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mardi 21 juillet 2026

RDC : un journaliste dénonce une arrestation arbitraire, des violences et une détention « injustifiée » au Parquet de N'djili

Martinez Ngyaluka affirme avoir été victime d'une arrestation arbitraire menée par des agents du parquet près le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa-N'diili. Il dénonce des violences, une extorsion présumée de fonds, des accusations qu'il juge infondées et des conditions de détention qu'il qualifie d'inhumaines. Cette affaire trouve son origine dans un conflit conjugal autour d'une transaction immobilière.

Une arrestation musclée et une présumée extorsion de 150 dollars américains  

Le plaignant affirme avoir été interpellé par six personnes qui se sont ensuite présentées comme des agents du Parquet près le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa-N'diili. Selon lui, ces derniers ont fait irruption dans une parcelle où il se trouvait, l'ont brutalisé, lui ont arraché ses effets personnels avant de le menotter et de le conduire de force jusqu'au boulevard Lumumba, où des motos ont été réquisitionnées pour son transfert au parquet. 

Martinez Ngyaluka soutient qu'avant même son entrée au parquet, les agents lui auraient réclamé 200 dollars américains pour retirer les menottes. Après avoir sollicité l'aide de son épouse, il affirme avoir remis 150 dollars américains afin de pouvoir accéder au bureau du magistrat sans être menotté.

Une mission liée à la reconstitution d'un acte de vente perdu 

L'intéressé explique qu'il agissait pour le compte d'une partenaire d'affaires ayant acquis une parcelle hypothéquée auprès d'une banque. Cette dernière aurait égaré l'acte de vente original, indispensable pour récupérer le certificat d'enregistrement retenu par l'établissement bancaire après le remboursement du crédit contracté par l'ancien propriétaire. 

Après deux semaines de recherches infructueuses, l'acquéreuse avait obtenu l'accord du vendeur pour établir un nouvel acte de vente. Chargé de préparer le document, le journaliste s'était rendu au rendez-vous fixé par l'ancien propriétaire afin de recueillir sa signature lorsqu'il a été arrêté.

Des accusations qui évoluent au fil de la procédure

Martinez Ngyaluka indique que le magistrat s'est limité, lors du premier interrogatoire, à lui poser quelques questions sur sa présence dans la parcelle et sur les documents qu'il détenait, sans lui notifier immédiatement l'infraction retenue contre lui.

Ce n'est qu'au cachot, affirme-t-il, qu'il découvre être poursuivi pour stellionat, une infraction consistant notamment à vendre frauduleusement un bien appartenant à autrui.

Il conteste fermement cette qualification, rappelant qu'il n'était ni vendeur ni acquéreur de la parcelle, mais simplement mandataire de l'acheteuse et témoin de la transaction.

Lors de la confrontation organisée le lundi 6 juillet 2026, il affirme que l'accusation de stellionat a laissé place à celle d'usage de faux. Ce changement serait intervenu après que le mari de l'acquéreuse a présenté l'ancien acte de vente, retrouvé entre-temps, dont la rédaction différait de celle du document préparé pour être signé.

Le mis en cause explique que ces différences étaient normales, le nouvel acte ayant été rédigé sans disposer de la copie du document perdu. Selon lui, les deux actes concernaient néanmoins les mêmes parties et la même parcelle.

Un conflit conjugal à l'origine de la plainte ?

Selon son témoignage, l'acquéreuse est venue confirmer devant le magistrat qu'elle l'avait effectivement mandaté pour cette démarche et qu'elle lui avait dicté le contenu du nouvel acte de vente.

Il estime que la procédure trouve son origine dans un conflit opposant cette dernière à son mari. Celui-ci aurait volontairement dissimulé l'ancien acte de vente avant de déposer plainte contre lui après avoir retrouvé le document.

Une remise en liberté après paiement d'amendes transactionnelles 

À l'issue de l'instruction, le magistrat aurait fixé des amendes transactionnelles dont le paiement a conduit à sa remise en liberté.

Le plaignant dit toutefois ne pas comprendre les raisons de son arrestation, estimant que rien ne justifiait l'exécution, un vendredi 3 juillet 2026 après-midi, d'un mandat d'amener à son encontre alors qu'il disposait d'un domicile fixe et exerçait des activités connues.

Des conditions de détention dénoncées

Enfin, il décrit trois jours de détention dans des conditions qu'il qualifie de particulièrement difficiles. De nombreux détenus vivent sans assistance familiale et dépendent uniquement de la solidarité des codétenus recevant des visites ou des vivres de leurs proches. Il affirme avoir été profondément marqué par la précarité observée au sein du lieu de détention et appelle à une amélioration des conditions de prise en charge des personnes privées de liberté.

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