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lundi 6 octobre 2014

XVe Sommet de la Francophonie : Les femmes et la jeunesse à l’honneur !



Les 29 et 30 novembre 2014, Centre International de Conférences de Dakar, Sénégal
Dakar, Sénégal, 6 octobre 2014 - Les 29 et 30 novembre prochains, le Sénégal accueillera le XVe Sommet des chefs d’État et gouvernement des pays ayant le français en partage autour du thème « Femmes et jeunes en francophonie : vecteurs de paix et acteurs du développement ». Durant 2 jours, 77 chefs d’État et leurs délégations mais aussi des représentants des organisations internationales, des ONG, des acteurs économiques, culturels et sociaux sont attendus à Dakar.
«  Le Sommet de Dakar sera un tournant pour la Francophonie tant en matière d’organisation que de contenu intellectuel, culturel et politique » souligne MackySall, Président de la République Sénégalaise précisant « nous l’avons tourné résolument vers l’avenir, avec la mobilisation de la société sénégalaise, afin de nous permettre de faire face aux défis qui se présentent à nous sur le plan culturel mais aussi économique ».
« Femmes et jeunes en francophonie : vecteurs de paix, acteurs du développement »
Au programme du Sommet, qui devra désigner le prochain Secrétaire Général de l’OIF mais également définir les orientations de la Francophonie et adopter le prochain cadre stratégique décennal : les femmes et les jeunes. À travers ces thèmes retenus à l’issue du XIVe Sommet de la Francophonie, les participants reviendront sur le rôle majeur des femmes et jeunes, particulièrement dans le contexte actuel de difficultés économiques et de tensions politiques. Il s’agira d’élaborer des initiatives concrètes pour répondre aux défis sociaux, économiques et politiques.
Un processus participatif mobilisant l’ensemble de la société sénégalaise
L’organisation du Sommet de la Francophonie, confiée pour chaque édition à un pays hôte différent, représente pour ce dernier une véritable opportunité sur le plan économique et politique en même temps qu’il lui confère une visibilité internationale. Pour répondre à ce défi, le Sénégal s’est doté d’un important de dispositif de préparation visant à assurer la participation de tous les acteurs sénégalais, en collaboration avec l’OIF.
Depuis plus d’un an, ils se réunissent ainsi régulièrement via différents comités chargés de planifier la programmation thématique mais aussi l’organisation logistique et évènementielle sous la tutelle de la Délégation Générale de la Francophonie. Un Comité scientifique, présidé par el Hadj Hamidou Kassé et composé de membres issus de la haute administration, du monde universitaire et de la société civile, a été chargé d’élaborer le contenu du Sommet.
Parmi les nombreuses rencontres organisées dans le cadre de la planification thématique :
- Le colloque International « Femmes et jeunes, forces montantes : enjeux, défis et perspectives francophones », du 17 au 19 septembre,
 - Le Forum des jeunes  les 9 et 10 octobre,
 - Le colloque sur les Femmes, en partenariat avec le Ministère des femmes, le réseau francophone sur l'égalité femme-homme, les 16 et 17 octobre,
- Et du 29 au 31 octobre prochain, "De l'inspiration originelle aux défis actuels: les chemins de la modernité".
La Francophonie : espace culturel, social et économique
En marge du Sommet, de nombreux évènements culturels seront organisés par le Sénégal pour l’ensemble des participants, qui mettra également en place le « Village de la Francophonie », espace privilégié de rencontres et d’échanges dans lequel les pays membres de l’OIF et les acteurs de la Francophonie présenteront leurs activités.
Organisé en 4 zones - institutionnelle pour les États membres, gouvernements et opérateurs de l’OIF, médias, services pour les associations et entreprises et enfin culturelles avec animations, concerts, exposition-, il sera ouvert au public du 24 au 30 novembre 2014 dans l’enceinte du Grand Théâtre National de Dakar.
Enfin, dans la continuité du Sommet et toujours dans l’objectif d’inscrire la Francophonie dans l’action et les défis du 21ème siècle, le Sénégal organisera le Forum économique de la Francophonie les 1er et 2 décembre prochains.
Avec plus 7.200 milliards de dollars de P.I.B généré par les 77 États membres et gouvernements de l’OIF, il s’agira d’échanger sur la dynamisation de ce potentiel économique et sur la Francophonie en tant que vecteur économique, à l’appui du rôle clé joué par le Sénégal dans le développement de l’Afrique francophone et même de l’Afrique dans son intégralité.
La Francophonie en quelques faits et chiffres
• L’OIF, née en 1970, rassemble 77 États et gouvernements membres ou observateurs de l’OIF ayant le français en commun
• Le Sommet des chefs d’État se réunit tous les 2 ans pour statuer sur l’admission de nouveaux membres, définir les orientations de la Francophonie de manière à assurer son rayonnement dans le monde, dans un Cadre stratégique décennal et élit le Secrétaire général de la Francophonie.
• 220 millions, c’est le nombre de locuteurs français, (Observatoire de la langue française) estimé à 700 millions en 2050, dont 85 % vivront en Afrique (NAtixis, 2014) sur le territoire africain.
A l’occasion de ce XVe Sommet de la Francophonie, le Sénégal inaugurera le Centre International de Conférences de Dakar (CICD).

Des militaires de haut rang ont participé à un atelier international sur le droit des conflits armés



Kinshasa (CICR) – Des officiers supérieurs et généraux de 58 pays ont participé à l’atelier pour officiers supérieurs sur les règles internationales régissant les opérations militaires (SWIRMO) 2014, qui s'est tenu fin septembre à Xi'an, en Chine.
La République démocratique du Congo a été représentée à cet atelier par le Général de brigade Padiri Muhizi Jonas, récemment nommé au poste de Commandant de la 12ème région militaire. Il s'est montré satisfait de l'organisation de cet atelier : "Le SWIRMO 2014 nous a offert une opportunité d'avoir un échange d'expériences fructueux sur la manière de mener nos opérations militaires avec efficacité et conformément aux lois, en prenant en compte les données humanitaires dès le début de la planification".
Ces travaux ont été organisés conjointement par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et l'Armée populaire de libération de Chine. Les officiers ont été principalement sensibilisés sur la nécessité de prendre en considération le droit international humanitaire(DIH) ou le droit des conflits armés(DCA) lors de la planification et la conduite des opérations militaires, en particulier dans le processus de prise de décision lors des missions de combat et des missions liées à l’application des lois.
Il leur a été également recommandé de veiller à ce que le DCA fasse partie intégrante de la documentation opérationnelle et soit incorporé dans les programmes de formation militaire, dans les entraînements des unités sur le terrain et dans le système disciplinaire. Le but est d’encourager un comportement respectueux du droit dans l’ensemble des opérations militaires.
SWIRMO 2014 était à la fois théorique et pratique. "Au moyen d’études de cas pratiques et d’outils de formation virtuelle, les participants ont appris des moyens efficaces pour améliorer le respect du droit", a indiqué Yves Sandoz, membre de l’Assemblée du CICR, qui a ouvert officiellement l'atelier. Dans un exercice de brigade fondé sur un scénario soutenu par l'imagerie virtuelle du champ de bataille, les participants ont eu pour mission de libérer une île sous contrôle de l'ennemi tout en respectant le droit de la guerre. "Obéir à la loi ne fait pas obstacle à l'accomplissement d'une mission", a précisé M. Sandoz. Selon lui, " la loi énonce des principes importants qui doivent être intégrés dans les processus de prise de décisions militaires. Les exercices de simulation de la vie réelle ont montré comment le fait d’accorder l'attention voulue à ces préoccupations juridiques peut devenir une seconde nature pour des commandants militaires".
Chaque année, le CICR s’associe aux forces armées d'un pays choisi pour l’organisation de SWIRMO afin de développer une meilleure compréhension des questions juridiques internationales les plus urgentes. L’armée Suisse a coorganisé les éditions 2007, 2008 et 2010 de l’atelier, l’armée française était coorganisatrice en 2009. L'atelier s’est tenu pour la première fois hors d'Europe en 2011, en Afrique du Sud, puis en Malaisie en 2012. L'an dernier, l'atelier s’est tenu à Carthagène des Indes, en Colombie. En 2015, SWIRMO se tiendra à Ottawa, au Canada.

jeudi 2 octobre 2014

Unity Bank, l’un des principaux établissements financiers du Nigeria, choisit la solution VPN de SkyVision pour garantir une connectivité sans faille entre ses diverses succursales à l’échelle de tout le pays



SkyVision possède une solide expérience dans la fourniture au secteur bancaire africain de solutions de réseau fiables
Lagos, Nigéria, 1er octobre 2014 - La société SkyVision Global Networks Ltd  qui fait partie des principaux fournisseurs mondiaux de services de télécommunications, a annoncé aujourd’hui la récente conclusion d'un partenariat avec Unity Bank, l’un des tous premiers établissements financiers de détail du Nigeria. SkyVision a fourni ses services satellitaires de réseau privé virtuel (Virtual Private Network, VPN) via son concentrateur local nigérian, afin de prendre en charge le réseau LAN de Unity Bank, connectant le siège de la banque implanté à Lagos à ses nombreuses agences réparties dans l’ensemble du pays.
Fort de 236 agences implantées à travers tout le Nigeria et de plusieurs projets de succursales supplémentaires pour l’avenir, le groupe Unity Bank avait besoin d’une solution de communications qui soit tout à la fois robuste, fiable et hautement sécurisée. Reconnue comme l’un des principaux fournisseurs de connectivité de la région, la société SkyVision a été choisie par Unity Bank pour installer et déployer une solution optimale qui puisse répondre aux besoins particuliers de l’établissement bancaire.
La solution VPN de SkyVision connecte les applications de base de Unity Bank – notamment les applications périphériques – au siège du groupe financier et permet ainsi aux succursales implantées dans des zones rurales de poursuivre leurs activités commerciales de manière continue et fluide. Entièrement déployée et gérée par SkyVision, la solution VPN de SkyVision a permis au groupe Unity Bank de connecter ses sites LAN sans devoir investir dans des infrastructures supplémentaires. La technologie supérieure sous-tendant la solution VPN de SkyVision accroît la flexibilité et permet un contrôle complet de la gestion.
« En tant que l'une des principales banques du pays et étant donné notre contribution au PIB du Nigeria, nous avions besoin d’une solution de communications qui soit fiable et sur laquelle nous puissions compter », indique Zubairu Atiku, responsable du service Technologies de l’information de Unity Bank. « Après avoir examiné attentivement les différentes offres soumises, nous avons retenu SkyVision pour l’exceptionnelle réputation dont cette société jouit sur le marché, notamment dans le secteur financier, et pour sa capacité à fournir exactement ce dont nous avions besoin. Il s'agissait notamment d'installer et de gérer un système extrêmement fiable couplé à un service client et à une assistance technique dédiés, d'une envergure qui ne peut pas être comparée à celle offerte par les fournisseurs de services antérieurs », ajoute-t-il.
SkyVision possède une solide expérience dans la fourniture au secteur bancaire africain de solutions de réseau fiables, répondant aux exigences particulières que les frontières géographiques posent à ce secteur, notamment dans les zones rurales. Le groupe SkyVision est fier d’avoir poursuivi son extension sur ce marché en concluant récemment des partenariats avec d’importants établissements financiers opérant en Afrique, tels que UnaCoopec, Bank of Africa et d’autres encore.
« La conclusion du partenariat avec Unity Bank s’inscrit dans notre engagement continu envers le marché financier africain, et plus particulièrement du Nigeria, où nous disposons d’une présence locale tout à la fois forte et active », commente Dror Limor, vice-président de SkyVision responsable des Ventes et du Marketing. « Nous sommes fiers d’offrir nos services au groupe Unity Bank, un client auquel nous sommes particulièrement attachés, et de lui avoir fourni une solution fiable ainsi que toute l’assistance dont il avait besoin et qu’il mérite. SkyVision envisage de poursuivre sa pénétration du secteur de la finance et de la microfinance au Nigeria de même que dans l’ensemble de l’Afrique. » 
Depuis plus de 10 ans, SkyVision concentre ses efforts en vue de devenir la 'solution de tout premier choix' dans le domaine des communications d’entreprise au Nigeria. Le groupe a ainsi mis en place des concentrateurs locaux ainsi que de nombreux points de présence afin de renforcer sa présence locale et de fournir des communications de qualité et un niveau de service élevé à des clients implantés dans tout le pays.
À propos de Unity Bank
Comptant au nombre des principales banques de détail du Nigeria, le groupe Unity Bank est né au terme du plus important mouvement de fusion et de consolidation qu’ait connu le secteur bancaire nigérian. Le groupe dispose de 236 bureaux d’affaires répartis dans l’ensemble du pays et dont le nombre ne cesse de croître. Unity Bank est la 7ème banque du Nigeria en termes d’implantations commerciales. Unity Bank, dont le siège est implanté à Abuja, est également l’un des plus grands employeurs du Nigeria et l’un des principaux groupes contribuant au PIB du pays. La banque et ses sociétés associées emploient ainsi plus de 5.000 personnes à l’échelle nationale et le montant de ses capitaux propres s’élevait à 51,46 milliards de nairas au mois de décembre 2012.
À propos de SkyVision
SkyVision est un fournisseur mondial de services de télécommunications, qui propose des solutions complètes et intégrées pour répondre aux besoins des entreprises, des administrations publiques et des marchés de télécommunications. En mettant l'accent sur les besoins locaux ou régionaux spécifiques à ses clients, SkyVision offre des solutions de connectivité de réseau d'un niveau supérieur. Connue pour son approche innovante, la société propose un vaste ensemble de solutions personnalisées et de services répondant aux normes du secteur pour une connectivité IP de bout en bout, gérée depuis ses passerelles internationales et certains de ses concentrateurs locaux.
SkyVision possède un réseau de portée mondiale permettant à ses clients de se connecter à la dorsale Internet grâce à plus de dix plates-formes satellites et à un réseau de câbles en fibre optique de grande capacité, via ses passerelles en Afrique, en Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient, ainsi que ses multiples points de présence (POP) en Afrique. SkyVision gère actuellement un réseau satellite ainsi qu'un réseau de connectivité IP par fibre couvrant 100 pays. Les solutions de réseau VSAT sur bandes Ku et C tirent profit de l'important catalogue de produits de SkyVision dans le domaine spatial à partir des plus grands fournisseurs satellites, et leur capacité est adaptée avec précision aux besoins spécifiques des clients pour une rentabilité optimale.

mercredi 1 octobre 2014

RD Congo : Des combattants démobilisés souffrent de la faim dans un camp



La négligence de l’État a provoqué plus de 100 morts parmi les combattants et les membres de leurs familles
Kinshasa, le 1er octobre 2014 – Plus de 100 personnes parmi les combattants démobilisés, leurs femmes et leurs enfants qui avaient été envoyés dans un camp militaire reculé en République démocratique du Congo y sont mortes de faim et de maladie après que les responsables ont négligé de leur fournir la nourriture et les soins de santé appropriés, a déclaré Human Rights Watch .
Le gouvernement congolais devrait de toute urgence déplacer toutes les personnes du camp vers un site plus accessible, traduire en justice les personnes responsables des mauvais traitements et encourager une plus grande implication des Nations Unies dans la réhabilitation des anciens combattants, a précisé Human Rights Watch.
« La négligence du gouvernement congolais envers ces anciens combattants et leurs familles est criminelle », a indiqué
Ida Sawyer, chercheuse senior sur la RD Congo à Human Rights Watch. « Avant que d’autres personnes ne meurent, le gouvernement devrait immédiatement les déplacer vers un lieu où elles aient accès à de la nourriture et à des soins de santé, et où elles soient traitées avec une décence humaine fondamentale. »
En septembre 2013, 941 combattants de plusieurs groupes armés qui se sont rendus et plusieurs centaines de membres de leurs familles ont été déplacés de l’est de la RD Congo jusqu’au camp de Kotakoli, situé dans une région reculée de la province de l’Équateur dans le nord-ouest du pays, en attendant leur intégration dans l’armée ou leur retour à la vie civile. Les provisions ont toutefois été épuisées vers la fin de l’année 2013 et, pendant les neuf mois qui ont suivi, le gouvernement a envoyé des quantités minimales de nourriture et de médicaments. En raison du manque de nourriture et de l’absence quasi totale de soins de santé, de nombreux anciens combattants et membres de leurs familles sont tombés malades et sont morts de malnutrition et de maladie.
L’enquête menée par Human Rights Watch dans le camp de Kotakoli en septembre 2014 a abouti au constat que 42 combattants démobilisés et au moins cinq femmes et 57 enfants y sont décédés depuis décembre 2013. Human Rights Watch s’est entretenu avec des anciens combattants, des membres de leurs familles, des officiers de l’armée congolaise supervisant le camp et des membres de la communauté locale.
Les anciens combattants ont raconté à Human Rights Watch que les responsables militaires leur ont dit qu’ils seraient détenus trois mois dans le camp, un ancien centre d’entraînement de commandos militaires délabré construit en 1965. Les anciens combattants pensaient qu’ils seraient ensuite intégrés dans l’armée ou prendraient part au programme Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) avant de revenir à la vie civile. Un an plus tard, le gouvernement doit toujours lancer un nouveau programme « DDR III ».
L’approvisionnement du camp a été compromis par le mauvais état des routes dans la région. Pour chaque livraison, un camion militaire pouvait mettre plusieurs jours pour se rendre de la ville la plus proche, Gbadolite, à Kotakoli, par une route de 100 kilomètres détériorée. Un agent de la santé travaillant dans le camp ne disposait de quasiment aucun matériel ou médicament pour soigner les malades, et ne parlait pas la même langue que les anciens combattants, ce qui limitait sa capacité à diagnostiquer correctement les maladies.
Un ancien combattant âgé de 28 ans et originaire du Nord-Kivu a expliqué à Human Rights Watch que les personnes ressemblaient à celles des « photos de la famine en Somalie et en Éthiopie ». « Nous avons vu des personnes comme ça ici. Un adulte avec seulement la peau et les os... Nous avons d’abord enterré les morts dans le cimetière public. Lorsque nous avons vu que la situation devenait de plus en plus épouvantable, nous avons commencé à les enterrer dans le centre [de regroupement], loin de la population civile. Nous pouvions enterrer jusqu’à cinq corps par jour. »
Le camp de Kotakoli était gardé, mais le commandant de l’armée congolaise en place permettait aux anciens combattants de se rendre dans le village de Kotakoli pendant la journée pour essayer de trouver de la nourriture. Cependant, l’isolement de la zone – entourée de forêts denses et quasiment inaccessible par la route – signifiait qu’il y avait peu de chance de survie.
Au cours de l’année passée, le gouvernement a effectué deux versements d’environ 20 USD à chaque ancien combattant, somme qui a été essentiellement dépensée pour la nourriture. Pour obtenir de l’argent pour pouvoir se nourrir, les anciens combattants ont vendu les matelas et ustensiles qu’ils avaient reçus à leur arrivée et travaillaient pour les familles locales en coupant l’herbe, en transportant du bois et en allant chercher de l’eau. La plupart d'entre eux étaient payés entre 10 et 50 cents par jour. Ils pouvaient acheter du manioc cuit pour 10 cents ou voler des courges et des haricots dans les champs des fermiers voisins. La femme d’un ancien combattant dans le camp a expliqué à Human Rights Watch qu’étant donné qu’ils avaient vendu leurs ustensiles de cuisine, ils cuisinaient parfois dans des casques de soldats.
Plusieurs femmes enceintes ont fait une fausse couche en raison du manque de nourriture, ont indiqué des résidents du camp à Human Rights Watch. Au moins une femme est morte pendant sa grossesse. Un ancien combattant âgé de 44 ans a raconté : « Les personnes ont perdu tellement de poids qu’on aurait pu voir ce qu’elles avaient dans le ventre. Les enfants ressemblaient à des squelettes. »
Un ancien combattant âgé de 28 ans et père de deux enfants a expliqué à Human Rights Watch qu’il a regardé sa fille de 9 ans et son fils de 7 ans mourir. « Ils sont morts parce qu’il n’y avait pas de médicaments. Il n’y avait pas de nourriture et je n’avais pas les moyens d’en trouver pour nourrir ma famille », a-t-il raconté. « Je les ai regardés mourir sans rien pouvoir faire. Pouvez-vous imaginer ma douleur quand je pensais à comment je vais enterrer mes enfants ? Même maintenant, lorsque je pense à mes enfants, j’ai aussi envie de mourir. Ces enfants dans le centre de santé, ils dormaient sur le sol, sur le ciment. Je n’avais rien à mettre sur le sol pour servir de matelas. C’est cette chemise que je porte, cet uniforme que je mettais sur le ciment pour soulager leur douleur. »
Un chef local de Kotakoli a raconté à Human Rights Watch : « Cela nous fait mal de voir des personnes souffrir comme des animaux. Même les animaux ne souffrent pas comme ces personnes. » Le manquement par le gouvernement congolais à son devoir de fournir aliments et soins de santé appropriés aux combattants qui se sont rendus, ainsi qu’à leurs familles, viole le droit humanitaire international (droit de la guerre) et le droit international relatif aux droits humains. Les personnes détenues dans le camp de Kotakoli ont été privées de leurs droits à la vie, à des traitements humains, à la nourriture et à la santé, entre autres.
Le coordinateur « pré-DDR » du gouvernement, le général Delphin Kahimbi, a indiqué à Human Rights Watch par téléphone le 24 septembre qu’il avait connaissance des problèmes à Kotakoli et de la mort de certains détenus. Il a précisé qu’il avait envoyé une commission sur place pour enquêter : « Le problème principal n’est pas que le gouvernement les a abandonnés, mais que le gouvernement n’a pas les moyens ni la capacité d’acheminer les approvisionnements jusqu’à Kotakoli. »
Lors d’une réunion à Kinshasa le 30 septembre, Alexandre Luba Ntambo, le vice-Premier ministre et ministre de la Défense et des Anciens combattants de la RD Congo, a indiqué à Human Rights Watch que les anciens combattants et leurs familles étaient détenus à Kotakoli depuis bien plus longtemps que prévu en raison de retards significatifs dans la mise en œuvre du nouveau programme DDR et de l’« hésitation des bailleurs de fonds » à financer le programme.
« La situation est vraiment mauvaise et nous en sommes conscients », a-t-il expliqué. Nous n’avons pas volontairement choisi de voir ces personnes souffrir de faim ou mourir, mais nous avons rencontré des difficultés pour leur apporter des approvisionnements de première nécessité. Ces retards d’approvisionnements les ont rendus plus vulnérables aux maladies, notamment les enfants. »
Alexandre Luba Ntambo a ajouté que le gouvernement avait décidé le 5 août de transférer les anciens combattants de Kotakoli vers un autre centre de regroupement où il serait plus facile d’assurer les approvisionnements essentiels. Toutefois, les combattants et leurs familles n’ont toujours pas été déplacés, et ce retard, a indiqué Ntambo, est dû au manque de moyens pour les transporter.
« Au lieu de se lamenter en invoquant comme excuse le manque d’argent ou de moyens de transport, le gouvernement congolais devrait prendre des mesures urgentes pour déplacer les personnes qui se trouvent encore au camp de Kotakoli avant qu’il n’y ait davantage de morts », a souligné Ida Sawyer. « Le gouvernement n’aurait jamais  dû envoyer ces anciens combattants et leurs familles dans un camp isolé et difficile d’accès s’il n’était pas en mesure de occuper d’eux de manière adéquate. »
Pour aider à restaurer la confiance dans le programme DDR et s’assurer que des conditions essentielles sont respectées, Human Rights Watch a exhorté la mission de maintien de la paix des Nations Unies en RD Congo, la MONUSCO, à jouer un rôle plus actif dans le programme en agissant comme garant du processus. La mission devrait assurer une supervision conjointe avec le gouvernement, aider à faire respecter les droits humains et surveiller l’utilisation des fonds, a expliqué Human Rights Watch. Dans le cadre de son mandat de protection des civils, la MONUSCO devrait aussi intervenir rapidement pour contribuer à protéger les personnes à risque dans le camp de Kotakoli.
Le 11 septembre, le chef de la MONUSCO, Martin Kobler, a visité le camp de Kotakoli pour se rendre compte des conditions de vie sur place. Cependant, selon les anciens combattants interrogés par Human Rights Watch, il n’a pas eu l’opportunité de voir la réalité de leur vie dans le camp.
« La commission gouvernementale enquêtant sur le camp de Kotakoli devrait fournir un rapport impartial et exhaustif à l’armée, qui devrait alors ouvrir des enquêtes et poursuivre les responsables des décès dans le camp », a conclu Ida Sawyer. « Un renforcement du rôle de la mission de maintien de la paix des Nations Unies dans la démobilisation et la réintégration des anciens combattants aiderait à empêcher la répétition de tels événements tragiques, et encouragerait les autres groupes armés qui peuvent être désormais réticents à se rendre. »