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lundi 2 février 2026

Kongo Central : Une honte pour la falsification identitaire

 Par Yannick Kingengo 

A Kongo Central, une tendance pernicieuse s’impose : l’altération de l’identité des acteurs politiques critiques et de certaines voix dissonantes. Devenue arme de diversion, elle détourne l’attention des scandales de gouvernance et fragilise ceux qui incarnent compétence et intégrité. Elle ne résout rien, mais masque l’incapacité et l’incompétence des dirigeants, érigeant la médiocratie en stratégie.

L’incapacité mise à nu

Bilolo, diplômé en droit économique, incarne une contradiction flagrante. Son mutisme politique et sa communication défaillante révèlent une gouvernance sans souffle. Même ses lectures préparées sont entachées de fautes, ternissant l’image d’une province jadis prestigieuse. La falsification identitaire n’est qu’un écran de fumée pour dissimuler cette incapacité persistante.

L’incompétence confirmée

La gestion du gouverneur se traduit par un chaos financier : détournement présumé de 13 millions de dollars, chantiers à l’arrêt, endettement lourd, retards de paiement. Le réquisitoire du procureur près la Cour de cassation rappelle que l’impunité ne peut fonder la gouvernance publique.

Détruire les meilleurs

Pour discréditer les dignes fils de la province, Bilolo orchestre la falsification des identités, accusant ses contradicteurs de nationalités étrangères ou de collusion avec les rebelles. Une stratégie qui détourne l’attention des vrais enjeux et transforme les meilleurs en boucs émissaires.

Les principaux boucs émissaires   

 

* André Wameso : technocrate au parcours élogieux, fierté du Kongo Central.

* Floribert Mbatshi : icône vivante, actif politique et gestionnaire incontestable.

* Guy Bandu : manager éprouvé, initiateur des recettes pétrolières aujourd’hui accaparées par le clan Bilolo.

Halte à la médiocratie

L’intelligentsia du Kongo Central ne se laisse pas intimider par cette stratégie ignoble. Une dynamique vertueuse s’installe pour que l’avenir ne soit plus confié à la pègre. Le changement s’opère dans le calme, porté par la force tranquille d’un peuple déterminé. C’est l’expression du soft power.

Conclusion

Au Kongo Central, la falsification identitaire incarne une dérive inquiétante : la gouvernance par le mensonge. Elle repose sur une stratégie de bouc émissaire, où les dirigeants actuels cherchent à attribuer la responsabilité de leur fiasco à ceux qui incarnent compétence et intégrité, en général, et plus particulièrement au gouvernement sortant. Guy Bandu continue de hanter leurs nuits. L’heure de la vérité politique et judiciaire a sonné, et déjà se profile la renaissance d’une communauté entière. 

Durcissement de la législation congolaise pour mettre fin à l’anarchie dans le domaine foncier

En République Démocratique du Congo, la plupart des affaires qui sont devant les cours et tribunaux sont du domaine foncier. Des réseaux de spoliation ciblent des immeubles de l’Etat et des privés tant à Kinshasa qu’en provinces. L’Etat congolais a perdu des immeubles au profit de certains Congolais. Ces immeubles sont souvent à vils prix si pas acquis dans des conditions obscures.

Pour mettre fin à cette entreprise criminelle, le Procureur général près la Cour d’Appel de Kinshasa-Gombe, Jean Placide Lusamba M’Bombola, a annoncé le 29 janvier 2026 la mise en place d’un Détachement spécial (DS) chargé de la répression des infractions dans le domaine foncier, conformément à la Décision n°0024 du 12 mai 2025.

Cette structure spécialisée a pour mission d’assurer, de manière rigoureuse et efficace, la poursuite et la répression des infractions foncières dans le ressort du Parquet général près la Cour d’Appel de Kinshasa-Gombe. Sa création intervient dans un contexte marqué par l’urgence de lutter contre la recrudescence des cas de spoliation des biens immobiliers, tant publics que privés, particulièrement observée dans les districts de Lukunga et de Funa.

Selon le Procureur général, seule une action judiciaire vigoureuse est susceptible de neutraliser les réseaux organisés impliqués dans ces pratiques, souvent constitués en bandes criminelles.

Outre les infractions foncières, le Détachement spécial est également chargé de lutter contre les crimes organisés, la corruption, la concussion, le détournement des deniers publics, les rémunérations illicites, la traite des personnes, le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme, ainsi que le trafic illicite de drogues et de stupéfiants, et toutes autres infractions connexes ou assimilées.

Dans l’exercice de leurs missions, les magistrats affectés au sein du DS bénéficieront de l’appui des inspecteurs judiciaires ainsi que des officiers de police judiciaire compétents dans le ressort.

Le Parquet général rappelle que l’action de la justice vise notamment la répression des infractions à la loi pénale, le rétablissement des droits violés et la réparation des préjudices subis, la restauration de la paix sociale et de l’ordre public, ainsi que l’instauration et le renforcement de l’État de droit.

À cette occasion, le Procureur général Jean Placide Lusamba M’Bombola invite la population de son ressort à se rapprocher de son office afin d’y déposer toute plainte relative aux détournements, aux spoliations, à la corruption, au blanchiment des capitaux et à toute autre infraction relevant de la compétence du Détachement spécial.

Coordination de la police judiciaire : l’extrait du casier judiciaire vendu 5 fois plus cher que son prix officiel

L’extrait de casier judiciaire s’obtient entre 100 et 150 dollars américains. Son prix officiel est de 20 dollars à la Direction de l’Intérieur de la Coordination de la police judiciaire. C’est ce qu’a dit à Top Congo Fm, le commissaire général adjoint en charge de la police judiciaire, le commissaire divisionnaire Isaac Bertin Balekupayi. C’était le 2 février 2026 au cours d’une parade organisée à son quartier général dans la commune de la Gombe.

Le commissaire divisionnaire Isaac Bertin Balekupayi

« Nous voudrions sensibiliser nos éléments de l'Intérieur et sensibiliser aussi la population. L'extrait de casier judiciaire ne coûte pas au-delà de 20 dollars américains. Nous n'aimerions pas que la délivrance de ce document très important pour les commun de mortel soit marchandé par les agents que nous avons ici à des prix exagérés. Nous allons nous assurer que les requérants puissent obtenir l'extrait de casier judiciaire à un prix normal recommandé par l'État congolaise ».

Le commandant de la Coordination de la police judiciaire a déclaré que « tous les éléments qui se hasarderont à taxer plus cher ce document tomberont sous l’infraction commise par un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions.  C’est une concussion. Ils seront poursuivis en tant que des policiers mais nous allons ajouter le non-respect de consigne pour les déférer devant l'auditorat militaire ».

Mise en garde de délivrance de l’extrait de casier judiciaire au-delà du prix normal

Le commissaire général adjoint de la Police nationale congolaise (PNC) en charge de la police judiciaire, le commissaire divisionnaire Isaac Bertin Balekupayi, a mis en garde les cadres et agents de la Coordination de la police judiciaire sur le monnayage de l’extrait de casier judiciaire à un prix exorbitant et aussi parlé des actes de procédures que doivent manipuler les officiers de police judiciaire (OPJ) et les agents de la police judiciaire (APJ). C’était le 2 février 2026 devant le siège de ce service à Kinshasa-Gombe.

La police judiciaire n’est pas un corps à part de la PNC. Elle est régie par la Constitution de la République qui lui donne pour mission de protéger les personnes et leurs biens. Ses missions sont essentiellement judiciaires et répressives. Dans ce service, on trouve des OPJ et de APJ qui ont comme texte légal l'ordonnance du 23 juillet 1978 portant sur les attributions des OPJ et des APJ près des juridictions de droit commun. C'est un catéchisme pour tout le monde qui prétend fonctionner à la coordination de la police judiciaire, a déclaré le commissaire divisionnaire Balekupayi

 

Pour prétendre être OPJ, il faut d'abord connaître les documents de fonctionnement de ce service. Il s'agit de registre individuel d'OPJ. Chaque OPJ doit le détenir pour enregistrer tous les dossiers de son cabinet. Il y a le régime régional d'OPJ, un régime qui se trouve au secrétaire opérationnel et il remplace ce qu'on appelle au parquet RMP. Il y a un un registre de garde à vue qui est tenu à l'Amigo et enfin un registre d'objets saisis. Le registre général d'OPJ est un document où l'on met le numéro. C'est ce qui donne un caractère officiel à un dossier judiciaire. Quand un OPJ est saisi après avoir rédigé son procès-verbal d'information, son procès-verbal ou de dénonciation, il le transmet auprès de sa hiérarchie pour obtenir le visa nécessaire avant qu'un numéro soit attribué à ce dossier qui obtient un caractère officiel.

 

A l’arrivée du commissaire divisionnaire Balekupayi à la tête de la Coordination de la police judiciaire, il as constaté que les OPJ agissaient dans le domaine judiciaire comme des électrons libres.  Ils se permettaient de saisir des objets qu’ils gardaient dans dans leurs maisons ou dans les commissariats de la ville de Kinshasa et parfois des véhicules garés au sein de la Coordination de la police judiciaire dont les responsables n'avaient pas connaissance. Ce registre permet que tous les objets saisis soient connus de la Coordination. Les objets saisis sont orientés vers l'officier du ministère public.

Les documents à manipuler par les officiers de police judiciaire et les agents de police judiciaire 

Les documents que doivent manipuler les OPJ et les APJ sont entre autres le mandat de comparution  qui sert à interpeller une personne. Ce document est déposé à son domicile avec un accusé de réception. La copie est versée au dossier à l'instruction au Cabinet de l'OPJ puis il est envoyé au magistrat pour le classer dans son dossier.

Le mandat d'amener est manipulé et par les OPG par les APJ. Il consiste à prendre de force une personne qui n'a pas obéi au mandat de comparution. On l’amène devant l'officier de police judiciaire ou devant l'officier du ministère public. Quand un OPJ de compétence générale exécute un mandat d'amener et que la personne recherchée va se cacher dans une maison, cet OPJ n'a pas besoin d'un mandat de perquisition. Il pénètre de force dans cette maison pour chercher les indices de culpabilité et mettre la main sur le fugitif et l'amener devant l'officiel du ministère public ou par devant lui-même. Il y a le mandat de prise de corps qui est livré par l'officier du ministère public à l'issue d'une condamnation.  On prend l'individu et on le présente par devers l'officier du ministère public qui établit une réquisition après l'emprisonnement et on l'achemine en prison.

Le bulletin de service n’est pas un acte de procédure

Il n’est pas question pour un OPJ de donner un mandat de comparution au commun de mortel ou à un homme de la rue pour aller le notifier. Il n’est pas non plus question pour un OPJ de donner un mandat d'amener à un comparant d'aller arrêter un individu. Le commissaire général adjoint en charge de la Coordination de la police judiciaire a rappelé que le bulletin de service n'est pas un document de procédure pour les OPJ et les APJ. C'est un document administratif.

« Le bulletin de service n'est pas une pièce de procédure où les commandants des unités donnent des devoirs judiciaires. On trouve des éléments éparpillés à travers la ville de Kinshasa avec des bulletins de service qui leur donnent le droit d’entrer dans les dépôts pour contrôler les documents des sociétés, des entreprises et vérifier les cartes de travail et les cartes de séjour pour expatriés. Ce n'est pas notre mission. Les missions de la police judiciaire sont déterminées par une ordonnance ». 

 


Le parti politique de Moïse Katumbi exige la levée de toutes les condamnations à caractère politique avant le dialogue

Lors de son discours d’échange des voeux devant le corps constitué le 31 janvier 2026 à Kinshasa, le chef de l’Etat congolais, Félix-Antoine Tshisekedi a annoncé son intention d’organiser le dialogue national tant réclamé par les politiciens congolais surtout de l’opposition. Le Président de la République s’est montré favorable à l’organisation d’un « dialogue entre Congolais : un dialogue apaisé, inclusif, résolument républicain, destiné à consolider la cohésion nationale, sans jamais remettre en cause les institutions issues du suffrage universel ».

La réaction du parti politique de Moïse Katumbi

Depuis le lancement, le 15 janvier 2025, de l’initiative conjointe de la CENCO et de l’ECC en faveur d’un Pacte Social pour la Paix et le Bien-Vivre Ensemble en RDC, le principe d’un dialogue national inclusif s’impose comme une nécessité vitale pour restaurer l’unité nationale, rétablir la paix et mettre fin aux crises profondes qui minent la République Démocratique du Congo.

Le parti politique Ensemble pour la République réaffirme son attachement à un dialogue national sincère, inclusif et apaisé, seul à même de sortir notre pays de la crise. Ce dialogue ne peut être crédible que sous l’égide d’une médiation morale et neutre telle que préconisée par la CENCO et l’ECC, conformément à leur initiative du Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble. Toute démarche qui exclurait des acteurs essentiels de la nation serait vouée à l’échec.

Ensemble pour la République tient à rappeler qu’un dialogue national inclusif ne saurait être une concession du pouvoir ni une rencontre de convenance entre alliés politiques. On ne dialogue pas pour se conforter entre convaincus, mais pour affronter avec lucidité et courage les causes profondes de la crise politique, sécuritaire, sociale et morale qui gangrène le pays, et y apporter des réponses durables, partagées et crédibles. En conséquence, Ensemble pour la République rejette le simulacre de dialogue proposé par le Président Tshisekedi.

Ensemble pour la République exige, comme préalables indispensables à l’ouverture d’un dialogue crédible : la levée de toutes les condamnations à caractère politique ; la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et d’opinion ; la fin des poursuites judiciaires instrumentalisées à des fins politiques ; la levée des restrictions arbitraires à la délivrance des passeports et à la liberté de circulation des opposants ; la cessation de toute répression visant à intimider ou exclure les voix dissidentes. Ces mesures ne sont ni des concessions ni des faiblesses : elles sont le socle minimal de la confiance sans laquelle aucun dialogue ne peut être sincère.

Ensemble pour la République dénonce les contradictions flagrantes du Président Tshisekedi, qui fragilisent la parole de l'État et nourrissent la défiance des citoyens. D'une part, il refuse tout dialogue politique avec l'opposition congolaise en dehors de Kinshasa, tout en négociant avec l’AFC/M23 à Doha, hors du territoire national ; d'autre part, il se pose en gardien de la Constitution alors même que ses partisans n’arrêtent pas de clamer ouvertement leur obsession à en organiser la modification. Or la Constitution est sans équivoque : le Président Félix-Antoine Tshisekedi exerce présentement son second et dernier mandat, qui s'achève en 2028.

Le pays n'a besoin ni de glissement, ni de tripatouillage constitutionnel, ni d'ambiguïtés institutionnelles. Tout dialogue qui servirait de prétexte à la prorogation du mandat en cours ou à la préparation d'un troisième mandat est, par avance, voué à l’échec.

Ensemble pour la République renouvelle son soutien indéfectible aux efforts constants de João Lourenço, Président de la République d’Angola, ainsi qu’à l’engagement de l’Union africaine, sous la conduite de la médiation du Président Faure Gnassingbé, en faveur d’une paix durable et d’une solution politique africaine aux crises qui endeuillent la région des Grands Lacs.