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samedi 13 décembre 2025

Le Burundi se prononce pour un embargo sur les armes et un régime de sanctions économiques contre le Rwanda

Lors de la réunion du Conseil de sécurité le 12 décembre 2025, le représentant du Burundi a profité de l'occasion qui lui a été donnée de partager son analyse de la situation sécuritaire et a attiré l'attention du Conseil sur l'évolution dramatique de la situation sécuritaire et humanitaire, en particulier dans  la ville d'Uvira et de ses environs et les déplacement massif des populations avec des milliers de réfugiés se trouvant au Burundi, notamment dans la province Bujumbura en commune de Cibitoke.

"Le Burundi souhaite dénoncer la violation répétée et répétitive de la résolution 2773 manifestée par la prise d'Uvira, une ville de la RDC frontalière par l'armée rwandaise. Ces opérations ont visé et entraîné des victimes civiles innombrables. Nous sommes particulièrement préoccupés par les attaques transfrontalières, y compris l'usage d'artillerie, de drone et d'autres moyens létaux dont certains ont atteint des localités du territoire du Burundi. Ces actes violent la souveraineté du Burundi, compromettent la sécurité des populations civiles et fragilisent les efforts collectifs de paix".

Le représentant du Burundi aux Nations unies pense que le moment exige de la lucidité, du courage politique et un engagement collectif en faveur de la mise en œuvre pleine et entière des résolutions du Conseil de sécurité, en particulier la résolution 2773. Les engagements récemment pris, y compris ceux entérinés dans les accords signés à Washington, doivent être respectés par toutes les parties et sans ambiguïté et sans conditions préalables.

Dès lors, le Burundi appelle le Conseil a premièrement veillé à ce que les résolutions du Conseil de sécurité soient appliquées de manière impartiale car la crédibilité collective de son Conseil dépend de sa capacité à garantir leur mise en œuvre effective. La pertinence et la crédibilité de la Monusco sont en jeu. Deuxièmement, il appelle aussi à protéger les civils surtout les femmes et les enfants qui demeurent les principales victimes d'un conflit qui leur a été imposé. Il appelle le Conseil troisièmement à plaider pour une assistance humanitaire d'urgence face à la dégradation de la situation humanitaire et au manque criant de moyens aux agences du système des Nations Unies pour répondre aux besoins élémentaires des réfugiés installés à Gatumba et à Cibitoke.

"Nous appelons également le Conseil à convoquer une réunion d'urgence dans laquelle il pourrait prendre des mesures robustes visant à stopper cette escalade dangereuse et pouvant comprendre un embargo sur les armes et un régime de sanctions économiques afin d'empêcher la poursuite de ces opérations militaires meurtrières en violation du droit international et de la Charte des Nations Unies en particulier.

"Nous appelons également le Conseil à appuyer la RDC et les États voisins dans des efforts coordonnés de lutte contre les groupes armés dans le strict respect des frontières internationales reconnues. Nous appelons enfin le Conseil à renforcer son soutien au mécanisme régionaux de vérification et de suivi afin de documenter les violations, prévenir l'escalade et reconstruire la confiance".

Par ailleurs, le Burundi souhaiterait informer cet auguste Conseil qu'il a pris très au sérieux le message des bombes envoyées à partir du Rwanda le 4 décembre 2025 sur le sol burundais dans la commune de Cibitoke blessant une femme et un enfant. Le Burundi considère cet acte comme une provocation grave et une manifestation d'une attitude belliqueuse qu'il condamne fermement.

"Je tiens à être clair, la retenue à des limites. Si ces attaques irresponsables devaient se poursuivre, il deviendrait extrêmement difficile d'éviter une escalade directe entre nos deux pays. Le Burundi ne pourra pas tolérer des violations répétées de son intégrité territoriale. Il se réserve le droit de faire usage de la légitime défense conformément à l'article 51 de la Charte des Nations unies".

Le Burundi reste un partenaire fiable pour la paix et la sécurité régionale. S'il a pu défendre les populations civiles avec hauteur dans toutes les missions où il a été déployé, il ne peut pas croiser ses bras face aux provocations et à la violation de son intégrité territoriale. Il ne peut pas croiser ses bras face aux attaques contre sa population et "nous ne pouvons pas croiser nos bras face aux atteintes portées à la stabilité de nos frontières. Notre message aujourd'hui est donc un message d'appel à la mesure, à la fermeté contre les violations avérées et à une action concertée qui permettent à l'est de la RDC et en particulier à des zones comme Uvira d'entrevoir enfin un avenir de paix durable".

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