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mardi 10 mars 2026

Kinshasa : Daniel Bumba annonce de nouvelles mesures pour sécuriser les transports

Face à la recrudescence des enlèvements et à la montée de l’insécurité dans la capitale congolaise, le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, a annoncé dans un communiqué une série de mesures destinées à assainir le secteur des véhicules de transport avec chauffeur (VTC) et à renforcer la sécurité des passagers.

Identification et traçabilité des véhicules

Parmi les principales décisions figure l’identification officielle de tous les véhicules VTC opérant dans la ville de Kinshasa. Les autorités provinciales prévoient également la mise en place d’un QR code sécurisé obligatoire pour chaque véhicule, afin de permettre une traçabilité immédiate.

Carte professionnelle et géolocalisation 

Dans le cadre de ces réformes, chaque chauffeur devra également disposer d’une carte professionnelle. Par ailleurs, les plateformes VTC seront interconnectées avec l’Agence provinciale du numérique, ce qui permettra la géolocalisation des véhicules en temps réel.      

Entrée en vigueur et sanctions

Selon les autorités provinciales, ces nouvelles dispositions entreront en vigueur à partir du 23 mars 2026. Tout chauffeur opérant dans le secteur devra se conformer à ces exigences. Les contrevenants seront considérés comme suspects et pourraient faire face à des sanctions administratives et pénales. 

Restaurer l’ordre dans les transports

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du gouverneur Daniel Bumba visant à restaurer l’ordre dans le secteur des transports et à renforcer la sécurité des Kinois. Elle intervient après plusieurs opérations de contrôle routier déjà menées dans la capitale, mobilisant des milliers d’agents.

À travers ces mesures, les autorités provinciales entendent contribuer à l’instauration d’une capitale moderne, sécurisée et mieux organisée.

Le président de l'ACCO Kinshasa dénonce l’imposition de la carte professionnelle 

Des voix s’élèvent contre l’obligation faite aux chauffeurs de se procurer une carte professionnelle exigée par le ministère provincial des Transports. Pour le président provincial de l'association des chauffeurs du Congo (ACCO), Bienvenu Kimbula, cette mesure ne repose sur aucun fondement juridique solide.

À son avis, le permis de conduire délivré par l’État congolais constitue déjà l’acte officiel qui atteste de la capacité d’une personne à conduire. À ce titre, l’imposition d’une carte professionnelle supplémentaire par l’autorité provinciale serait injustifiée.

Un secteur largement informel

Bienvenu Kimbula rappelle également que la majorité des conducteurs évoluent dans le secteur informel. Il s’agit souvent d’une activité ponctuelle : un chauffeur peut travailler aujourd’hui dans le transport public et changer d’activité le lendemain.

Dans ce contexte, imposer une carte professionnelle obligatoire ne serait pas adapté à la réalité du terrain. Les chauffeurs informels, souvent engagés par des particuliers et sans contrat stable, peuvent perdre leur emploi à tout moment.

La crainte d’une pression fiscale supplémentaire

Les chauffeurs dénoncent surtout la multiplication des taxes et prélèvements qui pèsent déjà sur leur activité. Selon eux, plus de cinq taxes seraient déjà exigées dans leur secteur. L’introduction d’une nouvelle obligation payante serait perçue comme une tentative d’asphyxier davantage les conducteurs, déjà confrontés à des difficultés économiques.

Des avantages jugés inexistants

Autre inquiétude soulevée : l’absence d’avantages concrets liés à cette carte professionnelle. Les chauffeurs du secteur informel ne bénéficient pas des protections sociales accordées aux conducteurs travaillant dans des entreprises structurées ou dans l’administration publique, notamment en matière de sécurité sociale.

Ils estiment donc qu’il est injuste d’imposer cette mesure à des travailleurs qui n’ont pas accès aux avantages du secteur formel.

Un appel à la prudence des autorités 

Face à cette situation, les chauffeurs appellent le ministre provincial des Transports à faire preuve de prudence dans la mise en œuvre de ses réformes.

Selon eux, organiser le secteur des transports est une bonne initiative, mais cela ne devrait pas se traduire par de nouvelles charges financières pour les conducteurs.

Bienvenu Kimbula prévient que cette mesure risque de créer des tensions et de perturber la quiétude des chauffeurs dans leur travail quotidien si leurs préoccupations ne sont pas prises en compte.

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