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mardi 10 mars 2026

RDC : le BCNUDH alerte sur l’horreur de l’esclavage sexuel et le sort tragique des enfants nés du viol

Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur des violences sexuelles liées aux conflits en République Démocratique du Congo. Au-delà des statistiques alarmantes enregistrées en 2025, l’organisme onusien dénonce dans un communiqué du 9 mars 2026 l’utilisation systématique du viol comme arme de guerre et met en garde contre l’émergence d’une génération d’enfants nés de ces violences et confrontés à une forte stigmatisation.

Un bilan humain alarmant

En 2025, le BCNUDH a documenté 887 cas de violences sexuelles, affectant 1.534 victimes, majoritairement des femmes (854) et des filles (672).

L’est du pays demeure l’épicentre de ces crimes, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, qui concentrent à eux seuls près de 80 % des victimes recensées.

Groupes armés et acteurs étatiques impliqués

Selon le rapport, 75 % des victimes sont imputées aux groupes armés. En tête figure le Mouvement du 23 mars (M23) avec 439 victimes, suivi des groupes Wazalendo, de la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO), de divers groupes Maï-Maï, des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des Forces démocratiques alliées (ADF).

Le BCNUDH relève également que 19 % des cas documentés impliquent des acteurs étatiques, notamment les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), la Police nationale congolaise (PNC) et l’Agence nationale de renseignements (ANR).

L’esclavage sexuel et les enfants nés du viol

Le rapport met en lumière des pratiques particulièrement atroces, dont l’esclavage sexuel. Des femmes et des filles sont maintenues en captivité pendant de longues périodes, subissant des viols répétés et des grossesses forcées.

Les enfants nés du viol sont également au cœur des préoccupations. Beaucoup sont rejetés par leurs familles, privés d’enregistrement à l’état civil et exposés à un risque accru de recrutement par des groupes armés.

Une prise en charge encore insuffisante

Si environ 70 % des victimes accèdent à des soins médicaux d’urgence, moins de 2 % bénéficient d’une prise en charge complète incluant un accompagnement psychologique, juridique et social. Cette situation laisse de nombreuses survivantes livrées à elles-mêmes face aux traumatismes.

Un appel urgent à l’action

Le BCNUDH appelle les autorités congolaises à renforcer la lutte contre l’impunité et à accélérer les poursuites contre les auteurs de crimes graves. L’organisation recommande également l’enregistrement systématique à l’état civil des enfants nés du viol afin de briser le cycle d’exclusion. Les groupes armés sont exhortés à cesser immédiatement les hostilités, à libérer toutes les femmes et filles détenues et à mettre fin à l’esclavage sexuel.

Enfin, la communauté internationale est invitée à renforcer son soutien financier pour garantir une prise en charge durable des survivantes, au-delà de la seule assistance médicale d’urgence.

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