dimanche 26 juillet 2026

Nord et Sud-Kivu : 41 survivantes de violences sexuelles décrochent leur diplôme d'État grâce à un programme du PNUD

Quarante-et-une survivantes de violences basées sur le genre dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ont obtenu leur diplôme d'État grâce à un programme soutenu par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD-RDC), avec l'appui du gouvernement du Canada et de la République de Corée.

Pour le PNUD, cette réussite dépasse le simple cadre scolaire. Elle illustre l'importance d'investir dans l'éducation, la protection et la réinsertion socio-économique des survivantes afin de renforcer leur résilience, de favoriser leur relèvement et de contribuer à la consolidation de la paix dans les communautés affectées par les conflits.

Une réussite porteuse d'espoir

Malgré les traumatismes, les déplacements forcés et les nombreuses difficultés rencontrées, ces 41 jeunes femmes ont poursuivi leur parcours scolaire jusqu'à l'obtention de leur diplôme d'État.

Leur réussite symbolise, selon le PNUD, des parcours de vie reconstruits et un nouvel espoir pour leurs familles et leurs communautés.

L'éducation comme levier de résilience

L'agence onusienne souligne que l'accès à l'éducation constitue un outil essentiel pour permettre aux survivantes de retrouver leur autonomie, leur dignité et leur place dans la société. Chaque diplôme obtenu est présenté comme une victoire sur les violences subies et un pas vers un avenir plus stable.

Un accompagnement pour reconstruire des vies

Le programme a combiné un accompagnement psychosocial, des mesures de protection, un soutien à la scolarisation et des initiatives de réinsertion socio-économique.

Le PNUD estime que cette approche intégrée permet de transformer des parcours marqués par la violence en véritables histoires de résilience et de réussite.

À travers cette initiative, le PNUD, avec le soutien du Canada et de la République de Corée, réaffirme son engagement à accompagner les survivantes des violences basées sur le genre vers une reconstruction durable de leur avenir.

Maï-Ndombe : un notable de Mushie appelle à la révision des contrats fonciers et à la protection des communautés locales

La population du territoire de Mushie, dans la province du Maï-Ndombe, demande aux autorités nationales et provinciales d'intervenir afin de protéger les droits des communautés locales et de restaurer un climat de paix.

Dans une note de plaidoyer signée par le notable et opérateur culturel Gabriel Moz Massa, plusieurs préoccupations sont soulevées concernant l'exploitation des terres par la Société générale d'élevage et d'agriculture au Congo (SOGENAC).

Des contrats fonciers jugés dépassés

Le document rappelle que la société Jules Van Lancker (JVL) s'est installée à Mushie en 1966 grâce à des contrats conclus avec les chefs coutumiers de l'époque pour une durée de 25 ans renouvelable.

Selon les auteurs du plaidoyer, ces conventions n'ont jamais été réévaluées malgré les profondes évolutions sociales, démographiques et juridiques intervenues depuis leur signature.

Ils estiment également que les superficies actuellement exploitées par la SOGENAC dépasseraient les limites prévues dans les contrats initiaux, avec l'occupation de terres, de savanes et de forêts qui ne seraient pas couvertes par les accords d'origine.

Des griefs contre la SOGENAC

Le plaidoyer fait état de plusieurs préoccupations exprimées par les communautés locales. Parmi celles-ci figurent des restrictions d'accès à certaines zones forestières, des allégations de pollution des eaux par des pesticides, des difficultés d'accès aux terres agricoles, ainsi qu'une recrudescence des violences et des pillages.

Le document évoque également des conflits liés au braconnage qui auraient entraîné des pertes en vies humaines. Les auteurs demandent que des enquêtes soient menées pour faire toute la lumière sur ces faits.

Par ailleurs, la population déplore le manque d'investissements sociaux malgré la présence de longue date de l'entreprise, citant notamment l'insuffisance d'infrastructures scolaires, sanitaires et routières, ainsi que l'absence de services jugés bénéfiques pour les communautés.

Un appel à l'État pour restaurer la paix et la justice

Dans leur note, les signataires sollicitent la révision des contrats fonciers, une délimitation officielle des terres concernées, la restitution des espaces occupés au-delà des limites contractuelles, la protection de l'environnement et des villages, ainsi que la garantie de l'accès des populations à leurs terres et aux ressources naturelles.

Le document appelle également les autorités à enquêter sur les violences dénoncées et à prendre des mesures contre tout comportement discriminatoire portant atteinte à la dignité des populations.

Enfin, les auteurs du plaidoyer affirment que les habitants de Mushie ne sont pas opposés aux investissements privés, mais souhaitent que ceux-ci soient réalisés dans le respect de la loi, des droits des communautés locales et de l'environnement.

Ils demandent aux autorités de prendre les dispositions nécessaires pour rétablir la paix, la sécurité et la justice dans le territoire de Mushie.

Riposte contre Ebola : Judith Suminwa renforce le soutien du Gouvernement en Ituri

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a effectué, vendredi 24 juillet 2026, une mission de terrain dans les zones de santé de Rwampara et de Mongbwalu, en Ituri, où sévit l'épidémie d'Ebola de souche Bundibugyo. À la tête d'une délégation réunissant le Gouvernement et les partenaires de la riposte, la Cheffe du Gouvernement est allée évaluer les dispositifs de prise en charge, encourager les équipes soignantes et réaffirmer l'engagement de l'État à contenir l'épidémie.

Rwampara, le symbole d'une riposte qui sauve des vies 

Première étape de la visite : le Centre de traitement d'Ebola (CTE) de Rwampara, situé à une dizaine de kilomètres de Bunia. Après avoir observé le protocole sanitaire, Judith Suminwa a suivi, depuis la zone verte, le parcours de prise en charge des cas suspects et confirmés.

Le centre est aujourd'hui porteur d'espoir. Plusieurs patients y ont récemment été déclarés guéris, dont un nourrisson de 15 mois et sa mère. L'enfant est devenu le premier bébé officiellement guéri de cette flambée d'Ebola de souche Bundibugyo.

La visite de la Première ministre a été accueillie avec satisfaction par les habitants, qui y voient un signe de la mobilisation des autorités nationales.

« C'est une chance exceptionnelle de voir la Première Ministre venir elle-même ici, là où peut-être d'autres hésiteraient. Avec elle, nous savons qu'il y aura un changement », confie Jeannine Mabusi, membre de la société civile de l'Ituri.

Des moyens supplémentaires pour les équipes de la riposte

Au-delà du message de solidarité adressé aux soignants, Judith Suminwa a posé un acte concret en faveur des équipes engagées dans la lutte contre Ebola.

Confrontés quotidiennement aux opérations de dépistage, d'isolement, de prise en charge des malades, de suivi des cas contacts et de sensibilisation des communautés, les intervenants disposeront désormais de nouveaux moyens logistiques. La Première Ministre a procédé à la remise officielle d'une dizaine de véhicules tout-terrain au coordonnateur provincial de la riposte, le professeur Steve Ahuka, afin de renforcer la mobilité des équipes sur le terrain.

Mongbwalu, entre défis logistiques et détermination des soignants

La délégation gouvernementale s'est ensuite rendue à Mongbwalu, épicentre de l'épidémie, où le virus circule depuis près de deux mois.

Sur place, la Cheffe du Gouvernement a pris la mesure des contraintes qui compliquent les opérations : déficit en eau potable et en électricité, difficultés d'accès à certaines zones en raison de l'insécurité, poursuite des activités minières dans les secteurs affectés, résistances communautaires et précarité des relais communautaires.

Malgré ce contexte difficile, les équipes poursuivent leur mission. Le Centre de traitement d'Ebola de Mongbwalu a récemment enregistré la guérison d'un nourrisson âgé d'un mois, présenté à la Première Ministre au cours de sa visite.

Les ressources existent, la priorité est désormais la logistique

En échangeant avec les équipes de la riposte, Judith Suminwa a insisté sur la nécessité de lever les derniers obstacles opérationnels afin d'améliorer l'efficacité de la réponse.

Selon elle, les financements mobilisés par le Gouvernement et ses partenaires permettent désormais de concentrer les efforts sur les besoins logistiques.

« Quand on regarde la mobilisation de fonds qui a été faite par le Gouvernement et au niveau des différents partenaires, on se rend compte que, d'un point de vue financier, nous n'avons pas de problème majeur. Maintenant, il faut s'assurer que toute la logistique est prise en charge : ambulances, approvisionnement en eau, oxygène, équipements pour les enterrements sécurisés, afin de couvrir toutes les zones affectées », a déclaré la Première ministre.

Renforcer la sensibilisation et protéger les populations vulnérables

Judith Suminwa a également appelé à intensifier la sensibilisation des communautés afin de favoriser leur adhésion aux mesures de prévention et de prise en charge.

Elle a, en outre, demandé un meilleur alignement des priorités entre les différents acteurs de la riposte et réaffirmé la volonté du Gouvernement d'améliorer les conditions de vie des familles installées dans les camps de déplacés, où la promiscuité favorise la transmission de la maladie.

Faire de cette épidémie un tournant pour le système de santé 

Au terme de sa mission en Ituri, la Première ministre a souligné que cette crise devait permettre à la République démocratique du Congo de renforcer durablement son dispositif de réponse aux urgences sanitaires.

Pour Judith Suminwa, l'expérience acquise dans la lutte contre Ebola doit servir à améliorer la préparation, la coordination et la capacité d'intervention du pays face aux futures épidémies.

Mongala : OLPA demande la réouverture immédiate de la radio La Voix de Bumba

L'Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA) a exigé le 24 juillet 2926 la réouverture de La Voix de Bumba, une radio privée émettant à Bumba, dans la province de la Mongala, après la fermeture de ses installations par la Police nationale congolaise.

Selon l'organisation de défense de la liberté de la presse, les locaux de la station ont été pris d'assaut et scellés le 21 juillet 2026 par des policiers agissant sur la base d'une réquisition signée par le gouverneur de la Mongala, Jean Collins Makaka Pap'ekaka.

Le gouverneur évoque des contenus jugés subversifs

Dans sa réquisition, l'autorité provinciale reproche à la radio de diffuser de manière répétée de fausses informations, des propos injurieux et diffamatoires à l'encontre des autorités publiques, ainsi que des messages susceptibles d'inciter à la haine, à la désobéissance civile, aux troubles à l'ordre public et de mener des campagnes jugées antipatriotiques.

La décision est intervenue peu après la diffusion de l'émission « Ligne 11 », au cours de laquelle le journaliste Crispin Ligbada a reçu des jeunes de Bumba ayant appelé à une mobilisation populaire prévue le 23 juillet 2026 pour réclamer la démission du gouverneur, qu'ils accusent de ne pas avoir respecté ses engagements en faveur du développement de la province.

OLPA dénonce une atteinte à la liberté de la presse 

Pour l'OLPA, la fermeture de La Voix de Bumba constitue une entrave à la libre circulation de l'information et une violation de la liberté de la presse garantie par la Constitution de la République Démocratique du Congo ainsi que par les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits humains.

L'organisation condamne cette interruption des émissions et appelle les autorités à lever les scellés afin de permettre à la radio de reprendre ses activités dans les plus brefs délais.

Un appel à la reprise des émissions 

Estimant que cette mesure porte atteinte au droit du public à l'information, l'OLPA demande la réouverture immédiate de La Voix de Bumba et le respect des garanties légales protégeant l'exercice du métier de journaliste en RDC.

RDC : le BCNUDH alerte sur une hausse de 26 % des violations des droits humains en mai 2026

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme (BCNUDH) a publié le 24 juillet 2026 son rapport sur les principales tendances des violations des droits humains en République Démocratique du Congo pour le mois de mai 2026.

Le document met en évidence une nette dégradation de la situation sécuritaire, principalement dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l'Ituri, où les conflits armés continuent de faire de nombreuses victimes.

Au cours du mois de mai 2026, le BCNUDH a documenté 481 violations et atteintes aux droits humains, ayant touché au moins 1.188 victimes. Par rapport au mois d'avril, cela représente une augmentation de 26 % des violations et de 20 % du nombre de victimes.

Selon le Bureau, cette hausse est notamment liée à l'intensification odes attaques contre les civils menées par les Forces démocratiques alliées (ADF) dans les territoires de Beni et Mambasa, ainsi qu'à la résurgence de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) dans la province du Bas-Uélé.

Les provinces en conflit concentrent l'essentiel des violations

Le rapport indique que 393 violations, ayant affecté 886 victimes, ont été recensées dans oles provinces touchées par les conflits armés.

Dans les provinces non affectées par les combats, le BCNUDH a néanmoins documenté 88 violations et atteintes, concernant 302 victimes, notamment en raison des restrictions persistantes de l'espace civique.

Des violences sexuelles toujours préoccupantes

Le BCNUDH a recensé 40 cas de violences sexuelles liées au conflit, ayant fait 59 victimes, dont 33 femmes, 25 filles et un homme.

Le Nord-Kivu concentre près de 73 % des victimes, suivi du Sud-Kivu (15 %) et de l'Ituri (10 %).

Les acteurs étatiques sont mis en cause dans 46 % des cas, avec 27 victimes, dont 26 attribuées aux FARDC. Parmi les groupes armés, le M23 est cité comme le principal auteur présumé, avec 14 victimes.

Journalistes et défenseurs des droits humains toujours ciblés

Le rapport relève également la persistance des restrictions de l'espace civique. En mai 2026, le BCNUDH a documenté six violations visant des défenseurs des droits humains, des journalistes, des leaders communautaires et des acteurs de la société civile, pour un total de 22 victimes, dont 20 femmes.

Par ailleurs, sept cas de protection individuelle oont nécessité l'intervention du BCNUDH. Les menaces provenaient notamment d'éléments de l'AFC/M23, d'agents de la Police nationale congolaise (PNC), d'autorités judiciaires et des services de renseignement.

Grâce au plaidoyer du Bureau, huit défenseurs des droits humains ont bénéficié de mesures destinées à renforcer leur sécurité.

Des poursuites engagées contre militaires, policiers et civils

Dans le cadre de la lutte contre l'impunité, plusieurs procédures judiciaires ont été enregistrées au cours du mois de mai dans des affaires impliquant des militaires des FARDC, des policiers et des membres de groupes armés.

Au total, 66 poursuites ont été engagées contre cinq militaires des FARDC, cinq policiers et 56 civils. Ces procédures ont abouti à la condamnation de 49 personnes, dont cinq militaires des FARDC, cinq agents de la PNC et 39 civils, pour des faits de meurtre, viol, extorsion et autres violations graves des droits humains.

Le rapport précise que trois militaires des FARDC, trois policiers et quatre civils ont été condamnés à la peine de mort. Avec l'appui du BCNUDH, 23 victimes, dont 12 femmes, ont également bénéficié de mesures de protection judiciaire.

Ce rapport s'inscrit dans le mandat du BCNUDH consistant à surveiller la situation des droits humains en RDC et à partager régulièrement ses constats avec les autorités afin de favoriser des poursuites contre les auteurs présumés des violations.

Makala : le bourgmestre Kafelio Ngidia et le député Éric Tshikuma mobilisés pour renforcer la sécurité après les récents meurtres

À la suite des récents incidents meurtriers enregistrés dans les quartiers Tamba et Malala, dans la commune de Makala à Kinshasa, le bourgmestre Kafelio Ngudia Kabongo a présidé le 24 juillet 2026 une réunion élargie du comité local de sécurité afin d'évaluer la situation sécuritaire de la municipalité et de renforcer les mécanismes de prévention.

La rencontre a réuni les chefs de quartiers, les chefs de rues, des notables, les services de sécurité ainsi que le député national Éric Tshikuma.

Cette réunion intervient alors que plusieurs habitants restent préoccupés par les récents actes criminels signalés dans la commune, notamment le meurtre d'un habitant sur l'avenue Makala 15, dans le quartier Tamba.

Selon les informations rapportées, des individus non identifiés et cagoulés auraient fait irruption dans une résidence avant de commettre ce crime, relançant le débat sur la sécurité dans cette commune de la Funa.

Une situation sécuritaire jugée globalement maîtrisée

Conformément au décret portant création, organisation et fonctionnement des comités locaux de sécurité, les participants ont procédé à une analyse détaillée de la situation dans chacun des 18 quartiers de Makala.

À l'issue des échanges, le bourgmestre Kafelio Ngudia Kabongo a affirmé que l'autorité de l'État est aujourd'hui rétablie dans la quasi-totalité de la commune.

« Sur les 18 quartiers de Makala, 16 connaissent une situation sécuritaire stable. Le phénomène Kuluna appartient désormais au passé et l'ordre public est restauré », a-t-il déclaré.

L'autorité municipale a toutefois reconnu l'existence de certaines menaces ponctuelles, notamment des cas de tracasseries attribuées à des hommes armés se présentant comme des policiers ou des militaires ainsi que des actes criminels isolés.

Les enquêtes se poursuivent sur les meurtres de Tamba et Malala

Revenant sur les incidents récents, le bourgmestre a condamné des actes qu'il considère comme une tentative de remettre en cause les efforts consentis pour restaurer la sécurité dans la commune.

Il a annoncé que la commune et les familles concernées se constitueront partie civile afin d'obtenir que les auteurs soient identifiés, arrêtés et jugés.

« Ces actes ne doivent pas rester impunis. Nous voulons que les responsables répondent de leurs actes devant la justice », a-t-il insisté.

Kafelio Ngudia a également appelé les habitants à la vigilance, rappelant que la sécurité demeure une responsabilité collective.

Éric Tshikuma salue les progrès réalisés

Prenant part à la réunion, le député national Éric Tshikuma a salué la démarche initiée par les autorités communales et l'implication des acteurs de proximité dans l'évaluation de la situation sécuritaire.

Selon lui, les interventions des chefs de quartiers, des chefs de rues et des notables ont permis de dresser un état des lieux fidèle de la réalité sur le terrain.

« Nous avons constaté que le phénomène Kuluna n'existe pratiquement plus à Makala. Cependant, les récents meurtres ainsi que certaines tracasseries signalées par la population nécessitent une réponse ferme des autorités », a déclaré l'élu de la Funa.

Le député Tshikuma a promis de mener un plaidoyer auprès des instances compétentes afin d'accélérer les enquêtes et de garantir la sanction des auteurs des crimes.

Renforcement des patrouilles et accompagnement des familles

Pour prévenir de nouveaux incidents, le bourgmestre a annoncé le renforcement des patrouilles mixtes associant les forces de sécurité et les structures communautaires dans les zones considérées comme sensibles.

De son côté, Éric Tshikuma a indiqué qu'il se rapprocherait des familles touchées afin d'évaluer leurs besoins et les mécanismes d'assistance pouvant être mobilisés.

Il a également plaidé pour un accompagnement accru des victimes par les pouvoirs publics et pour la publication des résultats des enquêtes en cours.

D'autres défis identifiés

Au-delà des questions sécuritaires, la réunion a permis d'identifier plusieurs préoccupations soulevées par les habitants, notamment la pollution sonore, la délinquance juvénile et d'autres défis sociaux qui affectent le quotidien de la population.

PLes autorités communales et le pdéputé national se sont engagés à poursuivre leur collaboration afin de consolider les acquis sécuritaires et garantir un climat de paix dans l'ensemble de la commune de Makala.

Présence présumée de mercenaires français dans l'Est : des députés congolais annoncent un mémorandum à l'ambassade de France

Un collectif de députés nationaux issus de toutes les legislatures envisage de déposer un mémorandum à l'ambassade de France en République Démocratique du Congo afin de demander des explications sur la présence présumée de mercenaires français aux côtés de l'armée rwandaise et de la rébellion de l'AFC/M23 dans l'Est du pays.

À l'issue d'un échange avec le conseiller diplomatique de l'ambassade de France, le coordonnateur du collectif, Ntumba Tshabola Bintou, a indiqué que les diplomates français avaient proposé l'organisation d'une rencontre officielle avec l'ambassadeur afin d'examiner cette question.

« Nous sommes venus dénoncer la présence de mercenaires français sur le sol congolais. L'ambassade nous a demandé de ne pas nous limiter aux informations qui circulent sur les réseaux sociaux et de privilégier un échange officiel avec l'ambassadeur », a-t-il déclaré.

Le collectif réclame des clarifications

Selonble député Ntumba Tshabola Bintou, les députés souhaitent obtenir des informations précises avant de tirer des conclusions définitives.

Il affirme recevoir régulièrement des témoignages en provenance des zones affectées par le conflit et estime qu'il est nécessaire de confronter ces informations à la position officielle des autorités françaises.

Le collectif annonce qu'il adressera formellement une correspondance à l'ambassade de France en vue d'obtenir un rendez-vous dans les meilleurs délais.

Si la présence de ressortissants français engagés comme mercenaires était confirmée, les députés demandent leur arrestation et leur traduction devant les juridictions compétentes.

Une démarche élargie aux partenaires internationaux

Les initiateurs de cette démarche précisent qu'ils ne comptent pas limiter leurs actions à la représentation diplomatique française. Ils annoncent leur intention de poursuivre leurs démarches auprès d'autres partenaires internationaux qu'ils estiment susceptibles d'influencer une désescalade du conflit dans l'Est de la RDC.

Selon eux, la priorité demeure la fin des violences qui touchent les populations civiles depuis plusieurs décennies. 

Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par la poursuite des combats dans l'Est de la République Démocratique du Congo entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les rebelles de l'AFC/M23, un mouvement que Kinshasa accuse d'être soutenu par le Rwanda. Kigali rejette régulièrement ces accusations.

Ces derniers jours, des publications relayées sur les réseaux sociaux ont affirmé que des ressortissants français participeraient aux combats aux côtés de l'AFC/M23 et de l'armée rwandaise. À ce stade, ces allégations n'ont pas été étayées par des éléments de preuve rendus publics ni confirmées officiellement par les autorités françaises.

C'est dans ce contexte que le collectif de députés souhaite obtenir des explications directes de l'ambassade de France avant de poursuivre sa démarche.

Sud-Kivu : la société civile alerte sur une crise alimentaire à Ziralo et réclame une aide d'urgence

La coordination de Ziralo du Mouvement de la Société Civile du Congo (MSCO) appelle les autorités provinciales, le gouvernement central et les partenaires humanitaires à intervenir en urgence face à la dégradation de la situation alimentaire dans le groupement de Ziralo, situé dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu.

Dans un plaidoyer, la société civile explique que les récents conflits armés ont provoqué le déplacement massif des populations, désorganisant l'économie locale. Les ménages qui regagnent progressivement leurs villages retrouvent des champs abandonnés, des réserves alimentaires épuisées ainsi que des outils agricoles pillés ou détruits.

La faim et la malnutrition gagnent du terrain

Selon le MSCO, de nombreuses familles vivent aujourd'hui dans une situation d'extrême précarité. Certaines passent plusieurs jours sans repas suffisant, faute de production agricole et de moyens de subsistance.

Cette organisation locale met également en garde contre l'aggravation de la malnutrition, notamment chez les enfants et les personnes âgées, tout en craignant que l'absence d'une réponse rapide n'enferme durablement les populations dans un cycle de pauvreté et de dépendance.

La société civile plaide pour une assistance et une relance agricole

Face à cette situation, le MSCO demande la réalisation urgente d'une évaluation multisectorielle afin d'identifier les besoins prioritaires et d'organiser une distribution ciblée de vivres aux ménages les plus vulnérables.

La coordination plaide également pour la mise en œuvre d'un programme de relance agricole comprenant la distribution de semences et d'outils aratoires, afin de permettre aux familles de reprendre les activités agricoles dès la prochaine saison culturale. 

Elle appelle enfin le gouvernement et les partenaires techniques et financiers à mieux coordonner leurs interventions pour garantir une assistance à tous les ménages de retour dans le groupement de Ziralo.

Un appel à ne pas abandonner Ziralo

Réaffirmant son engagement en faveur du rétablissement de la paix et du relèvement socio-économique dans le territoire de Kalehe, le MSCO estime que l'État et ses partenaires ont la responsabilité d'apporter une réponse rapide afin d'éviter une aggravation de la crise humanitaire qui frappe le groupement de Ziralo.

Kalehe : de violentes pluies détruisent des écoles et des habitations à Mutale

De fortes pluies accompagnées de chutes de pierres ont frappé la localité de Mutale, dans le groupement de Kalonge, territoire de Kalehe (Sud-Kivu), le jeudi 23 juillet 2026. Le bilan provisoire fait état de plusieurs infrastructures scolaires endommagées, de quinze habitations détruites, de vastes superficies agricoles dévastées et d'une route entièrement coupée. Les acteurs de la société civile lancent un appel urgent à l'assistance humanitaire.

Des écoles gravement touchées

Selon l'Inspection territoriale des Sociétés civiles MSCO-Kalehe, les intempéries ont causé d'importants dégâts dans plusieurs établissements scolaires. Trois salles de classe de l'Institut Mutale ont été endommagées, une salle de classe de l'École primaire Sardine a été touchée et deux autres salles de l'Institut Enakashesha ont subi des dégâts.

Ces destructions risquent de perturber les activités scolaires si des mesures de réhabilitation ne sont pas rapidement engagées.

Des familles sinistrées et des cultures détruites

Le même rapport indique que quinze maisons ont été détruites, tandis que d'autres dégâts matériels restent en cours d'évaluation. Dans le secteur agricole, les eaux de ruissellement ont ravagé plusieurs champs, compromettant les récoltes des ménages de la localité.

Des chèvres ont également disparu à la suite de la catastrophe, aggravant les pertes subies par les éleveurs.

La route de Mutale coupée

Les fortes pluies ont provoqué d'importants éboulements, obstruant complètement la route menant à Mutale. Des amas de pierres et de boue empêchent toute circulation, compliquant l'accès des secours et des populations.

Malgré l'ampleur des dégâts matériels, aucune perte en vies humaines n'a été enregistrée, selon les premières informations recueillies sur place.

Un appel à une intervention d'urgence

Face à cette situation, l'Inspection territoriale des Sociétés civiles MSCO-Kalehe appelle les autorités et les partenaires humanitaires à intervenir sans délai. Elle sollicite une évaluation multisectorielle rapide, la mise à disposition d'abris d'urgence, un appui en vivres et en articles ménagers essentiels pour les ménages sinistrés, ainsi que le dégagement de la route de Mutale.

Les responsables de la société civile estiment qu'une intervention rapide est indispensable afin de répondre aux besoins des populations touchées et d'éviter une aggravation de la situation humanitaire.

Dialogue national : les Patriotes m'zeistes saluent une initiative « patriotique » de Félix Tshisekedi

Les Patriotes m'zeistes soutiennent le dialogue politique annoncé par le président Félix-Antoine Tshisekedi pour consolider le front intérieur face à l'agression rwandaise dans l'Est de la République Démocratique du Congo.

Dans une déclaration signée le 24 juillet 2026 à Kinshasa, leur porte-parole historique, Raphaël Ghenda, rappelle que depuis son accession à la magistrature suprême, le chef de l'État n'a cessé d'appeler à la mobilisation de tous les Congolais, quelles que soient leurs sensibilités politiques, afin de préserver l'unité nationale dans un contexte de guerre.

Selon lui, les Patriotes m'zeistes avaient déjà répondu favorablement à cet appel en faveur de la cohésion nationale.

Un dialogue inscrit dans l'héritage de M'zee Laurent-Désiré Kabila

Raphaël Ghenda estime que plusieurs initiatives du président Tshisekedi, notamment le Service national, les réserves stratégiques, les cantines populaires ou encore le serment patriotique inspiré de M'zee Laurent-Désiré Kabila, traduisent une volonté de placer le patriotisme au cœur de l'action publique.

Il considère également que l'annonce d'un dialogue national inclusif rappelle le débat national voulu par le « Soldat du peuple » avant son assassinat. Ce projet devait notamment porter sur la source de la légitimité du pouvoir, l'élaboration d'une nouvelle Constitution et la loi sur les partis politiques.

Plaidoyer pour une nouvelle culture politique

Pour les Patriotes m'zeistes, ce dialogue doit permettre une autocritique collective afin de rompre avec les pratiques politiques fondées sur la duplicité, l'exclusion du peuple et les autres anti-valeurs.

Raphaël Ghenda affirme que le peuple, véritable détenteur du pouvoir, doit être pleinement associé aux débats qui engagent l'avenir du pays.

En attendant l'ouverture de ces assises, les Patriotes m'zeistes adressent leurs « félicitations patriotiques » au président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo pour cette initiative, qu'ils présentent comme une étape importante dans le renforcement de l'unité nationale face aux défis sécuritaires.

RDC : le CICR et les acteurs de la justice militaire plaident pour un meilleur respect du droit international humanitaire

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a organisé, jeudi 23 juillet à Kinshasa, une conférence consacrée au droit international humanitaire (DIH) et aux défis posés par les conflits armés contemporains. La rencontre a réuni des autorités politiques et militaires, des experts juridiques, des diplomates, des représentants de la société civile, des médias ainsi que des acteurs humanitaires autour d'un objectif commun : renforcer le respect des règles de la guerre et la protection des populations civiles.

Selon les organisateurs, cette initiative intervient dans un contexte où les conflits armés se multiplient à travers le monde et où les violations du droit international humanitaire continuent d'avoir de lourdes conséquences sur les populations.

Le CICR appelle à faire du respect du DIH une priorité

Pour le chef de la délégation du CICR en République Démocratique du Congo, François Moreillon, le droit international humanitaire demeure plus que jamais indispensable.

Il a rappelé que, malgré l'évolution des technologies militaires et la transformation des conflits, les principes fondamentaux du DIH, notamment la protection des civils, la proportionnalité et la précaution dans la conduite des hostilités, restent pleinement applicables.

Le responsable du CICR a également souligné que les déplacements de populations, les destructions d'infrastructures et les souffrances observées dans les zones de guerre démontrent que ces règles ne sont pas suffisamment respectées. Il a insisté sur la nécessité d'intensifier les actions de sensibilisation auprès des États, des forces armées et des groupes armés non étatiques afin de renforcer leur application.

La justice militaire met en avant son rôle de prévention et de répression

Prenant part au panel, le général magistrat Jean-Paulin Tshayikolo a mis en avant la contribution de la justice militaire dans la promotion du droit international humanitaire.

Selon lui, les audiences des juridictions militaires ont également une vocation pédagogique, dans la mesure où les condamnations prononcées contre les militaires auteurs d'infractions servent d'exemple et contribuent à prévenir de nouveaux abus.

Il a assuré que les violations du droit international humanitaire commises par des militaires sont effectivement poursuivies et sanctionnées conformément aux lois en vigueur, tout en rappelant que la sensibilisation demeure un levier essentiel de prévention.

Renforcer la protection des victimes des conflits

Au terme de cette conférence, les participants ont réaffirmé la nécessité de faire du respect du droit international humanitaire une priorité nationale. Ils ont plaidé pour un renforcement de la formation des forces de défense et de sécurité, une meilleure diffusion des règles humanitaires auprès de tous les acteurs impliqués dans les conflits ainsi qu'une coopération accrue entre les institutions publiques, les partenaires humanitaires et la société civile.

Les recommandations issues des échanges devraient contribuer à améliorer l'application du droit international humanitaire en République démocratique du Congo et à renforcer la protection des victimes des conflits armés.

SONAS : le Gouvernement accélère le paiement des indemnités de fin de carrière et rassure les retraités

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a reçu, mercredi 22 juillet 2026 à la Primature, une délégation de l’intersyndicale de la Société nationale d’assurances (SONAS). Les discussions ont porté sur le paiement des indemnités de fin de carrière, le redressement de l’entreprise dans un marché des assurances désormais libéralisé, ainsi que sur les mesures destinées à renforcer sa compétitivité.

Au cours de cette rencontre, le Gouvernement a réaffirmé sa volonté d’accompagner la relance de la SONAS. Près de 120 agents sur les 150 concernés ont déjà perçu leurs indemnités de fin de carrière, leur permettant d’accéder régulièrement à leur pension de retraite.

Les syndicats saluent l’engagement du Gouvernement

À l’issue des échanges, le président de la délégation syndicale, Armand Osasse, s’est déclaré satisfait des engagements pris par la Cheffe du Gouvernement. Cette rencontre, a-t-il dit, traduit la volonté des autorités de préserver la SONAS et de lui permettre de retrouver toute sa place sur le marché des assurances.

Il a également rappelé que l’État, en sa qualité d’actionnaire unique, entend poursuivre son accompagnement afin de garantir le bon fonctionnement de l’entreprise face à la concurrence.

Les retraités appelés à la sérénité

La situation des retraités a également été abordée au cours de la réunion. Armand Osasse a assuré que le Gouvernement a pris les dispositions nécessaires pour poursuivre le paiement des droits des anciens agents.

Il a invité les retraités à rester confiants, affirmant que le règlement de leurs indemnités se poursuivra jusqu’à ce que tous les bénéficiaires soient servis.

 Restaurer la dignité des agents de l’État

À travers cette initiative, le Gouvernement entend poursuivre ses efforts en faveur des entreprises publiques et de leurs travailleurs. Après les mesures prises pour d’autres sociétés publiques, notamment l’ex-ONATRA, l’exécutif réaffirme sa volonté de garantir les droits sociaux des agents de l’État et d’assurer leur sécurité après la carrière, conformément au Programme d’actions du Gouvernement.

Sud-Kivu : une ONG réclame la réouverture urgente de la route Mudaka–Kalonge pour éviter une crise humanitaire

L'Association pour l'intégration sociale et la promotion des populations défavorisées (ASIPROPD Asbl) lance un appel urgent en faveur de la réouverture de la route Mudaka–Kalonge via Kasirusiru, fermée depuis près de quatre mois.

Dans un plaidoyer rendu public, l'organisation affirme que cet axe constitue le principal moyen d'approvisionnement et de déplacement pour près de 80 % de la population de Kalonge, dans le territoire de Kalehe (Sud-Kivu). Sa fermeture aurait fortement perturbé les activités économiques, l'accès aux soins de santé, à l'éducation et aux marchés.

Une population confrontée à la faim et à l'isolement

Selon l'ASIPROPD, les habitants des villages de Fendula, Rambo, Mule et Caminunu sont aujourd'hui contraints d'emprunter un long détour par Madirhiri et l'axe de Bunyakiri pour rejoindre Mudaka ou Bukavu.

Ce changement de trajet entraîne une forte hausse des coûts de transport, estimés entre 20.000 et 30.000 francs congolais, auxquels s'ajoutent plusieurs barrières où des paiements de 2.000 à 3.000 francs sont exigés à chaque passage.

L'organisation affirme que cette situation aggrave la précarité des ménages ruraux, provoquant des difficultés d'approvisionnement, une hausse des prix des denrées alimentaires et une progression de la malnutrition.

Des conséquences sur l'éducation et la santé

L'ONG souligne également que de nombreux élèves et étudiants abandonnent leurs études, faute de ressources financières liées à l'arrêt des activités commerciales.

Les malades, les femmes enceintes et les personnes âgées rencontrent aussi d'importantes difficultés pour accéder aux structures de santé, en raison de l'enclavement de la zone.

Un appel à une réouverture humanitaire

Sans désigner publiquement les responsables de la fermeture de la route, l'ASIPROPD appelle les acteurs qui contrôlent actuellement cette zone à autoriser la circulation des populations civiles et des produits de première nécessité.

L'organisation invite également les autorités, les organisations humanitaires, les défenseurs des droits humains et les leaders communautaires à agir rapidement afin d'éviter une aggravation de la crise.

Pour l'ASIPROPD, la population de Kalonge ne réclame « ni privilège ni faveur politique », mais simplement le droit d'accéder à la nourriture, aux soins, à l'éducation et de vivre dans des conditions dignes.

Affaire Birotsho : l'ASADHO dénonce une violation de la Constitution et plaide pour la réparation d'une « injustice »

L'Association africaine de défense des droits de l'homme (ASADHO) estime que le lieutenant-colonel Birotsho Nzanzu Kossi, condamné en 2014 par la Cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu dans l'affaire de l'assassinat du colonel Mamadou Ndala, a été privé d'un droit fondamental garanti par la Constitution qui est celui de faire appel de sa condamnation.

Lors d'une conférence de presse, le président de l'ASADHO, Me Jean-Claude Katende, et Me Péter Ngomo, ont soutenu que cette juridiction, créée en 2008 après l'entrée en vigueur de la Constitution de 2006, ne respectait pas le principe du double degré de juridiction.

Selon les avocats, plus d'une dizaine d'arrêts auraient été rendus par cette cour, conduisant à la condamnation de plus de 154 personnes, dont plusieurs à la peine de mort, sans possibilité de recours.

La Constitution est au-dessus de tout le monde

Pour Me Jean-Claude Katende, le débat ne porte pas sur la culpabilité ou l'innocence du lieutenant-colonel Birotsho, mais sur le respect des garanties constitutionnelles.

« Nous ne sommes pas ici pour examiner ce que Birotsho a fait ou n'a pas fait », a-t-il insisté, rappelant que toute personne condamnée doit pouvoir faire examiner sa cause par une juridiction supérieure.

Le président de l'ASADHO estime qu'une loi ordinaire ne pouvait pas déroger à la Constitution en instituant une juridiction statuant en premier et dernier ressort. Il appelle les médias et l'opinion publique à se mobiliser, considérant que cette question concerne tous les citoyens.

Selon lui, les personnes condamnées ont passé jusqu'à douze ans en détention, avec des conséquences lourdes pour leurs familles. Il demande qu'une solution soit trouvée afin de réparer ce qu'il qualifie d'« injustice grave ».

Me Péter Ngomo plaide pour une décision politique

De son côté, Me Péter Ngomo soutient que la Cour militaire opérationnelle a été dissoute après la proclamation de l'état de siège. Il explique qu'au Nord-Kivu et en Ituri, les autorités ont ensuite mis en place des cours militaires ordinaires, conformément aux exigences constitutionnelles.

L'avocat affirme qu'une reprise des procès est désormais difficile, voire impossible. Il évoque notamment la disparition présumée des dossiers judiciaires à la suite des événements survenus à Goma.

Pour lui, une saisine de la Cour constitutionnelle aurait pu permettre de trancher la question de la conformité de cette juridiction à la Constitution. Toutefois, cette démarche n'a pas été engagée et les voies de recours demeurent limitées en raison de l'absence d'un second degré de juridiction.

Dans ces conditions, Me Ngomo plaide pour une décision politique permettant de rétablir les droits des personnes condamnées par cette cour.

La défense conteste les accusations visant Birotsho

Sur le fond du dossier, Me Péter Ngomo affirme que les accusations de participation à un mouvement insurectionnel et d'actes de terrorisme retenues contre le lieutenant-colonel Birotsho ne reposeraient sur aucun élément probant.

Birotsho n'avait aucun intérêt à comploter contre le colonel Mamadou Ndala, avec lequel il collaborait au sein des FARDC.

Il soutient que l'officier a été injustement impliqué dans cette affaire, tout en estimant que le colonel Mamadou Ndala a été « victime de sa bravoure et de son amour pour le pays ».

L'avocat précise toutefois qu'il s'agit de la position de la défense, distincte des conclusions judiciaires rendues dans ce dossier.

L'ASADHO appelle à réparer les violations des droits

Pour l'ASADHO, la disparition ou l'indisponibilité des archives judiciaires ne doit pas empêcher les autorités de trouver une solution. Me Jean-Claude Katende rappelle que la conservation des dossiers relève de l'administration judiciaire et non du président de la juridiction.

L'organisation estime que la dissolution de la Cour militaire opérationnelle traduit la reconnaissance de son incompatibilité avec la Constitution.

Elle appelle les autorités compétentes à prendre les mesures nécessaires pour réparer les violations alléguées des droits fondamentaux des personnes condamnées par cette juridiction, conformément aux principes de l'État de droit.

RDC : Judith Suminwa intensifie le recouvrement des créances du FPI pour récupérer 350 millions de dollars

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé, mardi 21 juillet 2026 à Kinshasa, la deuxième réunion stratégique de la Commission spéciale chargée du recouvrement des créances en souffrance du Fonds de promotion de l'industrie (FPI).

L'objectif est de récupérer près de 350 millions de dollars américains afin de renforcer les capacités financières de cet établissement public, appelé à jouer un rôle central dans la relance de l'industrialisation en République Démocratique du Congo.

Conduite par le ministre de l'Entrepreneuriat et du Développement des PME, assurant l'intérim du ministère de l'Industrie, Justin Kalumba Mwana Ngongo, la commission a présenté un premier bilan de ses travaux. Un rapport de catégorisation des créances a déjà été transmis à la Cheffe du Gouvernement.

« Nous avons identifié six catégories de créances. Cette classification permet de distinguer les différents débiteurs, d'évaluer les obstacles au recouvrement, de définir les stratégies appropriées et de déterminer les administrations compétentes pour chaque dossier », a expliqué le ministre.

Priorité au règlement à l'amiable avant les mesures coercitives

Le Gouvernement privilégie, dans un premier temps, une approche consensuelle afin d'encourager les débiteurs à régulariser volontairement leur situation.

« Une première phase sera consacrée au recouvrement à l'amiable. En revanche, pour les débiteurs récalcitrants, le recouvrement par voie forcée interviendra le moment venu. Nous invitons tous ceux qui doivent de l'argent à l'État à s'acquitter volontairement de leurs obligations avant l'engagement des mesures coercitives », a déclaré Justin Kalumba.

Le président de la commission a également annoncé la création de trois sous-commissions thématiques, chargées d'approfondir l'examen des différents dossiers. Elles disposent d'un délai d'un mois pour soumettre leurs premiers rapports à la Première ministre, avant une communication publique sur l'évolution des opérations.

Des premiers signes encourageants

Selon Justin Kalumba, plusieurs débiteurs ont déjà pris contact avec la commission pour négocier un règlement amiable de leurs dettes.

« Certains débiteurs de bonne foi nous ont déjà adressé des correspondances pour engager des discussions. C'est un signal encourageant. Chaque mois, nous présenterons un rapport d'évolution à la hiérarchie ».

Réagissant aux accusations de « chasse aux sorcières », le ministre a rejeté toute motivation politique. « Il ne s'agit pas d'une chasse aux sorcières. Toute personne ayant contracté une dette envers l'État doit simplement la rembourser. Cette commission, instituée sur instruction du Président de la République, rassemble plusieurs services de l'État afin de garantir un traitement rigoureux et transparent des dossiers ».

Un dossier prioritaire pour la gouvernance et l'industrialisation

Cette opération s'inscrit dans le prolongement des décisions prises lors du Conseil des ministres du 10 avril 2026, au cours duquel le Président de la République avait érigé le recouvrement des créances du FPI en priorité nationale. Le renforcement des ressources financières du Fonds est considéré comme un levier essentiel pour soutenir le développement industriel du pays et promouvoir la bonne gouvernance, l'un des axes majeurs du Programme d'actions du Gouvernement.

La réunion a rassemblé plusieurs hautes autorités de l'État, notamment le président de la Cour constitutionnelle, le premier président de la Cour de cassation, des membres du Gouvernement, les responsables de l'Inspection générale des finances (IGF), de l'Agence nationale de renseignements (ANR), du Conseil national de cybersécurité (CNC), de la Direction générale de migration (DGM), ainsi que le comité de gestion du Fonds de promotion de l'industrie.

RDC : le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix fixe ses priorités pour 2026

Le Comité de pilotage conjoint du Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix (PBF) en République Démocratique du Congo a tenu, le 16 juillet 2026 à Kinshasa, sa première réunion statutaire de l'année.

Cette session avait pour objectif d'évaluer les avancées du portefeuille national, de renforcer les mécanismes de coordination et de définir les priorités de mise en œuvre pour les prochains mois.

La réunion était coprésidée par le Secrétaire général au Plan, représentant le ministre d'État en charge du Plan et de la Coordination de l'aide au développement, et le Coordonnateur résident par intérim du Système des Nations unies en RDC.

Le plus important portefeuille du PBF en RDC 

Selon Damien Mama, Coordonnateur résident par intérim des Nations unies en RDC, le pays gère aujourd'hui le portefeuille le plus important jamais financé par le Fonds pour la consolidation de la paix depuis le début de son intervention en RDC.

Il a estimé que cette évolution traduit la confiance renouvelée des Nations unies envers la RDC ainsi que la pertinence de la nouvelle orientation du portefeuille, axée sur la paix, la stabilité et le développement durable.

Les provinces davantage impliquées 

La rencontre a réuni les ministres provinciaux du Plan du Kasaï, du Kasaï Central, du Tanganyika, du Mai-Ndombe, du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et de l'Ituri. Cette participation vise à renforcer la territorialisation des interventions afin de mieux adapter les actions aux réalités locales et d'assurer une plus grande appropriation des projets par les autorités provinciales.

Renforcer la coordination et le leadership national 

Les participants ont passé en revue les progrès réalisés depuis la précédente réunion de février 2026 et ont insisté sur la nécessité d'améliorer la coordination entre les institutions nationales, les provinces, les agences des Nations unies et les partenaires techniques et financiers.

Ils ont également réaffirmé les recommandations de l'évaluation indépendante du portefeuille 2019-2024, notamment le renforcement du leadership des institutions congolaises, l'amélioration du suivi des résultats et une meilleure coordination des interventions.

Une paix durable au service du développement

Le Secrétaire général au Plan, Daniel Epembe, a souligné que les efforts de consolidation de la paix doivent répondre aux besoins prioritaires des populations affectées, tout en articulant les actions en matière de sécurité, de relèvement et de développement.

À l'issue de cette réunion, le Comité de pilotage conjoint a réaffirmé son engagement à mettre en œuvre de manière coordonnée, inclusive et axée sur les résultats les programmes financés par le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix, avec pour objectif de renforcer la stabilité, la cohésion sociale et le développement durable en République démocratique du Congo.

Ebola : la Banque africaine de développement mobilise 13 millions de dollars pour la RDC, l'Ouganda et le Soudan du Sud

Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un financement de 13 millions de dollars américains pour soutenir la lutte contre l'épidémie de la maladie à virus Ebola et prévenir sa propagation en République Démocratique du Congo, en Ouganda et au Soudan du Sud.

Cette enveloppe comprend 10 millions de dollars américains issus d'une reprogrammation des ressources du portefeuille de la RDC, qui seront mises en œuvre par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ainsi que 3 millions de dollars américains destinés aux trois pays dans le cadre d'un projet d'urgence régional exécuté par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique).

La RDC bénéficiera de 11 millions de dollars

Épicentre de la flambée actuelle, la République Démocratique du Congo recevra 11 millions de dollars américains, dont les 10 millions issus de son portefeuille national et un million provenant du projet régional.

L'Ouganda et le Soudan du Sud bénéficieront chacun d'un million de dollars américains afin de renforcer leurs capacités de prévention et de réponse face au risque de propagation de la maladie.

Renforcer le diagnostic, la surveillance et la sensibilisation

Ce financement s'inscrit dans le cadre du plan de riposte à l'épidémie d'Ebola. Il servira notamment à améliorer le diagnostic précoce, la surveillance épidémiologique, l'engagement communautaire, la sensibilisation des populations ainsi que la coordination entre les trois pays concernés.

Les interventions seront réalisées en collaboration avec les ministères de la Santé des États bénéficiaires.

La BAD réaffirme son engagement face à la crise 

Pour Mohamed Cherif, directeur général adjoint de la Banque africaine de développement pour l'Afrique centrale, cette aide d'urgence traduit la volonté de l'institution d'accompagner les pays touchés dans la protection des populations, le renforcement des systèmes de santé et la limitation de la propagation du virus.

Il souligne également que la BAD entend rester mobilisée aux côtés de ses pays membres en période de crise.

La 17ème épidémie d'Ebola en RDC 

La RDC a déclaré une nouvelle flambée d'Ebola le 15 mai 2026, avec un épicentre dans la province de l'Ituri, notamment dans les zones de Bunia, Rwampara et Mongwalu.

L'épidémie s'est ensuite étendue aux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, cette 17ème épidémie est causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle il n'existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement spécifique. Des cas de transmission ayant également été signalés en Ouganda, l'OMS a relevé son niveau d'alerte afin de renforcer la coordination de la réponse régionale.