qu'ils réduisent les émissions des terres forestières et investissent dans des filières à faible émission de carbone.


mercredi 14 août 2019

SADC : Les dirigeants doivent assurer la sécurité des personnes atteintes d’albinisme


Les leaders de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) doivent intensifier les efforts afin d’assurer la sécurité des personnes atteintes d’albinisme, notamment en luttant contre l’impunité généralisée, a déclaré Amnesty International le 14 août 2019 à l’approche du 39ème sommet des chefs d’État de la SADC en Tanzanie.

Environ 150 personnes albinos ont été tuées pour des parties de leur corps dans des pays tels que le Malawi, la Tanzanie, le Mozambique et la République démocratique du Congo (RDC) depuis 2014. La Tanzanie a enregistré le plus grand nombre d’homicides, soit 76, sur cette période.

« À travers la région de la SADC, les personnes albinos continuent de vivre dans la crainte d’être tuées ou enlevées pour des parties de leur corps. Ces vagues d’attaques violentes sont alimentées par la croyance erronée et dangereuse selon laquelle certaines parties du corps des personnes albinos apportent la prospérité, a déclaré Deprose Muchena, directeur du Bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique australe.

« Les leaders de la SADC doivent s’attaquer aux causes profondes de ces agressions ciblées afin de mettre un terme au calvaire des personnes albinos, toujours terrorisées par les bandes criminelles dans la région. Alors qu’ils se réunissent en Tanzanie cette semaine, ils doivent stopper la progression de ces crimes horribles. »

Ces dernières années, des centaines de personnes atteintes d’albinisme ont été victimes d’attaques, notamment de mutilations, d’enlèvements et de tentatives d’enlèvement. Les crimes visant les personnes albinos sont devenus une pratique transnationale dans la région de la SADC : des victimes sont attirées hors de pays comme le Malawi et sont par exemple retrouvées au Mozambique.

Les défaillances de la justice pénale, comme la piètre gestion des dossiers et des preuves, s’agissant de résoudre les cas de crimes visant des personnes albinos renforcent l’impunité et favorisent les crimes contre ce groupe vulnérable.

Si des réformes légales sont en cours, comme les modifications apportées au Code pénal et à la Loi relative à l’anatomie, afin de contrer ces attaques, dans des pays comme le Malawi et la Tanzanie, elles doivent encore produire des résultats positifs car les personnes albinos sont toujours la cible des gangs criminels.

« Il est intolérable que les personnes albinos continuent de vivre à la merci de ces bandes criminelles. À la faveur de ce sommet, les dirigeants de la SADC doivent adresser un message clair : les responsables de ces attaques n’échapperont pas à la justice », a déclaré Deprose Muchena.

Amnesty International demande aux dirigeants de la SADC d’adopter un Plan d’action régional, afin de mettre en œuvre une réponse coordonnée pour assurer la sécurité des personnes albinos à travers l’Afrique australe.

Complément d’information

Le Forum parlementaire de la Communauté de développement de l’Afrique australe a adopté une motion condamnant les attaques, enlèvements, homicides et actes de discrimination visant les personnes atteintes d’albinisme dans la région lors de sa 45e session à Maputo, le 24 juillet. Amnesty International estime que c’est une mesure positive qui fait avancer la région vers une véritable prise en compte du cycle d’atteintes aux droits humains visant ces personnes.

Les personnes albinos continuent d’être en butte à des violations des droits humains – stigmatisation et discrimination notamment – , à un accès inadapté aux services de santé et d’éducation, ainsi qu’à d’autres exclusions sociales. On compte des dizaines de milliers de personnes albinos dans la région de la SADC.


jeudi 18 juillet 2019

L’USAID finance à 3,7 millions de dollars américains un nouveau projet de validation de site minier artisanal


Le gouvernement des Etats-Unis, à travers l’Agence pour le développement international (USAID), a annoncé le 18 juillet à Kinshasa le financement d’un nouveau projet de validation de site minier dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Le projet « Validation durable des sites miniers » - Sustainable Mine Site Validation (SMSV) - est financé à hauteur de 3,7 millions de dollars américains. Il est mis en œuvre par Pact.
Il contribuera à lutter contre les activités illégales telles que le travail des enfants, la violence et d’autres violations des droits de l’homme.
Le processus de validation s’assure qu’aucun groupe armé n’est présent dans les mines et que celles-ci disposent des autorisations légales pour fonctionner. Ce processus est la première étape pour assurer que les minerais sont extraits de manière responsable et n’ont aucun lien avec un conflit, ce qui contribue à une paix et une stabilité accrues dans la région.
« Les Etats-Unis veulent accroître leur rôle positif dans la promotion de la prospérité économique congolaise en investissant dans le secteur minier congolais et en ayant des échanges commerciaux avec ce secteur. Cependant, notetnt-ils que les entreprises américaines sont plus engagées dans l'amélioration des communautés locales dans lesquelles elles travaillent que les entreprises de tout autre pays.
« La validation des sites miniers artisanaux ou à petite échelle est l’étape initiale majeure dans ce combat contre les activités illégales telles que le travail des enfants, la violence et d’autres violations des droits de l’homme », a dit Paul Sabatine, directeur de l’USAID/RDC. « Le projet SMSV financé par l’USAID permettra de vérifier la légalité des sites miniers ».
Les processus de validation financés par l'USAID ont aidé à fournir une source fiable de minerais non liés aux conflits en RDC. Sur les 3.000 sites d'exploitation minière artisanale connus, l'USAID a précédemment soutenu la validation de plus de 500 sites qui produisent des minerais non liés aux conflits comprenant les 3TG. Plus de 3.600 tonnes d'étain non liés au conflits ont été exportées à partir de mines validées par l'USAID, ce qui a permis aux entreprises congolaises de réaliser plus de 90 millions de dollars américains de recettes.
L’USAID, une des agences du gouvernement américain, travaille main dans la main avec le peuple congolais pour mettre en œuvre un programme s’élevant à plus de 350 millions de dollars américains par an dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de la bonne gouvernance, des droits humains et de l’environnement.

Comme d’aucuns le savent, nous traversons une période historique en RDC, a déclaré l’ambassadeur des Etats-Unis en Rdc, Mike Hammer. Les récentes élections ont abouti à la toute première passation pacifique du pouvoir depuis l'indépendance, ce qui constitue une avancée significative non seulement pour la RDC, mais aussi pour toute la région d'Afrique centrale.
En effet, une nouvelle présidence offre de nouvelles possibilités, et rien n'est plus important pour les États-Unis et la RDC que de stimuler la prospérité économique mutuelle en améliorant les relations en matière d'investissement et de commerce, pierre angulaire du Partenariat privilégié pour la paix la prospérité, initié par nos deux gouvernements en avril 2019. Sans nul doute, la multitude de richesses minières de la RDC a le potentiel d'être un atout énorme pour faire progresser la prospérité économique congolaise. Si elles sont utilisées correctement, elles peuvent contribuer à sortir plusieurs familles de la pauvreté; à financer les écoles, les routes et les hôpitaux et à fournir aux Congolais si fiers, honnêtes et dévoués les emplois décents et les salaires dignes qu'ils méritent.
Toutefois, ce potentiel ne se réalisera que lorsque les opérations minières seront transparentes et exemptes de conflits et de travail illicite des enfants. Les États-Unis veulent accroître leur rôle positif dans la promotion de la prospérité économique congolaise en investissant dans le secteur minier congolais et en ayant des échanges commerciaux avec ce secteur.
Cependant, note-t-il que les entreprises américaines sont plus engagées dans l'amélioration des communautés locales dans lesquelles elles travaillent que les entreprises de tout autre pays. Ainsi, pour qu’il y ait plus d’entreprises américaines en RDC, nous devons nous assurer de l’exploitation tant légale que transparente des mines. Au fait, la loi américaine exige que les entreprises américaines achètent des minerais non liés aux conflits ou au travail des enfants. Grâce à son programme de validation et de vérification, SMSV ouvrira de nouvelles possibilités de partenariats mutuellement avantageux pour les États-Unis et la RDC.

mercredi 17 juillet 2019

RDCONGO: Encore un autre décès en prison des personnes condamnées dans l’affaire assassinat du feu président Laurent-Désiré Kabila


La Voix des Sans Voix pour les  Droits de l’Homme (VSV) est vivement choquée et consternée par le décès depuis vendredi 12 juillet 2019, à la Prison militaire d’Angenga, province de la Mongala, du lieutenant John Bompengo alias « RDC »,  âgé de 54 ans, un des condamnés dans l’affaire assassinat à Kinshasa, le 16 janvier 2001, du feu Président rdcongolais Laurent-Désiré Kabila.

Il revient à la VSV que la mort en prison du précité est consécutive aux mauvaises conditions de détention et au manque de soins de santé appropriés.

Pour mémoire, le lieutenant John Bompengo a été condamné à mort en 2003 par l’ex-Cour d’Ordre Militaire (COM, Juridiction militaire d’exception de l’époque) au cours du procès sur l’affaire sus évoquée. La victime avait été poursuivie pour avoir fait partie du peloton d’exécution sommaire et extra-judiciaire de onze Libanais suspectés de complicité dans l’assassinat du président Laurent -Kabila  en 2001.

La VSV dénonce ce énième décès intervenu une année seulement après celui du colonel Oscar Mayembe, décédé le 1er juin 2018 allongeant ainsi la liste des condamnés décédés entre les mains de l’Etat rdcongolais dans l’affaire assassinat du feu Président Laurent-Désiré Kabila, soit onze personnes au total à ce jour. Il s’agit de Patrick Kilay, Nico Bavurhe, Panda Fariala, Yav Nawej Ditend, Jean-Jacques Kakwat Mbugi, Rocky Byamungu Kachuraki, Salumu Tchap-Tchap, Gordon Kunda Ntalabo et Oscar Mayembe.

La VSV saisit cette occasion pour exprimer, une fois de plus ses craintes par rapport aux autres condamnés qui continuent à croupir en Prison et qui courent également le risque de trouver la mort entre les mains de l’Etat rdcongolais au cas où ils ne bénéficieraient d’aucune mesure de grâce présidentielle.

 Il s’agit entre autres de :

1.  Condamnés à mort : Eddy Kapend, Mutindo Kitambala, Itongwa Ngirinda, Yav Ditend, Mukanirwa Jojo, Leta Mangasa Georges, Nono Lutula, Jean Chiribagula, Murhanzi Fils, Kibonge Mulumba, Amisi Bakuka.

2.  Condamnés à perpétuité : Emmanuel Ndongo, Willy Bilolo, Marcelin Shambo, Bitanda, Kashindi Mubone, Baguma Gervais, Théo Basole, Kabumba Prosper, Muzima Aimé Césaire,  Mississipi Kasongo, Bisimwa Jimmy, Bahigwe Ildephonse, Marhegane Pascal,  Kizito Kompany Yves et Bahaya Bernard.

3.  Condamnés à 20 ans de prison : Lukombo François, Lurhonge Meschac, Kapia Jean-Jacques, Fiama Sylva, Madame Nelly Ntwite (évadée de la prison le 17 mai 2017), Kot Diur et Maurice Kolokota.

En tout état de cause, la VSV dénonce la politique visant à éliminer progressivement et à petit feu les condamnés précités alors que le procès assassinat Laurent-Désiré Kabila demeure inachevé depuis lors et n’a jamais par conséquent, contribué à la manifestation de la vérité sur l’assassinat d’un Président en plein exercice de ses fonctions.

Tout en présentant ses condoléances les plus attristées à la famille du lieutenant John Bompengo, la VSV exige une fois de plus la libération de tous les condamnés dans l’affaire Laurent-Désiré Kabila, sinon la reprise sans délai dudit procès pour que tous les responsables dudit assassinat répondent effectivement de leurs actes.



dimanche 14 juillet 2019

Top Congo FM, 16 ans de rapprochement (Politico.cd)


En fouillant dans le passé, nous t’avons retrouvé au 14 juillet 2003, lorsque tu naquis dans un univers médiatique congolais, garni des stations radio. 14 juillet 2003, 14 juillet 2019, voilà seize ans durant, que tu grandis. Seize ans durant depuis que tu nous a fixé rendez-vous au sommet de l’information.
Par ta manière de faire, tu as grimpé les marches. D’en bas, nous te regardons au sommet de la montagne. Seize ans durant, tu n’as pas cherché de chemin. Car il n’y en avait pas. Tu as créé ton propre chemin. Entre le costume et le raphia, tu as choisi la tenue de tes ancêtres.
Ton habillage fortement dominé par ce tam tam retentissant, nous garde en Afrique. Tu utilises la technologie blanche au maintien de la culture africaine dans la mémoire collective. Dans la mémoire vive. “Radio’a bâ congolais, ya biso moko eee”.
Non, la radio n’est pas qu’un porte-voix de l’élite ou des riches. C’est aussi un instrument au service de ce citoyen ordinaire qui veut communiquer ses peines à ceux qui ont le devoir de résoudre ses problèmes.
Grâce à toi, nous entrons désormais au salon du Président, du Premier ministre, des ministres, des mandateurs publics, sans protocole ni audience. “Allô Le Débat. Na lingi o kotisa nga na ndaku ya…”. Et nous y sommes reçus, avec honneur. Ces autorités nous reçoivent et nous répondent grâce à toi. Quel bonheur ! Même quand la solution n’est pas immédiate, la consolation d’avoir été entendu est certaine.
Grâce à toi, nous convoquons à la barre ces hauts fonctionnaires, ces mandataires publics qui nous donnent l’impression de passer plus de temps dans des bars. Ils se tiennent debout et se mettent à se justifier. Tu nous offres notre “Maison du peuple” dans laquelle nous effectuons à notre manière, notre contrôle parlementaire sans couleur politique.
Ce n’est pas tout Top Congo FM. Tu partages aussi notre quotidien au quotidien dans ses dimensions même les plus choquantes. ” WC moko batu bazo kota na mulongo! Après boko loba oh! Ebola, oh! Mais nooonnn!”. Et nous sourions en secret après avoir entendu notre propre coup de gueule. Quand tu mobilises toute une communauté pour résoudre nos problèmes individuels, nous nous sentons dans le manteau du Roi : “Ndeko na biso oyo a yebi te, a bengana muasi naye to a boma muana a banda ! To sunga ye na makanisi”. Et le dilemme devient si simple.
Les radios, nous vous avons souvent détesté. Car vous nous divisez. Vous vous alignez derrière les camps politiques et du coup, vous nous rejeter nous qui ne sommes pas de votre camp. Mais avec toi, c’est différent. Quand le pouvoir a parlé, l’opposition vient répondre. Quand l’opposition a répondu, la société civile vient éclairer. ” Ezalaka radio ya pouvoir to ya opposition?”. Nous sommes confus, nous qui sommes habitués aux radios partisanes.
Et voilà ! Après seize ans, tu nous a conquis. De Kinshasa à Bukavu, en passant par Kisangani pour atterrir à Lubumbashi, tu arrêtes le temps lorsque tu résonnes entre nos mains. Dans nos véhicules, tu interromps nos conversations, comme tu soulèves des débats. Pour tes seize ans, voici notre cadeau : “Merci Top Congo FM pour ces années d’interaction”.



mardi 9 juillet 2019

Le Grand Kasaï doit vite saisir ses chances de réconciliation et de justice selon les experts de l’Onu à Genève


« Avec la diminution des violences au Kasaï, l’arrivée de nouvelles autorités provinciales et la nomination d’un nouveau premier ministre, les conditions sont réunies pour engager la lutte contre l’impunité et envisager la réconciliation des communautés. Mais encore faut-il que les autorités agissent sans tarder », ont déclaré le 9 juillet 2019 Bacre Waly Ndiaye du Sénégal et Sheila B. Keetharuth de Maurice. C’était à l’occasion de la présentation de leur rapport final sur la situation au Kasaï devant le Conseil des droits de l’homme.
La mission de l’équipe d’experts internationaux sur la situation dans le Grand Kasaï est unique, car à la différence d’une mission d’enquête habituelle, celle-ci vise surtout à vérifier la mise en œuvre par le gouvernement congolais des recommandations du rapport de la première équipe d’experts internationaux sur le Grand Kasaï, publié en juillet 2018.
Dans le nouveau rapport présenté le 9 juillet 2019, à la suite de huit mois de présence dans le Grand Kasaï et de trois visites d’experts effectuées en République démocratique du Congo depuis novembre 2018, les deux experts constatent une volonté de la part des autorités congolaises, y compris celles récemment élues, de punir les crimes graves commis dans cette partie du pays entre 2016 et 2017, ainsi que de créer les conditions nécessaires à une réconciliation des communautés.
Les experts notent toutefois que l’objectif du retour à une paix définitive dans cette région, l’une des plus pauvres de la République démocratique du Congo, exigera des efforts importants de la part des acteurs concernés. Mais ces efforts resteront vains en l’absence d’une politique de développement économique et social en faveur du Grand Kasaï, région enclavée qui souffre d’un déficit chronique en infrastructures.
Sur le plan de la lutte contre l’impunité notamment, les enquêtes en cours sur les violences commises dans le Kasaï entre 2016 et 2017 n’ont pas encore débouché sur un verdict. Par ailleurs, le phénomène de réduction en esclavage de femmes et d’enfants par les miliciens Bana Mura dans le territoire de Kamonia perdure.
Enfin, il est important que le gouvernement réactive sans tarder le processus de réconciliation entamé en septembre 2017 en l’accompagnant de propositions concrètes en termes d’investissements en vue de redynamiser l’économie dans le Grand Kasaï.
« Bien qu'il y ait encore des obstacles à surmonter, il est toujours possible de sortir le Grand Kasaï de la crise, d’avancer vers la justice et la résolution inclusive des conflits et le progrès», a encore déclaré Bacre Waly Ndiaye, président de l’équipe d’experts. À cet égard, les experts notent avec satisfaction que les nouvelles autorités congolaises sont disposées à faire leur part pour renforcer la lutte contre l’impunité et favoriser la réconciliation des communautés dans le Grand Kasaï.
La communauté internationale devra aussi continuer à jouer son rôle d’accompagnateur en vue de soutenir les efforts combinés du gouvernement congolais et des populations concernées.
Bacre Waly Ndiaye, originaire du Sénégal. Elle a occupé plusieurs fonctions de directeur au HDCH à Genève et à New York, de 1998 à 2014. De 1992 à 1998, il était rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, participant à des missions en ex-Yougoslavie (1992), notamment à la Commission d'enquête internationale sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité au Rwanda (1993 et 1994), en Papouasie-Nouvelle-Guinée (1995) et d’autres régions du monde.
Ndiaye a été membre du Conseil de l'Ordre des avocats du Sénégal de 1982 à 1998, occupant le poste de Secrétaire général pendant huit ans (1983-1991). En 1995, il a été nommé commissaire à la Commission de vérité et de justice en Haïti. Sheila B. Keetharuth, originaire de Maurice, a été la première rapporteure spéciale sur la situation des droits de l'homme en Érythrée, fonction qu’elle a assumée d’octobre 2012 à octobre 2018. De 2014 à 2016, elle a également été membre de la Commission d'enquête sur les droits de l'homme en Érythrée. Jusqu'au 30 juin 2012, Mme Keetharuth était directrice exécutive de l'Institut pour les droits de l'homme et le développement en Afrique (IHRDA), une ONG panafricaine basée à Banjul, en Gambie. En juillet 2002, elle a rejoint Amnesty International, tout d’abord en tant que chercheure et ensuite comme cheffe de bureau intérimaire au bureau régional pour l'Afrique à Kampala, en Ouganda. . Mme Keetharuth a été auparavant journaliste pendant plus de huit ans.