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lundi 30 mars 2026

Centrale de Kakobola : entre polémique et réalités, les vérités d’un projet longtemps bloqué

La centrale hydroélectrique de Kakobola, située dans la province du Kwilu, s’impose depuis son inauguration le 23 mars 2026 par le ministre des Ressources Hydrauliques et de l'Électricité, Aimé Sakombi Molendo, comme l’un des dossiers les plus débattus de l’actualité énergétique en RDC. Au cœur des controverses, plusieurs accusations de « scandale » ont émergé.

Pourtant, l’examen du dossier révèle une réalité bien différente, structurée autour d’un projet ancien, d’une procédure encadrée et d’un objectif clair qui est de rendre enfin opérationnelle une infrastructure restée inactive pendant près d’une décennie.

Un projet ancien remis sur les rails

Contrairement aux critiques évoquant une décision précipitée, le projet de Kakobola ne date pas d’aujourd’hui. Son montage remonte à la période 2018–2020, avec un contrat déjà validé sur le plan juridique. Il s’inscrit donc dans la continuité des politiques publiques, et non dans une initiative improvisée.

Le projet repose sur un modèle de délégation de service public, distinct d’un marché public classique. À ce titre, il a respecté les étapes requises, notamment l’avis de non-objection de la Direction générale du contrôle des marchés publics (DGCMP) obtenu dès 2019, ainsi que son inscription au Plan de passation des marchés. Ces éléments attestent d’un processus encadré par la réglementation en vigueur, loin des allégations d’opacité.

Les 12 millions de dollars américains : un malentendu

Autre point de crispation : le montant de 12 millions de dollars américains. Contrairement à certaines affirmations, il ne s’agit pas d’un décaissement direct de l’État, mais du coût global contractuel du projet. Dans ce modèle, l’opérateur privé assure l’investissement et se rémunère à travers l’exploitation de la centrale. Il ne s’agit donc pas d’un « cadeau », mais d’un mécanisme classique visant à mobiliser des financements privés dans le secteur énergétique.

Achevée depuis 2016, la Centrale de Kakobola était restée inexploitable pendant près de dix ans en raison de blocages administratifs et opérationnels.

La relance actuelle, impulsée notamment par une instruction présidentielle en mars 2025, répond à l'urgence de valoriser une infrastructure publique longtemps inutilisée et répondre aux besoins énergétiques des populations.

Des retombées concrètes pour les populations

La remise en service de la centrale devrait bénéficier directement à plusieurs localités du Kwilu, notamment Kikwit, Idiofa et Gungu. Entre 9.000 et 15.000 ménages sont concernés, avec une fourniture d’électricité annoncée en continu. Au-delà de l’accès à l’énergie, le projet ouvre la voie à une relance économique locale, favorisant le développement des petites et moyennes entreprises et l’amélioration des services sociaux, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

Le barrage demeure la propriété de l’État congolais. L’opérateur privé n’en est pas acquéreur, mais en assure l’exploitation, la maintenance et la distribution de l’électricité dans le cadre d’une concession. La durée de 30 ans évoquée correspond aux standards internationaux dans le secteur énergétique, permettant au concessionnaire de rentabiliser son investissement tout en garantissant un service durable.

Face aux accusations de « gré à gré injustifié » ou de « contrat opaque », les éléments disponibles indiquent plutôt une procédure validée et conforme aux règles en vigueur. En réalité, le véritable enjeu semble être ailleurs : transformer une infrastructure longtemps à l’abandon en un levier concret de développement.

Loin d’un scandale, le dossier Kakobola apparaît comme une décision pragmatique visant à corriger un échec passé. En remettant en service une centrale restée inactive pendant près de dix ans, les autorités entendent répondre à une urgence énergétique tout en stimulant l’économie locale.


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