APO

samedi 16 mai 2020

Affaire évêque Pascal Mukuna : Craintes d‘instrumentalisation de la justice par la VSV


La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) suit avec une attention toute particulière l’affaire Evêque Pascal Mukuna de l’église « Assemblée Chrétienne de Kinshasa (ACK) » en détention préventive à la Prison Centrale de Makala (CPM) depuis jeudi 14 mai 2020, et ce, consécutivement à la plainte, vendredi 8 mai 2020, de Mme Mamie Tshibola qui l’accuse de « viol, détention illicite des documents parcellaires et de menaces de mort ». Peu avant cette plainte, des vidéos sextapes ont abondamment et sans pudeur circulé dans les réseaux sociaux montrant les deux précités en plein rapport sexuel.
Loin de la VSV l’idée de confirmer ou d’infirmer la véracité et le contenu de ces vidéos, elle dénonce, cependant, la mise en circulation desdites vidéos qui portent gravement atteinte aux bonnes mœurs et surtout à la dignité de Mme Tshibola et de l’évêque Mukuna devenu encore plus célèbre avec son mouvement « d’Eveil Patriotique » qui ne cesse de dénoncer, depuis plusieurs mois, les violations des droits humains perpétrées pendant le règne de l’ancien Président Joseph Kabila.
A ce sujet, l’évêque Mukuna a même fait officiellement une dénonciation, en date du 7 mai 2020, desdites violations des droits humains contre l’ancien régime dirigé par le Président Joseph Kabila et donc avant la plainte de Mme Tshibola.
La VSV s’interroge sur la célérité avec laquelle l’affaire évêque Mukuna et Madame Tshibola est traitée par la justice congolaise qui n’a, pourtant pas, manifesté un quelconque empressement en ce qui concerne les faits graves, délictueux ou criminels tels l’assassinat des défenseurs des droits humains Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi, Armand Tungulu, des manifestants, les fosses communes de Maluku… dénoncés par l’évêque Pascal Mukuna.
La VSV craint donc que l’évêque Pascal Mukuna fasse les frais de sa campagne d’éveil patriotique et des violations des droits de l’homme qu’il a dénoncées. Les craintes et les inquiétudes de la VSV pour la vie et l’intégrité physique et mentale sont d’autant plus grandes au regard de ce qui est arrivé à l’archbishop Kutino Fernando arrêté, brutalisé, torturé et incapable d’exercer aujourd’hui son ministère en tant que Pasteur suite à sa campagne d’éveil patriotique « Sauvons le Congo ».
La VSV dénonce toute instrumentalisation de la justice à des fins politiques ou inavouées et poursuivra sans relâche son combat pour une réelle indépendance de la justice en RD Congo pour l’avènement effectif de l’Etat de droit.
Quel que soit ce que l’on peut reprocher à l’évêque Pascal Mukuna, rien ne peut justifier que la liberté d’opinion dont il jouit et à laquelle il a droit à travers son mouvement d’éveil patriotique lui attire des ennuis pour le réduire au silence. Les personnes ou les personnalités touchées ou lésées par les propos de l’évêque Pascal MUKUNA ont également le droit d’user de la même liberté d’opinion pour lui répondre sans chercher à instrumentaliser la justice contre lui en profitant des vidéos sextapes.
La VSV fustige le montage des vidéos sextapes devenu monnaie courante en RD Congo pour porter atteinte à la dignité de la personne humaine en ciblant les personnes à qui l’on veut régler des comptes dans le but soit, de les humilier, de les réduire au silence ou de les empêcher de s’engager pour des causes nobles.
La VSV appelle les acteurs politiques, sociaux et autres à mettre fin à cette pratique (vidéo sextape) qui avilit la femme et l’homme et qui viole le droit au respect de la dignité reconnu à toute personne humaine.
Tout compte fait, la VSV demande à la justice congolaise de veiller à son indépendance dans l’affaire évêque MUKUNA et de garantir la vie, l’intégrité physique et mentale de ce dernier.

RD Congo : Des enfants congolais en danger face à la baisse des taux de vaccination qui pourrait entraîner la résurgence de maladies mortelles


La réduction des taux de vaccination actuellement signalée en République démocratique du Congo (RDC) risque d’exposer les enfants à des maladies mortelles telles que la poliomyélite, la rougeole et la fièvre jaune. L’UNICEF l’a fait samedi 16 mai 2020 dans un communiqué de presse.
La baisse constatée au cours des deux premiers mois de l'année est probablement due à des problèmes bien établis, tels que la faiblesse des systèmes de chaîne du froid, la faible couverture et l'insuffisance des stocks. Cependant, le Programme élargi de vaccination (PEV) de la RDC est maintenant confronté à un nouveau défi qui va presque certainement aggraver la situation : COVID-19. Les agents de santé qui assurent les vaccinations de routine n'ont pas accès à l'équipement adéquat pour protéger le personnel soignant et les enfants contre le coronavirus. Les parents sont réticents à assister aux séances de vaccination de peur de s’exposer ainsi que leurs enfants à la COVID-19. 
En janvier et février 2020, on a constaté une baisse de la couverture vaccinale par rapport à la même période en 2019. La couverture vaccinale contre toutes les maladies de la petite enfance (hépatite B, diphtérie, tétanos, coqueluche et Hib) a diminué de 2 à 10 %, tandis que les taux de couverture vaccinale contre le poliovirus ont baissé de 8,4 % pour le VPI et de 5,4 % pour le VPO3. La couverture des autres vaccins contre la varicelle, la rougeole, la fièvre jaune, les maladies à pneumocoques et les rotavirus a diminué de 4,5 à 1,5 %.
Les chiffres sont alarmants : 86.905 enfants n'ont pas reçu le vaccin oral contre la polio ; 74 860 enfants n'ont pas reçu une dose du vaccin contre le tétanos, la diphtérie, la coqueluche et l'hépatite B-Hib3 ; 107.010 n'ont pas reçu le vaccin contre la fièvre jaune ; et 84.676 enfants n'ont pas été vaccinés contre la rougeole.
"Si la faiblesse de la couverture vaccinale persiste, elle impactera sur les progrès réalisés au cours des deux dernières années dans la lutte contre les maladies mortelles évitables par la vaccination, telles que la rougeole. Plus le nombre d'enfants non vaccinés ou sous-vaccinés est important, plus le risque d'épidémies est élevé", a déclaré Edouard Beigbeder et cela ne fera que mettre à dure épreuve un système de santé déjà surchargé", a déclaré Edouard Beigbeder, Représentant de l’Unicef en RDC.
Dans un pays où seulement 35 % des enfants âgés de 12 à 23 mois sont entièrement vaccinés avant leur premier anniversaire, les enjeux sont élevés. La RDC pourrait potentiellement perdre sa certification de pays exempt de polio et pourrait voir une résurgence des épidémies de rougeole et de fièvre jaune. Cela pourrait avoir un impact dévastateur sur les enfants vulnérables dans les zones touchées par le conflit et l'insécurité, ou sur ceux qui vivent dans les provinces reculées du pays.
L'Unicef appelle le gouvernement de la RDC à lancer des campagnes de rattrapage et à intensifier les activités de vaccination dans tout le pays afin d'atteindre tous les enfants avec les vaccins qui leur sauveront la vie. Il est nécessaire d'augmenter les stocks de vaccins et de consommables pour l'administration des vaccins, ainsi que l'équipement de protection individuelle des agents de santé.
L'organisation exhorte également les donateurs internationaux à soutenir les efforts de vaccination du gouvernement en s'engageant à lui apporter un soutien généreux sur plusieurs années.

Près d’un million de masques de protection en cours de production pour les communautés vulnérables à la COVID-19 en RDC


Des masques réutilisables non-médicaux sont actuellement en cours de production par des associations locales en République Démocratique du Congo (RDC). L’UNICEF a commandé plus d’un million de masques de protection pour les communautés vulnérables à la COVID-19.

Les premiers milliers de masques déjà confectionnés sont présentement acheminés vers les communautés les plus vulnérables dans les provinces les plus affectées par la COVID-19. Ce projet est axé sur l’approche communautaire et concerne les 11 provinces qui abritent les bureaux de l’UNICEF, à savoir Kinshasa, Equateur, Tshopo, Ituri, Beni, Sud-Kivu, Nord-Kivu, Haut-Katanga, Tanganyika, Kasaï-Central et Kasaï-Oriental.

Dans la ville de Bukavu par exemple, 26 adolescents en situation difficile ont bénéficié d’une formation en Coupe et couture dispensée par les associations et ateliers de couture qui travaillent dans la production de ces masques de protection. Dans la seule province du Sud-Kivu, l’UNICEF a commandé plus 50.000 masques.

« Ces masques, destinés aux enfants et aux adultes, sont confectionnés par des jeunes et des femmes issus des groupes les plus vulnérables du pays, notamment les personnes vivant avec handicap, les jeunes filles victimes de violences sexuelles et les filles-mères. Cette initiative contribuera à leur autonomisation et permettra également aux communautés défavorisées d’être protégées contre la COVID-19 ». C’est qu’ a déclaré Edouard Beigbeder, Représentant de l’UNICEF en RDC.

Pour s’assurer de leur efficacité, les masques seront testés par aérosol et par bougie. Ils seront ensuite distribués à travers les membres des Cellules d’Animation Communautaires dans les 26 provinces que compte le pays, y compris dans les zones les plus reculées, rassure l’Unicef.

Une ONG de lutte contre la corruption pour des enquêtes contre les personnes impliquées dans le dossier de 15 millions de dollars américains


La Ligue congolaise contre la corruption (Licoco), par secrétaire exécutif Ernest Mpararo a adressé une correspondance le 13 mai 2020 au Procureur général près la Cour de cassation pour qu’il investigue aussi sur le dossier de 15 millions de dollars américains et d’interpeller les personnes impliquées.
La Licoco félicite le Procureur général près la Cour de Cassation des efforts qu’il mène actuellement pour lutter contre la corruption en République Démocratique du Congo.  Elle soutient totalement les efforts menés par les Procureurs généraux près les Cours d’Appels de la Ville de Kinshasa dans la poursuite des personnes et sociétés impliquées dans les pratiques de corruption en RDC.
La Licoco demande aux autres Procureurs généraux se trouvant en provinces d’initier aussi des actions judiciaires contre les responsables politiques et administratives qui s’adonneraient aux pratiques de corruption.
Toutefois, la Licoco constate que depuis un certain temps, le Procureur général près la Cour de cassation cherche à étouffer le dossier dit de 15 millions de dollars américains de la décote sur le remboursement du manque à gagner des opérateurs pétroliers alors qu’il avait été envoyé auprès de son bureau depuis le mois de septembre 2019 par l’Inspection Générale des Finances.
La Licoco estime que le Procureur général près la Cour de cassation devrait mener des investigations approfondies sur ce dossier car les preuves apportées par l’Inspection Générale des Finances nécessitent des interpellations immédiates et urgentes.
La Licoco se rappelle de l’interview donnée par le Chef de l’Etat qui affirmait que le dossier étant déjà envoyé au bureau du Procureur Général près la Cour de Cassation, il ne lui revenait plus de donner son point de vue sur ce dossier.
Mais depuis septembre 2019 jusqu’aujourd’hui, soit 9 mois passés, c’est silence radio du côté du Bureau du Procureur Général près la Cour de Cassation sur ce dossier de 15 millions américains, regrette cette ONG de lutte contre la corruption.
Or, actuellement, le Procureur général près la Cour de cassation concentre toute son énergie sur les dossiers du Directeur général de l’Ogefrem et celui de l’actuel ministre John Ntumba qu’il veut poursuivre coûte que coûte alors que ces mêmes énergies ne sont pas mise pour poursuivre les personnes impliquées dans le dossier de 15 millions de dollars américains malgré les preuves apportées par l’Inspection Générale des Finances.

Monsieur le Procureur Général, pourquoi être sélectif dans le traitement des dossiers judiciaires ?
Vu l’urgence et pour éviter la partialité dans le traitement des dossiers judiciaires de la part du Procureur Général près la Cour de cassation, la Licoco demande :

Au procureur général près la Cour de cassation
- d’interpeller urgemment toutes les personnes impliquées dans le dossier 15 millions de dollars américains comme il est entrain de le faire pour les dossiers Ogefrem et John Ntumba - de fixer le dossier devant les Cours et tribunaux afin que les citoyens congolais puissent savoir les personnes qui ont détournés ces fonds,

Au ministre de la justice
- de donner injonction au Procureur général près la Cour de cassation pour qu’il active ce dossier et qu’il interpelle toutes les personnes qui y sont impliquées 
Aux députés nationaux
- de demander au Procureur général près la Cour de cassation d’activer urgemment le dossier de 15 millions de dollars américains pour que les personnes impliquées soient traduites devant les Cours et tribunaux.
La Licoco estime que le Procureur Général près la Cour de Cassation doit traiter les dossiers judiciaires dans l’impartialité pour promouvoir une justice égale à tous en République Démocratique du Congo.


vendredi 15 mai 2020

L'Union européenne au secours des sinistrés des pluies diluviennes d'Uvira (Communiqué)


La Commission européenne a alloué 180 mille euros, soit plus de 350 millions de francs congolais de financement humanitaire pour venir en aide aux foyers les plus sinistrés de la ville d'Uvira dans la province du Sud-Kivu. Ce financement de l’UE permettra à la Croix-Rouge de la RDC de fournir une aide d’urgence à des milliers de familles déplacées, dont les maisons ont été très endommagées par les précipitations extrêmement fortes, qui ont dévasté la ville au mois d’avril.
Ces fonds sont une contribution de l'UE au Fonds d'urgence pour le secours en cas de catastrophe de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Compte tenu de la pandémie de coronavirus, le soutien de l’UE sera une aide en espèces, pour limiter les attroupements de bénéficiaires et rassemblements des distributions, afin d’assurer la distanciation physique requise. 3.000 ménages déplacés parmi les plus vulnérables pourront ainsi couvrir leurs besoins en nourriture, en eau potable, et en biens essentiels les plus urgents.
Dans le cadre de cette opération qui durera jusqu’au mois de juillet, la Croix-Rouge de la RDC établira des installations d’eau dans les sites d’hébergement accueillant les familles déplacées pour permettre un lavage régulier des mains. Tous les sites seront régulièrement désinfectés afin de contenir la propagation du coronavirus.
L’intervention inclura un service de soins psychologiques, un accès aux premiers soins, ainsi que des activités de sensibilisation à la prévention du coronavirus, ajoute le communique.
A la mi-avril, la ville d’Uvira a connu de très fortes pluies, qui ont provoqué des inondations dans la ville et ses zones avoisinantes. Plus de 40 personnes ont perdu la vie, tandis que 185 personnes ont été blessées et plus de 100 enfants se sont trouvés séparés de leur famille. Quelque 70.000 personnes ont dû quitter leur maison et trouver refuge dans des espaces publics, dont les églises et les écoles.
L’Union européenne, avec ses États membres, est le premier donateur d’aide humanitaire au monde. L’aide d’urgence est l’expression de la solidarité européenne avec les personnes qui en ont besoin à travers le monde. Elle vise à sauver des vies, à prévenir et à atténuer la souffrance humaine et à préserver l’intégrité et la dignité humaine des populations victimes de catastrophes naturelles et de crises d’origine humaine.
Grace à son service de protection civile et d’opérations d’aide humanitaire (DG ECHO), l’Union européenne porte assistance chaque année à des millions de victimes de conflits et de catastrophes. Son siège à Bruxelles et son réseau mondial de bureaux locaux soutiennent les personnes les plus vulnérables, sur la seule base des besoins humanitaires.
La Commission européenne a signé un contrat humanitaire d’une valeur de trois millions d’euros avec la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), en soutien au Fonds d'urgence pour les secours en cas de catastrophes (DREF) de la Fédération. Les fonds du DREF sont principalement alloués à des catastrophes « à petite échelle », c’est-à-dire celles qui ne donnent pas lieu à un appel international formel. 
Le Fond d’urgence pour les secours en cas de catastrophes (DREF) a été créé en 1985 et est financé par les contributions des bailleurs de fonds. Chaque fois qu’une Société nationale de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge a besoin d’un soutien financier immédiat pour répondre à une catastrophe, elle peut demander des fonds du DREF. Pour les catastrophes à petite échelle, la FICR alloue des subventions du DREF, que les bailleurs de fonds peuvent ensuite réalimenter. L’accord de délégation entre la FICR et la DG ECHO permet à cette dernière de réapprovisionner le DREF pour des opérations convenues (correspondant à son mandat humanitaire) jusqu’à hauteur de 3 millions d’euros.
L’Union européenne avec ses Etats membres réaffirme sa position de premier partenaire au continent Africain en mobilisant l’ensemble de ses énergies et celles de ses Etats membres pour accompagner les Etats du continent à répondre aux défis sanitaires, soutenir leurs économies, équiper les personnels soignants et renforcer les mécanismes de résilience sociétale.


La poursuite et mise en accusation du gouverneur de la province de l’Equateur, Dieudonné Boloko Bolumbu : un cauchemar politico-judiciaire utopique


Deux ressortissants de la province de l’Equateur ont décidé de porter plainte contre le gouverneur Fcc Dieudonné Boloko en fonction le 8 mai 2020 devant la Cour de cassation à Kinshasa. Détournement des deniers publics, spoliation du patrimoine foncier de l’Etat à l’Equateur, fond du projet de développement du système de santé, entretien d’un compte parallèle à la Province et la dilapidation des fonds publics sont des grief formulés contre le numéro un de l’Equateur.
                             (Analyse faite par Maitre Edmond Mbokolo Elima)

1. Contexte
En date du 8 mai 2020, Messieurs Elekola Angema Jean-Paul et Mubenga Louison, citoyens congolais, ressortissants de la Province de l’Equateur et Activistes des droits de l’homme, résidant à Kinshasa ont d’une part, déposer une plainte au Bureau du Procureur Général près la Cour de Cassation contre Son Excellence Boloko Bolumbu Dieudonné, Gouverneur de la Province de l’Equateur pour détournement de deniers publics (article 145 code pénal libre II), et d’autre part, adressé une information judiciaire à la même autorité judiciaire en vue de l’ouverture d’une enquête sur les frais relatifs aux véhicules et motos cédés dans le cadre d’Ebola à la Province de l’Equateur, spoliation du patrimoine foncier de l’Etat à l’Equateur, fond du projet de développement du système de santé (PDSS), entretien d’un compte parallèle à la Province et la dilapidation des fonds publics.
Ces deux documents réceptionnées à la même date sus-rappelée, leur contenu est totalement contesté par le Gouverneur de Province, mais aussi, cette procédure empruntée semble être un cauchemar politico-judiciaire utopique face à la procédure de déclanchement des poursuites et la mise en accusation  d’un Gouverneur de la Province jouissant de l’inviolabilité dans l’exercice de ses fonctions.
C’est dans cette optique que, la présente réflexion fait son apparition afin d’éclairer l’opinion sur la procédure de mise en accusation et de poursuite contre le Gouverneur Boloko Bolumbu Dieudonné. Pour y parvenir, nous traiterons au tour de rôle la question relative à la légalité des actes de procédure utilisés (2), de l’organe habilité à autoriser la poursuite ou la mise en accusation du Gouverneur (3) et des conséquences juridiques de la plainte et information judiciaire déposées au Parquet Général près la Cour de Cassation (4).

2. De la légalité des actes de procédure
Tel que dit supra, Messieurs Elekola Angema Jean Paul et Mubenga Louison ont fait usage de deux procédures, à savoir la plainte  et l’information judiciaire qui nécessite une explication claire et nette.

A. La plainte
Autrement appelée délation, la plainte ne peut être déposée seulement que par une personne lésée. En matière pénale, il s’agit ici de la personne qui est directement ou individuellement lésée par la commission d’une infraction (la victime).
Elle est différente de la dénonciation, qui est un simple fait d'informer les autorités de poursuites pénales de l'existence d'une infraction.
Dans le cas sous examen, le détournement des deniers publics dont les plaignants imputent au Gouverneur est une infraction dont l’Etat pourrait être lésé ou victimisé, mais non un citoyen. C’est à l’autorité de l’Etat de se plaindre contre celui qui a détourné les deniers publics.
Pour les cas de ces deux plaignants, la loi leur permet non pas de se plaindre car n’était pas lésée par une infraction, mais de dénoncer les actes infractionnels auprès de l’autorité judiciaire chargée de l’ouverture d’une information judiciaire.

B. Information judiciaire
L’information judiciaire est phase de l'instance pénale constituant une sorte d'avant-procès, qui permet d'établir l'existence d'une infraction et de déterminer si les charges relevées à l'encontre des personnes poursuivies sont suffisantes pour qu'une juridiction de jugement soit saisie (lire à ce propos S. Guinchard et T. Debard, Lexique des termes juridiques, 20e édition, Dalloz, 2013, p.506).
Autrement dit, l'instruction ou information judiciaire, est la phase durant laquelle le juge d'instruction rassemble les preuves afin de vérifier si l’infraction est réellement constituée (voir Estel Robert, Master en Droit des Affaires de la Faculté de Droit de Paris Nanterre, sous la direction de Maître Elias Bourran, Avocat au Barreau de Paris et Docteur en Droit).
Par ailleurs, on dit qu'une information judiciaire est ouverte quand un juge d'instruction ou le Procureur se charge d'une enquête pénale.
Eu égard à ce qui précède, il sied de noter qu’une personne (physique ou morale) n’a aucun droit d’adresser au Procureur une information judiciaire. Celle-ci ne peut être faite que par le Procureur qui déclenche l'action publique. On ne peut pas adresser au magistrat une information judiciaire, mais on peut procéder à la dénonciation. C’est une procédure qui permet au Procureur d’ouvrir un dossier afin d’enquêter lui-même ou demander à une autre autorité inférieur ou à la police judiciaire de procéder aux enquêtes.

3. Qui doit décider de la poursuite du gouverneur de la province de l’Equateur ?
D’entrée de jeux, il convient de rappeler que, le Gouverneur Dieudonné Boloko Bolumbu jouit de l’inviolabilité lorsqu’on envisage les poursuites pénales contre lui. En droit, l'inviolabilité est la qualité de ce qui est à l'abri de toute poursuite. C'est un privilège ou une protection spéciale accordée aux détenteurs de certaines fonctions (Parlementaire, représentants diplomatiques, membres du gouvernement, etc.). Sous d’autres cieux, l’inviolabilité est le synonyme d’immunités des poursuites.
De passage, il convient de souligner qu’hormis cette inviolabilité dont jouit le Gouverneur, le premier citoyen de la Province de l’Equateur est bénéficiaire du privilège des juridictions, et ce, conformément aux articles 153 alinéa 3 point 9 de la Constitution et 26 de la loi-organique n°08/012 du 31 juillet portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des Provinces telle que modifiée et complétée par la loi n° 13/008 du 22 janvier 2013.
Ainsi, sans préjudice de la procédure en matière d'infractions intentionnelles flagrantes, le Gouverneur ne peut être poursuivi et mis en accusation que par l'Assemblée Provinciale, statuant au scrutin secret et à la majorité absolue des membres qui la composent (Article 87 alinéa 1er de la loi organique n° 13/010 du 19 février 2013 relative à la procédure devant la Cour de cassation).
Selon l’article 84 de la loi organique n° 13/010 du 19 février 2013,  les dispositions des articles 75 à 79 de la présente s'appliquent mutatis mutandis aux poursuites contre les membres du Gouvernement autres que le Premier Ministre.
En suivant l’article 75 de ladite loi,  sauf dans  le cas où le Gouverneur peut être poursuivi ou détenu sans l'autorisation préalable de l'Assemblée Provinciale, si le Procureur Général près la Cour de Cassation, estime que la nature des faits et la gravité des indices relevés justifient l'exercice de l'action publique, il adresse au Bureau l’Assemblée Provinciale, un réquisitoire aux fins de l'instruction pour l’obtention d’une autorisation. Une que cette dernière obtenue, le Procureur Général pose tous les actes d'instruction.
Pour ainsi dire que, la plainte déposée devant le Cabinet du Procureur Général près la Cour de Cassation contre le Gouverneur Boloko Bolumbu Dieudonné et l’information judiciaire y afférente ne peuvent nullement mettre de dernier en accusation.  Le Procureur ne peut pas poser un acte d’instruction préjuridictionelle sans avoir eu au préalable l’autorisation de l’Assemblée Provinciale.
En clair, si le Procureur Général près la Cour de Cassation estime que la nature des faits et la gravité des indices relevés dans la plainte ou information judiciaire justifient l'exercice de l'action publique, il doit adresser au Bureau de l’Assemblée Provinciale de l’Equateur, un réquisitoire aux fins de l'instruction à l’égard du Gouverneur. L'autorisation une fois obtenue, le Procureur Général pose tous les actes d'instruction. Le Procureur ne peut poser les actes d’instructions (audition, confrontation, mandat d’arrêt, etc.) qu’après avoir obtenu l’autorisation de l’Assemblée Provinciale statuant au scrutin secret et à la majorité absolue des membres qui la composent.
Même pour l'arrestation ou de mesures privatives de liberté, le Procureur Général est obligé de formuler une demande d'autorisation auprès de l’Assemblée Provinciale.

4. Conséquences judiciaires de la plainte ou information judiciaire déposées devant le parquet près la Cour de cassation
Logiquement, la plainte et l’information judiciaire déposées devant le Procureur Général près la Cour de Cassation sont équipollentes à une dénonciation peu importe leur intitulé. Au cas où, les faits décrits dans ces documents seraient infondés, le Gouverneur Dieudonné Boloko Bolumbu sera en droit de se plaindre contre les auteurs pour dénonciation calomnieuse.
Cette dernière est prévue et punie par l’article 76 alinéa 1 du décret du 30 janvier 1940 portant code du travail tel que modifié et complété à ce jour. Aux termes de cet alinéa « sera puni d'une servitude pénale de cinq ans au maximum et d'une amende de vingt-cinq à mille zaïres ou d'une de ces peines seulement, celui qui aura fait par écrit ou verbalement à une autorité judiciaire ou à un fonctionnaire public, qui a le devoir d'en saisir ladite autorité, une dénonciation calomnieuse ».
Pour ainsi dire que, le fait de dénoncer devant le Procureur Général près la Cour de Cassation qui est une autorité judiciaire que, le Gouverneur aurait détourné les deniers publics sans en apporter des preuves irréfutables constituerait une dénonciation calomnieuse et les auteurs s’exposent à des poursuites judiciaires.

4. Conclusion
La plainte ou l’information judiciaire ne peuvent en aucun cas mettre le Gouverneur de Province en accusation. Seule l’Assemblée Provinciale statuant au scrutin secret et à la majorité absolue des membres qui la composent est habilité à autoriser la poursuite ou mise en accusation du Gouverneur Dieudonné Boloko Bolumbu.
A ce jour, l’Assemblée Provinciale de l’Equateur ne reproche rien au Chef de l’Exécutif Provincial relativement aux accusations portées par ces deux ressortissants de la Province. D’où, il n’y aura jamais une éventuelle  autorisation d’accusation et de poursuite (Cfr affaire du Gouverneur de Kongo Central).
Au cas où cette aventure juridico-politique n’aboutit pas, ce dernier sera en droit de saisir les instances judiciaires contre les auteurs pour dénonciation calomnieuse. En sus, même l’hypothèse de l’article 198 alinéa 10 de la Constitution consistant pour le Chef de l’Etat de relever de ses fonctions le  Gouverneur  de la Province de l’Equateur n’est qu’une fiction car, il n’existe aucune  crise  politique  grave  et  persistante  qui menace  d’interrompre le fonctionnement régulier des institutions provinciales de l’Equateur, qui du reste, jusqu’à lors travaillent dans une harmonie institutionnelle sans précédent.
Je nous conseille, Chers fils et fils de la Province de l’Equateur, d’être unis et propulser le développement socio-économique, politique et scientifique de notre chère Province au lieu de tenter à tout moment, chercher une déstabilisation.

La pandémie de COVID-19 est la crise sanitaire marquante de notre époque (Tribune UE-OMS)


Ce nouveau coronavirus, qui a débuté par une série de cas de pneumonie de cause inconnue à Wuhan, en Chine, s’est propagé comme une traînée de poudre, ébranlant en chemin les systèmes de santé, les économies et les sociétés du monde entier. C’est ce qu’estiment dans une tribune commune Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général Organisation mondiale de la santé et Jutta Urpilainen, Commissaire aux partenariats internationaux Commission européenne.
Les pays européens sont au nombre des plus durement touchés. À l’heure où nous écrivons ces lignes, cinq des six pays les plus sévèrement touchés dans le monde se situent en Europe. Et pourtant, alors même qu’elle se débat pour maîtriser la pandémie de COVID-19 en son sein, l’Europe est aussi à l’avant-garde des efforts déployés pour renforcer la solidarité mondiale.
Même si, en tant qu’individus, nous veillons à nous distancer physiquement, nous n’en devons pas moins conjuguer nos efforts, en tant qu’acteurs sur la scène mondiale.
L’Union européenne et l’OMS partagent un même engagement en faveur des communautés et des pays vulnérables de la planète. Il importe plus que jamais en ces heures de faire front commun, en tant que membres d’une communauté internationale, car nous sommes tous concernés, la maladie frappant aveuglément et ne connaissant aucune frontière. Dès lors que certains d’entre nous sont frappés, nul n’est en sécurité.
Dans un souci d’apporter une réponse mondiale à la COVID-19, l’Union européenne et ses États membres ont récemment présenté un train de mesures de l’«équipe d'Europe», dont le montant total, en constante progression, est désormais largement supérieur à 23 milliards d'euros. Naturellement, une partie de la riposte de l’«équipe d'Europe» à la pandémie de coronavirus se fera aux côtés des Nations unies.
Comme c’est le cas pour tant d’autres crises, ce sont les plus vulnérables qui souffrent le plus, et ils doivent être l’objet de toute notre attention. L’UE soutient le plan stratégique de préparation et de riposte de l'OMS, apportant 30 millions d’euros de nouveaux financements destinés à renforcer les actions de préparation et de riposte dans les pays aux systèmes de santé précaires ou qui sont également victimes de crises humanitaires. 
De surcroît, la Commission européenne, l’OMS et des partenaires du monde entier ont uni leurs forces pour lancer l’« accélérateur d’accès aux outils contre la COVID-19», en vue d’accélérer la mise au point, la production et la distribution équitable de vaccins, de même que la diffusion de diagnostics et de traitements de la COVID-19, de sorte que chacun puisse équitablement accéder à ces produits qui permettent de sauver des vies.
Forte de cet engagement historique, la Commission européenne a organisé, le 4 mai dernier, une conférence des donateurs réunissant plus de 40 pays qui, ensemble, se sont engagés à mobiliser quelque 7,4 milliards d’euros en faveur de la recherche et du développement de vaccins, de diagnostics et de traitements.
Notre partenariat s’étend toutefois bien au-delà de la crise actuelle.
La pandémie exploite les disparités et les inégalités de nos systèmes de santé, soulignant l’importance d’investir dans le personnel des services de santé, dans les infrastructures sanitaires et dans les systèmes de santé pour prévenir et détecter les pandémies, ainsi que pour les combattre.
Des systèmes de santé forts sont la clef d’une prévention efficace, non seulement des pandémies, mais aussi des multiples menaces pour la santé auxquelles nos populations font face chaque jour sur cette terre.
Et pourtant, au train où vont aujourd’hui les choses, plus de cinq milliards de personnes n’auront pas accès aux services de santé de base à l’horizon 2030, ce qui inclut la possibilité de consulter un professionnel de la santé, d’avoir accès à des médicaments essentiels et de disposer de l’eau courante dans les hôpitaux.
Même lorsque de tels services sont disponibles, y recourir peut-être synonyme de ruine financière pour des millions de personnes.
Non seulement ces disparités nuisent à la santé de personnes, de familles et de communautés, mais elles sapent aussi la sécurité et la croissance économique mondiales.
C’est la raison pour laquelle l’UE a contribué à hauteur de 102 millions d’euros au partenariat avec l’OMS sur la couverture de santé universelle, qui soutient le renforcement des systèmes de santé de 115 pays répartis entre l’Afrique, les Caraïbes, le Pacifique, l’Europe orientale, l’Asie centrale et l’Asie du sud-est. 
Dans le monde, quelque sept mille cinq cents milliards de dollars sont consacrés chaque année aux dépenses de santé, soit près de 10 % du PIB mondial.
Bien trop de pays consacrent toutefois une bien trop grande part de leur budget de santé à la gestion des maladies dans les hôpitaux, où les coûts sont plus élevés et les résultats souvent moins bons, au lieu de promouvoir la santé et de faire de la prévention au niveau des soins de santé primaires.
Tôt ou tard, la pandémie de COVID-19 finira par s’estomper, mais il ne saurait être question de reprendre nos vieilles habitudes.
À l’heure où nous déployons moult efforts dans le cadre de notre riposte à cette pandémie, il importe que nous nous préparions aussi à la suivante. L’occasion nous est à présent offerte de lancer les bases de systèmes de santé résilients à travers le monde.
Investir dans le renforcement des infrastructures de santé et dans du personnel de santé est l’unique moyen d’éviter de futures crises sanitaires mondiales comme celle que nous connaissons aujourd’hui.
S’il est un enseignement à tirer de cette pandémie de COVID-19, ce doit être qu’investir maintenant dans la santé permettra de sauver des vies demain.
L’histoire nous jugera non seulement à l’aune de notre capacité à surmonter cette pandémie, mais aussi des leçons que nous en aurons tirées et des mesures que nous aurons prises, une fois la crise terminée.