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dimanche 26 juillet 2026

Sit-in de la Coalition C64 : la CNDH confirme des violations des droits humains mais ne valide aucun décès

La Commission nationale des droits de l'homme (CNDH-RDC) a présenté, lundi 20 juillet 2026 à Kinshasa, les conclusions de son enquête sur les incidents survenus lors du sit-in de la Coalition Article 64 (C64) du 12 juin 2026 devant le Palais du Peuple.

Selon le président de la CNDH, Paul Nsapu Mukulu, la mission d'établissement des faits, conduite du 22 juin au 14 juillet 2026, s'est appuyée sur une enquête « indépendante, impartiale et objective », fondée sur des auditions, des descentes sur le terrain, l'analyse de preuves ainsi que des échanges avec les différentes parties concernées.

Des violations établies, mais aucun décès confirmé 

Au terme de ses investigations, la CNDH affirme que plusieurs violations des droits de l'homme ont été commises durant la manifestation. En revanche, elle indique que les allégations faisant état de deux morts n'ont pas pu être confirmées au regard des éléments de preuve recueillis.

L'enquête, basée notamment sur 157 auditions, des rapports médicaux, des vidéos et des photographies, fait état de nombreux blessés, de recours excessifs à la force, d'arrestations et détentions arbitraires, ainsi que d'actes d'extorsion, de vandalisme et de destruction des biens.

La Commission rapporte également des témoignages évoquant l'implication de personnes présentées comme appartenant à la « Force du Progrès » dans certaines violences, tout en relevant que des affrontements entre différents groupes ont contribué à l'escalade des tensions.

Des responsabilités partagées 

La CNDH estime que les violations documentées seraient, selon les cas, imputables à certains éléments de la Police nationale congolaise (PNC), à des individus identifiés comme appartenant à la « Force du Progrès » ainsi qu'à certains manifestants.

Elle souligne également que le désaccord entre les autorités et les organisateurs sur le lieu du sit-in a alimenté les tensions, sans pour autant justifier les atteintes aux droits humains constatées.

Des recommandations pour prévenir de nouvelles violences 

Afin d'éviter la répétition de tels incidents, la CNDH recommande notamment le renforcement du cadre juridique des manifestations publiques, l'interdiction de la participation de civils aux opérations de maintien de l'ordre, la professionnalisation de la PNC et l'ouverture d'enquêtes judiciaires indépendantes sur les violations documentées.

Elle préconise également la condamnation des discours de haine, la lutte contre toute incitation à la violence et la création d'un cadre permanent de dialogue réunissant autorités, partis politiques, société civile et CNDH.

Un appel au dialogue et au respect de l'État de droit

La Commission rappelle que la liberté de réunion et de manifestation pacifique est un droit garanti par la Constitution, tout en soulignant que son exercice doit s'effectuer dans le respect des lois.

Dans le contexte sécuritaire marqué par la guerre dans l'Est de la RDC, elle reconnaît à l'État le droit de prendre les mesures nécessaires au maintien de l'ordre, à condition qu'elles soient conformes à la Constitution, proportionnées et nécessaires.

Enfin, la CNDH salue l'initiative de dialogue national annoncée par le président de la République et réaffirme sa disponibilité à accompagner toute démarche visant à renforcer l'unité nationale.

Elle insiste sur le fait qu'une paix durable repose sur la vérité, la justice, la responsabilité et le respect des droits de l'homme.

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