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samedi 7 février 2026

Gestion des fonds Frivao : les filles et fils de la Grande orientale exigent un audit de comité mis en place par Constant Mutamba

Les habitants de l'espace Grande orientale ont fait le 30 janvier 2026 dans la ville de Kisangani une déclaration sur la gestion des Fonds de réparation des victimes des activités illicites de l'Ouganda en République Démocratique du Congo (Frivao). Ils réaffirment solennellement leur attachement à la justice, à la vérité, à la mémoire des victimes, à la paix et au respect de l'État de droit.

A ce titre, ils dénoncent et condamnent avec la plus grande fermeté toute tentative de manipulations, de désinformations ou des manœuvres politiciennes visant à déstabiliser le processus d'indemnisation des victimes des activités illicites de l'Ouganda en République Démocratique du Congo, une institution créée pour répondre à une exigence historique de justice réparatrice. 

Il convient de rappeler que le Frivao a été institué avec une mission claire et noble, assurer l'indemnisation des victimes des activités illicites et des conflits armés et ayant endeuillé le nord-est de la République Démocratique du Congo. Pour ces habitants, il demeure un instrument essentiel de réparation de dignité et de reconnaissance des souffrances endurées par les victimes. Toutefois, la défense d'une l'institution ne saurait signifier la complaisance face aux dérives ni le silence devant les faits susceptibles d'en compromettre la crédibilité et la mission. 

Clarification sur les responsabilités 

Il est important de préciser que le comité de gestion actuellement en fonction, après avoir été suspendu puis rétabli à l'issue de quelques mois, ne saurait être tenu pour responsable des actes de mauvaise gestion dénoncés. Les faits faisant l'objet de vives préoccupations concernant essentiellement l'équipe de gestion intérimaire mise en place durant la période de suspension et à laquelle sont attribués des actes de mauvaise gestion, d'opacité et de prédation présumées dans la gestion des fonds destinés à la réparation des victimes.

"Notre préoccupation majeure sur les 325 millions de dollars américains versés par la République de l'Ouganda à la République Démocratique du Congo à titre de réparation. Il ne resterait aujourd'hui que 157 millions de dollars dans les caisses du Frivao, selon les déclarations du rapporteur de cette institution. Une part significative de ces fonds aurait été utilisée en violation de leur destination première, l'indemnisation des victimes. Ces fonds ne sont ni un butin politique à partager et à se partager ni un patrimoine privé. Il représente le sang, les larmes et la souffrance de milliers de Congolaises et Congolais victimes des guerres et des violences armées. Toute gestion abusive ou opaque de ces ressources constitue une faute morale grave et une atteinte aux intérêts supérieurs de la Nation". 

Une position responsable et appelle à l'action 

Les filles et les fils de la Grande orientale condamnent avec la plus grande fermeté les actes de mauvaise gestion présumés imputés à l'équipe de gestion intérimaire de Frivao. Cette équipe aurait failli à sa mission fondamentale de protection et de gestion rigoureuses des fonds de réparation. Pour autant, ces dérives ne sauraient être instrumentalisées pour fragiliser l'institution Frivao ni pour jeter le discrédit sur l'actuel comité de gestion dont la mission demeure essentielle pour la poursuite du processus d'indemnisation des victimes.

"C'est pourquoi, nous appelons solennellement Son Excellence Monsieur Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, président de la République, chef de l'État et garant du bon fonctionnement des institutions à ordonner un audit indépendant, approfondi et public portant sur la gestion depuis l'avènement de Frivao, identifier, poursuivre et sanctionner avec rigueur tous les acteurs, co-auteurs et complices des actes de détournement et de mauvaise gouvernance, exiger la restitution des fonds détournés, garantir que les réparations parviennent effectivement aux véritables bénéficiaires, à savoir les victimes et leurs ayant".

Ils réaffirment leur engagement et vigilance à la lutte contre la corruption qui doit se traduire par des actes concrets, forts et exemplaires surtout lorsque sont en jeu des ressources destinées à réparer des crimes de guerre et de violations graves des droits humains. "Les filles et fils de l'espace Grande orientale resteront vigilants, mobilisés et attentifs aussi bien face à toute tentative de déstabilisation du Frivao que face à toute dérive dans la gestion de ses ressources". Aussi, ils réaffirment leur engagement à défendre l'intérêt général, la justice, la transparence et la paix.

Enfin, les filles et les filles de la Grande orientale n'accepteront jamais que la souffrance du peuple soit transformée en opportunité de velléité politique et d'enrichissement illicite pour quelques individus sans foi ni loi. Ils réclament la justice pour les victimes et la transparence dans la gestion des fonds publics. Un membre du comité intérimaire a été arrêté et détenu à Kinshasa. Il attend son procès. 


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