La
centrale hydroélectrique de Kakobola, située dans la province du Kwilu,
s’impose depuis son inauguration le 23 mars 2026 par le ministre des Ressources
Hydrauliques et de l'Électricité, Aimé Sakombi Molendo, comme l’un des dossiers
les plus débattus de l’actualité énergétique en RDC. Au cœur des controverses,
plusieurs accusations de « scandale » ont émergé.
Pourtant,
l’examen du dossier révèle une réalité bien différente, structurée autour d’un
projet ancien, d’une procédure encadrée et d’un objectif clair qui est de
rendre enfin opérationnelle une infrastructure restée inactive pendant près
d’une décennie.
Un
projet ancien remis sur les rails
Contrairement aux critiques évoquant une décision précipitée, le projet de Kakobola ne date pas d’aujourd’hui. Son montage remonte à la période 2018–2020, avec un contrat déjà validé sur le plan juridique. Il s’inscrit donc dans la continuité des politiques publiques, et non dans une initiative improvisée.
Le
projet repose sur un modèle de délégation de service public, distinct d’un
marché public classique. À ce titre, il a respecté les étapes requises,
notamment l’avis de non-objection de la Direction générale du contrôle des
marchés publics (DGCMP) obtenu dès 2019, ainsi que son inscription au Plan de
passation des marchés. Ces éléments attestent d’un processus encadré par la
réglementation en vigueur, loin des allégations d’opacité.
Les
12 millions de dollars américains : un malentendu
Autre
point de crispation : le montant de 12 millions de dollars américains.
Contrairement à certaines affirmations, il ne s’agit pas d’un décaissement
direct de l’État, mais du coût global contractuel du projet. Dans ce modèle,
l’opérateur privé assure l’investissement et se rémunère à travers
l’exploitation de la centrale. Il ne s’agit donc pas d’un « cadeau », mais d’un
mécanisme classique visant à mobiliser des financements privés dans le secteur
énergétique.
Achevée
depuis 2016, la Centrale de Kakobola était restée inexploitable pendant près de
dix ans en raison de blocages administratifs et opérationnels.
La
relance actuelle, impulsée notamment par une instruction présidentielle en mars
2025, répond à l'urgence de valoriser une infrastructure publique longtemps
inutilisée et répondre aux besoins énergétiques des populations.
Des
retombées concrètes pour les populations
La
remise en service de la centrale devrait bénéficier directement à plusieurs
localités du Kwilu, notamment Kikwit, Idiofa et Gungu. Entre 9.000 et 15.000
ménages sont concernés, avec une fourniture d’électricité annoncée en continu.
Au-delà de l’accès à l’énergie, le projet ouvre la voie à une relance
économique locale, favorisant le développement des petites et moyennes
entreprises et l’amélioration des services sociaux, notamment dans les secteurs
de la santé et de l’éducation.
Le
barrage demeure la propriété de l’État congolais. L’opérateur privé n’en est
pas acquéreur, mais en assure l’exploitation, la maintenance et la distribution
de l’électricité dans le cadre d’une concession. La durée de 30 ans évoquée
correspond aux standards internationaux dans le secteur énergétique, permettant
au concessionnaire de rentabiliser son investissement tout en garantissant un
service durable.
Face
aux accusations de « gré à gré injustifié » ou de « contrat opaque », les
éléments disponibles indiquent plutôt une procédure validée et conforme aux
règles en vigueur. En réalité, le véritable enjeu semble être ailleurs :
transformer une infrastructure longtemps à l’abandon en un levier concret de
développement.
Loin
d’un scandale, le dossier Kakobola apparaît comme une décision pragmatique
visant à corriger un échec passé. En remettant en service une centrale restée
inactive pendant près de dix ans, les autorités entendent répondre à une
urgence énergétique tout en stimulant l’économie locale.
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