APO

dimanche 21 décembre 2025

La flotte de la société Air Congo sera enrichie d’un aéronef dès le mois de mars 2026 et en janvier 2026 l'ouverture d'une ligne vers Johannesburg

Devant le Vice-premier ministre et ministre des Transports, de l’ambassadeur Éthiopie en Rdc, des membres du comité de gestion, la société aérienne Air Congo SA a célébré son premier anniversaire le 19 décembre 2025 à Kinshasa. Jean-Pierre Bemba Gombo a annoncé l’acquisition d’un avion au mois de mars 2026. Dès le mois de janvier 2026, Air Congo envisage l'ouverture de la voie régionale entre Kinshasa et Johannesburg.

Le Vice-premier ministre et ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba Gombo a déclaré que l'amélioration des infrastructures des transports demeure l'un des piliers essentiels de la politique nationale. Le développement des infrastructures représente non seulement des instruments de mobilité pour les Congolais et pour leurs biens mais également un levier de croissance économique, d'intégration et de cohésion nationale. C'est à travers des routes, des voies ferrées, des ports et des aéroports modernes que se construit l'unité d'un grand pays comme la RDC et que se matérialise l’ambition d'un Congo émergent, prospère et solidaire.

Dans cette vision, il a plu au chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, de ressusciter un projet cher à la République initié depuis 2022 et confié au ministère des Transports qu'il a porté jusqu'à sa matérialisation selon la volonté de la Haute Autorité du pays la naissance de la deuxième compagnie aérienne nationale dénommé Air Congo SA.

Cette compagnie est née grâce à un partenariat stratégique évident entre le gouvernement de la République Démocratique du Congo et le groupe Ethiopian Airlines. « Les voici tous ici heureux et fiers de ce nouveau-né que nous célébrons gracieusement sa première année dans un environnement d'exploitation aérienne ou la concurrence est rude. Son premier vol a été lancé par le président de la République au début du mois décembre 2024.

Jour pour jour aujourd'hui, la flotte de départ est constituée de deux aéronefs de type 737-800 Boeing immatriculés congolais. Le nouveau-né performe son exploitation domestique passant de 7 à 11 escales. Dès janvier 2026, il envisage l'ouverture de la voie régionale Kinshasa et Johannesburg. Le nouveau-né assure un transport aérien sûr, efficace, sécurisé dans les conditions de confort acceptable qui le hisse en une année au rang de la compagnie aérienne la plus ponctuelle. Son plan d'expansion est ambitieux et déjà en janvier 2026 l'ouverture de la ligne précitée mais aussi la croissance de sa flotte avec l'acquisition de deux nouvelles unités d'aéronefs turbos propulseurs, cour courrier de type ATR 72-600, pour soutenir le programme de désenclavement par voie aérienne à l'arrière-pays. Le taux de remplissage actuel de ses vols avoisine 70 ℅. Au chapitre international et régional, trois destinations dont la Belgique, la France et Dubaï aux Émirats Arabes Unis s'ajoutent à 14 lignes africaines majeures, Johannesburg y compris.

Cette croissance traduit concrètement l’engagement de la RDC à moderniser le pays, à désenclaver ses provinces et à rapprocher les Congolais des uns des autres par la voie aérienne, moyen le plus rapide dans un contexte d'infrastructures et de communications de surface encore inadapté aux dimensions sous-continentales de la RDC. « Nous attendons d'ici le mois de mars 2026, un nouveau 737 Boeing également pour renforcer les lignes ».

Renforcement de la connectivité aérienne au-delà de la RDC

Le directeur général d’Air Congo, Mesfin Biru, a indiqué qu’il est fier de contribuer à la vision nationale en offrant des services aériens sûrs, fiables et compétitifs qui permettent aux citoyens congolais de prospérer et favoriser le développement à travers le continent africain. Le parcours jusqu'ici a été à la fois exigeant et gratifiant en seulement un an, Air Congo a pénétré les marchés avec confiance et a démontré la force de la synergie entre les deux partenaires.

« Nos plans d'expansion sont ambitieux et passionnants. Dès 2026, nous visons à connecter la RDC à plusieurs destinations nationales et à étendre notre réseau vers l'Afrique du Sud, le Cameroun et le Bénin suivi par l'Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, le Gabon, la Zambie, la Côte d'Ivoire, le Togo, le Sénégal et bien plus encore, étape par étape saison par saison. Ce n'est que le début d'un long et prometteur voyage, de transfert des connaissances, des professionnels expérimentés vers la jeunesse qui reste vitale à notre stratégie de congolisation et qui vise à autonomiser les nationaux congolais pour qu'ils dirigent et prospèrent dans l'aviation et au-delà encore ». 

 En un an, Air Congo est devenu un symbole fort et une promesse tenue

Pour la présidente du conseil d’administration, Marie-Madeleine Tujibikile, c’est un signal clair envoyé à la Nation congolaise et au monde. La République Démocratique du Congo est capable de rebâtir avec méthode et ambition, une aviation civile moderne crédible et tournée vers l'excellence. En une année, Air Congo SA a posé des bases solides, des opérations structurées, une gouvernance responsable, une vision claire de croissance progressive et maîtrisée. Ces avancées n'auraient cependant pas été possibles sans les partenaires solides, sincères et stratégiques.

Ethiopian Airlines Group a contribué de manière décisive au démarrage opérationnel d'Air Congo Sa en partageant son savoir-faire, sa culture de la sécurité et sa vision panafricaine de l'aviation. Elle a salué un partenariat gagnant-gagnant fondé sur le respect mutuel de transfert des compétences et la conviction profonde que l'Afrique peut et doit compter sur des champions africains. Le conseil d'administration reste pleinement engagé pour garantir une gouvernance exemplaire, préserver les intérêts des actionnaires, renforcer la crédibilité de la compagnie et inscrire Air Congo dans la durée.

« En ce jour symbolique, je tiens à remercier l'ensemble des équipes, la direction générale, les partenaires ainsi que toutes celles et ceux qui dans l'ombre comme dans la lumière travaillent chaque jour pour faire voler haut le drapeau de la République Démocratique du Congo. Que ce premier anniversaire soit le point de départ d'une longue histoire de succès, d'excellence et de rayonnement régional et continental ».

jeudi 18 décembre 2025

La VSV dénonce et condamne l'arrestation de huit militants du Mouvent citoyen Lucha à Matadi

La Voix des Sans Voix pour les droits de l'Homme (VSV) dénonce et condamne avec la dernière énergie l’arrestation de huit militants du Mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) dont Chadrac Mambeya, le jeudi 18 décembre 2025, vers 10 heures, à Matadi dans la province du Kongo Central sur un ordre qui aurait été donné par le Maire de la ville.

Selon les informations parvenues à la VSV, les huit militants de la LUCHA/Matadi dont une femme ont été arrêtés par des éléments de la Police Nationale Congolaise (PNC) pendant qu’ils se rendaient devant le bureau du Gouverneur de province du Kongo Central pour y organiser un sit in en vue de dénoncer l'incapacité du maire de la ville et du commandant urbain de la police nationale congolaise à trouver des solutions aux problèmes sécuritaires dans la ville.

La VSV pense qu’il appartient à chaque congolaise et à chaque congolais de s’exprimer sur des sujets d’intérêt national et ici provincial lorsque les choses ne semblent pas marcher ou ne marchent pas. La marche ou le sit in font partie des voies par lesquelles la population peut s’exprimer pacifiquement. La Constitution de la RD Congo garantit en son article 26 la liberté de manifester en RD Congo et a instauré à cet effet un régime d’information de l’autorité compétente.

Des informations inquiétantes parvenues à la VSV font état d’une volonté des autorités provinciales notamment le parquet de Grande Instance de Matadi de juger les militants pro-démocratie en procédure de flagrance après leur audition car il leur serait reproché la rébellion. La VSV pense que cette démarche pourrait ternir l’image de la RD Congo et serait contreproductive en matière de l’exercice des libertés publiques.

La VSV attire l’attention des autorités congolaises sur le fait que la situation de crise sécuritaire que traverse la partie Est de la RD Congo ne peut nullement justifier la confiscation des libertés fondamentales ou mieux la tendance à la restriction de l’espace civique sous divers prétextes.

La VSV saisit cette occasion pour demander aux autorités provinciales de revenir sur certaines décisions prises en vue de restreindre l’espace civique notamment la décision du 19 novembre 2025 de Monsieur le Vice-Gouverneur de la province du Kongo Central portant suspension des marches de soutien et sit in sur toute l’étendue de la ville de Matadi suite aux difficultés logistiques de la PNC du Kongo Central ainsi que le message officiel du 12 décembre 2025 du Gouverneur allant dans le même sens. A ce sujet, la VSV demande au gouvernement congolais d’accorder les moyens logistiques nécessaires à la province pour mettre fin aux menaces contre l’exercice des libertés fondamentales.

Somme toute, la VSV exige la libération immédiate et sans conditions de huit militants pro-démocratie de la LUCHA/Matadi arrêtés pour avoir joui de leur droit de manifester pacifiquement pourtant garanti par la Constitution de la RD Congo ainsi que les instruments juridiques régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme. VSV dénonce le déploiement impressionnant des éléments de la police autour de la résidence de Kabund

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) dénonce le déploiement impressionnant et disproportionné, lundi 15 décembre 2025 sur ordre des autorités congolaises, des éléments de la Police Nationale Congolaise (PNC) dans les différents points stratégiques de la ville de Kinshasa en général, particulièrement au niveau de l’Echangeur de Limete ainsi qu’autour de la résidence de l’opposant politique Jean Marc Kabund-à-Kabund, Président national du parti politique Action pour le Changement (A.Ch) située au quartier Kingabwa à Kinshasa-Limete.

Cet important déploiement avait pour objectif d’empêcher l’organisation de la marche pacifique programmée le même jour par la formation politique de Jean Marc Kabund-à-Kabund dans le but d’inviter le pouvoir en place à organiser un dialogue global et inclusif pour parvenir à un véritable rétablissement de la paix et au rétablissement de la cohésion nationale en RD Congo.

Selon les informations parvenues à la VSV, nombreux militants et sympathisants de l’Action pour le Changement ont été soumis à cette occasion à un traitement inhumain et dégradant de la part des éléments de la PNC. Ils ont été arrêtés, bastonnés et placés en détention ou encore blessés. C’est le cas entre autres de Douglas non autrement identifié qui s’en serait sorti avec des graves blessures à la tête.

En plus, les responsables, militants et sympathisants de l’A.Ch font toujours l’objet des menaces de la part des services de sécurité jusqu’à ce jour, à telle enseigne qu’ils se sentent en insécurité. Il sied de noter en outre que cette marche pacifique a ainsi été étouffée par la police malgré le fait que ses initiateurs aient saisi par écrit dans les délais le Gouverneur de la Ville province de Kinshasa à ce sujet conformément à la Constitution de la RD Congo qui impose un régime d’information en matière de manifestation pacifique.

Pour la VSV, les autorités provinciales en particulier et celles nationales en général auraient dû laisser Le parti politique de l’opposition organiser sa marche pacifique programmée lundi 15 décembre 2025 sous l’encadrement de la police, au lieu de l’étouffer dans la violence, ce qui risque de ternir l’image du pays et même celle du Président de la République sur le plan régional et international concernant le respect des libertés fondamentales.

En guise de prévention et pour éviter que pareilles situations ne se reproduisent encore dans l’avenir, la VSV invite le gouvernement à respecter et faire respecter la liberté de manifester en RD Congo et en cas des raisons fondées pour empêcher une manifestation, de dialoguer avec les organisateurs pour fixer une autre date ; de diligenter une enquête indépendante sur les sévices corporels et autres traitements inhumains infligés injustement aux manifestants pacifiques ; de prendre en charge les soins médicaux des blessés internés dans des institutions sanitaires de Kinshasa ; d'ordonner la libération pure et simple des membres de l’ACh encore en détention.


Burundi : Des milliers de réfugiés congolais en danger faute d’assistance humanitaire

La Coordination provinciale de la Société civile du Sud-Kivu a adressé le 16 décembre 2025 une correspondance à la Première ministre et Cheffe du gouvernement national de la République Démocratique du Congo sur l’urgence de diligenter une mission d’assistance humanitaire aux camps des réfugiés congolais à Bujumbura. Mais aussi avec des copies à la ministre des Affaires sociales et humanitaires, à Bruno Lemarquis, Coordonnateur humanitaire et Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies intérimaire en RDC, au Coordonnatrice pays de OCHA/RDC, au Chef de Bureau HCR/RDC et l’Ambassadeur de la RDC à Bujumbura.

La président de la Coordination provinciale de la Société civile du Sud-Kivu, Me Néné Marie Rose Bintu Iragi, a déclaré que les Congolais réfugiés au Burundi passent des moments très difficiles faute d’assistance humanitaire. Des femmes enfants avec des effets personnels passent des nuits à la belle étoile. Il n’y a pas de camps qui ont été érigés pour accueillir les réfugiés. L’assistance médicale fait défaut mais également l’alimentation.

« Le Burundi est débordé par l’afflux des réfugiés congolais sur son territoire. On parle de plus de 200.000 Congolais qui se seraient réfugiés lors des derniers affrontements lancés par l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda dans la plaine de la Ruzizi qui ont attaqué les positions des FARDC et de Wazalendo. Ce sont ces affrontements qui ont causé ce mouvement des populations ».

Des cas de maladies sont signalés, le choléra. Il y a des problèmes de diarrhée et des maladies d’origine hydrique qui sont signalées chez les enfants. Des femmes enceintes et allaitantes se retrouvent en situation de vulnérabilité. « Généralement lorsqu’il y a des réfugiés dans cette situation, il y a des mesures qui sont prises pour séparer les femmes et les hommes… Même si c’est le Burundi qui a la charge de s’occuper en premier de ces réfugiés, nous avons un gouvernement qui doit s’impliquer. Il s’agit de la vie des Congolais qui sont en danger ».

« Qu’il me soit permis de vous adresser la présente en vue de vous exprimer les cris de détresse des congolais vivant dans les camps de réfugiés au Burundi et qui sont sans assistance humanitaire depuis leur arrivée. La première vague est arrivée depuis février et plus la récente est du 9 décembre 2025 ».

Nul n’ignore que le  jour même où les deux chefs d’Etats congolais et rwandais ont signé l’Accord de Paix à Washington, au même moment des attaques foudroyantes ont été déclenchées par les éléments de l’AFC/M23 soutenus par le Rwanda contre les positions des FARDC et leurs supplétifs Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) connus sous les noms de Wazalendo occasionnant des pertes en vies humaines dans la plaine de la Ruzizi, de Kamanyola, Katogota, Luvungu, Sange, Mutarule jusque dans la ville d’Uvira. Le bilan serait de plus de 200 morts. Ces affrontements violant l’accord de Washington ont occasionné de nombreux déplacements de population vers le Burundi.

Ces réfugiés estimés à plus de 200.000 sont repartis à Gatumba, Rumonge, Rugombo et Ruyigi. Ils passent la nuit à la belle étoile, les hommes, les femmes et les enfants ne sont pas séparés, aucune assistance humanitaire de quelque nature ne leur est accordée à ce jour. Ces réfugiés s’ajoutent à près de 125.000 de la première vague lors de la prise de la ville de Bukavu au mois de février 2025 et qui sont dans le camp de Rutana en Tanzanie et qui passent également des moments difficiles.

« Nous mobilisons toute la communauté humanitaire pour qu’elle s’implique pour sauver des vies humaines qui sont en danger. Le Burundi n'a pas suffisamment de moyens pour s’occuper de cette question humanitaire en faveur des réfugiés congolais. Il faut nécessairement une solidarité internationale pour sauver des vies humaines en péril ». 

La société civile a favorablement accueilli le compte rendu du Conseil des ministres du vendredi 12 décembre 2025 annonçant une mission du gouvernement pour une assistance humanitaire au Burundi. Cette mission est plus que urgente pour sauver des vies humaines en péril au Burundi et ne devrait plus tarder.

La Société Civile du Sud-Kivu à travers le Bureau de Coordination provinciale, sollicite à l’ambassadeur accrédité au Burundi et « qui nous lit en copie de pouvoir faire état au Gouvernement Burundais, de certains cas de dérapages et des maltraitances à l’encontre de nos frères et sœurs décriés dans certains camps de réfugiés afin que des mesures correctives soient rapidement prises et garantissant la dignité humaine ». 

La Société Civile remercie le Burundi pour son hospitalité et espère que la paix sera retrouvée en vue d’un retour volontaire et digne de nombreux réfugiés congolais vivant au Burundi. Elle implore la communauté internationale de pouvoir lui venir en aide pour la prise en charge humanitaire digne du droit international humanitaire en faveur de ces compatriotes en détresse et qui sont accueillis sur son sol.

samedi 13 décembre 2025

Le Burundi se prononce pour un embargo sur les armes et un régime de sanctions économiques contre le Rwanda

Lors de la réunion du Conseil de sécurité le 12 décembre 2025, le représentant du Burundi a profité de l'occasion qui lui a été donnée de partager son analyse de la situation sécuritaire et a attiré l'attention du Conseil sur l'évolution dramatique de la situation sécuritaire et humanitaire, en particulier dans  la ville d'Uvira et de ses environs et les déplacement massif des populations avec des milliers de réfugiés se trouvant au Burundi, notamment dans la province Bujumbura en commune de Cibitoke.

"Le Burundi souhaite dénoncer la violation répétée et répétitive de la résolution 2773 manifestée par la prise d'Uvira, une ville de la RDC frontalière par l'armée rwandaise. Ces opérations ont visé et entraîné des victimes civiles innombrables. Nous sommes particulièrement préoccupés par les attaques transfrontalières, y compris l'usage d'artillerie, de drone et d'autres moyens létaux dont certains ont atteint des localités du territoire du Burundi. Ces actes violent la souveraineté du Burundi, compromettent la sécurité des populations civiles et fragilisent les efforts collectifs de paix".

Le représentant du Burundi aux Nations unies pense que le moment exige de la lucidité, du courage politique et un engagement collectif en faveur de la mise en œuvre pleine et entière des résolutions du Conseil de sécurité, en particulier la résolution 2773. Les engagements récemment pris, y compris ceux entérinés dans les accords signés à Washington, doivent être respectés par toutes les parties et sans ambiguïté et sans conditions préalables.

Dès lors, le Burundi appelle le Conseil a premièrement veillé à ce que les résolutions du Conseil de sécurité soient appliquées de manière impartiale car la crédibilité collective de son Conseil dépend de sa capacité à garantir leur mise en œuvre effective. La pertinence et la crédibilité de la Monusco sont en jeu. Deuxièmement, il appelle aussi à protéger les civils surtout les femmes et les enfants qui demeurent les principales victimes d'un conflit qui leur a été imposé. Il appelle le Conseil troisièmement à plaider pour une assistance humanitaire d'urgence face à la dégradation de la situation humanitaire et au manque criant de moyens aux agences du système des Nations Unies pour répondre aux besoins élémentaires des réfugiés installés à Gatumba et à Cibitoke.

"Nous appelons également le Conseil à convoquer une réunion d'urgence dans laquelle il pourrait prendre des mesures robustes visant à stopper cette escalade dangereuse et pouvant comprendre un embargo sur les armes et un régime de sanctions économiques afin d'empêcher la poursuite de ces opérations militaires meurtrières en violation du droit international et de la Charte des Nations Unies en particulier.

"Nous appelons également le Conseil à appuyer la RDC et les États voisins dans des efforts coordonnés de lutte contre les groupes armés dans le strict respect des frontières internationales reconnues. Nous appelons enfin le Conseil à renforcer son soutien au mécanisme régionaux de vérification et de suivi afin de documenter les violations, prévenir l'escalade et reconstruire la confiance".

Par ailleurs, le Burundi souhaiterait informer cet auguste Conseil qu'il a pris très au sérieux le message des bombes envoyées à partir du Rwanda le 4 décembre 2025 sur le sol burundais dans la commune de Cibitoke blessant une femme et un enfant. Le Burundi considère cet acte comme une provocation grave et une manifestation d'une attitude belliqueuse qu'il condamne fermement.

"Je tiens à être clair, la retenue à des limites. Si ces attaques irresponsables devaient se poursuivre, il deviendrait extrêmement difficile d'éviter une escalade directe entre nos deux pays. Le Burundi ne pourra pas tolérer des violations répétées de son intégrité territoriale. Il se réserve le droit de faire usage de la légitime défense conformément à l'article 51 de la Charte des Nations unies".

Le Burundi reste un partenaire fiable pour la paix et la sécurité régionale. S'il a pu défendre les populations civiles avec hauteur dans toutes les missions où il a été déployé, il ne peut pas croiser ses bras face aux provocations et à la violation de son intégrité territoriale. Il ne peut pas croiser ses bras face aux attaques contre sa population et "nous ne pouvons pas croiser nos bras face aux atteintes portées à la stabilité de nos frontières. Notre message aujourd'hui est donc un message d'appel à la mesure, à la fermeté contre les violations avérées et à une action concertée qui permettent à l'est de la RDC et en particulier à des zones comme Uvira d'entrevoir enfin un avenir de paix durable".

Une réunion sur la guerre d’agression au Conseil de sécurité sans citer le Rwanda 

Le dernier rapport du Secrétaire général a été le 12 décembre 2025 au centre d’une réunion au Conseil de sécurité des Nations unies sur la République Démocratique du Congo. La RDC continue à faire face à une crise sécuritaire et humanitaire dont les populations civiles dans les zones affectées sont les premières victimes. Ces derniers jours, la nouvelle offensive lancée par l’AFC/M23 dans le Sud-Kivu a réveillé le spectre d’un embrasement régional aux conséquences incalculables. Cette réunion a été présidée par Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint des Nations unies.

Les développements récents font peser un risque sérieux de fragmentation progressive de la République Démocratique du Congo, notamment sa partie orientale. L’expansion territoriale de l’AFC/M23, l’établissement d’administrations parallèles et l’affaiblissement de la présence étatique dans certaines zones alimentent une dynamique qui menace directement l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo.

Parallèlement, le conflit connaît une régionalisation de plus en plus marquée. L’implication directe ou indirecte de forces et de groupes armés en provenance de pays voisins ainsi que les mouvements transfrontaliers de populations déplacées et de combattants, accroissent considérablement le risque d’un embrasement régional. Cette évolution ne menace pas uniquement la stabilité de l’Est de la RDC, mais celle de l’ensemble de la région des Grands Lacs. 

Au cours des derniers mois, d’importantes avancées diplomatiques avaient, pourtant, été enregistrées. La signature des Accords de Washington entre la RDC et le Rwanda le 4 décembre 2025, l’Accord-cadre de Doha conclu le 15 novembre 2025 entre le Gouvernement de la République Démocratique du Congo et l’AFC/M23, ainsi que l’accord du 14 octobre 2024 établissant un mécanisme conjoint de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, témoignaient d’une forte mobilisation régionale et internationale en faveur de solutions politiques permettant l’instauration d’une paix durable dans l’Est de la RDC.

« Je saisis l’occasion pour saluer l’engagement du Qatar, des États-Unis et du médiateur de l’Union Africaine, Son Excellence, Faure Gnassingbé, qui ont permis ces avancées. Je réaffirme le plein soutien des Nations Unies, et plus particulièrement la Monusco, aux efforts de paix en cours ».

Les développements récents au Sud-Kivu, illustrent de manière indéniable l’écart qui existe entre les efforts diplomatiques et la réalité vécue par les populations civiles frappées par les hostilités persistantes. Dans ce contexte, l’application, sans atermoiements, de la résolution 2773 (2025) appelant, entre autres, à un cessez le feu immédiat et inconditionnel, et le respect par les parties des engagements pris dans le cadre des processus de Washington et Doha reste essentielle pour que les avancées diplomatiques puissent, enfin, se traduire par une amélioration tangible de la situation sur le terrain.

Si les avancées diplomatiques récentes ont suscité un espoir réel, les violations persistantes du cessez-le-feu et la reprise des hostilités font peser un risque réel d’effondrement des efforts diplomatiques en cours. L’écart grandissant entre les engagements pris au niveau politique et leur mise en œuvre effective sur le terrain mine la crédibilité des processus de paix, fragilise la confiance entre les parties et alimente le sentiment d’abandon ressenti par les populations civiles. Sans mesures concrètes et immédiates pour faire respecter les accords conclus, les dynamiques de conflit risquent de fermer la voie du dialogue.

Dans ce contexte marqué par une intensification des menaces, la prévention des violences contre les populations civiles constitue un pilier central de l’action de la Monusco. Au Nord-Kivu comme en Ituri, la Mission a renforcé son approche préventive, fondée sur la présence dissuasive, l’anticipation des risques, et l’engagement étroit avec les communautés.

En Ituri, où les groupes armés opèrent à proximité immédiate de sites de déplacés, la Monusco maintient des patrouilles quotidiennes et des dispositifs d’alerte communautaires, qui ont permis de prévenir plusieurs attaques et de protéger des zones particulièrement vulnérables.

Au Nord-Kivu, la Mission poursuit la mise en place de systèmes d’alerte précoce et de patrouilles mobiles renforcées, en particulier dans les zones exposées à l’expansion de l’AFC/M23 et aux attaques ciblées des ADF. La Monusco veille également à maintenir un dialogue constant avec les communautés, en particulier les femmes et les jeunes, afin de s’assurer que la protection fournie répond pleinement à leurs besoins et réalités sur le terrain.

Les avancées diplomatiques doivent désormais se traduire par des améliorations réelles sur le terrain, afin que le peuple congolais puisse enfin entrevoir la sécurité et la stabilité auxquelles il aspire. À ce moment critique, le rôle du Conseil de sécurité est plus déterminant que jamais. Une réaction claire, unie et résolue du Conseil est essentielle pour prévenir une aggravation du conflit, enrayer les risques de fragmentation de la RDC et contenir la régionalisation croissante des violences.

Le Conseil dispose des outils politiques et normatifs nécessaires pour faire respecter ses résolutions, soutenir les efforts de médiation en cours et envoyer un message sans équivoque à toutes les parties quant à l’impératif du respect du cessez-le-feu, du droit international humanitaire et de la souveraineté de la République Démocratique du Congo. La Monusco poursuivra la mise en œuvre de son mandat avec professionnalisme et détermination. Avec le soutien de ce Conseil, elle est prête à contribuer pleinement aux efforts de paix en cours.

vendredi 12 décembre 2025

En intervenant à la réunion du Conseil de sécurité, le Pakistan a évité de citer le nom du pays agresseur de la RDC

"La situation en RDC est éminemment complexe et difficile mais nous avons l'occasion d'améliorer la situation sur le terrain. Nos félicitations à la représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies sortante, Madame Bintou Keita, qui a fait un travail excellent dans des circonstances pourtant très difficiles".  C'est ce qu'a déclaré le 12 décembre 2025 le représentant du Pakistan au cours de la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies. Il s'agit de la 100063ème sur la situation sécuritaire en RDC.

Il a félicité tout le personnel de la MONUSCO de son professionnalisme de son courage malgré des circonstances extrêmement difficiles. Il a rendu hommage aux casques bleus qui ont perdu la vie, y compris ceux et celles qui ont été tués après la prise de la ville de Goma par l’AFC/M23. Le service de ces Casques bleus incarne les plus nobles idéaux de l'ONU. Les auteurs de ces attaques et leurs partisans doivent rendre des comptes. La situation dans l'est de la RDC reste de plus précaire. La sécurité s'est nettement détériorée malgré les engagements pris dans l'accord-cadre de Doha et de l’accord de paix global sur un cessez-le-feu. 

Le M23 poursuit son expansion territoriale et a récemment pris la ville d’Uvira. Malgré la signature des accords de Washington, l’AFC/M23 continue de bénéficier de soutien extérieur. Il est essentiel que les engagements pris dans ces accords soient honorés. « Nous appelons de nos vœux un cessez-le-feu immédiat et une cessation totale des hostilités ». Il est déplorable que la résolution 2773 ne soit pas mise en œuvre. 40 % de la zone de couverture de la Monusco est sous le contrôle de l’AFC/M23. La liberté de circulation de la Monusco est fortement limitée, la chaîne d’approvisionnement est perturbée et la relève des contingents est difficile. Toutes ces conditions empêchent la Monusco d'exécuter son mandat, notamment de protection des civils. 

Pour le Pakistan, il est inacceptable que des groupes armés aient imposé des administrations parallèles et empêché l’approvisionnement en articles du personnel de l'ONU. « Nous condamnons à ses actes. Le M23 doit permettre à Monusco d'exécuter son mandat tel que confié par le Conseil de sécurité. tout aussi important aborder la situation dans le contexte du renouvellement du mandat de la mission la mission doit se voir confier des mandats réalistes possible adapter en réalité sur le terrain la MONUSCO est la seule force crédible impartiale à même de jouer un rôle décisif en faveur de la paix, de la stabilité dans l’Est de la RDC. Le Conseil de sécurité devrait utiliser l'expérience institutionnelle de la Monusco, sa logistique et sa présence opérationnelle. La Monusco  est idéalement placée pour assumer des tâches essentielles notamment de surveillance des vérifications du cesser le feu les délibérations sur le rôle de supervision du cessez-le-feu éventuel au Sud-Kivu sont également essentielles. 

Le Pakistan en tant que l'un des principaux pays fournisseurs des contingents au Sud-Kivu avait mis en garde le retrait de la Monusco du Sud-Kivu qui lui semblait prématuré et risquait de créer un vide sécuritaire et malheureusement il avait raison. Ce qui montre également l'importance de consulter ceux qui sont sur le terrain. La prise de décision sur les mandats et les ajustements doit mieux tenir compte de la position des pays fournisseurs des contingents et des personnels de police et des dirigeants sur le terrain. Il est tout aussi important que les mandats doivent être dotés de ressources suffisantes. 

Le budget de la Monusco a été revu à la baisse de 45,3 millions de dollars américains. Ce qui a conduit au rapatriement de plus de 700 casques bleus. 25 % de réduction supplémentaire ont supposé le départ de plus de 1.000 personnes. Le niveau reste à 11.500 tel que autorisé mais la Monusco ne compte qu’un peu plus de 8.000 soldats sur le terrain. Ce décalage important entre la responsabilité de la Mission et la réduction des ressources doit être réglé pour permettre à la Monusco de s'acquitter des tâches telles que lui confiées par le Conseil de sécurité.

Le Pakistan se félicite de l'élan diplomatique visant à arriver à la paix dans l'est de la RDC. « Nous saluons les efforts du Qatar dans le cadre de l'accord de Doha entre la RDC le M23. Nous saluons la signature de l'accord de Washington le 4 décembre 2025. C’est une étape qui nous rapproche de la désescalade, notamment entre la RDC et le Rwanda. Le Pakistan se félicite du processus piloté par l'Union africaine (UA) sous la médiation togolaise qui vise à harmoniser les processus de Nairobi et de Luanda. 

L’écart entre les efforts politiques et diplomatiques et les retombées sur le terrain risque de saper ces efforts et ces processus doivent viser à lutter contre les causes profondes du conflit en RDC pour une paix et une stabilité durable.  « Nous réaffirmons notre appui en faveur de l'envoyé spécial des Nations Unies pour la région des Grands Lacs dont le rôle est crucial pour garantir la coordination et la complémentarité entre ces efforts parallèles ». 

Il importe que toutes les initiatives de paix se complètent et soient appuyées au plan régional par le Conseil de sécurité et qu'elles assurent la préservation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la RDC. Enfin, nous exhortons les parties à faire preuve de volonté politique à s'engager dans un dialogue authentique et honorer leurs obligations et à saisir l'occasion qui leur est donnée actuellement grâce à la coopération de l’appui international au plus haut niveau afin d'arriver à une paix durable dans la région.

lundi 8 décembre 2025

Rawbank remporte le prix de la Banque de l’année 2025 en RDC, décerné par The Banker

Rawbank, banque leader en République Démocratique du Congo, a été élue le 5 décemnre 2025 la Banque de l’Année 2025 en RDC par The Banker, publication du groupe Financial Times et référence mondiale du secteur bancaire. Cette distinction, attribuée à une seule institution par pays, récompense les banques qui se distinguent par la solidité de leur modèle, la cohérence de leur stratégie et leur contribution mesurable au développement de leur économie.

Un prix attribué selon une évaluation exigeante et indépendante

Le prix « Bank of the Year » distingue les institutions qui, sur la période évaluée, ont fait preuve d’une performance robuste, d’une gouvernance renforcée, d’une capacité d’innovation tangible et d’un impact réel sur l’économie réelle. L’équipe éditoriale du Financial Times s’appuie sur l’analyse des résultats financiers, des initiatives stratégiques récentes, des avancées technologiques, du développement de nouveaux services et de l’intégration progressive des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance pour déterminer la banque la plus méritante dans chaque pays.

Une distinction fondée sur des avancées majeures en 2025

En 2025, The Banker a retenu Rawbank en raison de la progression de ses résultats, de l’avancée de son programme de transformation et de son rôle dans le financement de projets structurants pour l’économie congolaise. La banque a renforcé sa solidité financière entre 2022 et 2024 , engagé une nouvelle dynamique stratégique illustrée par son rebranding d’avril 2025, et structuré un financement syndiqué international de 400 millions de dollars américains pour l’expansion du projet Kamoa-Kakula, contribuant à la fois au positionnement de la RDC sur le marché mondial du cuivre et au renforcement de ses capacités énergétiques.

« Cette distinction récompense le travail remarquable de nos équipes et la confiance renouvelée de nos clients. Être désignée Banque de l’Année par The Banker confirme la pertinence de notre stratégie et renforce notre ambition de contribuer à un secteur financier plus moderne, plus inclusif et plus performant en République Démocratique du Congo. » déclare Mustafa Rawji, Directeur général de Rawbank

Une reconnaissance internationale qui s’inscrit dans la continuité des distinctions reçues en 2025 

Ce prix s’ajoute à plusieurs distinctions majeures obtenues cette année, dont le titre de « Meilleure Banque de la RDC » aux Euromoney Awards 2025, la reconnaissance « World’s Safest Banks 2025 » décernée par le magazine Global Finance, ainsi que la présence de Rawbank parmi les « 300 Champions africains de la finance » par le média Jeune Afrique.

À propos de Rawbank

Depuis 23 ans, avec un total d'actifs de 6,2 milliards de dollars américains, Rawbank soutient le développement de l'économie congolaise. Première banque de la RDC depuis 13 ans, Rawbank offre les produits et services les plus modernes à ses  500.000+ clients Corporate, PMEs et Particuliers à travers un réseau de plus de 100 agences dans 19 provinces du pays, une offre digitale avec Illicocash, la banque par internet et plus de 320 guichets automatiques. Son action est récompensée par l’African Bankers Award 2022 et 2024 de la meilleure banque régionale d’Afrique centrale, une note Moody’s B3, des certifications ISO/IEC 20000 et ISO/IEC 27001.

VIH : En RDC, des clubs de jeunes porteurs de changement et d’espoir 

 En République Démocratique du Congo, plus de 60 % de la population a moins de 20 ans : une jeunesse nombreuse, pleine d’énergie et de promesses — mais aussi très exposée au VIH. En 2024, 15.000 jeunes de moins de 25 ans ont contracté le virus, dont plus de 9.000 âgés de moins de 15 ans, principalement en raison d’une prévention insuffisante de la transmission mère-enfant (PTME) durant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement. 

« Malgré les progrès réalisés, la lutte contre le VIH reste semée d’obstacles pour cette génération », explique le Dr Gisèle Mucinya, coordinatrice médicale du projet VIH de MSF à Kinshasa. « Outre les défaillances de la PTME, la mise sous traitement pédiatrique reste insuffisante, et l’accès au dépistage est limité : les tests ne sont pas toujours disponibles, et le dépistage volontaire est souvent payant. La loi interdit aussi aux moins de 18 ans de se faire dépister sans parent ou tuteur, et le manque d’information, même dans les écoles, est criant ». 

Résultat : trop de jeunes développent encore des formes avancées du VIH/SIDA, faute de dépistage et de traitement précoces. Au Centre hospitalier de Kabinda, structure de soins spécialisée à Kinshasa, 489 patients suivis ont moins de 25 ans, dont 344 moins de 18 ans. 

« J’ai appris que j’étais porteuse du virus à 15 ans », raconte Raïssa, 22 ans. « Très vite, j’ai été stigmatisée, rejetée, même par ma famille. J’avais tellement maigri qu’on m’interdisait d’aller aux fêtes ou aux deuils. Je ne sortais plus de ma chambre. Tout s’effondrait autour de moi, simplement à cause du regard des autres ». 

Comme elle, beaucoup d’adolescents vivent une double peine : le poids de la maladie et celui de la stigmatisation. Cette situation entraîne l’isolement, le découragement et, trop souvent, l’arrêt ou interruption de la prise de médicaments vitaux pour maintenir le virus sous contrôle, ce qui peut entraîner la mort. 

Les “clubs des jeunes” : un modèle simple, humain et efficace 

L’abandon du traitement est particulièrement préoccupant chez les jeunes à Kinshasa. Pour y remédier, MSF et l’association congolaise Jeunesse Espoir ont lancé en 2019 une initiative novatrice : les clubs des jeunes. Leur principe est simple : offrir aux adolescents et jeunes adultes vivant avec le VIH un espace sûr, confidentiel et convivial, relié à une structure de soins, où ils peuvent échanger entre pairs. 

« C’est un modèle qui fonctionne remarquablement bien pour renforcer l’adhérence au traitement », explique le Dr Pulchérie Ditondo, responsable des activités médicales communautaires de MSF à Kinshasa. « Les membres s’entraident, se motivent, s’encouragent. Ils deviennent acteurs de leur propre santé. » 

Aujourd’hui, 83 jeunes âgés de 12 à 25 ans fréquentent ces clubs dans quatre communes de Kinshasa. L’initiative intègre aussi une dimension éducative et préventive essentielle : les jeunes y apprennent à protéger leur santé, comprendre leur traitement et réduire les risques de transmission. Les résultats sont parlants : en 2024, près de 80 % d’entre eux avaient une charge virale supprimée – contre 71 % en 2019 – preuve de l’efficacité du modèle. 

Plus qu’un suivi médical, un espace de vie 

Les clubs ne se limitent pas au suivi médical. Ils constituent un lieu d’écoute, d’apprentissage et de reconstruction personnelle. Les jeunes y parlent librement de leur quotidien, de leurs doutes, de leurs relations ou de leurs rêves. Ils participent à des activités éducatives, des ateliers d’expression et des sessions sur la santé sexuelle et reproductive. 

« Pour moi, le club, c’est comme une grande famille », confie Kenny, 22 ans. « Quand j’ai appris que j’étais séropositif, je refusais d’y croire. C’est ici, grâce aux échanges, que j’ai appris à accepter mon statut. Aujourd’hui, je vis sans honte. Je me sens libre, capable de tout faire. J’ai appris à parler à mon partenaire sans peur. Je vois le monde positivement ». 

La force des clubs réside aussi dans leur impact social. En permettant aux jeunes de briser le cercle de la peur et de la stigmatisation, le modèle transforme peu à peu les mentalités. Certains membres deviennent animateurs ou relais communautaires : ils sensibilisent au VIH, encouragent le dépistage et rappellent qu’avec un traitement régulier, on peut vivre pleinement. D’autres s’engagent comme médiateurs pour aider leurs pairs à surmonter les difficultés sociales. 

Un modèle à soutenir et à étendre 

En 2024, MSF a lancé une recherche opérationnelle afin d’évaluer l’efficacité de ce modèle dans le renforcement de l’adhérence et l’amélioration de la santé globale des participants. Les résultats sont sans appel : le modèle des Clubs des jeunes doit être pérennisé et étendu. 

« Nous avons la preuve que cela fonctionne », insiste le Dr Ditondo. « Ce modèle permet de maintenir les jeunes sous traitement, d’éviter les formes avancées de la maladie – très coûteuses à traiter – et de renforcer la prévention dans toute la communauté. Toutes les raisons sont là pour le soutenir ». 

Pourtant, son avenir dépend des ressources nationales et internationales disponibles pour lutter contre le VIH/SIDA en RDC. Ces moyens sont structurellement faibles et en baisse depuis la réduction de l’aide internationale américaine. Les deux principaux programmes, le President’s Emergency Plan for AIDS Relief (PEPFAR) et le Fonds Mondial, ont vu leurs financements diminuer, avec des conséquences directes sur les activités menées, notamment par la société civile. 

Pour MSF, ce contexte justifie d’autant plus la nécessité pour les autorités et les partenaires internationaux de soutenir des initiatives innovantes, peu coûteuses et efficaces comme les Clubs des jeunes, et de les intégrer dans les stratégies nationales de lutte contre le VIH/SIDA. 

« Nous prions pour que ces clubs existent partout dans le pays. Là où il y a des jeunes vivant avec le VIH, il faut leur offrir cet espace si l’on veut réduire la stigmatisation et la mortalité. Cela peut sauver des vies », conclut Raïssa. 

Redonner espoir à une génération 

Au-delà des chiffres, les clubs des jeunes incarnent une révolution silencieuse : celle d’une jeunesse qui refuse la fatalité et la stigmatisation pour reprendre en main son avenir. 

Ils prouvent qu’en investissant dans des approches simples, communautaires et centrées sur les besoins réels des jeunes, il est possible de transformer la lutte contre le VIH — non seulement en termes de santé, mais aussi de dignité et d’espoir. 

Chaque jour, de nouveaux visages émergent : ceux de jeunes qui retrouvent confiance, sortent de l’ombre et brisent les chaînes du silence et de la honte. Et si la clé de la lutte contre le VIH, en RDC comme ailleurs, se trouvait justement là : dans la force, la solidarité et le leadership des jeunes eux-mêmes ? 

La Société civile du Sud-Kivu : « Tôt au tard des violations dans la partie orientale de la RDC seront réprimées »

La Société civile du Sud-Kivu à travers son bureau de coordination provinciale a alerté dans un communiqué la communauté internationale en générale et en particulier le président Donald Trump des États-Unis sur l'aggravation de la situation de droits humains observés sur les lignes de front en province du Sud-Kivu le 4 décembre 2025, jour de la signature même de l’accord de paix de Washington et 48 heures après ladite signature.

Certains citoyens de Bukavu et de Kamanyola avaient déjà alertés sur le renforcement des troupes de l'AFC/M23/RDF 48 heures avant la signature de l'accord. Certains renforts sont venus de la ville de Goma par deux rotations par bateaux et d'autres ont traversé la frontière en provenance de Bugarama au Rwanda à ciel ouvert donc, visibles par les habitants de la ville de Bukavu pour renforcer Kamanyola et Katogota. Les mêmes mouvements de renforcement de troupes ont été observés au Nord Kivu pour renforcer les lignes de front vers Walikale et dans le secteur de Osso Banyanga dans le territoire de Masisi.

Il est regrettable que le Gouvernement de la République, incapable de protéger les villes de Bukavu et de Goma et de récupérer les zones déjà occupées par la rébellion, n'ait pas pris au sérieux toutes ses alertes, et que le Chef de l'Etat, son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo n'ait pas tenu sa parole de ne pas signer l'accord de Washington sans qu'il y ait eu au préalable, le retrait des troupes rwandaises sur le sol congolais conformément à la résolution 2773 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Les combats sont d'une telle cruauté d'autant plus qu'ils se déroulent à l'aide d'une artillerie très lourde et sophistiquée. Des drones Kamikaze et de bombes tombent sur des paisibles citoyens entraînant des morts civils parmi lesquelles, des élèves, la destruction des marchés et bien d'autres infrastructures socio-économiques. Dans ces différentes zones sous le feu rebelle et son allié rwandais, l'on observe un grand mouvement de nouveaux déplacements internes et de refuge de la population et cela aggrave lourdement la situation humanitaire.

Malheureusement, ces nouveaux milliers de déplacés internes restent sans aucune assistance humanitaire de même que les réfugiés désespérés qui fuient les hostilités vers le Rwanda et le Burundi.

La Société civile du Sud-Kivu s'interroge si le président Donald Trump qui s'est vanté d'avoir rétabli la paix définitive en RDC est conscient de la gravité de la situation qui s'est fortement dégradée le jour même de la signature  e l'Accord de paix dans son pays et qui continue à l’être à ce jour.

Les femmes et les enfants sont les plus touchés par cette situation d e guerre car les images des femmes éventrées par les bombes à Kasika, Mutarule, Kamanyola, Kaziba, circulent dans les réseaux sociaux et sont insupportables à voir. Qu'ont-ils fait pour mériter ces exactions inhumaines continues ? Pas plus tard que le samedi 5 décembre 2025, les affrontements de Wazalendo et les éléments AFC/M23/RDF ont causé des morts à Murhesa, Chefferie de Kabare et des pauvres écoliers atteints par balles en « pleines classes ».

Actuellement les affrontements s'intensifient au Sud-Kivu d'une part, dans la plaine de la Ruzizi : Kamanyola, Katogota, Mutarule et dans les hauts et moyens plateaux de Mwenga Fizi et Uvira, dans la Chefferie de Kaziba dans le territoire de Walungu et se prolongent vers Rurambo. D'autre part, les mêmes velléités, s'étendent sur l'axe Civanga-Bunyakiri via Kalonge le long de la route nationale n° 3 en plein Parc national de Kahuzi Biéga (PNKB).

L'objectif des rebelles et leurs alliés RDF étant de prendre la ville d'Uvira sur l'axe Sud du Sud-Kivu et donc vers Kalemie et chercher à briser le verrou de Civanga-Bunyakiri et toute la ceinture littorale du lac-Kivu menant vers Bunyakiri par les villages surplombant Katana-Bushaku-Numbi-Ziralo pour ainsi tenter une progression aisée vers Kisangani via Walikale.

S'agissant du Nord-Kivu, les affrontements intenses et meurtriers sont signalés dans le territoire de Walikale vers l'axe Mpinga/Mpeti, à Nabyondo, Lukweti et Makananga dans le secteur de Osso Banyanga avec l'objectif de prendre aussi Walikale et progresser vers Kisangani. Ceci explique clairement, l'ouverture par les rebelles et leur allié, des plusieurs fronts des contournements pour atteindre Walikale et donc Kisangani.

Au regard de ce qui précède la Société civile du Sud-Kivu compatit avec toute la population en détresse et présente ses condoléances aux nombreuses familles éplorées. Elle condamne fermement la violation de l'accord de Washington et Doha par les parties et les invite à la cessation des hostilités en recommandant ce qui suit :

1. Le président Donald Trump a pris le courage de faire la médiation entre le Rwanda et la RDC, qu'il fasse tout ce qui est de son pouvoir pour exiger la cessation des hostilités, les sanctions aux contrevenants et le retrait immédiat des troupes rwandaises sur le sol congolais ;

2. Étant donné que les parties en guerre se rejettent la responsabilité de bombarder les zones densément peuplées, des enquêtes urgentes doivent être menées pour dénicher les coupables et que ces violations du droit international humanitaire soient sévèrement sanctionnées à l'issue de ces enquêtes voulues urgentes ;

3. Que la communauté humanitaire s'active à apporter de l'aide humanitaire aux milliers de déplacés sans assistance dans les zones en conflits et que les parties en conflits leur laissent l'accès aux mécanismes de survie en décourageant les belligérants à détruire les abris de déplacés qui ont pourtant droit à l'assistance dans ces conditions. L'aide médicale est de plus en plus exigée à cause de nombreux cas de blessés par balle signalés et que le CICR facilite comme toujours l'enterrement des civils dans les différentes lignes des fronts ;

4. Aux belligérants de respecter le droit international humanitaire et d’être conscients que tôt au tard ces violations seront réprimées et de cesser toutes les menaces à l'égard des animateurs et acteurs de la société civile tant dans les zones occupées par les rebelles que celles contrôlées par le gouvernement ;

5. A la population de se mettre à l'abri, ne pas s'exposer à circuler dans les zones pendant les combats ;

6. L'urgence de la cohésion sociale s'impose. Cela est possible à travers la convocation par le président de la République, Chef de l'Etat, du dialogue national inclusif car unis, il sera facile de vaincre toute forme de menace extérieure à la souveraineté nationale.