La Coordination provinciale de la Société civile du Sud-Kivu a adressé le 16 décembre 2025 une correspondance à la Première ministre et Cheffe du gouvernement national de la République Démocratique du Congo sur l’urgence de diligenter une mission d’assistance humanitaire aux camps des réfugiés congolais à Bujumbura. Mais aussi avec des copies à la ministre des Affaires sociales et humanitaires, à Bruno Lemarquis, Coordonnateur humanitaire et Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies intérimaire en RDC, au Coordonnatrice pays de OCHA/RDC, au Chef de Bureau HCR/RDC et l’Ambassadeur de la RDC à Bujumbura.
La président de la Coordination provinciale de la Société civile du Sud-Kivu, Me Néné Marie Rose Bintu Iragi, a déclaré que les Congolais réfugiés au Burundi passent des moments très difficiles faute d’assistance humanitaire. Des femmes enfants avec des effets personnels passent des nuits à la belle étoile. Il n’y a pas de camps qui ont été érigés pour accueillir les réfugiés. L’assistance médicale fait défaut mais également l’alimentation.
« Le Burundi est débordé par l’afflux des réfugiés congolais sur son territoire. On parle de plus de 200.000 Congolais qui se seraient réfugiés lors des derniers affrontements lancés par l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda dans la plaine de la Ruzizi qui ont attaqué les positions des FARDC et de Wazalendo. Ce sont ces affrontements qui ont causé ce mouvement des populations ».
Des cas de maladies sont signalés, le choléra. Il y a des problèmes de diarrhée et des maladies d’origine hydrique qui sont signalées chez les enfants. Des femmes enceintes et allaitantes se retrouvent en situation de vulnérabilité. « Généralement lorsqu’il y a des réfugiés dans cette situation, il y a des mesures qui sont prises pour séparer les femmes et les hommes… Même si c’est le Burundi qui a la charge de s’occuper en premier de ces réfugiés, nous avons un gouvernement qui doit s’impliquer. Il s’agit de la vie des Congolais qui sont en danger ».
« Qu’il me soit permis de vous adresser la présente en vue de vous exprimer les cris de détresse des congolais vivant dans les camps de réfugiés au Burundi et qui sont sans assistance humanitaire depuis leur arrivée. La première vague est arrivée depuis février et plus la récente est du 9 décembre 2025 ».
Nul n’ignore que le jour même où les deux chefs d’Etats congolais et rwandais ont signé l’Accord de Paix à Washington, au même moment des attaques foudroyantes ont été déclenchées par les éléments de l’AFC/M23 soutenus par le Rwanda contre les positions des FARDC et leurs supplétifs Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) connus sous les noms de Wazalendo occasionnant des pertes en vies humaines dans la plaine de la Ruzizi, de Kamanyola, Katogota, Luvungu, Sange, Mutarule jusque dans la ville d’Uvira. Le bilan serait de plus de 200 morts. Ces affrontements violant l’accord de Washington ont occasionné de nombreux déplacements de population vers le Burundi.
Ces réfugiés estimés à plus de 200.000 sont repartis à Gatumba, Rumonge, Rugombo et Ruyigi. Ils passent la nuit à la belle étoile, les hommes, les femmes et les enfants ne sont pas séparés, aucune assistance humanitaire de quelque nature ne leur est accordée à ce jour. Ces réfugiés s’ajoutent à près de 125.000 de la première vague lors de la prise de la ville de Bukavu au mois de février 2025 et qui sont dans le camp de Rutana en Tanzanie et qui passent également des moments difficiles.
« Nous mobilisons toute la communauté humanitaire pour qu’elle s’implique pour sauver des vies humaines qui sont en danger. Le Burundi n'a pas suffisamment de moyens pour s’occuper de cette question humanitaire en faveur des réfugiés congolais. Il faut nécessairement une solidarité internationale pour sauver des vies humaines en péril ».
La société civile a favorablement accueilli le compte rendu du Conseil des ministres du vendredi 12 décembre 2025 annonçant une mission du gouvernement pour une assistance humanitaire au Burundi. Cette mission est plus que urgente pour sauver des vies humaines en péril au Burundi et ne devrait plus tarder.
La Société Civile du Sud-Kivu à travers le Bureau de Coordination provinciale, sollicite à l’ambassadeur accrédité au Burundi et « qui nous lit en copie de pouvoir faire état au Gouvernement Burundais, de certains cas de dérapages et des maltraitances à l’encontre de nos frères et sœurs décriés dans certains camps de réfugiés afin que des mesures correctives soient rapidement prises et garantissant la dignité humaine ».
La Société Civile remercie le Burundi pour son hospitalité et espère que la paix sera retrouvée en vue d’un retour volontaire et digne de nombreux réfugiés congolais vivant au Burundi. Elle implore la communauté internationale de pouvoir lui venir en aide pour la prise en charge humanitaire digne du droit international humanitaire en faveur de ces compatriotes en détresse et qui sont accueillis sur son sol.
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