L'Action
des Jeunes pour le Bien-être Social (AJBS) hausse le ton. Cette organisation de
défense des droits humains dénonce l'arrestation et la détention qu'elle juge
arbitraires de deux de ses activistes à Lisala, dans la province de la Mongala.
Timothée Bafanzo Basele et Léon Likonzi Bondele sont privés de liberté depuis
le 5 juillet 2026. L'ONG pointe du doigt une interdiction abusive des libertés
fondamentales.
Un conflit financier autour de l'exploitation du port de Yakata
À
l'origine de cette crise se trouve un différend contractuel entre la communauté
locale et la société Booming Green. Cette entreprise exploite le port de Yakata
en vertu d'un accord initial prévoyant le versement mensuel de 500 dollars
américains.
Face à la croissance importante des activités de la société au fil des ans, les habitants des groupements Boonga et Likasa ont exigé une révision à la hausse de cette redevance. La convention initiale prévoyait d'ailleurs la signature d'un avenant pour réajuster les modalités d'utilisation du port. Un engagement financier et juridique que l'entreprise n'a pas respecté, selon les notables locaux.
Des démarches pacifiques réprimées par les autorités provinciales
Pour faire entendre leur voix, les membres de la communauté ont entamé des démarches citoyennes et pacifiques. Ils étaient accompagnés dans cette lutte par Timothée Bafanzo Basele (point focal de l’AJBS) et Léon Likonzi Bondele (membre du CIFEDH).
Cependant, au lieu de privilégier le dialogue social, les autorités provinciales ont choisi la méthode forte. Sur instruction du Gouverneur de province, le Ministre provincial de l’Intérieur et de la Sécurité a diligenté une opération policière. Celle-ci a conduit à l'interpellation de sept citoyens. Transférés à Lisala, les deux défenseurs des droits humains sont toujours incarcérés à la prison centrale.
L'AJBS saisit la justice et exige une enquête indépendante
Pour l'AJBS, cette détention sans motif valable viole la Constitution congolaise et les traités internationaux. L'organisation dénonce un usage abusif de la force publique pour étouffer les libertés d'expression et de réunion pacifique.
Le président de l'ONG, Roger Nzumbu Mosenge, a officiellement saisi le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Lisala. L'organisation exige l'examen immédiat de la légalité de cette détention, l'ouverture d'une enquête judiciaire indépendante et impartiale, des poursuites contre les autorités coupables d'abus de pouvoir, le respect strict des droits à la défense des prévenus.
Plusieurs ministères nationaux et provinciaux, incluant la Justice et les Droits Humains, ont été mis en copie de cette plainte pour sceller le suivi de ce dossier au plus haut niveau de l'État.
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