Face à la recrudescence des enlèvements et à la montée de l’insécurité dans la capitale congolaise, le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, a annoncé dans un communiqué une série de mesures destinées à assainir le secteur des véhicules de transport avec chauffeur (VTC) et à renforcer la sécurité des passagers.
Identification et traçabilité des véhicules
Parmi les principales décisions figure l’identification officielle de tous les véhicules VTC opérant dans la ville de Kinshasa. Les autorités provinciales prévoient également la mise en place d’un QR code sécurisé obligatoire pour chaque véhicule, afin de permettre une traçabilité immédiate.
Carte professionnelle et géolocalisation
Dans le cadre de ces réformes, chaque chauffeur devra également disposer d’une carte professionnelle. Par ailleurs, les plateformes VTC seront interconnectées avec l’Agence provinciale du numérique, ce qui permettra la géolocalisation des véhicules en temps réel.
Entrée en vigueur et sanctions
Selon les autorités provinciales, ces nouvelles dispositions entreront en vigueur à partir du 23 mars 2026. Tout chauffeur opérant dans le secteur devra se conformer à ces exigences. Les contrevenants seront considérés comme suspects et pourraient faire face à des sanctions administratives et pénales.
Restaurer l’ordre dans les transports
Cette
initiative s’inscrit dans la stratégie du gouverneur Daniel Bumba visant à
restaurer l’ordre dans le secteur des transports et à renforcer la sécurité des
Kinois. Elle intervient après plusieurs opérations de contrôle routier déjà
menées dans la capitale, mobilisant des milliers d’agents.
À travers ces mesures, les autorités provinciales entendent contribuer à l’instauration d’une capitale moderne, sécurisée et mieux organisée.
Le président de l'ACCO Kinshasa dénonce l’imposition de la carte professionnelle
Des
voix s’élèvent contre l’obligation faite aux chauffeurs de se procurer une
carte professionnelle exigée par le ministère provincial des Transports. Pour
le président provincial de l'association des chauffeurs du Congo (ACCO),
Bienvenu Kimbula, cette mesure ne repose sur aucun fondement juridique solide.
À son avis, le permis de conduire délivré par l’État congolais constitue déjà l’acte officiel qui atteste de la capacité d’une personne à conduire. À ce titre, l’imposition d’une carte professionnelle supplémentaire par l’autorité provinciale serait injustifiée.
Un secteur largement informel
Bienvenu
Kimbula rappelle également que la majorité des conducteurs évoluent dans le
secteur informel. Il s’agit souvent d’une activité ponctuelle : un chauffeur
peut travailler aujourd’hui dans le transport public et changer d’activité le
lendemain.
Dans ce contexte, imposer une carte professionnelle obligatoire ne serait pas adapté à la réalité du terrain. Les chauffeurs informels, souvent engagés par des particuliers et sans contrat stable, peuvent perdre leur emploi à tout moment.
La crainte d’une pression fiscale supplémentaire
Les chauffeurs dénoncent surtout la multiplication des taxes et prélèvements qui pèsent déjà sur leur activité. Selon eux, plus de cinq taxes seraient déjà exigées dans leur secteur. L’introduction d’une nouvelle obligation payante serait perçue comme une tentative d’asphyxier davantage les conducteurs, déjà confrontés à des difficultés économiques.
Des avantages jugés inexistants
Autre
inquiétude soulevée : l’absence d’avantages concrets liés à cette carte
professionnelle. Les chauffeurs du secteur informel ne bénéficient pas des
protections sociales accordées aux conducteurs travaillant dans des entreprises
structurées ou dans l’administration publique, notamment en matière de sécurité
sociale.
Ils estiment donc qu’il est injuste d’imposer cette mesure à des travailleurs qui n’ont pas accès aux avantages du secteur formel.
Un appel à la prudence des autorités
Face
à cette situation, les chauffeurs appellent le ministre provincial des
Transports à faire preuve de prudence dans la mise en œuvre de ses réformes.
Selon eux, organiser le secteur des transports est une bonne initiative, mais cela ne devrait pas se traduire par de nouvelles charges financières pour les conducteurs.
Bienvenu Kimbula
prévient que cette mesure risque de créer des tensions et de perturber la
quiétude des chauffeurs dans leur travail quotidien si leurs préoccupations ne
sont pas prises en compte.
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